Malawi : Culture

Coutumes, peuples, religion... au Malawi

Les Chewas

Les Chewas forment le plus gros groupe ethnique du Malawi. Durant le premier millénaire de notre ère, ils traversèrent la Zambie et rejoignirent le centre du Malawi, combattant les tribus locales sur leur passage avant de fonder un puissant royaume en 1480 qui couvrait le sud du Malawi et une partie du Mozambique et de la Zambie. Au XVIIe siècle, le Malawi connut un afflux de cultures et de dynasties diverses. Malgré cela, les Chewas conservèrent leurs signes distinctifs (langue, tatouages, sociétés secrètes, etc.).
Pour les Chewas, dieu (Chiuta ou Chautu) créa toutes les créatures vivantes lors d’un orage, depuis une chaîne de montagnes située à cheval entre le Malawi et le Mozambique. Ils croient aussi que le contact entre les esprits et le vivant s’établit en exécutant une danse du nom de Gule Wamkulu. Aujourd’hui cependant, la culture chewa allie croyances traditionnelles et influences européennes : bien que le christianisme soit la religion dominante, il est courant d’aller consulter un sorcier en cas de problème.
Le meilleur moyen de s’immerger dans la culture chewa est d’aller passer du temps dans un village. Il y en a un près du parc national de Liwonde qui propose des visites avec nuit sur place.

Sport

Le football, sport numéro un au Malawi, est omniprésent : les enfants y jouent dans les ruelles avec des ballons en papier compacté, les plus vieux rêvent d’intégrer l’équipe de leur région, et des millions de personnes écoutent les matchs à la radio. L’équipe nationale, surnommée les Flammes, a récemment perdu sa place dans le classement mondial de la FIFA des 100 meilleurs pays en raison d’un manque de financements et de son incapacité à assurer un nombre important de matchs internationaux. Mais les Malawites restent de fervents supporters.
Autre discipline, moins physique cette fois : le bawo, qui pourrait s’apparenter à notre jeu de dames. La boxe est également pratiquée ; le Malawite Isaac Chilemba est un poids lourd de niveau international. Lors des Jeux olympiques de 2012, le pays fut représenté par deux sportifs en athlétisme, et par un en natation. En parallèle, des disciplines plus élitistes pratiquées en country club comme le golf, le tennis, le squash et le rugby connaissent un grand succès auprès des expatriés.

Religion

Étant donné la détermination dont ont fait preuve les missionnaires écossais à la fin du XIXe siècle, on ne s’étonnera pas que le christianisme soit la religion dominante au Malawi – 82,7% des croyants sont chrétiens. L’islam, qui remonte à la conversion du peuple yao à l’époque des marchands d’esclaves arabes, concerne environ 13% de la population. La plupart des autres croyants malawites pratiquent des religions traditionnelles.

Musique et danse

 Au Malawi, comme dans d’autres pays d’Afrique, la danse et la musique traditionnelles sont étroitement liées et remplissent souvent une importante fonction sociale, allant au-delà du simple divertissement. Certaines traditions existent à l’échelle nationale. D’autres, plus locales, se caractérisent par des rythmes et des danses propres à chaque groupe ethnique.
Les instruments de musique malawites sont similaires à ceux utilisés dans le reste de l’Afrique orientale et australe ; seuls changent le nom et quelques caractéristiques spécifiques. On trouve notamment différentes percussions, du petit ulimba façonné dans une calebasse aux mastodontes de cérémonie sculptés dans des troncs d’arbre, ainsi que le mambilira, sorte de xylophone pourvu de lames en bois et parfois de calebasses vides pour accentuer la résonnance.
Le Malawi ne se distingue pas particulièrement par sa musique contemporaine, contrairement, par exemple, au Zimbabwe ou à l’Afrique du Sud. Cela dit, ses rythmes modernes s’imposent de plus en plus, en grande partie grâce à des musiciens de renom comme Lucius Banda, adepte du reggae “à la malawite”, et Evison Matafale, décédé en 2001. Les amateurs de reggae et musique chaloupée ne manqueront pas non plus d’écouter les Black Missionaries et Billy Kaunda.

Littérature

Comme la plupart des pays d’Afrique, le Malawi a une riche tradition de littérature orale. Depuis l’indépendance, une nouvelle école d’écrivains a vu le jour. Mais du fait de la sensibilité à la critique de l’ancien président Hastings Banda, beaucoup de ces auteurs furent menacés d’emprisonnement et contraints à l’exil jusqu’au milieu des années 1990. Oppression, corruption, tromperie et abus de pouvoir sont des thèmes récurrents dans leurs écrits.
La plupart des critiques s’accordent à dire que le plus grand romancier malawite est Legson Kayira, acclamé dans les années 1970 pour ses écrits semi-autobiographiques I Will Try et The Looming Shadow, et plus tard pour The Detainee (non traduits). Sam Mpasu est un autre célèbre romancier. Dans Nobody ’s Friend (non traduit), il commente le manque de transparence de la politique malawite – ce qui lui valut une peine de prison de deux ans et demi. Une fois libéré, il écrivit Prisoner 3/75, avant de devenir ministre de l’Éducation dans le nouveau gouvernement UDF.
Plus récemment, Samson Kambalu a publié un roman autobiographique intitulé The Jive Talker: or, how to get a British Passport, dans lequel il raconte son parcours, du statut de lycéen à la Kamuzu Academy à celui d’artiste conceptuel à Londres.

Mis à jour le : 14 juin 2014
Vizeat

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