-->

Strasbourg : Si vous aimez

Au-delà des plaisanteries sur la frontière à passer pour venir en Alsace, on constate que Strasbourg est effectivement un pays en soi. Riche à tout point de vue, la ville offre ses trésors aux visiteurs : dans ses assiettes, dans ses verres, sur ses murs et dans ses ruelles. De jour comme de nuit, l'émerveillement et le dépaysement sont au rendez-vous.

Architecture

Strasbourg, la ville des routes, donc du passage, a transformé en bonheurs tous les malheurs qui l'ont traversée ! Ce que les uns détruisaient, d'autres le reconstruisaient avec plus de flamboyance encore. De l'époque romaine d'Argentoratum jusqu'à aujourd'hui, Strasbourg garde les traces de son histoire mouvementée (sur l'hôtel Cathédrale, on peut encore voir un obus allemand de 1870 fiché dans un mur !). Rarement richesse et éclectisme architectural trouveront plus de sens que dans cette ville, frontière malgré elle, où la cohérence des époques demeure dans des quartiers entiers. Ainsi le Moyen Âge s'empare de la « grande îsle », la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1988, et marque les pierres en grès rose, dont le point d'orgue est bien sûr l'extraordinaire cathédrale.
Les militaires et leurs décisions exclusives, l'évêque et ses démonstrations, les bourgeois et leurs richesses, les artisans et leurs nécessités pratiques, les populations françaises ou allemandes, catholiques ou protestantes, et même l'inévitable Vauban auront tous, à tour de rôle, modulé et modifié la ville selon leurs convenances et le style du moment. Les magnifiques maisons à colombages de la Petite France ne jalousent en rien les deux pignons (l'un gothique et l'autre Renaissance !) de la maison de l'Œuvre Notre-Dame ou le pittoresque de la Grande Boucherie. Eux-mêmes se moquent bien des demeures anciennes du quai des Bateliers ou des délicats oriels que l'on croise ici et là dans la ville. Mais comment ne pas être soufflé par l'austère rigueur de Guillaume II et de son quartier allemand que, finalement, la cité aura englouti comme les autres styles, avec une gourmandise tout à fait alsacienne…

Arts de la scène

L'Alsacien, qui aime se montrer sage et sérieux au quidam de passage, est en réalité un bon vivant qui fait éclater les boutons de son gilet traditionnel dès qu'il en a l'occasion. Redoutablement efficace lorsqu'il s'agit d'organiser des fêtes, il sait depuis toujours l'importance de tous les arts pour dire d'une autre manière ce qu'il n'avait pas forcément le droit de penser… Le théâtre populaire en particulier, souvent en alsacien, était devenu un maquis pour la pensée et la résistance et se jouait tant des Allemands que des Français ! Cet héritage des planches, Strasbourg l'affiche dans une belle effervescence des arts de la scène, rare et précieuse. En plus d'une programmation riche et éclectique sur les différentes scènes de la ville, au moins sept festivals d'importance internationale viennent rythmer la vie des Strasbourgeois. De septembre à juin se succèdent Musica, Jazzdor, Les Giboulés de la Marionnette, les Nuits électroniques de l'Ososphère, Artefacts, Nouvelles Strasbourg Danse, Premières. Le Théâtre National de Strasbourg, le Maillon, le Théâtre Jeune Public, La Laiterie, et Pôle Sud s'associent ainsi pour mettre des bulles et faire mousser une création de plus en plus dynamique.
Mais des dizaines d'autres festivals, de tous genres et de tous thèmes, proposent leur monde tout au long de l'année. Il ne faut pas pour autant en oublier la très belle programmation des TAPS de Strasbourg (TAPS gare et TAPS Scala, qui donne la part belle à des créations originales de qualité, en théâtre, musique et danse. Dans un autre genre, la Choucrouterie et le Kafteur de leur côté, proposent des spectacles colorés d'humour.

