Pologne : Environnement

Géographie, faune et flore polonaises

Des chaînes de montagne méridionales au littoral de la mer Baltique, la Pologne affiche des écosystèmes parmi les plus diversifiés d’Europe, avec une richesse à l’avenant en matière de faune et de flore. La côte septentrionale, tout comme les innombrables lacs et rivières sont aussi le creuset d’une formidable biodiversité. C’est notamment ici que vous traverserez les dernières parcelles européennes de forêt primaire.

Des paysages variés

Le relief de la Pologne a été en grande partie façonné au cours de la dernière glaciation, lorsque la calotte glaciaire scandinave s’étendait au sud sur les plaines. En se retirant, quelque 10 000 ans plus tard, elle a laissé cinq paysages clairement identifiables : les massifs des Sudètes et des Carpates au sud, les vastes plaines du centre, la ceinture des lacs, la côte de la Baltique et les rivières coulant vers le nord.

Montagnes du Sud

Les montagnes méridionales s’étendent de la chaîne des Sudètes au sudouest aux monts Tatras, et jusqu’aux Beskides au sud-est. D’un point de vue géologique, les Sudètes sont des montagnes anciennes, leurs pics arrondis ne dépassant pas les 1 602 m du mont Śnieżka, dans le massif des Karkonosze. Point culminant de la Pologne, le mont Rysy (2 499 m), dans les Tatras, est un massif déchiqueté à cheval sur la Slovaquie. Les sentiers de randonnée sont connectés entre la Pologne et la Slovaquie, ce qui permet de passer la frontière tout en continuant sur le même itinéraire. Au nord des Tatras, la chaîne des Beskides, moins élevée mais plus vaste et densément boisée, est dominée par le Babia Góra (1 725 m). La pointe sud-est de la Pologne est occupée par les Bieszczady, une partie de la chaîne des Carpates, et sans doute la succession la plus pittoresque de sommets du pays.

Plaines centrales

Les plaines du centre s’étendent de l’extrémité nord-est jusqu’à environ 200 km de la frontière sud, couvrant les régions de la Basse-Silésie, de la Grande-Pologne, de la Mazovie et de la Podlachie. Autrefois, des cours d’eau formés par la fonte des glaciers déposèrent des couches de sable et de boue dont résultèrent les sols les plus fertiles du pays. En conséquence, les plaines centrales essentiellement agricoles constituent le grenier à grain de la Pologne. À certains endroits, notamment dans le parc national de Kampinos, à l’ouest de Varsovie, des dépôts sédimentaires fluvioglaciaires entraînés par le vent ont formé des dunes pouvant atteindre 30 m de hauteur – elles seraient les dunes d’arrière-pays les plus élevées d’Europe. La révolution industrielle du XIXe siècle tira parti de l’abondant charbon extrait de la Haute-Silésie à l’ouest de ces vastes plaines La proximité de ce combustible relativement bon marché favorisa par la suite le développement d’aciéries dans cette partie du pays, qui doit aujourd’hui encore gérer la pollution de l’air et de l’eau héritée de l’industrie.

Les lacs

La région des Lacs regroupe la Poméranie, la Warmie et la Mazurie. La Pologne compte plus de 10 000 lacs, dont la majeure partie sont situés en Mazurie. Les plaines ondulantes et les chapelets de lacs sont formés par des dépôts d’argile laissés par la fonte de la calotte glaciaire. Cette région possède la dernière puszcza (forêt primaire) d’Europe, faisant du parc national de Białowieża et de sa faune et sa flore sauvages un lieu incontournable en Pologne.

Côte baltique

Bordée de plages de sable, la côte baltique borde le nord de la Pologne, de l’Allemagne à l’enclave russe de Kaliningrad. La plaine côtière de la Baltique fut façonnée par la montée du niveau de la mer après la fonte de la calotte glaciaire scandinave ; elle est aujourd’hui constituée de marécages et de dunes. Ces dépôts de sable et de gravier forment les plages des stations balnéaires polonaises, mais également les dunes mouvantes du parc national de Słowiński, les bancs de sable et les gravières de la péninsule de Hel, ainsi que la lagune de la Vistule.

Rivières du Nord

Les rivières de Pologne courent vers le nord et se jettent dans la mer Baltique. Le plus grand fleuve, la puissante Vistule (Wisła) de 1 090 km de long, prend sa source dans la chaîne des Tatras. Avec les affluents de sa rive droite (les rivières Bug et Narew), la Vistule draine près de la moitié du pays. Appelée “rivière mère”, elle passe par Cracovie et Varsovie. L’Oder (Odra), deuxième fleuve du pays, et son principal affluent la Warta, draine le tiers ouest de la Pologne et constitue sa frontière ouest. Les cours d’eau sont au plus haut au printemps, lors de la fonte des neiges, et des crues peuvent se produire lors des fortes pluies de juillet.

Vie sauvage

La Pologne recèle maints trésors zoologiques et ornithologiques. La diversité de ses paysages fournit autant d’habitats pour des mammifères tels que le sanglier, le chevreuil, l’élan et le lynx au nord-est, et l’ours bruns et le chat sauvage dans les montagnes boisées du Sud. On trouve aussi des espèces d’oiseaux rares, comme le rossignol progné, l’aigle royal, le pic à dos blanc et le pic tridactyle, et la gélinotte des bois, parmi 200 autres espèces d’oiseaux nicheurs.

