Jordanie : Comment circuler

En raison de sa superficie relativement restreinte, on peut aisément traverser la Jordanie du nord au sud (430 km environ) en à peine plus de 5 heures. Bien sûr, les distances ne sont pas tout… La plupart des sites dignes d’intérêt ne sont pas situés le long des axes principaux, comme la route du Désert (Desert Highway). On les trouve plutôt au bord de spectaculaires routes de montagne, dans le nord du pays, ou le long de la route du Roi (King’s Highway), un axe historique et nettement plus champêtre. Pour profiter au mieux du voyage, il faut donc prévoir un peu plus de temps que ne semblent en requérir les distances indiquées sur les cartes.
Les transports en commun sont avant tout conçus pour répondre aux besoins de la population locale. De nombreux sites d’intérêt sont difficiles d’accès (notamment la mer Morte, les châteaux du désert et la route du Roi). Aussi, mieux vaut louer une voiture ou participer aux circuits organisés par les hôtels d’Amman et de Madaba. On peut aussi avoir recours à un taxi privé (de couleur jaune) ; le chauffeur rendra le trajet d’autant plus agréable qu’il vous donnera des renseignements culturels et vous prodiguera des conseils.

Avion

Il existe une seule ligne intérieure, qui relie Amman à Aqaba. Les billets sont en vente dans les agences de voyages et les bureaux de Royal Jordanian.

  • Royal Jordanian (06-5100000 ; www.rj.com). 2 vols/jour entre Amman et Aqaba (aller 40 JD environ, 1 heure).
  • Royal Wings (www.royalwings.com.jo). Une filiale de Royal Jordanian, spécialisée dans les vols affrétés (onéreux).

Bus

Bus locaux

Les deux plus grandes villes du pays, Amman et Irbid, disposent d’un réseau de bus efficace et bon marché. Néanmoins, les gares et stations locales sont chaotiques et, bien souvent, les horaires ne sont pas affichés. Heureusement, vous trouverez toujours un usager prêt à vous aider !

Minibus

Les minibus publics constituent le moyen de transport le plus courant. Ils ne partent généralement que lorsqu’ils sont pleins. Aussi, vous devrez fréquemment attendre 1 heure ou plus, surtout à la campagne. Il est théoriquement interdit de voyager debout. Il n’est pas rare d’assister à des échanges de sièges entre les passagers : pour une question de convenance, un étranger seul, homme ou femme, ne doit pas prendre place à côté d’une personne du sexe opposé. Les Jordaniens ont pour habitude de frapper un coup sec sur la vitre latérale à l’aide d’une pièce de monnaie pour indiquer qu’ils veulent descendre.

Bus touristiques

Plus spacieux, les bus climatisés sont aussi plus rapides et plus fiables, car ils partent généralement à des horaires fixes et ne s’arrêtent pas en route pour prendre des passagers. Dans l’idéal, mieux vaut acheter son billet la veille.

  • JETT (06-5664141 ; www.jett.com.jo ; Al-Malek al-Hussein St, Shmeisani, Amman). La compagnie nationale JETT offre les trajets en bus les plus confortables entre Amman et Aqaba. Elle dessert aussi le pont du roi Hussein (King Hussein Bridge), ainsi que Pétra et Hammamat Ma’in.
  • Trust International Transport (06-5813427). La compagnie assure chaque jour la liaison Amman-Aqaba (7 JD, 4 heures, 4/jour), avec des départs entre 7h30 et 19h. Tous les bus partent des bureaux situés (peu commodément) au 7th Circle, près du centre commercial Safeway. Trust possède également un guichet de réservation à la gare routière d’Abdali. D’autres services, par exemple pour Irbid, sont parfois assurés. Vérifiez les horaires auprès du guichet de réservation. Pour rejoindre l’arrêt de départ depuis le centre d’Amman, comptez 2,500-3 JD en taxi.
  • Hijazi (02-7240721, 06-638110). Dessert Irbid.

