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Voyage responsable

Faune sauvage et tourisme responsable

Texte par

Sarah Reid (traduit de l'anglais par Anna Alvarez)

Mis à jour le : 4 novembre 2020

Carte

L’appel de la nature – et de la faune qui l’habite – est puissant. Mais à mesure que les activités touristiques liées à la faune révèlent leur part d’ombre, les arguments en faveur d'un tourisme responsable deviennent plus convaincants. Toutefois, reconnaître que nous devrions être plus responsables n'est qu'une partie de la solution. Il est essentiel de comprendre ce que cela signifie et de le mettre en pratique.

“D’abord, il faut bien comprendre que les animaux sauvages ne sont pas des amuseurs”, explique Ben Pearson, directeur de campagne senior pour la branche australienne de l’ONG internationale World Animal Protection, qui promeut le bien-être animal. Si vous voulez observer la faune pendant vos vacances, la meilleure chose à faire est de trouver un endroit où elle est visible à l’état sauvage. Sinon, cherchez une réserve agréée dans laquelle on peut observer les animaux sans perturber leur comportement naturel.”

Cela peut sembler contraignant, mais l’expérience sera d’autant plus gratifiante si vous savez que les bêtes sont aussi à l’aise en votre présence que vous êtes heureux de les voir. Voici quelques conseils qui vous permettront ne de pas perturber leur équilibre.

Gardez vos distances

Difficile de résister à notre fascination pour les animaux sauvages. Les scientifiques ont même un nom pour cela : l’hypothèse de la biophilie, qui suggère que les humains ont une tendance innée à se chercher des liens avec la nature. Pourtant, pour le bien des animaux, mieux vaut souvent ne pas les toucher.
Selon Ben Pearson, si un équipement touristique propose de chevaucher ou toucher un animal sauvage, ou de faire un selfie à ses côtés, il est fort probable que l’animal ait subi de mauvais traitements. Les spectacles animaliers, les promenades à dos d’éléphant, la baignade avec les dauphins en captivité et les interactions avec les félins sont des exemples notoires de pratiques touristiques que les experts de la condition animale jugent néfastes. En fait, bien d’autres activités qui peuvent sembler inoffensives ont parfois un impact tout aussi dévastateur. “Même les petits animaux ne supportent pas bien d’être manipulés par l’homme, continue Pearson. Les paresseux utilisés par l’industrie du tourisme meurent généralement dans les six mois qui suivent leur capture”.
Alors, quelle alternative ? Les safaris à pied et en jeep menés par des guides confirmés offrent le plaisir d’observer la faune sauvage dans son habitat naturel tout en assurant la sécurité des animaux (et la vôtre).

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Dauphins au Mozambique

Visitez de véritables réserves fauniques

Les réserves fauniques sont des lieux inestimables pour découvrir des espèces difficiles à observer à l’état sauvage et en apprendre davantage sur leur compte. Mais pour ne pas se laisser duper par un discours écologique de façade, il est plus prudent de faire quelques recherches pour vous assurer que les lieux que vous comptez visiter sont bel et bien des réserves fauniques.
Selon Pearson, il faut regarder comment les animaux sont installés. Ont-ils assez d’espace pour se déplacer et se comporter comme à l’état sauvage ? Sont-ils protégés des intempéries et ont-ils un endroit où aller pour échapper aux visiteurs ? Voyager avec un prestataire responsable vous évitera de visiter à votre insu des centres fauniques dont le fonctionnement n’est pas dans l’intérêt des animaux. Quant aux aspirants bénévoles qui désirent s’occuper d’animaux sauvages, ils doivent garder à l’esprit qu’en général, les réserves les plus soucieuses du bien-être des animaux n’autorisent aucun contact direct avec eux.

Résistez à l’envie de nourrir les animaux

“Vous pouvez avoir toutes les bonnes intentions du monde : nourrir les animaux sauvages fait plus de mal que de bien, assure Pearson. S’ils prennent l’habitude d’être nourris, les animaux deviennent dépendants des humains pour s’alimenter et peuvent se montrer agressifs.” Aux États-Unis et au Canada, par exemple, les gardes forestiers sont souvent contraints d’abattre des ours sauvages devenus dangereux pour les humains après avoir été nourris. De nombreuses études ont également conclu que nourrir les animaux peut affecter considérablement leurs habitudes de reproduction et de migration.

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Le parc national de Ranthambore, au Rajasthan, est le meilleur endroit pour observer des tigres à l’état sauvage

Méfiez-vous des zones d’ombre

Soyez conscient que même les activités touristiques présentées comme des alternatives durables à des activités controversées ont souvent leurs propres insuffisances.
D’après Pearson, le bain avec les éléphants en est un bon exemple : “Beaucoup de gens pensent que cette formule vaut mieux que les promenades, mais pour que les touristes puissent laver un éléphant, il faut exercer un fort contrôle sur l’animal. La boue sert de protection solaire aux pachydermes et les rafraîchit quand il faut chaud. Ces bains à répétition peuvent affecter leur bien-être.”
Autre exemple : la baignade avec la faune marine, appâtée ou nourrie pour l’inciter à s’approcher des humains. La baignade avec les requins-baleines à Oslob, aux Philippines, a permis à la communauté locale de sortir de la pauvreté. Toutefois, le fait que les requins-baleines s’y rassemblent uniquement parce qu’ils ont pris l’habitude d’être nourris a incité les défenseurs de l’environnement à remettre en question cette pratique.
La bonne nouvelle, c’est que des centaines de lieux dans le monde permettent d’observer les éléphants, les requins-baleines et d’autres créatures incroyables de manière plus responsable. Il vous faudra peut-être voyager un peu plus loin et payer un peu plus cher, mais au moins, vous serez sûr de ne pas compromettre les animaux.

Ne mangez pas n’importe quoi

Saviez-vous que vous pouviez contribuer à la protection de la faune sauvage en faisant simplement attention à ce que vous mangez pendant vos voyages ?
“Nous encourageons les voyageurs à éviter la viande de brousse, car les animaux sont souvent chassés et tués de façon cruelle”, explique Pearson. Sans oublier les boissons… Pour fabriquer de l’alcool de serpent, populaire en Asie du Sud-Est, on noie tout bonnement un serpent dans l’alcool, tandis que des civettes sont mises en cage et gavées pour produire du kopi luwak.

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Un requin-baleine se nourrissant

Achetez des souvenirs responsables

Un touriste responsable évitera les souvenirs dérivés d’animaux sauvages, comme les médicaments traditionnels et les bijoux en corail.
“Achetez plutôt des souvenirs produits localement et respectueux de l’environnement, conseille Pearson. Vous soutiendrez ainsi les communautés et la culture locales tout en protégeant les animaux.” 

Faites de la sensibilisation

“Sensibiliser d’autres personnes aux mauvais traitements infligés aux animaux est une des meilleures choses qu’on puisse faire pour y mettre un terme” affirme encore Pearson, qui suggère de soulever poliment la question auprès du lieu concerné, et de partager son expérience avec ses amis et sa famille sur les réseaux sociaux.
“Nous savons que la plupart des gens visitent des réserves fauniques ou participent à des activités liées à la faune sauvage parce qu’ils aiment les animaux. Si les visiteurs prennent conscience de leur impact sur le bien-être des animaux avant leur voyage, au moment de réserver, ils éviteront les lieux cruels et les activités controversées.”
 



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