Bisons

Le bison d’Europe, dont le poids peut dépasser la tonne, est le plus grand mammifère d’Europe. Ce bovidé, qui vit jusqu’à 25 ans, est capable de courir jusqu’à 50 km/h. On trouvait autrefois de tels animaux sur tout le continent, mais l’exploitation croissante des forêts en Europe occidentale les a repoussés vers l’est. Au XIXe siècle, quelques centaines de bisons vivaient en liberté dans la forêt de Białowieża. En 1916, il n’en restait que 150, et trois ans plus tard ils s’éteignaient, victimes de la chasse. Seule une cinquantaine de bêtes vivaient encore dans des zoos de par le monde. C’est à Białowieża qu’une tentative d’éviter l’extinction du bison fut lancée en 1929, en relâchant plusieurs animaux de zoo dans leur habitat naturel. Près de 900 bisons vivent aujourd’hui en liberté dans la forêt de Białowieża, et plusieurs centaines ont été envoyés dans différents endroits de Pologne. De nombreux bisons de Białowieża ont été répartis dans des zoos et forêts d’Europe, et leur population mondiale atteint quelque 6 600 individus.

Loups

Les loups gris, représentants les plus nombreux de la famille des canidés, étaient autrefois répandus dans le paysage polonais. Chasser le loup constituait l’un des passe-temps favoris des tsars. La chasse et la disparition de leur habitat ont réduit leur nombre jusqu’à ce qu’ils frisent l’extinction dans les années 1990. Depuis l’adoption d’une loi pour les protéger en 1998, les recensements indiquent que leur population est en hausse à nouveau, avec environ 2 000 individus.

Chevaux

L’élevage de chevaux arabes est une tradition polonaise de longue date, et des chevaux sauvages peuplaient autrefois ses plaines. Plusieurs en ont été protégées dans des zoos, notamment le tarpan, qui n’existe plus dans la nature et dont seuls demeurent des spécimens “reconstitués”. Heureusement, les fermiers polonais croisaient naguère les tarpans avec leurs chevaux domestiques ; le petit konik polonais en est issu. Les gènes du tarpan ont donc été perpétués, et le konik est aujourd’hui utilisé pour en recréer l’espèce. Le poney huçul, qui vit dans les Carpates, descend directement du tarpan.

Oiseaux

La topographie variée de la Pologne offre un habitat à de très nombreuses espèces d’oiseaux. La vaste étendue de lacs, marais et roseaux le long de la côte baltique, de même que les bassins marécageux de la Narew et de la Biebrza, abritent une multitude d’oiseaux aquatiques et forment une étape migratoire pour d’immenses nuées d’oies, de canards et de limicoles au printemps et à l’automne. Une petite communauté de cormorans vit dans les lacs de Mazurie. Les cigognes, qui arrivent d’Afrique au printemps pour construire leurs nids sur les toits et les cheminées des campagnes, sont très aimées des Polonais. La Pologne accueille environ 30 000 cigognes blanches chaque année (soit près du tiers de la population de cigognes d’Europe), dont la plupart prennent leurs quartiers d’été en Mazurie et en Podlachie, dans le Nord-Est. L’orzeł (aigle), symbole de la Pologne, est un emblème royal depuis le XIIe siècle. On peut en observer plusieurs espèces, essentiellement dans les montagnes du Sud, y compris l’aigle royal et le circaète Jean-leBlanc, ainsi que l’aigle botté, plus rare, l’aigle criard et l’aigle pomarin. Le pygargue à queue blanche, qui aurait inspiré l’emblème national, vit dans les parcs nationaux sur la côte baltique.

Plantes

De nombreux visiteurs seront surpris d’apprendre que la Pologne possède la dernière portion de la forêt primaire qui recouvrait une grande partie de l’Europe à la préhistoire. La forêt primaire du parc national de Białowieża compte toujours de majestueux chênes vieux de cinq cents ans et une flore ancienne, au sens premier du terme. L’espèce la plus répandue en Pologne est le sapin, qui recouvre 70 % de l’ensemble de la zone boisée, mais la diversité biologique et la résilience écologique des forêts se renforcent, grâce à la prolifération d’espèces à feuillage caduque : chênes, hêtres, bouleaux, sorbiers et tilleuls. Dans le sous-bois poussent d’innombrables mousses et champignons, ces derniers entrant pour la plupart dans la composition de délicieuses recettes.
En altitude, les forêts de pins nains des montagnes sont capables de résister à des climats plus rudes, tandis que sur les plaines et hauts plateaux poussent des arbres tolérant les sols secs et marécageux. Parmi les plantes endémiques de Pologne, citons le mélèze de Pologne (Larix polonica) et le bouleau d’Ojców (Betula oycoviensis).

Zones protégées en Pologne

Environ 23 % du pays est protégé d’une façon ou d’une autre : parc national, parc paysager ou réserve. L’entrée dans les parcs nationaux, ainsi que dans certains parcs régionaux et parcs paysagers, est généralement payante auprès de kiosques situés près des départs des sentiers. Le tarif varie d’un parc à l’autre, allant de 5 à 10 zł par jour. Le plus ancien, le parc national de Białowieża, fut créé en 1932. Le pays compte désormais 23 parki narodowe, couvrant environ 3 200 km² soit 1 % de la surface du pays. Outre un groupe de six parcs dans les Carpates, ils sont répartis de manière assez uniforme sur le territoire et recouvrent l’éventail complet des paysages, faune et flore du pays. Les 121 parki krajobrazowe (parcs paysagers) totalisant environ 25 000 km² jouent aussi un rôle clé dans les efforts de protection. Outre leur contribution esthétique, ils ont souvent une valeur historique et culturelle inestimable. Enfin, les quelque 1 470 rezerwaty (réserves naturelles protégées) sont souvent de petites zones abritant une caractéristique naturelle spécifique comme un bois d’arbres anciens, un lac à la flore particulière ou une formation rocheuse intéressante. Dix réserves de biosphère ont été reconnues par l’Unesco pour leur démarche novatrice visant à perpétuer certaines niches écologiques.

Mis à jour le : 28 février 2020

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