Estonie : Culture

Coutumes

Peuple resté longtemps païen, les Estoniens ont conservé un lien profond avec des coutumes traditionnelles célébrant la terre et les saisons, qui se sont agrégées au calendrier chrétien : Mardi gras et sa soupe de fève et de pieds de cochon, la Sainte-Catherine qui voit des quémandeurs masqués passer de maison en maison en chantant, les fêtes du Nouvel an, lors desquelles on lit l'avenir en précipitant du plomb fondu dans de l'eau, Pâques où l'on s'offre des œufs peints, ou encore la Saint-Jean et sa quête de la mythique fleur de fougère. Ces fêtes populaires rassemblent traditionnellement la communauté autour de jeux, de chants – une pierre angulaire de la coutume estonienne –, et de tablées bien garnies. Ces coutumes sont particulièrement vivaces dans les régions isolées comme l'île Khinu, où la population est habillée en costumes traditionnels lors des cérémonies et des fêtes.

Langue

Comme le finnois, l'estonien est une langue finno-ougrienne, ce qui le différencie du letton, du lituanien et du russe (qui appartiennent à la famille des langues indo-européennes). À l'oreille, l'estonien ressemble beaucoup à une langue nordique, avec beaucoup de "o" et de "ou" longs.
Le protestantisme et l'orthodoxie sont les principales religions, mais seule une minorité d'Estoniens sont pratiquants.

Nourriture

Le poisson fumé, la truite (suitsukala) en particulier, compte au rang des spécialités culinaires estoniennes, au même titre que le boudin noir (verivorst) et les vere pannkoogid (galettes au sang de renne), qui sont souvent préparés à Noël et que vous pourrez déguster dans la plupart des restaurants traditionnels.
Personne ne semble vraiment savoir de quoi est composé le Vana Tallinn, sirupeux alcool local, mais il semble être une part essentielle de la table estonienne. Vous le dégusterez de préférence dans du café, sur de la glace avec du lait ou, si le cœur vous en dit, avec du champagne. Parmi les meilleures bières produites dans le pays, citons la Saku (légère) et la Saare (plus forte), toutes deux brassées sur l'île de Saaremaa. Enfin, dans certains bars et café, le hõõgvein (vin chaud) aide les clients à affronter les rigueurs de l'hiver.

Religion

Depuis la Réforme, au XVIe siècle, l'Estonie est un pays protestant. Le culte dominant est l'Église luthérienne évangéliste estonienne qui revendique 175 000 fidèles. L'Église apostolique orthodoxe – héritée de la présence russe – vient ensuite avec environ 18 000 membres. On trouve enfin des baptistes, des catholiques romains, des méthodistes, des juifs (dont les congrégations ne rassemblent qu'une petite partie des 2 500 juifs estoniens) et des musulmans, liés à l'implantation de la minorité tatare. La Constitution garantit l'indépendance de l'État vis-à-vis des instances religieuses, et la liberté pour chacun d'embrasser la confession de son choix. On ne dénombre pas moins de sept églises et plus de 500 congrégations religieuses. Pourtant, seuls 16% des Estoniens affirment appartenir à l'une de ces congrégations. Un certain nombre de mouvements spirituels plus ou moins empreints de cultes traditionnels ou chamaniques et orientés vers la nature et le développement personnel sont également présents mais difficiles à quantifier.

Arts

Malgré des siècles de domination étrangère, la culture populaire estonienne a bien survécu, principalement grâce à une riche tradition orale de poèmes et de chansons ayant pour thèmes majeurs le cycle des saisons, l'agriculture, la vie familiale, l'amour et la mythologie. Le regilaul, le plus ancien type de chanson estonien remonte au premier millénaire avant Jésus-Christ. Il repose sur des octosyllabes avec un thème se développant graduellement de vers en vers.
On considère que la littérature estonienne moderne est née au début du XIXe siècle avec les poèmes de Kristjan Jaak Peterson. Considéré comme l'épopée nationale estonienne, le poème Kalevipoeg (Le Fils de Kalev), fut écrit au milieu du XIXe siècle par Friedrich Reinhold Kreutzwald. Le romancier Anton Hansen Tammsaare est sans conteste l'auteur majeur de la littérature estonienne du XXe siècle mais, récemment, le romancier Jan Kross et le poète Jaan Kaplinski ont également été salués par la critique internationale.

Mis à jour le : 6 octobre 2016
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