En stop

Le stop n’est sûr dans aucun pays du monde et nous ne le recommandons pas. Les voyageurs optant pour ce mode de déplacement doivent réaliser qu’ils prennent un risque, plus ou moins important, mais bien réel. Cela étant, les Jordaniens y ont parfois recours, lorsque les transports publics sont limités voire inexistants – par exemple, sur certains segments de la route du Roi. Les policiers stationnés aux grands carrefours et aux postes de contrôle arrêteront volontiers les conducteurs pour les persuader de vous prendre en stop – quand ils ne vous emmèneront pas eux-mêmes à destination !
Si vous choisissez l’auto-stop, gardez ces conseils en tête :

  • Pour des questions de sécurité, abstenez-vous de faire du stop ou de prendre des auto-stoppeurs sur la route du Désert oriental.
  • Il est déconseillé aux femmes seules de faire de l’auto-stop.
  • Évitez le créneau 13h-16h, car le trafic se raréfie.
  • Pour vous signaler aux véhicules, pointez l’index dans la direction où vous souhaitez vous rendre.
  • Attendez-vous à devoir payer, et demandez au conducteur combien il réclame.
  • Si l’on ne vous demande rien, offrez simplement une petite somme en fin de parcours, que le conducteur refusera le plus souvent (si vous prenez à votre tour des auto-stoppeurs, ne leur faites pas payer le trajet !).
  • Emportez un chapeau et beaucoup d’eau.
  • Ne soyez pas plus de deux à la fois ; évitez d’avoir l’air trop débraillé.
  • Évitez les camions sur les routes sinueuses et pentues (entre l’embranchement de Wadi Rum et Aqaba, par exemple) : ils peuvent être désespérément lents.

Taxis

Taxis privés

Les taxis privés sont jaunes, fonctionnent comme des taxis ordinaires et peuvent se louer à la journée. À Amman, la plupart des chauffeurs utilisent un compteur (attention : les tarifs sont indiqués en fils et non en dinars). En dehors d’Amman, négociez un prix raisonnable avant de vous mettre en route. En Jordanie, prendre un taxi privé ne présente pas de danger particulier pour une femme seule. Néanmoins, il est peut-être préférable de s’installer sur la banquette arrière, pour plus de tranquillité. 

Taxis collectifs (taxis-service)

Les taxis collectifs ou taxis-service (servis) sont blancs et suivent des itinéraires fixes. Ils circulent dans les centres urbains, d’une ville à l’autre, et entre la Jordanie et les pays voisins. Leur numéro et leur itinéraire sont généralement indiqués en arabe et ils ne partent que lorsqu’ils sont pleins. Ils coûtent jusqu’à deux fois plus cher qu’un minibus et environ 50% de plus qu’un bus public, mais ils sont plus rapides, car ils s’arrêtent moins souvent pour prendre des passagers. Si vous ne voulez pas attendre l’arrivée d’autres personnes ou préférez avoir plus d’espace, rien ne vous empêche de payer une place supplémentaire. Dans les taxis collectifs, les chauffeurs pourront demander aux femmes de s’asseoir à l’avant si la banquette arrière est occupée par des hommes. C’est une pratique commune, acceptée par les Jordaniennes.

Vélo

Selon les périodes de l’année, se déplacer à vélo est soit très agréable… soit inconscient. Les moments les plus propices vont de mars à mai et de septembre à novembre, lorsque l’on a à subir ni la chaleur écrasante de l’été, ni les rafales glaciales du vent hivernal. Les pièces détachées sont rares. Aussi, prévoyez un pneu de rechange, des maillons de chaîne, des rayons, deux chambres à air et un kit de réparation avec un jeu de clés à écrous. Vous devrez être équipé de vitesses pour monter les côtes ; emportez aussi deux bidons d’eau. Enfin, limitez le contenu des sacoches à 15 kg. Si vous ne souhaitez pas apporter votre vélo, vous pourrez en louer un à Amman, à la boutique de Bike Rush (79 9454586 ; www.facebook.com/bikerush ; 12h-21h sam-jeu), qui vous le livrera à votre adresse et propose également chaque semaine des excursions à vélo, assistées par une voiture.

Voiture et moto

En dehors d’Amman, il est facile de conduire en Jordanie. Des routes spectaculaires relient les hautes terres à la vallée du Jourdain, située au-dessous du niveau de la mer. Quelle incroyable expérience de songer que, en escaladant une colline, on est en réalité en train de grimper vers le niveau de la mer ! C’est bel et bien ce qui se passe si l’on emprunte la route de la mer Morte (Dead Sea Highway) en direction de la mer Rouge.
En théorie, le permis de conduire international n’est pas obligatoire en Jordanie (en général, votre permis de conduire national suffira, sauf si vous projetez de passer une frontière). Néanmoins, il est préférable d’en détenir un (en cas d’accident, notamment).