Gastronomie

Inutile de parler régime au pays de la gastronomie ! Ce serait un non-sens. L'Alsace, c'est LE paradis des gourmands et des gourmets. Hmm, les succulents waedele… Ah, les redoutables presskopf… Oh, les appétissants strudel… Le tout arrosé d'un gewurztraminer, d'un riesling ou d'une bonne bière. À Strasbourg, il est souvent plus difficile de prononcer le nom du plat, que de le manger ! Quoi que… Les nombreuses spécialités régionales, riches, copieuses et savoureuses s'apprécient dans la chaleur des winstubs (tavernes alsaciennes) et dans d'autres restaurants plus classiques. Soyez prévenu : l'Alsacien apprécie la qualité ET la quantité.
Si votre tour de taille est un problème, rassurez-vous : à côté de cette cuisine quitient au corps, on trouve quantité d'autres établissements qui servent des mets plus légers. Il paraît qu'il y a même des végétariens en Alsace à présent !
À signaler : pendant la période du marché de Noël, une bonne partie des restaurants sont ouverts tous les jours, dimanche inclus.

La véritable terre du foie gras

Le foie gras est toujours associé au Sud-Ouest, mais c'est à Strasbourg, où la tradition est au moins aussi ancienne, qu'il trouve toute sa succulence. Vers 1780, Jean-Pierre Clause, le cuisinier lorrain du maréchal de Contades, alors gouverneur militaire de Strasbourg, invente le « pâté de foie gras en croûte ». Le mets est tellement savoureux que le maréchal le fait goûter à Louis XIV. Le roi apprécie au point qu'il offre au marquis de Contades une terre en Picardie et au cuisinier Clause 20 pistoles ! C'est également en Alsace à la même époque qu'est inventé le mariage du foie gras et de la truffe du Périgord. Aujourd'hui, plusieurs artisans strasbourgeois de renom (Georges Bruck, Édouard Artzner, Jean Lutz) perpétuent la tradition, en travaillant selon des méthodes ancestrales des foies d'oie ou de canard (parfois importés). Un joli cadeau à rapporter de Strasbourg, accompagné d'une bonne bouteille de vendanges tardives ou d'un gewurztraminer.

Guide culinaire de survie pour non-initiés
  • Baeckehoffe : potée comprenant plusieurs viandes (porc, agneau, bœuf) marinées et cuites dans un plat en terre, accompagnées de pommes de terre, de carottes et d'oignons. Plat paysan traditionnel que l'on faisait cuire chez le boulanger (d'où son nom « four du boulanger ») avec les restes de viande de la semaine.
  • Bibeleskaes : fromage blanc fermier assaisonné de ciboulette, poivre et sel, que l'on accompagne de pommes de terre, et parfois de jambon cru de pays et d'oignons blancs.
  • Bredele : gâteaux secs typiques de Noël. Les recettes sont nombreuses : meringues, macarons, biscuits au beurre, aromatisés à l'anis, à la cannelle, aux noix, au chocolat, etc.
  • Choucroute : « Sauerkrut » (chou aigre), la choucroute est le chou blanc émincé fermenté (originaire de Chine). Il faut l'apprécier sous sa forme « garnie », c'est-à-dire accompagnée de viandes (salées et fumées), de saucisses, parfois de cuisse de canard, et toujours avec des pommes de terre. Les petits joueurs demanderont la version « aux poissons ». Une invention du chef Baumann du restaurant Kammertzel, considérée par les puristes comme une véritable hérésie, vu le peu de calories qu'elle comporte !
  • Flammekueche (tarte flambée ou flamme's) : plat traditionnel, composé de pâte à pain garnie de lardons, d'oignons, de fromage blanc et de crème fraîche, cuite au feu de bois et servie sur une planche de bois. Elle peut être déclinée (au munster, gratinée, forestière, etc.), mais les puristes la préfèrent simple. Se mange chaude, avec les doigts.
  • Fleischkiechele : galette de viande hachée.
  • Fleischschnacka (« escargot de viande ») : pâte à nouille farcie de restes de viande cuite et roulée en escargot.
  • Grumbeerekiechle : galettes de pommes de terre grillées dans une poêle (jamais nettoyée de préférence).
  • Käsknepfle : quenelle de fromage.
  • Knack : saucisse de Strasbourg.
  • Kouglof (kougelhopf) : brioche à la levure de bière, garnie de raisins secs. Idéal au petit-déjeuner ou en apéritif.
  • Lewerknepfle : quenelle de foie.
  • Maennele : brioche en forme de bonhomme, typique de la fête de Saint-Nicolas, ancêtre du Père Noël. Appréciée des enfants.
  • Presskopf : star des winstubs. Fromage de tête de porc en gelée, dégusté en vinaigrette.
  • Raifort : plante apparentée à la moutarde, préparée sous forme de condiment. Accompagne tout plat de charcuterie.
  • Schieffele : palette de porc fumée.
  • Schnaps : eau-de-vie d'un ou plusieurs fruits (mirabelles, quetsches, reines-claudes…). Idéal après une choucroute.
  • Spätzle : pâtes préparées à base de farine, de lait et d'œufs, puis pochées.
  • Strudel : pâtisserie composée de pommes roulées à l'intérieur d'une pâte fine.
  • Streussel : sorte de crumble.
  • Waedele : petit jambonneau ou jarret de porc.

