Toscane : Culture

Littérature

Jusqu’au XIIIe siècle, tous les textes publiés en Italie étaient rédigés en latin. Les choses changèrent à l’apparition de Dante Alighieri (vers 1265-1321) sur la scène littéraire. Figurant parmi les fondateurs du mouvement Dolce Stil Novo (“doux style nouveau”), dont les membres écrivaient de la poésie lyrique en langue vernaculaire toscane, Dante continua de recourir au dialecte local dans son poème épique La grande commedia (La Grande Comédie). Ce texte, publié vers 1317 et rebaptisé ultérieurement La divina commedia (La Divine Comédie) par le poète Boccace, allait devenir la première et la plus grande œuvre littéraire rédigée en italien. Divisée en trois parties – L’Enfer, Le Purgatoire et Le Paradis –, La Divine Comédie offrait une vision allégorique de la vie après la mort qui laissait une impression profonde sur ses lecteurs. Le succès de l’ouvrage établit le dialecte toscan comme la nouvelle forme commune d’italien écrit.
Originaire de Certaldo, Giovanni Boccacio (1303-1375) s’est lui aussi emparé de cette nouvelle langue pour son chef-d’œuvre, Le Décaméron, écrit dans les années qui suivirent la Grande Peste de 1348. Recueil de cent contes allégoriques relatés par dix personnages différents, il offrait une grande diversité de personnalités et d’événements et avait force de symbole pour les contemporains de Boccace. Le texte connut un succès et un retentissement quasi identiques à celui de La Divine Comédie.
Troisième membre de l’influent triumvirat qui permit l’épanouissement d’une riche littérature en italien, Pétrarque (Francesco Petrarca ; 1304-1374) est né à Arezzo de parents florentins. Bien que la majeure partie de son œuvre ait été écrite en latin, ce sont ses poèmes en italien qui rencontrèrent le plus grand succès. Son poème illustrant son talent de manière la plus aboutie, Il canzoniere (Le Chansonnier ; vers 1327-1368), évoque son amour déçu pour une certaine Laure, tout en abordant l’étendue des chagrins et des joies des hommes avec un lyrisme inégalé. L’influence de Pétrarque s’est étendue bien au-delà de son pays et de son époque : la forme du sonnet, le schéma des rimes et même les thèmes ont été adoptés par les poètes métaphysiques de l’Angleterre du XVIIe siècle, tels que John Donne.
Autre figure littéraire majeure de cette période, Nicolas Machiavel (1469-1527) est surtout connu pour son texte sur le pouvoir et la politique, Il Principe (Le Prince ; 1532).

À partir du XIXe siècle

Après l’effervescence de la Renaissance, la littérature dut attendre le XIXe siècle pour connaître une nouvelle période florissante.
Giosue Carducci (1835-1907) fut l’une des grandes figures de la littérature toscane au XIXe siècle. Né dans la Maremme, il passa la seconde partie de sa vie à Bologne. Écrits dans les années 1870, ses plus beaux poèmes vont de l’évocation songeuse de la mort (comme dans Pianto antico) aux souvenirs d’une passion de jeunesse (Idillio Maremmano), en passant par la nostalgie de la glorieuse Rome antique.
Le Florentin Aldo Palazzeschi (1885-1974) était à l’avant-garde du mouvement futuriste dans les années précédant la Première Guerre mondiale. En 1911, il publia son meilleur ouvrage, Le Code de Perelà (Éditions Allia, 1993), allégorie de la vie du Christ, tantôt amère, tantôt proche du burlesque.
Le Florentin Vasco Pratolini (1913-1991) a choisi sa ville natale pour servir de cadre à des romans néoréalistes salués par la critique : Un balcon à Florence (Actes Sud, 1992), Les Filles de Sanfrediano (1949), Chronique familiale (1947), Chronique des pauvres amants paru en 1947 (Albin Michel, 1988) et Metello (1955).
Née en Toscane en 1936, Dacia Maraini, compagne de l’écrivain Alberto Moravia, est l’un des auteurs contemporains les plus encensés d’Italie, avec à son actif des romans, des pièces de théâtre et de la poésie. Parmi ses ouvrages les plus célèbres figurent Buio (1999), qui a obtenu le Premio Strega, le plus prestigieux prix littéraire italien, et La Vie silencieuse de Marianna Ucrìa (Robert Laffont, 2006), paru en 1990.
Le Pisan Antonio Tabucchi (1943-2012) s’impose comme un écrivain de grande stature avec plus d’une douzaine de livres à son actif. L’un de ses romans les plus attachants, Sostiene Pereira (Pereira prétend, 10-18, 1998), qui se déroule à Lisbonne avant la guerre, a été adapté au cinéma par Roberto Paenza, avec Marcello Mastroianni. Un autre de ses romans, Nocturne indien (10-18, 2000), dont l’action se déroule à Bombay, a été adapté par Alain Corneau avec Jean-Hugues Anglade. 

