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Culture et voyage

7 films mythiques tournés à New York

Texte par

Rodolphe Bacquet

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Super-héros, mafieux repentis (ou non), intellectuels névrosés… si la Grosse Pomme ne manque pas d'habitants hauts en couleur, la plupart ne se rencontrent guère hors des salles obscures. Raison de plus pour se replonger dans ses classiques new-yorkais.
 

1. Un jour à New York

Stanley Donen,1949, États-Unis
Trois marins en goguette pour vingt-quatre heures dans New York, une chanson mythique, Frank Sinatra et Gene Kelly pour l'interpréter, et au final le film le plus insouciant et joyeux jamais consacré à Big Apple. Le titre phare de cette comédie musicale est une création de Leonard Bernstein, futur compositeur de West Side Story et de Sur les quais, figure décidément indissociable de la ville, au même titre que George Gershwin.
On the Town fut la première comédie musicale hollywoodienne à être en partie tournée sur les lieux de l'action. Cinq jours suffirent à une équipe réduite au strict nécessaire pour filmer, malgré le mauvais temps et les foules d'admirateurs de Sinatra, les images des trois compères déambulant sur les lieux les plus emblématiques de la ville, pour l'essentiel rassemblées au début du film, lors de l'interprétation de la fameuse chanson New York New York. Un tour complet réunissant en moins de quatre minutes le pont de Brooklyn, la statue de la Liberté, l'Empire State Building, Washington Square Gardens, le Rockefeller Center, Central Park et Wall Street ! Une visite-marathon, donc, guère réaliste pour une visite de vingt-quatre heures, mais préfigurant le tourisme au pas de course…
 
 

2. Manhattan

Woody Allen, 1979, États-Unis
Encore tout auréolé du succès et des trois oscars de Annie Hall, qui se déroulait déjà à New York, Woody Allen confirme le tournant « sérieux » de sa carrière par une déclaration d'amour éperdu à Manhattan. Traversée de bout en bout par la musique de George Gershwin dont des segments de Rhapsody in Blue ouvrent et ferment la marche, magnifiée par des vues de la ville en CinémaScope dans lesquelles les personnages s'inscrivent comme des éléments d'un décor plus grand que nature, cette ode doit beaucoup à son directeur de la photographie, Gordon Willis, également connu pour son travail sur Le Parrain. Sa maîtrise du noir et blanc, voulu par Woody Allen, retranscrit la vision idéalisée et nostalgique que porte le cinéaste sur sa ville natale.
Elaine's, le restaurant dans lequel on fait connaissance des protagonistes de Manhattan juste après la séquence d'ouverture, a fermé ses portes en 2011 après un demi-siècle d'un service qui aura compté, parmi ses clients les plus assidus, Woody Allen, Mia Farrow, ou encore les écrivains Norman Mailer et Tom Wolfe. En revanche, le banc sur lequel Diane Keaton et Woody Allen sont assis, face au pont de Queensboro, dans le plan le plus célèbre du film et qui servit également d'affiche, n'a, lui, jamais existé ! Il fut installé le temps de la prise de vue, à cinq heures du matin.


 
 

3. Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's)

Blake Edwards, 1961, États-Unis
Il suffit de la vision d'Audrey Hepburn, à l'aube, sortant en robe de soirée d'un taxi sur la Cinquième Avenue, et buvant son café face à la vitrine de Tiffany's, pour tomber amoureux. De Audrey Hepburn, de New York ou de la musique de Henri Mancini, au choix, ou les trois à la fois. C'est le premier plan de Diamants sur canapé, et la doucereuse solitude de ce personnage perdu dans la ville, le luxe et l'apparat, se déroulera comme une pelote tout le long du film de Blake Edwards. Truman Capote, l'auteur du roman original, aurait préféré Marilyn Monroe pour interpréter Holly Golightly, mais le mythe a cristallisé le fume-cigarette d'Audrey Hepburn et son interprétation de Moon River sur le rebord d'une fenêtre, comme le summum de l'élégance au cinéma.
Tout le New York de Breakfast at Tiffany's, titre original du film, tient le long de la Cinquième Avenue, à Manhattan, ou presque : c'est là, d'abord, que le célèbre joaillier a ses quartiers depuis des lustres (il ouvrit ses portes un dimanche, pour la scène de la bague), mais c'est aussi la porte d'entrée de la National Public Library, où Holly se réfugie, et de Central Park. L'immeuble cossu où Audrey Hepburn et George Peppard sont voisins se tient à deux blocks de là, tout près de Park Avenue. Vous n'aurez pas à chercher loin pour déambuler avec eux.
 