Winstub, kézako ?

Symboles de l'art de vivre à l'alsacienne, les winstubs, autrefois cantonnées au commerce du vin (winstub signifie « pièce où l'on consomme du vin »), jouent aujourd'hui le rôle de tavernes gourmandes, spécialisées dans la cuisine de terroir. Allez-y pour déguster une choucroute, un presskopf, un bibeleskaes ou encore un waedele, accompagnés d'un vin d'Alsace. Les intérieurs, extrêmement chaleureux, valent à eux seuls la visite : ils se composent de boiseries, de poutres, de bibelots, de fresques, de gravures, de mobilier ancien, de ferronneries, de vitraux, d'incontournables nappes à carreaux… et de serveuses parfois souriantes ! Certaines winstubs occupent des demeures vieilles de plusieurs siècles. N'y allez pas pour un rendez-vous galant ; l'atmosphère, conviviale, limite bruyante, est plus propice aux agapes entre amis qu'à des confidences amoureuses. Les tables sont rapprochées (voire serrées), et certaines grandes tables sont complétées au fur et à mesure.
Dans ce guide, nous avons sélectionné les meilleures winstubs de la ville. Bien que touristiques, la plupart ont gardé leur cachet et conservent une clientèle d'habitués.

Tout feu, tout flamme's

Pour déguster une bonne flammekueche, spécialité bas-rhinoise par excellence, les bonnes adresses sont rares en ville ! En effet, les tartes flambées se savourent traditionnellement à la campagne, ce qui explique le nombre restreint de restaurants du centre-ville les ayant inscrites sur leur carte.
Parmi les bonnes adresses fréquemment citées par les Strasbourgeois : Le Marronnier (03 88 69 84 30 ; 18 route de Saverne, Stutzheim ; 18h30-23h tlj et dim midi à partir de 12h), à environ 11 km au nord de Strasbourg, et À l'Aigle (03 88 20 17 80 ; 22 rue Principale, Pfulgriesheim ; fermé dim-lun), à 10 km au nord-ouest de Strasbourg par la D31.

