Château de Saint-Hilarion

L'avis de l'auteur Lonely Planet

édifice historique

La silhouette féerique du château de Saint- Hilarion se révèle pleinement lorsqu’on se trouve au pied de l’édifice. Les murs de pierre se fondent parfaitement dans le paysage rocheux, tout comme les bâtiments à demi écroulés du château, avec ses pièces secrètes, ses tunnels et ses tours effondrées.

Le site est composé de trois parties principales : l’enceinte inférieure (muraille fortifiée défensive), l’enceinte supérieure et la tour du prince Jean, reliées entre elles par des escaliers pentus. La vue éblouissante récompense la difficile ascension jusqu’au sommet.

On raconte que Walt Disney se serait inspiré des contours tourmentés du château de Saint-Hilarion pour créer le palais de la méchante reine dans le dessin animé Blanche-Neige. Une légende locale affirme que le château comptait autrefois 101 chambres, dont la dernière était un jardin secret appartenant à une reine féerique. Cette enchanteresse, qui séduisait les chasseurs, les bergers et les voyageurs, les détroussait en les plongeant dans un profond sommeil.

L’histoire réelle du château est un peu moins fantastique. Le fort tient son nom du moine Hilarion, qui fuit les persécutions en Terre sainte. Il vécut (et mourut) dans une grotte surplombant la plaine de Kyrenia, qui protégeait le col entre la côte et Nicosie.

Au Xe siècle, les Byzantins construisirent une église et un monastère sur l’emplacement de la tombe d’Hilarion. En raison de sa position stratégique, le site servit de tour de guet lors des assauts arabes des VIIe et VIIIe siècles. C’était alors un important maillon de la chaîne de communication entre les châteaux de Buffavento et de Kantara, plus à l’est. En 1191, Guy de Lusignan prit le contrôle de Saint-Hilarion, battant l’empereur (byzantin) autoproclamé de Chypre, Isaac Comnène. Le château fut ensuite considérablement agrandi et utilisé comme avant-poste militaire et comme résidence d’été de la cour des Lusignan. Plus tard, durant la période vénitienne, il fut abandonné et tomba progressivement en ruine.

En 1964, le Türk Mukavemet Teşkilatı (TMT), une organisation paramilitaire nationaliste de Chypriotes turcs, s’empara du château, là encore en raison de sa position stratégique. Depuis, il est resté sous domination chypriote turque. Une base militaire turque est logée sur une crête en contrebas.

L’entrée se fait par la barbacane de l’enceinte inférieure, qui accueillait autrefois la garnison et les écuries. On suit ensuite un sentier sinueux menant à l’enceinte centrale, à l’origine protégée par un pont-levis. On y voit les vestiges d’une église, de baraquements, d’appartements royaux répartis sur quatre niveaux et d’une grande citerne qui servait à stocker l’eau de pluie.

On accède à l’enceinte supérieure via un sentier en dur escarpé et sinueux, menant à la porte Lusignan. Gardée par la tour byzantine, elle ouvre sur une cour centrale sur laquelle donnaient d’autres appartements royaux, des cuisines et des chambres ancillaires.

Enfin, une dernière ascension vous emmène à la tour du prince Jean. La légende veut que le prince Jean d’Antioche, persuadé que ses gardes du corps complotaient pour l’assassiner, les ait fait jeter du haut de la falaise.

Par temps clair, on voit de la tour le mont Taurus, à 100 km de là, en Turquie.

L’été, mieux vaut arriver tôt pour éviter de monter dans une chaleur étouffante.

Hilarion Kalesi ; tarif plein/réduit 9/5 TL ; 9h-18h30 avr-oct, jusqu’à 15h30 nov-mars

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