Kosovo : Histoire

Gardez à l’esprit que l’appartenance ethnique et religieuse influence très fortement la façon dont les habitants interprètent l’histoire du Kosovo – avec pour résultat des façons de voir très différentes.
Au XIIe siècle, le Kosovo était le cœur de l’Empire serbe chrétien orthodoxe. Mais en 1389, la bataille du Kosovo, moment charnière, vit le triomphe des Ottomans. Elle inaugura 500 ans de domination turque et de foi islamique.
La Serbie reprit le contrôle beaucoup plus tard, lors de la guerre des Balkans en 1912, puis la région entra dans le giron de la Yougoslavie à sa création en 1918. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce territoire fut intégré à l’Albanie, alors sous contrôle italien. Libéré en octobre 1944 par les partisans albanais, il fut rendu à la Yougoslavie. Laissé à l’abandon des décennies durant après la guerre, le Kosovo obtint de facto le statut de gouvernement indépendant en 1974.

Guerre du Kosovo

En 1989, Slobodan Milosevic priva le Kosovo de l’autonomie dont il jouissait grâce à la constitution de 1974. Les dirigeants d’appartenance ethnique albanaise le déclarèrent indépendant de la Serbie en 1990. La guerre éclata en 1992, l’année même où Ibrahim Rugova devint le premier président élu de la république autoproclamée du Kosovo. Les conflits interethniques gagnèrent en intensité et l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) fut créée en 1996.
En mars 1999, le projet, appuyé par les États-Unis, de rendre son autonomie au Kosovo fut rejeté par la Serbie. Celle-ci se mit alors à chasser la population non-serbe de la province. Près de 850 000 Albanais du Kosovo s’enfuirent en Albanie et en Macédoine. La Serbie refusant de cesser cette “épuration”, l’OTAN procéda à des bombardements le 24 mars 1999. En juin, Milosevic accepta de retirer ses troupes, les frappes aériennes s’interrompirent, l’UÇK fut désarmée et la KFOR (Kosovo Force ; armée multinationale chargée d’assurer la sécurité et la paix au Kosovo), conduite par l’OTAN, prit le contrôle de la région. À partir de juin 1999, le Kosovo devint un protectorat administré conjointement par les Nations Unies et l’OTAN.
En 2004, le Kosovo revint sur le devant de la scène mondiale à cause des violences qui opposèrent les communautés serbes et albanaises dans la ville de Mitrovica. Dix-neuf personnes furent tuées, 600 maisons incendiées et 29 monastères et églises détruits au cours de ce qui fut le pire conflit interethnique depuis 1999.

 L’indépendance

Des pourparlers initiés par les Nations unies sur le statut du Kosovo commencèrent en février 2006. Le 17 février 2008, le Parlement kosovar proclama l’indépendance du pays. En juin de la même année, une nouvelle constitution transféra le pouvoir des Nations unies au gouvernement du Kosovo. Les Serbes du pays établirent quant à eux leur propre assemblée à Mitrovica.
En 2010, la Cour internationale de justice décida que la déclaration d’indépendance du Kosovo ne violait pas le droit international. Pourtant, le président serbe réaffirma que la Serbie ne “reconnaîtrait jamais l’indépendance du Kosovo proclamée de manière unilatérale”. À ce jour, le Kosovo a été reconnu comme nation indépendante par 100 pays, dont ceux de l’Union européenne, les États-Unis et le Canada.

Une nouvelle gouvernance

Après la mort d’Ibrahim Rugova en 2006, des présidents sans envergure se sont succédé à la tête du pays. Depuis 2011, c’est Atifete Jahjaga, ancienne directrice de la police, qui occupe cette fonction. Consensuelle, son élection a été une bouffée d’air frais pour la politique kosovare. Toutefois, le Premier ministre en exercice, Hashim Thaçi, prête à controverse, de même que la question de savoir qui détient réellement le pouvoir dans le pays. Hashim Thaçi a fait l’objet de multiples accusations, du trafic de drogue à la vente d’organes de prisonniers serbes au moment où il dirigeait l’UÇK, ce qu’il nie en bloc.

Mis à jour le : 8 avril 2014

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