Le parler alscacien

C'est une des choses les plus belles et les plus tristes en Alsace. L'alsacien est une langue germanique parlée depuis toujours dans cette région, mais malheureusement en voie de disparition. Même si des efforts louables sont faits (écoles bilingues, théâtre alsacien, sites internet…), le jacobinisme français aura ici aussi fait des dégâts, comme dans toutes les langues et cultures régionales du pays.
L'alsacien a cependant été bien plus décrié que les autres langues régionales. En cause : son cousinage direct avec la langue allemande, la langue de « l'ennemi » des deux dernières guerres. Heureusement qu'à Strasbourg, la proximité de Kehl et de l'Allemagne a permis d'entretenir, plus qu'ailleurs, la pratique de l'alsacien et l'on peut encore aisément entendre cette langue dans les winstubs, les bierstube, les marchés et même dans la rue… Ne soyez pas rétrograde comme les élus de l'Académie française qui ont sursauté à la signature par la France du traité européen reconnaissant les cultures régionales, et appréciez la différence : immergez-vous dans le magnifique marché de Neudorf (tous les mardis et samedis matin) ou dans une bierstube et laissez-vous bercer par la musique à la fois archaïque et contemporaine de cette langue magnifique. Prenez une bière ou une glace dans le petit parc du Kurgarten (accès par la rue d'Altkirch, dans le quartier de Neudorf) où se trouve un petit bistrot très populaire, dans le plus beau sens du terme. L'expérience sera belle et vous apportera beaucoup : vous rirez d'autant plus lorsque vous croiserez le chemin de parlementaires huppés qui se la jouent chic en parlant british dans les rues de Strossbüri !
Et souvenez-vous que cette langue a bercé les oreilles de Jacques Higelin, d'Alain Bashung, du mime Marceau, des Groucho Marx, de William Wyler, de Max Linder, Pierre Fresnay, Abd al Malik et de tant d'autres…

Le vin

On compte en Alsace sept cépages principaux, les vins étant vendus sous le nom du cépage qui les compose (c'est une exception en France). Autrement dit, un gewurztraminer est produit avec du raisin gewurztraminer. Tous les vins d'Alsace sont des vins à AOC (appellation d'origine contrôlée). Il s'agit presque exclusivement de blancs, servis frais, qui ne cessent de s'améliorer tant les viticulteurs font des efforts dans cette région, où l'on fait la part belle aux biocultures.
S'y ajoutent deux inclassables : le crémant d'Alsace, un vin effervescent, élaboré à partir de plusieurs cépages, dont certains tiennent largement la comparaison avec des champagnes ; et le klevener, qui est produit uniquement à Heiligenstein. Quant à la mention edelzwicker, elle désigne un mélange de vins blancs d'Alsace : simple, populaire et souvent excellent en pichet dans une winstub.
On trouve aussi les mentions « vendanges tardives » et « sélections de grains nobles », pour les vins obtenus à partir de raisins « surmûris », récoltés après les vendanges officielles. Riches en sucre et en arômes, ils donnent des vins moelleux, liquoreux, de très haute qualité souvent d'excellente harmonie avec les foies gras.

Les cépages alsaciens

  • Riesling : le cépage roi. Donne un vin de gastronomie. Parfait avec une choucroute !
  • Gewurztraminer : un peu moins prestigieux que le riesling. Très parfumé. Bien pour l'apéritif, ou avec un munster.
  • Muscat : rien à voir avec les muscats du sud de la France. Celui-ci est sec et aromatique.
  • Pinot gris (tokay) : donne un vin charpenté, qui s'harmonise avec les gibiers.
  • Pinot blanc : donne un vin souple, fruité, qui se marie avec de nombreux plats.
  • Pinot noir : le seul cépage alsacien donnant des rosés et des rouges. Accompagne fort bien les viandes ou les fromages.
  • Sylvaner : un vin du quotidien, frais et léger, facile à boire.

