Monténégro : Culture

Coutumes

Durant les chaudes soirées d’été, dans toutes les villes et comme partout dans les Balkans, la rue principale accueille un défilé ininterrompu d’habitants bien mis, de tous âges, qui discutent entre amis, s’observent et profitent de la vie. L’été, on vit dans la rue et dans les cafés.
Un stéréotype persistant dans la région présente les Monténégrins comme des personnes paresseuses, un reproche dont ils se délectent eux-mêmes. Selon un dicton populaire, “l’homme naît fatigué et vit pour se reposer”. Certes, les cafés et les bars sont toujours pleins, mais pas plus que dans les pays voisins. Cette accusation d’indolence date probablement de l’époque où toute activité qui ne consistait pas à combattre et attaquer les voisins turcs était considérée indigne d’un homme. En tout cas, cela ne s’applique certainement pas aux Monténégrines, auxquelles incombent tous les travaux.
La société monténégrine est traditionnellement et rigoureusement patriarcale, et les femmes devaient – jusqu’à récemment – embrasser la main des hommes en signe de respect. En 1855, le prince Danilo provoqua un scandale en embrassant en public la main de sa fiancée ; l’un de ses représentants le réprimanda, en déclarant : “Je n’embrasserais jamais la main d’une femme, ni celle d’un Turc.” Malgré d’importants progrès réalisés dans l’accès à l’éducation pour les femmes et dans l’octroi de droits égaux à ceux des hommes sous le régime communiste, la distinction des rôles en fonction des sexes demeure. Si, par exemple, vous êtes invité à dîner dans une famille monténégrine, il est fort probable que les femmes seules préparent le repas, servent et nettoient. Si vous dînez chez des personnes âgées, la femme ne dînera sans doute pas avec vous et restera à la cuisine.
Aujourd’hui, de nombreuses jeunes femmes sortent dans les cafés et les bars. Les taux d’alphabétisation et d’emploi sont relativement égaux, et les droits fondamentaux des femmes sont inscrits dans la loi, y compris (depuis 1945) le droit de vote.
La société monténégrine, traditionnellement tribale, attache beaucoup d’importance aux clans formés par la famille élargie. Ce système n’est pas sans risque de népotisme ; de gros employeurs et des représentants publics sont régulièrement accusés de favoriser leur famille, leurs amis ou leurs associés. Les liens familiaux sont forts, et les enfants vivent généralement avec leurs parents jusqu’au mariage ; ce qui complique énormément la vie des homosexuels ou de toute personne souhaitant un peu d’indépendance. La solution pour beaucoup de jeunes consiste à aller étudier dans une autre ville.
Bien que les habitants quittent les villages les plus reculés, le Monténégro n’est pas particulièrement urbanisé : la moitié de la population vit dans des communautés de moins de 10 000 personnes. À peine un tiers de la population vit dans les deux villes de plus de 20 000 habitants que compte le pays (Podgorica et Nikšic).

Langue

Le monténégrin appartient au groupe occidental des langues slaves du Sud. Il diffère peu des autres langues de ce groupe (serbe, croate et bosniaque), avec lesquelles il ne présente que de légères variations de prononciation et de vocabulaire.
Les alphabets latin et cyrillique sont tous deux employés au Monténégro. Il est conseillé de vous familiariser avec ce dernier car vous pourriez en avoir besoin pour lire un menu, des horaires ou un panneau. 
Quelques expressions utiles :

  • Bonjour :  Zdravo
  • Au revoir :  Do videnja
  • Oui : Da
  • Non : Ne
  • S’il vous plaît : Molim
  • Merci : Hvala
  • Je vous en prie :  Nema na tchemou
  • Excusez-moi : Oprostite
  • Pardon. : Žao mi je

Nourriture 

Mariage de nombreuses influences, la cuisine du Monténégro est délicieuse. En général, la plupart des produits sont locaux, frais et bio, et donc de saison. Ce petit pays possède au moins trois styles régionaux distincts : la cuisine du cœur historique du Monténégro, celle des montagnes et la cuisine de la côte.
Le vin du Monténégro est tout à fait convenable et c’est généralement le moins cher de la carte. Le cépage rouge du pays, le vranac, produit d’excellents vins charnus. Il est traditionnellement vieilli dans des tonneaux en bois de noyer plutôt qu’en chêne et son histoire est très ancienne. La reine illyrienne Teuta, qui aurait particulièrement apprécié ce vin, encouragea sa production au IIIe siècle av. J.-C. Parmi les vins blancs locaux figurent le chardonnay, le sauvignon blanc et le krstac.

Religion

La religion étant souvent liée à l’origine ethnique, la population compte plus de 72% d’orthodoxes (la plupart Monténégrins et Serbes), 19% sont musulmans (Bosniaques et Albanais principalement), 3% sont catholiques (Albanais et Croates principalement) et 1% seulement sont athées.
D’après une croyance populaire, le Monténégro serait plus tolérant envers les minorités ethniques et religieuses que nombre de ses voisins. C’est fort possible, mais les manifestations d’hostilité ou de méfiance envers les Serbes, les Albanais ou les Croates sont aussi fréquentes.

Arts

Les témoignages artistiques les plus anciens sont des églises aux somptueuses peintures, mais aussi des armes ouvragées et des poèmes épiques. Il faut dire que les longues années de lutte contre l’Empire ottoman ont favorisé le développement d’une imagerie guerrière dont les artisans et les poètes se sont fait les chantres. La période de paix qui a correspondu à la Yougoslavie favorisa l’émergence d’une expression artistique foisonnante, notamment dans le domaine de la peinture, de la sculpture, du cinéma et de l’architecture.
Pierre II Petrovic Njegoš (1813-1851) domine tant et si bien la littérature monténégrine que son mausolée surplombe le pays, au sommet de la Montagne noire (le mont Lovcen). Ce poète et prince-évêque est l’auteur de la plus grande œuvre littéraire du pays, Gorski vijenac (La Couronne de la montagne ; 1847), une poésie en vers qui relate la lutte pour la liberté face aux Ottomans. 
Les beaux-arts monténégrins se sont exprimés dans deux grands domaines : l’iconographie religieuse et la peinture et la sculpture de l’époque yougoslave.
Depuis l’indépendance, le cinéma monténégrin n’a pas encore ébloui le monde. Marija Perovic, la première femme réalisatrice et metteuse en scène du pays, s’efforce d’y remédier. Après Opet pakujemo majmune, son premier film, en 2004, elle a réalisé Gledaj me (Regarde-moi) en 2008.
Né au Monténégro, Veljko Bulajic réalise des films depuis les années 1950, le plus récent étant Libertas, en 2006. 
Côté musique, l’archevêque Jovan de Dioclée, qui écrivait des chants religieux au Xe siècle, est le plus ancien compositeur connu de la région. Le guitariste classique Miloš Karadaglic est le musicien monténégrin le plus célèbre aujourd’hui. Il a remporté des prix internationaux et remplit les salles partout où il passe dans le monde.

Mis à jour le : 11 septembre 2017
Vizeat

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