Regards croisés

La mode des romans se déroulant en Toscane est née à l’époque du Grand Tour, lorsque les jeunes gens des familles aisées d’Europe du Nord, et en particulier de Grande-Bretagne, voyageaient à travers l’Europe pour découvrir le patrimoine culturel hérité de l’Antiquité et de la Renaissance, afin de parachever leur éducation tout en faisant leur entrée dans la bonne société. Le Grand Tour connut son âge d’or du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle.
Avec l’avènement du chemin de fer dans les années 1840, les classes moyennes pouvaient désormais se lancer elles aussi dans de grands périples culturels. Venus du monde entier, les voyageurs relativement aisés affluaient vers l’Italie. Certains ont relaté leur expérience. 
Du côté des écrivains français, Stendhal évoque dans Rome, Naples et Florence (Gallimard, 1987), publié en 1826, son passage en Toscane, et en particulier à Florence, à Volterra et à Castelfiorentino, en 1817 (il y est cependant davantage question de Milan). La plupart des poèmes figurant dans le recueil Harmonies poétiques et religieuses d’Alphonse de Lamartine, publié en 1830, furent aussi écrits pendant son séjour à Florence, entre 1825 et 1828. Enfin, les textes de Gustave Flaubert relatifs à son Voyage en Italie sont disponibles chez Gallimard (Œuvres complètes, tome 1, 2001), tout comme sa nouvelle datant de 1838, La Peste à Florence. 
D’autres auteurs de renom de cette période ont, à l’instar de Flaubert, situé leurs œuvres en Toscane. Parmi les plus illustres, anglophones cette fois, figurent Henry James, qui a situé en Italie ses livres Portrait de femme (10-18, 2011) et Roderick Hudson, datant respectivement de 1881 et de 1875 ; George Eliot, dont Romola (1862) se déroule dans le Florence du XVe siècle, et E. M. Forster, qui a situé Vue sur l’Arno paru en 1908 (10-18, 2006) à Florence et Monteriano (1905) à San Gimignano (qui apparaît sous le nom imaginaire de Monteriano).
Au XXe siècle, Yves Bonnefoy évoque sa première vision de l’Italie et de la Toscane en 1950, dans son recueil de poèmes L’Arrière-Pays (Gallimard, 2005) ; Paul Morand renouera pleinement avec cette littérature de voyage dans Florence que j’aime (1959) ; et quelques grands romanciers établissent leurs romans en Toscane, dont Somerset Maugham (Il suffit d’une nuit ; 1941) et Aldous Huxley (L’Éternité retrouvée ; 1944).
Au cours des dernières décennies, certains écrivains ont choisi de situer leur roman en pleine Renaissance florentine, comme Sarah Dunant en 2003 avec La Naissance de Vénus (J’ai Lu, 2006) et Salman Rushdie en 2008 avec L’Enchanteresse de Florence (Gallimard, 2010).
Autre roman situé à Florence, Les Seize Voluptés (Éditions Rivages, 2003) de Robert Hellenga, paru en 1994, prend pour cadre la crue dévastatrice de 1966. Dans Le Patient anglais (Éditions de l’Olivier, 1993) de Michael Ondaatje, paru en 1992, certaines scènes se déroulent dans une villa en dehors de Florence.

Cinéma

 
Grand nom du cinéma italien, Franco Zeffirelli, né à Florence en 1923, a situé un grand nombre de ses films dans la région. Sa carrière l’a conduit de la radio et du théâtre à l’opéra (sur scène ou dans des versions filmées) et parmi ses films figurent  Roméo et Juliette (1968), François et le chemin du Soleil (1972), Hamlet (1990) et le semi-autobiographique Un thé avec Mussolini (1999).
Comédien, acteur et réalisateur, Roberto Benigni est né près de Castiglion Fiorentino en 1952. Il a remporté trois oscars avec l’émouvante tragi-comédie La vie est belle (1998), qu’il a coécrite, réalisée et interprétée. Souvent comparé à Charlie Chaplin et à Buster Keaton, Benigni a réalisé neuf films (dont deux en Toscane) et joué dans de nombreux autres, dont trois dirigés par le metteur en scène américain Jim Jarmusch.
Quatre films inspirés des romans néoréalistes de Vasco Pratolini ont été tournés à Florence : Les Jeunes Filles de San Frediano de Valerio Zurlini (1954), La Chronique des pauvres amants de Carlo Lizzani (1954), Journal intime de Valerio Zurlini (1962) et Metello de Mauro Bolognini (1970).
Maintes fois récompensés, les réalisateurs Paolo et Vittorio Taviani sont nés à San Miniato et ont tourné des scènes de trois de leurs films en Toscane : La Nuit de San Lorenzo (1982), Les Affinités électives (1996) et Good Morning, Babylonia (1987).
 