Le plus vieux vin du monde…

Dans le sous-sol des Hospices civils de Strasbourg, se cache une cave extraordinaire créée en 1395 pour participer à l'autosuffisance alimentaire de cet établissement caritatif… et soigner certains patients ! Au XIVe siècle, les malades avaient pris l'habitude de payer en nature les soins qu'ils recevaient. De fait, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg, auxquels appartiennent les Hospices civils, sont devenus les plus importants propriétaires fonciers d'Alsace ! Et sur ces terres, souvent il y avait des vignes…
Ce sont des viticulteurs alsaciens de renom qui ont choisi de restaurer les chais de la cave historique des Hospices de Strasbourg (73, B4 03 88 11 64 50 ; 1 place de l'Hôpital ; 8h30-12h et 13h30-17h30 lun-ven, 9h-12h30 sam) pour y élever une sélection prestigieuse de vins d'Alsace issus de leurs domaines respectifs. Les meilleurs vins y sont déposés ; ils vieillissent et grandissent dans ces foudres multiséculaires profitant de l'âme de leurs prestigieux prédécesseurs…
Ces trésors en bouteille servent ainsi de référence à la tradition vinicole de la région. La merveilleuse cave voutée abrite 80 foudres et fûts très impressionnants, dont le plus volumineux peut contenir 26 700 litres du précieux nectar. Ce fût date de 1881 et a été présenté à l'Exposition universelle de 1900. Les cinq fûts les plus anciens contiennent encore du vin des XVe et XVIe siècles ! Le plus vieux vin du monde se cache là, dans l'écrin secret d'un foudre. Il date de 1475 : impossible de le goûter (le dernier à en boire fut le général Leclerc à la libération de Strasbourg), la maison vous fera sentir le bouchon imbibé de ses parfums merveilleux…

Vie nocturne

Les Alsaciens aiment la fête, et les campus de Strasbourg accueillent plus de 50 000 étudiants… autant dire que le soleil se couche tard dans cette ville de l'Est. Pourtant, Strasbourg ne sera jamais une ville d'excès. On est frappé, lorsqu'on prend le tram D qui traverse la ville depuis la gare : pas un chat dans les artères principales à partir de 23h ! Mais… jetez donc un coup d'œil dans les rues perpendiculaires : les gens sont là ! Sur les terrasses en été (et durant l'été indien alsacien), dans les winstubs et bierstube en hiver, ou simplement dans les bars branchés, la vie nocturne se décline de mille façons. On peut tout faire lorsque la nuit s'installe à Strasbourg : il y a bien sûr une programmation artistique riche qui répond à bien des attentes et, côté cinéma, il faut souligner la qualité et la diversité des programmations de l'UGC – qui n'a rien à envier à certains cinémas « art et essai » – de l'Odyssée, ou des cinémas Star.
On peut danser jusqu'à 4 heures du matin sur les musiques du moment au Living-Room ou façon plus électro et trip-hop à La Salamandre, un haut lieu des soirées étudiantes, tout comme La Java. Les vrais rockers apprécieront l'ambiance du Rock City Café et de son coin billard, mais ils devront se coucher plus tôt ! Au Café des Anges, salle mythique de la ville, on goûtera les expériences nouvelles de concerts, de spectacles et la dextérité des nouveaux DJ régionaux. Les mystiques iront se perdre dans les élixirs de l'Alchimiste, tandis que les rustiques préfèreront l'ambiance simple et chaleureuse de La Hache. Les néobobos se réfugieront dans le bistrot-galerie L'Artichaut, et les exotiques se réchaufferont au rhum du Waikiki. Le Trolleybus et le Zanzibar mettront tout le monde d'accord, comme les terrasses de la place du Marché-Gayot, surpeuplées à la belle saison, et les bars-péniches amarrés quai des Pêcheurs. Yo ! (expression typiquement alsacienne) Il y en a vraiment pour tous les goûts…

Live et dj : Rock ou pop ?

  • Bars-concerts : Café des Anges (5 rue Sainte-Catherine) ; Krutenau
  • Électro/trip-hop : La Salamandre
  • Musiques actuelles : Living-Room, La Java, La Laiterie, Le Molodoi
  • Rock : Rock City Café, Zanzibar, Le Korrigan

Bars : Branché ou cosy ?

