Naples : Culture

Langue

Si l’italien standard est enseigné et parlé dans toute l’Italie, les dialectes participent de façon très forte à l’identité régionale. Cependant, où que vous alliez, vous n’aurez pas de mal à vous faire comprendre en italien standard, la langue utilisée dans ce chapitre. L’italien oral ne pose pas de grosses difficultés car, à l’exception du “r” roulé, tous les sons existent en français et toutes les lettres écrites se prononcent, y compris les doubles consonnes. Gardez à l’esprit que ces dernières doivent être allongées et accentuées : elles peuvent changer le sens d’un mot comme dans sonno son·no (“je dors”) et sono so·no (“je suis”). Le seul problème que peuvent rencontrer les francophones concerne l’accent tonique, dont la position varie. Dans ce chapitre, nous indiquons en italique la syllabe accentuée.

Vocabulaire de base
L’italien utilise le tutoiement, plus fréquent qu’en français, et le vouvoiement (indiqués fam/pol). On dit généralement tu tou (“tu”) à une personne plus jeune ou que l’on connaît et lei leï (“vous”) quand on s’adresse à une personne plus âgée et dans un contexte plus formel. En italien, tous les noms et les adjectifs ont une forme masculine et féminine, ainsi que les articles il/la il/la (le/la) et un/una oun/ouna (un/une).

Les mots et expressions suivants pourront vous être utiles :

bonjour : buongiorno (ou ciao, informel)
au revoir : arrivederci (ou ciao, informel)
oui :
non : no
s'il vous plaît : per favore
merci : grazie
excusez-moi : mi scusi
je voudrais aller à... : voglio andare a...
hôtel/pension : albergo/pensione
restaurant : ristorante
petit déjeuner : prima colazione
déjeuner : pranzo
dîner : cena
office du tourisme : ufficio di turismo
avion : aereo
bus : autobus

Nourriture

La pizza napolitaine classée au Patrimoine mondial n’est que l’une des nombreuses spécialités culinaires de Naples. Non moins appréciée, sa pizza fritta consiste en un chausson de pâte à pizza (façon calzone ou encore deux ronds de pâte assemblés) farci d’ingrédients et plongé dans l’huile bouillante pour un rendu bien doré. Bien que la garniture classique réunit porc cicoli (morceaux de lard séché), provola (fromage à pâte filée type provolone, à base de lait de vache ou plus traditionnellement de bufflonne), ricotta, plus un trait de sauce tomate, certaines versions incluent du salame (salami), du prosciutto cotto(jambon cuit) et de la mozzarella di bufala (mozzarella au lait de bufflonne).

Au nombre des plats de pâtes classiques, citons les simples mais appétissantes spaghetti alle vongole préparés avec des palourdes, de l’ail, du peperoncino (piment rouge) et du persil frais, voire sous sa forme macchiato al pomodoro, servie avec des tomates fraîches en plus. Il pomodoro (la tomate) est l’un des principaux ingrédients du ragù napoletano, un sugo (sauce) fait de tomates, oignons et divers types de viandes. Concoctée avec amour et mijotée à feu doux, cette préparation traditionnelle du dimanche accompagne de grosses pâtes type ziti, rigatoni ou maltagliati rigati, servies en primo (entrée), alors que la viande cuite dans le sugo fait l’objet d’un secondo (plat principal). Tout aussi riche, la pasta alla genovese, une sauce mitonnée au boeuf et aux oignons (en quantité), accompagne des pâtes ziti.

Comme le ragù, doublon italien du mot ragoût, la recette du sartù di riso (une timbale de riz) reflète cette même époque de domination française sur Naples. Le riz y coiffant une fort copieuse garniture de boulettes de viande, saucisses, mozzarella, petits pois et champignons, on lui aurait donné ce nom de sartù, équivalent italien de “sur tout”.

Religion

85% des Italiens se déclarent catholiques, mais seulement 25% vont régulièrement à l'église. Pourtant, les fêtes et processions religieuses hautes en couleur ne manquent jamais d'attirer une foule de participants.

Arts

Grâce à leur apport culturel, les invasions et les différents flux de populations ont fait de l'Italie du sud le cœur de la vie artistique italienne et de son renouveau. Dans l'Antiquité, le sud de l'Italie fait partie de la « grande Grèce » et peut s'enorgueillir de nombreuses réalisations architecturales représentatives de l'art grec, comme Paestum notamment. La Sicile possède aussi un somptueux vestiges helléniques comme la vallée des Temples d'Agrigente, les temples de Sélinonte et de Ségeste, et bien sûr la mythique Syracuse. Au XVIIe siècle, c'est l'influence espagnole qui se fait sentir : Naples devient l'une des capitales du baroque et le peintre Carravagio y triomphe au même moment. Un siècle plus tard, les Bourbons de Naples remettent à l'honneur l'architecture classique après la découverte de Pompéi. Moins fécond, le dix-neuvième oscille entre la peinture réaliste et le romantisme, deux mouvements qui se développent partout en Europe.

Dès le XVIe siècle, le sud de l'Italie inspire une littérature spécifique : écrit en langue napolitaine, Le Pentaméron de Basile est un recueil de contes populaires remplis d'érotisme et de cruauté. Mais c'est au moment de l'unification italienne au siècle dernier qu'émerge un mouvement littéraire méridional plus large. Ses protagonistes souhaitent donner la parole aux oubliés du sud en décrivant la réalité socio-économique de manière réaliste. C'est le cas de Frederico de Roberto (1861-1927) pour Naples, ou Carlo Levi (1902-1975) pour la Lucanie. D'autres romanciers, comme Elsa Morante (1918-1985), exploitent au contraire la fibre baroque du sud qui rappelle l'univers de l'enfance. Il faut également noter que la littérature italienne doit beaucoup au dramaturge sicilien Luigi Pirandello (1867-1936, Six personnages en quête d'auteur), prix Nobel en 1934.

Naples a inspiré plus d'un cinéaste. Tourné en décors naturels, « Assunta Spina» (1915), drame de Gustavo Serena, donne une idée assez précise de la vie napolitaine au début du siècle. Mais ce sont les cinéastes néo-réalistes comme Vittorio de Sica ou Giuseppe de Santis qui feront de l'Italie du sud leur terre d'élection pour dénoncer l'injustice sociale et la pauvreté de l'après-guerre. Plus récemment, des films comme Cadavres exquis de Francesco Rosi en 1976 ou L'enfant de Calabre, réalisé par Luigi Comencini en 1987, mettent également en scène les régions méridionales de l'Italie. Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa (1896-1957) évoque le déclin de l'ordre féodal en Sicile au moment de l'unité italienne. Cet ouvrage inspirera un film réalisé par Visconti en 1963.

Mis à jour le : 27 février 2019
Vizeat

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