Peinture

Les noms illustres se bousculent au panthéon des artistes toscans et établir une liste des “cinq plus grands” est presque mission impossible. Voici notre proposition.

Michel-Ange (1475-1564)

Sculpteur, peintre et architecte florentin capable comme aucun autre de tailler un bloc de marbre pour en extraire des figures imposantes, au mouvement et à l’équilibre parfaits. À Florence, découvrez son David à la Galleria dell’Accademia et son Tondo Doni aux Offices.

Sandro Botticelli (vers 1444-1510)

Élève de Filippo Lippi, ce peintre au dessin pur est connu pour ses madones, ses allégories poétiques et ses beautés idéales. Ne manquez pas à la galerie 
des Offices Le Printemps et La Naissance de Vénus.

Giotto di Bondone (vers 1266-1337)

Peintre, mosaïste et architecte. Son œuvre, marquée par un nouveau sens 
de la composition, de la profondeur, de la puissance dramatique et de l’expression des émotions, ouvre la voie à l’art de la Renaissance. Découvrez ses fresques sur la vie de saint François dans la Basilica di San Francesco à Assise.

Fra Angelico (vers 1400-1455)

Frère dominicain devenu prieur au couvent de San Marco, il cherche avant tout à évoquer la spiritualité par la lumière intérieure qui se dégage de ses figures. Découvrez ses fresques du Museo di San Marco à Florence, en particulier L’Annonciation. 

Duccio di Buoninsegna (vers 1255-1318)

Premier maître de la peinture siennoise. Il fait évoluer la tradition byzantine vers une intensité nouvelle. Ses figures éthérées, ressortant sur des fonds dorés, paraissent féeriques. Son chef-d’œuvre est sa Maestà, au Museo dell’Opera à Sienne.

Architecture

Les édifices remarquables sont légion en Italie, et bon nombre d’entre eux se trouvent en Toscane, où Brunelleschi et Michel-Ange ont tous deux laissé leur trace. Ici, la moindre localité semble être dotée d’au moins un chef-d’œuvre roman, gothique ou Renaissance.

Églises

En Toscane, les chiese (églises) restent les monuments les plus visités. Chaque village ou ville compte au moins une église, dont beaucoup renferment de superbes œuvres d’art. Si Florence abrite une multitude de chefs-d’œuvre (ne manquez pas Santa Maria Novella, Santa Croce et San Lorenzo), Sienne, Pise et San Gimignano ne sont pas en reste. À la frontière entre la Toscane et l’Ombrie, la cathédrale d’Orvieto est l’une des plus belles du pays.

Baptistères

Les grandes cathédrales ont souvent un battistero (baptistère) séparé avec autel et fonts baptismaux. Pise en offre un superbe exemple sur la Piazza dei Miracoli, doté d’une magnifique chaire hexagonale en marbre sculptée par Nicola Pisano. Le baptistère de Florence, lui, est de style roman, et ses célèbres portes ont été sculptées par Lorenzo Ghiberti.

Hôpitaux

Financés par l’Église, le comune (municipalité) ou de riches philanthropes, les ospedali (hôpitaux) ont toujours fait partie des monuments municipaux les plus grandioses. Celui de Santa Maria della Scala, à Sienne, est très connu, mais les amateurs d’architecture iront aussi voir l’Ospedale degli Innocenti signé Brunelleschi, à Florence.

Palais

Au Moyen Âge et à la Renaissance, des familles aisées faisaient construire des demeures dans le seul but d’impressionner, à l’instar des ambassadeurs, des papes, des cardinaux et des podestats (premiers magistrats). Entre autres bijoux architecturaux, citons le Palazzo Strozzi, le Palazzo Pitti et le Palazzo Medici-Riccardi à Florence ; le Palazzo Piccolomini, le Palazzo Salimbeni et le Palazzo Chigi-Saracini à Sienne ; et le Palazzo Piccolomini à Pienza.

Places

Lieux de rencontre entre les habitants et foyers d’institutions clés comme les églises et les hôtels de ville, les places font l’âme de toute localité toscane. 
Les deux exemples les plus célèbres, la Piazza Pio II de Pienza et la Piazza dei Miracoli de Pise, sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Mentionnons aussi les remarquables Piazza dei Domenicani de Livourne, Piazza Grande d’Arezzo et Piazza Garibaldi de Massa Marittima.

Hôtels de ville

Symbole de richesse et de fierté, le palazzo comunale (palais municipal) est le bâtiment séculier le plus impressionnant des villes toscanes. 
La Piazza del Campo de Sienne, la Piazza dei Priori de Volterra et la Piazza della Signoria de Florence en sont de brillants exemples.

Mis à jour le : 7 mars 2014
Vizeat

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