4x4

À moins de se rendre dans des endroits reculés du désert, comme Burqu, il n’est pas indispensable d’avoir un 4x4. Par ailleurs, il est vivement conseillé d’avoir une certaine expérience de la conduite hors piste avant de s’élancer dans le désert : se retrouver ensablé par 45°C peut vite tourner au drame.
Des agences fiables louent des 4x4 à Amman et à Aqaba. Sachez qu’ils sont beaucoup plus chers que les berlines (150 JD/jour au minimum).

Location

Louer une voiture est un excellent moyen de partir à la découverte de la Jordanie, et notamment de la route du Roi et de la région de la mer Morte.
Les loueurs ne manquent pas à Amman, où de nombreuses agences jordaniennes et étrangères sont installées dans le secteur des King Abdullah Gardens, à Shmeisani. En revanche, il n’y en a que quelques-uns à Aqaba, et seulement un ou deux (ouverts de manière irrégulière) à l’aéroport international Queen Alia et à la frontière au niveau du pont du roi Hussein, en direction d’Israël et les Territoires palestiniens. Ailleurs, les agences se résument le plus souvent à un employé dans un bureau avec un téléphone et une seule voiture disponible (la sienne !). Vous obtiendrez les meilleurs tarifs à Amman, où la concurrence fait rage.
Le tarif à la journée tourne autour de 40 JD, ce qui inclut généralement le kilométrage illimité – de nombreuses agences requièrent pour cela une location de 48 heures au minimum. On peut habituellement rendre la voiture dans une autre ville (par exemple à Aqaba), moyennant un petit supplément. Toutes les agences réclament un dépôt de garantie pouvant aller jusqu’à 400 JD, payable (généralement par carte bancaire) au moment où l’on récupère le véhicule. Cette somme est remboursée à la remise du véhicule.
Les cartes routières ne sont pas fournies par les agences de location ; les sièges pour enfants, généralement disponibles, font l’objet d’un supplément.
La plupart des agences ne louent pas aux moins de 21 ans, voire de 26 ans. Les voitures louées en Jordanie ne sont pas autorisées à quitter le territoire national.

  • Avis (06-5699420, 24h/24 777-397405 ; www.avis.com.jo ; King Abdullah Gardens, Amman). Agences au pont du roi Hussein et à Aqaba ; filiales à l’aéroport, au Royal Hotel et au Jordan InterContinental Hotel à Amman. La plus grosse compagnie de location en Jordanie.
  • Budget (06-5698131 ; www.budget.com ; 125 Abdul Hameed Sharaf St, Amman) 
  • Europcar (06-5655581 ; www.europcar-middleeast.com ; Isam Al-Ajlouni St, Amman). Filiales au Radisson SAS et aux King Abdullah Gardens (Amman), ainsi qu’à Aqaba.
  • Hertz (06-5920926 ; www.hertz.com ; King Abdullah Gardens, Amman). Bureaux à l’aéroport, au Grand Hyatt Amman, au Sheraton et à Aqaba.

Assurance

Les tarifs de location incluent la plupart du temps une assurance de base avec une franchise allant jusqu’à 400 JD (c’est-à-dire que vous ne paierez pas plus de 400 JD en cas d’accident). La majorité des agences proposent en plus une assurance tous risques (CDW) moyennant 7 à 10 JD/jour qui vous épargnera le moindre coût (parfois avec une franchise maximale de 100 JD).
Les grandes compagnies offrent souvent une assurance individuelle contre les accidents et une protection contre le vol ; celles-ci seront peut-être déjà comprises dans votre assurance voyage. Lisez soigneusement toutes les clauses du contrat avant de signer (une traduction en anglais doit toujours vous être fournie). 
Si vous conduisez votre propre véhicule en Jordanie, il vous faudra obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile (35 JD, valable 1 mois) à la frontière et payer un droit de douane minime (5 JD) pour l’enregistrement du véhicule (à acquitter à la frontière jordanienne ou au terminal du ferry de Nuweiba, en Égypte).