  • Bobo : L'Artichaut
  • Cocktails : l'Alchimiste (3 rue des Sœurs), Le Saxo
  • Exotique : Waikiki (6 Place de l'Homme-de-Fer), Perestroïka
  • Nautique : quai des Pêcheurs
  • Rustique : La Hache (11 rue de la Douane)
  • Terrasse : Trolleybus, Marché Bar, place du Marché-Gayot

Au fil de l'eau

La ville a toujours joué la coquette avec le Rhin : contrairement aux autres grandes cités de France, elle n'a pas fait son nid près du fleuve, mais s'est installée à côté, lui préférant son affluent l'Ill. Il faut dire que le Rhin n'a jamais été vraiment sage. Des gravures anciennes montrent, du côté de Kehl, un fleuve large de plusieurs kilomètres, se composant de bras multiples, de prairies inondées et de sables mouvants… bref un Rhin impétueux et imprévisible. L'Ill, qui prend sa source dans le Sundgau (à l'extrême sud de l'Alsace), a toujours été suffisamment navigable et canalisé pour servir au travail commercial de la ville, sans faire subir de désagréments ravageurs. Cependant, le Rhin restait la grande autoroute du Moyen Âge, nécessaire à tous les échanges Nord-Sud : jamais il n'avait été considéré comme une frontière, d'autant plus que de part et d'autre du fleuve, on parlait une langue germanique.
À Strasbourg, l'Ill se sépare en deux bras navigables, formant une île où se pose la vieille cité, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Plus de 800 000 personnes visitent chaque année Strasbourg en empruntant l'un des nombreux bateaux touristiques. Le tour de l'île se fait en 1 heure 15 : toutes les langues sont au programme d'un commentaire très bien documenté, disponible dans des casques individuels. Toute l'histoire de Strasbourg défile ainsi paisiblement devant vos yeux, le long de l'Ill. On peut aussi s'amuser à naviguer vers le port autonome avec un autre circuit aquatique qui poussera jusqu'au Rhin. Les bords de l'Ill offrent également de très agréables promenades, à pied ou à vélo – attention toutefois aux crottes de chiens et aux joggeurs fougueux – et il n'est pas rare de croiser des barques et des canoës sur ses eaux revêtues d'atours romantiques… Au pays du vin et de la bière, qui a dit que l'eau n'a pas sa place ?

Avec des enfants

Strasbourg est une ville qui peut se montrer très ludique lorsqu'on y vient en famille. Son cœur médiéval, avec son dédale de ruelles piétonnes, peut se transformer en un terrain de jeu passionnant. Regarder les maisons dans le détail et y découvrir des têtes, des animaux, des fleurs sculptées dans la pierre ou le bois est un jeu extraordinaire qui développe le sens de l'observation. La cathédrale qui semble si sérieuse est en réalité remplie de mystères. À vous de conduire vos enfants vers ces nombreux personnages profanes et irrévérencieux qui l'ornent dans ses moindres recoins et de les laisser s'étonner par les automates de l'horloge astronomique, toujours aussi magiques.
Le Vaisseau (03 88 44 44 00 ; www.levaisseau.com ; 1 bis rue Philippe-Dollinger ; adulte/enfant 3–18 ans 8/7 € ; 10h-18h mar-dim et jours fériés), un centre de découverte des sciences et techniques pour enfants de 3 à 15 ans et ados, créé par le conseil général du Bas-Rhin, vaut aussi le détour. On y vient de partout pour s'initier dans ces 5 200 m2, à la magie du savoir grâce à des centaines d'éléments interactifs avec des animations en français et en allemand. Explorer un chantier, observer une fourmilière, tester le pouvoir de l'eau, analyser les images… En plus de l'expo permanente, des expositions thématiques viennent animer cet endroit finalement fait pour les petits et les grands. Côté scène, le Théâtre Jeune Public et d'autres lieux strasbourgeois proposent toute l'année une programmation dédiée aux enfants. Côté nature, le jardin botanique, l'Observatoire, les nombreuses pistes cyclables, les bords de l'Ill, ainsi que l'Orangerie et le jardin des Deux-Rives (les jeux d'eau côté allemand ont beaucoup de succès en été) sont autant de lieux où les enfants trouveront leur bonheur. Le parcours en bateau touristique sur l'Ill est également à faire : branchez le casque audio de vos enfants sur le commentaire fait spécialement pour eux et ils découvriront pleinement la ville. Et quand vient Noël et ses fêtes, plus aucun doute, à Strasbourg, l'enfant devient roi…