 

4. West Side Story

Robert Wise, 1960, États-Unis
La rivalité entre les gangs de New York n'était pas moins féroce que celle entre les maisons princières de Vérone au XVIe siècle : la transposition de Roméo et Juliette dans le New York ouvrier et immigré des années 1950 donna l'un des plus grands succès de l'histoire de Broadway ; la transposition à son tour de cette comédie musicale à l'écran, l'un des plus grands succès du cinéma musical hollywoodien, et dix oscars à la clé. La musique de Leonard Bernstein et les paroles de Stephen Sondheim ont depuis longtemps rejoint le panthéon des arts lyriques et populaires d'Amérique, tandis que les images en Technicolor du film de Robert Wise ont immortalisé une époque révolue et un quartier disparu.
Le fan de West Side Story qui part à New York pour se rendre sur les lieux du tournage en sera pour ses frais : il ne reste plus rien des rues, des ruelles, et des terrains vagues où ont été filmés les extérieurs. Et pour cause : le Lincoln Center, qui occupe une demi-douzaine d'hectares entre Broadway et Amsterdam Avenue, y a remplacé tout le quartier ! Les travaux du vaste centre culturel, en réalité, avaient débuté dès le début des prises de vues, promettant au film une carrière précoce d'archive. On se consolera en revoyant les magnifiques vues aériennes de New York, en plongée complète, qui ouvrent le film et constituaient alors une première.
 
 

5. Les Affranchis

Martin Scorsese, 1990, États-Unis
Les trois figures récurrentes de l'œuvre de Scorsese – New York, le crime organisé, et Robert de Niro – sont réunies dans The Goodfellas : une sorte d'acmé dans la carrière du cinéaste, qui dès ses premiers films porta sur sa ville natale un regard mêlant violence, cinéphilie et réalisme, dans Mean Streets (1973) puis Taxi Driver (1976). Après avoir évoqué le New York musical dans New York New York (1977) et avant de relire la violence de son histoire dans Gangs of New York (2002), Scorsese relate ici le parcours authentique de Henry Hill au sein de l'une des plus importantes familles mafieuses de la ville, de ses débuts à Brooklyn au milieu des années 1950 à sa « sortie » en 1980. Il inspirera par la suite toutes les productions du genre, à commencer par Les Sopranos.
Cette chronique mafieuse navigue dans tout New York : Brooklyn, Manhattan, Long Island, JFK, le Queens… Un lieu tient un rôle très particulier : le Copacabana, que Scorsese avait déjà filmé dans Raging Bull et qui accueillit en outre les tournages de French Connection et de L'Impasse. Ce night-club fondé dans les années 1940, arborant un décor brésilien, servant de la cuisine chinoise et donnant la part belle aux rythmes latinos est un lieu de retrouvailles privilégié par les gangsters du film. Scorsese montre le club dans son emplacement d'origine, qu'il quitta deux ans après le tournage.


 
 

6. Sur les quais

Elia Kazan. USA, 1954
Si ses mélodies sont omniprésentes dans Un jour à New York et West Side Story, adaptées de comédies musicales, Leonard Bernstein ne composa directement pour le cinéma que la partition de Sur les quais ; mais quelle partition ! Criblant les premières images du film de percussions tonitruantes, la violence et le désespoir exprimées par la musique de Bernstein décuplent la violence du coup porté par Elia Kazan dans ce film noir et social. En plein maccarthysme, accusé de délation, le cinéaste exprima dans le drame réaliste de cette lutte de dockers new-yorkais contre un syndicat corrompu, la rage que provoque les inconciliables cas de conscience. Et reforma à cette occasion son association avec Marlon Brando, qu'il avait porté au firmament avec Un tramway nommé désir.
C'est à Hoboken, sur la rive opposée à Chelsea, Manhattan, que Malcolm Johnson mena plusieurs années durant une enquête en immersion dans le milieu des dockers, qui inspirera le film à Elia Kazan ; le tournage eut lieu sur place, et l'on peut, outre les quais, notamment reconnaître l'église Our Lady of Grace dans le film. Durant un siècle, Hoboken fut le principal port de commerce de New York, jusqu'à ce que le développement des containers, dans les années 1970, n'en rendent les infrastructures obsolètes. L'ancienne ville portuaire et ouvrière est aujourd'hui un quartier résidentiel de la classe moyenne.
 
 

7. Spiderman

Sam Raimi, 2002, États-Unis
Qu'elle s'appelle Metropolis, Gotham City ou effectivement New York, la Grosse Pomme est le home sweet home des super-héros les plus célèbres. La première adaptation du comics Spiderman, en 2002, permit de visiter la ville en partageant le point de vue inhabituel du héros créé par Stan Lee : d'un jet de toile à l'autre, la vision subjective nous fait sauter de building en building, dans tous les sens, quand elle ne nous fait pas grimper le long des murs. Sam Raimi ne s'est pas privé de toutes les ressources visuelles alors inédites que lui permettaient l'avancée des effets spéciaux numériques.
Polémique en 2001, avant même la sortie de Spiderman : le World Trade Center, qui apparaissait à de nombreuses reprises dans le film, tourné avant le 11 septembre, a été effacé numériquement des plans ! Nécessité fait loi. Les autres lieux fréquentés par l'homme-araignée sont, touchons du bois, toujours debout, et aisément reconnaissables : l'université fréquentée par Mary Jane Watson est celle de Columbia, tandis que le célèbre Flatiron Building – également connu comme le « fer à repasser » de par sa forme triangulaire – abrite le siège du Daily Bugle, journal pour lequel Peter Parker travaille comme photographe.


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