Sécurité routière

L’état des routes est assez variable, bien que globalement bon ; attention aux ralentisseurs, fréquents et non signalés, que l’on trouve en principe à l’entrée des villes mais aussi en plein milieu des principales highways (“autoroutes”). Sachez que ce terme ne désigne pas une route à deux voies en Jordanie, mais simplement un grand axe.
La Jordanie connaît un nombre élevé d’accidents de la route, notamment de nuit. Évitez de circuler de nuit sur les grands axes comme la route du Désert oriental, la route de la mer Morte et celle qui relie Amman à Trebil (en direction de l’Irak).
À lire avant de prendre la route :

  • La signalisation, fantasque, permet de s’acheminer dans la bonne direction, mais elle n’est généralement pas suffisante pour conduire jusqu’à destination.
  • La plupart des panneaux routiers portent des inscriptions en anglais, mais la transcription de l’arabe varie, y compris pour un même lieu (Om Qeis/Umm Qais, par exemple). 
  • Des panneaux signalent les sites touristiques en marron ; les routes, en bleu ; et les mosquées et autres sites musulmans, en vert.
  • Attention quand il pleut : l’eau et le sable, voire l’huile, forment alors un mélange dangereux sur les routes.
  • Gare aux irruptions de troupeaux de chèvres et de dromadaires, même sur les axes importants.
  • Les stations-service étant assez peu nombreuses, faites le plein dès que l’occasion se présente – prenez notamment vos précaution en remontant de la mer Morte vers la route du Roi, faute de quoi vous pourriez bien vous retrouver en panne sèche (plus le dénivelé est grand, plus la consommation est importante).
  • Les Jordaniens n’aiment pas rester sur une seule voie et doublent souvent en utilisant celle de droite.

Code de la route

Si vous venez d’un pays où la majorité des conducteurs respectent assez scrupuleusement le code de la route, vous serez sans doute choqué par la façon dont les Jordaniens conduisent, en particulier à Amman. Ils se servent rarement du clignotant, et préfèrent klaxonner plutôt que de ralentir. Quant aux piétons, ils prennent des risques. Toutefois, quiconque a déjà roulé en voiture dans d’autres pays du Moyen-Orient trouvera le trafic plutôt calme, en comparaison. À condition de limiter au minimum vos déplacements dans la capitale et de vous montrer prudent, vous ne devriez pas rencontrer trop de difficultés.
Les véhicules roulent du côté droit de la route. La vitesse maximale autorisée est de 50 km/h dans les agglomérations (70 km/h sur les routes à plusieurs voies d’Amman) et de 90 à 110 km/h sur les nationales.
Le port de la ceinture de sécurité est désormais obligatoire – comme ne le montrent pas toujours les automobilistes. La police de la route est postée çà et là le long des nationales.

Contrôles

Vous aurez sans doute à passer des postes de contrôle, notamment sur la route de la mer Morte, près de la frontière sensible avec Israël et les Territoires palestiniens, ou dans la vallée du Jourdain. Arrêtez-vous toujours. Les étrangers passent généralement sans encombre, mais vous devrez éventuellement présenter vos papiers. Ayez toujours à portée de main votre passeport, votre permis de conduire, le contrat de location ou la preuve que vous êtes propriétaire du véhicule, et les papiers de celui-ci.

Carburant et pièces détachées

La plupart des stations-service sont situées à la périphérie des grandes villes et à certains carrefours routiers. Très nombreuses le long de la route du Désert, elles sont plus rares sur la route du Roi et encore davantage sur la route de la mer Morte. On ne trouve de l’essence sans plomb (khal min ar-rasas) que dans quelques rares stations-service d’Amman. 
Les garages, installés eux aussi à la périphérie des villes, pourront prendre en charge la plupart des réparations. Contactez systématiquement la compagnie de location avant d’entreprendre quoi que ce soit.

Transport de véhicule

Si vous venez en Jordanie avec votre propre véhicule, commencez par vous renseigner auprès d’une association automobile dans votre pays d’origine. Vous devez notamment prévoir :
Les papiers du véhicule et une assurance responsabilité civile.
Un “carnet de passage en douane”, faisant office de passeport pour le véhicule et de décharge temporaire pour la taxe d’importation, que vous pourrez par exemple vous procurer auprès du Royal Automobile Club of Jordan (06-5850626, pour les carnets 4622467 ; www.racj.com).
Dans ce carnet, devront être répertoriées les éventuelles pièces de rechange coûteuses que vous projetez d’emporter avec vous (boîte de vitesses, par exemple).
Des pièces détachées et des connaissances en mécanique, surtout si vous êtes à moto !

 

Mis à jour le : 23 septembre 2015

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