Noël

Noël est sans conteste la fête la plus importante de l'année en Alsace. À Strasbourg, plus qu'une fête, Noël est une véritable institution dont la cité, de fait, est devenue la capitale mondiale (n'ayons pas peur des mots !). Qui peut se prévaloir de fêter Noël depuis au moins l'an 1570, date à laquelle Strasbourg installe son premier marché du nom (le Christkindelsmärik) au pied de la cathédrale ? C'est dans cette ville aussi que pour la première fois une famille a eu l'idée de décorer un sapin, qu'autrefois on accrochait aux poutres du plafond, par la tête.
Fête de tous les excès culinaires et commerciaux, Noël peut en agacer plus d'un, notamment devant l'afflux de touristes. Mais d'un autre côté, comment se priver de ce plaisir et de ce merveilleux qui se déclinent dans les yeux des enfants et de ceux qui en ont gardé l'âme. Lorsque Noël se déballe sur les places de Strasbourg, ce sont des rivières de pains d'épices et de bredele, des montagnes de marrons grillés (trop chers) et de chocolats, des océans de vins chauds (plus ou moins réussis) et de thé à l'orange, qui jouent aux sirènes et vous attirent de leurs mille parfums. La ville est en fête : des pieds à la tête, ses illuminations extraordinaires, ses petites baraques en bois, ses pays invités (Roumanie, Russie…) viendront finalement combler petits et grands, touristes et Strasbourgeois, qui sauront tous apprécier ces instants féériques. Durant tout le mois de décembre, ils patineront sous la cathédrale, ou feront des vœux sous le plus grand sapin de Noël d'Europe. La tradition est d'autant plus belle lorsqu'elle s'orne des contes et légendes alsaciennes qui finiront de séduire tout le monde. Noël est un diamant dont Strasbourg est l'écrin doré…

La bière

La bière et l'Alsace, c'est une véritable histoire d'amour… compliquée, comme il se doit ! L'Alsace est l'une des rares régions en Europe à posséder à la fois une forte tradition viticole et brassicole. Dans l'histoire des breuvages de la région, le vin serait noble et la bière serait plus populaire, voire grossière : à Hunawihr, cité viticole au sud de Strasbourg, un dicton dit même : « Beim besten Bier verreckt mer Schier » (Même la meilleure bière m'empoisonne) ! Les Alsaciens ont fini par mettre tout le monde d'accord entre ceux qui produisent du vin et ceux qui produisent de la bière, en consommant énormément des deux ! Mais il faut bien reconnaître aujourd'hui que pour la boisson fermentée, les fastes d'antan ne sont plus. En effet, si les grands groupes internationaux continuent à fabriquer des bières en Alsace (les marques les plus commerciales et les plus rentables), ils ont également contribué à faire disparaître bon nombre d'entre elles. Les chopes de ces marques connues sont pleines, certes, mais l'esprit mousseux se trouve ailleurs. La Météor, brassée à Hochfelden par une entreprise familiale, est devenue symbole de résistance.
Les véritables alchimistes se cachent dans des microbrasseries, où ils continuent à faire honneur au savoir-faire alsacien. Goûtez la Uberach ou la Storig, vous sentirez alors le fantôme d'Arnoldus le cervoisier qui offiçiait à Strasbourg en 1259, derrière la cathédrale, dans la ruelle… de la Bière ! Cet art largement pratiqué dans la cité (mention particulière pour le quartier de Cronenbourg et la commune de Schiltigheim) comptait à la fin du XVIIIe siècle 33 brasseurs (tous protestants) !
Comme la viticulture, la fabrication de la bière n'a cessé de s'améliorer et les breuvages obtenus se marient parfaitement avec la cuisine alsacienne. Les propriétés naturelles de la bière allègent les mets excellents, mais parfois trop riches, des tables alsaciennes. En Alsace, il est donc conseillé de boire pour sa santé…

Les meilleures brasseries

  • L'Académie de la bière (195, A3 03 88 22 38 88 ; 17 rue Adolphe-Seyboth ; 11h-4h lun-dim). Un lieu très apprécié des étudiants. Carte très complète mais un peu trop figée, alors que certaines bières ne se boivent qu'en certaines saisons !
  • Brasserie Kohler-Rehm (184, B2 03 88 32 15 93 ; 13 rue des Grandes-Arcades ; 9h-minuit lun-sam,10h-minuit dim et jours fériés). On y sert les bières de marque Storig (la cigogne), une microbrasserie de Schiltigheim (banlieue strasbourgeoise).
  • La Lanterne (199, B3 03 88 32 10 10 ; 5 rue de la Lanterne ; 16h-1h30 lun-dim). Dans la même salle (souvent bondée), on brasse et on sert les bières produites sur place : blonde, ambrée, blanche et bières de saison. Packs à emporter en vente également.
  • Fischerstub (03 88 18 19 19 ; 5 route de Bischwiller, Schiltigheim – banlieue nord de Strasbourg, par la place de Haguenau ; fermé sam midi). Adossée à la brasserie Fischer (qui a récemment fermé ses portes, la production ayant en partie été rapatriée sur le site Heineken de Schiltigheim), cette brasserie propose un grand choix de spécialités alsaciennes (copieuses) à tarifs raisonnables et, bien sûr, les bières à la pression de marque Fischer. L'établissement, de grande capacité, sert jusqu'à minuit et accueille ainsi de nombreux groupes sportifs après leur entraînement et, à midi, une clientèle d'habitués. Ambiance authentique.
  • Brasseries Kronenbourg (03 88 27 41 59 ; 68 route d'Oberhausbergen, Strasbourg-Cronenbourg ; adulte/étudiant/18-12 ans/-12 ans 6/4/4,50 €/gratuit ; 9h-17h lun-sam sur réservation, plus les dim en août et déc). En activité depuis 1664, ces brasseries proposent un « voyage au cœur de la bière » qui vous familiarisera avec les principales étapes de fabrication du breuvage à base de houblon. La visite se termine par une dégustation. Également une galerie d'exposition où sont rassemblées des chopes, des plaques émaillées, des affiches, etc. Ouverture de la galerie industrielle datant de la révolution industrielle.
  • Brasseries Heineken (03 88 19 57 55 ; www.brasseriesheineken.fr ; 4 rue Saint-Charles, Schiltigheim ; entrée libre ; lun-ven sur rdv). À Schiltigheim, la cité des brasseurs, à environ 4 km au nord de Strasbourg. La marque Heineken a repris l'ancienne brasserie de l'Espérance, créée en 1963. On peut encore visiter la salle de brassage de 1932. Visite découverte, ou visite à thème.
  • Brasserie La Scala (185, C4 03 90 41 24 45 ; 96 route du Polygone, quartier de Neudorf ; 12h-1h mar-dim). La bière servie est brassée sur place. Bon accueil et le restaurant propose une carte traditionnelle de bonne tenue. La Scala est aussi une salle théâtre.
  • Les Brasseurs (214, C2 03 88 36 12 13 ; 22 rue des Veaux ; 11h30-1h lun-sam, jusqu'à minuit dim). Là aussi on brasse les bières sur place, et elles sont de très bonne tenue. On peut y aller sans soif et y apprécier des tartes flambées (correctes, sans plus) avec une bonne bière.
  • Les Douze Apôtres (7 rue Mercière ; 11h-1h lun-dim). Ici la bière est une culture (quasi élitiste), un savoir-vivre. Rigolez de l'accueil ultrarustique et appréciez ce pour quoi vous êtes venus : une bonne bière fraîche, au pied de la cathédrale. La carte change régulièrement.
Mis à jour le : 8 avril 2014
Vizeat

Articles récents