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Publié le 14/04/2026 4 minutes de lecture
Singapour attire les regards en Asie du Sud-Est. Elle bouleverse les stéréotypes par une architecture futuriste, des musées dynamiques et des restaurants de grands chefs. Ajoutez à cela des temples enfumés, une appétissante cuisine de rue et des poches de jungle humide, et vous comprendrez que la cité-État est une perle des plus intrigantes ! Voici six expériences 100 % locales pour explorer Singapour autrement et vivre un séjour vraiment différent.
S'attabler dans un hawker centre
En singlish, la langue officieuse de Singapour, cela s'appelle "chope" : le fait de réserver sa table dans un hawker centre en déposant simplement dessus un paquet de mouchoirs, un parapluie ou autre objet personnel. Ne vous attendez pas à retrouver cette pratique en dehors des 735 km2 de la cité-État, ou même à croiser en dehors de ses frontières un éventail gastronomique comparable à celui proposé dans ces food-courts inscrits par l'Unesco sur sa liste du patrimoine immatériel de l'humanité.
Ce qui les rend uniques ? Créés à l'origine pour canaliser les restaurants de rue dans un souci d’hygiène, ces espaces qui comptent pour certains des centaines de stands offrent un florilège de toutes les cuisines de Singapour, avec leurs influences chinoise, malaise et indienne.
Certains stands sont ouverts 24/24, et on croise même des échoppes arborant des macarons Michelin. Avec ses 260 stands, le hawker du Chinatown Food Complex, en face du temple de la Relique de la dent du Bouddha, est à ne pas rater.
Découvrir le yoga "in the sky"
Pris sur la mer dans les années 1970, le quartier de Marina Bay est un emblème de Singapour, notamment grâce à Marina Bay Sands. Abritant un hôtel de plus de 2 500 chambres, le bâtiment est composé de trois tours de plus de 50 étages reliées à leur sommet par une passerelle longue de 340 m de long, le SkyPark Observation Desk.
À son extrémité, on semble presque flotter dans les airs au-dessus de la ville. Autant dire que les cours de Yoga in the Sky qui y sont donnés dans les premières lueurs du matin laissent un fort souvenir. Tandis que l'astre prend de la hauteur au-dessus du détroit de Malacca, les salutations au soleil prennent une toute autre saveur. Voilà une journée qui commence bien !
S'immerger dans la culture péranakan
“À l'école, je ne comprenais pas pourquoi je parlais anglais et regardais des films de Hollywood, quand mes copains s'exprimaient en chinois et regardaient les films de Hong-Kong. Alors j’ai voulu comprendre ma culture et je me suis mis à collectionner des objets péranakan”, explique Alvin Yapp. Ce sympathique habitant du quartier de Katong a transformé sa maison en un véritable musée, The Intan, dédié à la culture de cette composante originale et unique du melting-pot singapourien, au carrefour de la Chine et de la Malaisie.
L'expérience, sur réservation uniquement, dépasse le cadre d'une visite de musée. Entre porcelaines, bijoux et pièces de mobilier inspirées autant d'Europe que de Chine, Alvin, acteur-né qui n'hésite pas à s'installer au piano, met en scène sa culture dont il est si fier. "Ce sont des gens qui sont partis de Chine pour avoir une vie meilleure, des migrants pour raisons économiques. Ils se sont retrouvés dans la Singapour britannique où ils ont côtoyé des Malais et des Européens. Ils ont créé une culture en assimilant ces différentes influences. Il y a de l’espoir pour les migrants“, conclut-il avec un grand sourire.
S'initier à la mixologie à Singapour
Le célèbre Singapore sling est l'arbre qui cache la forêt. Créé en 1915 au Long Bar du non moins célèbre hôtel Raffles, pour permettre aux ladies britanniques de boire de l'alcool en le déguisant en inoffensive boissons aux fruits, ce cocktail n'est que l'une des options (et pas le meilleur selon les connaisseurs !) qui s'offrent ici à vous.
La cité-État est en effet considérée comme la capitale asiatique des cocktails. Les adresses ne manquent pas. Notre préféré est Fura, avec ses subtiles et originales alliances, mais vous pourrez aussi opter pour le chic et très design Manhattan de l'hôtel Conran ou suivre une masterclass de mixologie comme celle de The Tanglin Gin Jungle, où vous apprendrez l'art de manier le jigger et de skaker avec style. Et bien sûr, vous pourrez aller au Long Bar du Raffles.
Pour goûter un Singapore sling (44 dollars singapouriens, quand même) en foulant les cacahouètes qui jonchent le sol (c'est la tradition), mais surtout pour humer l'ambiance historique des lieux. Avec un peu de chance, le serveur vous racontera l'histoire du dernier tigre de Singapour…
Admirer un chute d'eau dans un aéroport et des arbres lumineux
Singapour abrite d'étonnantes réalisations architecturales, au point qu'on a parfois l'impression d'évoluer dans un décor imaginé par un auteur de BD. Les arbres lumineux des Gardens by the Bay comptent parmi les icônes de la cité-État. Imaginés en 2012, ces "arbres" de béton et de métal abritent des milliers de plantes et s'illuminent chaque soir avec un spectacle son et lumière. Le gratin des architectes-stars internationaux et des designers d'avant garde ont ici posé leur marque.
Vous pourrez ainsi découvrir d'innovantes réalisations d'architecture "verte" mêlant végétation et matériaux high-tech comme le "Green Heart" de Marina One ou l’hôtel ParkRoyal on Pickering. Allez aussi faire un tour dans les jardins du 50e étage de The Pinnacle @ Duxton, l'un des plus emblématiques des ensembles d'habitations subventionnés du programme HDB.
Au moment de repartir, ne ratez pas The Jewel, l'incroyable chute d'eau artificielle qui dévale du toit de l'aéroport international.
Célébrer le Racial Harmony Day
Le 21 juillet est une date particulière à Singapour. Créé en 1997, le Racial Harmony Day célèbre l'harmonie entre les diverses communautés qui constituent Singapour. Dans les écoles, on s'habille dans les styles des autres groupes ethniques du pays, on s'échange des plats traditionnels, on rappelle l'importance de l'harmonie religieuse.
À l'origine, l'initiative commémore les émeutes raciales de 1964, au milieu des trois brèves années durant lesquelles Singapour dépendait de la Malaisie, juste après son indépendance de la Grande-Bretagne. Les désaccords entre le gouvernement qui souhaitait privilégier les Malais et les différentes composantes et religions de Singapour – Malais, Chinois, Indiens – furent à l'origine de la scission entre les deux pays.
Aujourd'hui, ce jour témoigne de l'unité entre les communautés qui ont contribué ensemble au succès de la cité-État et constitue une façon intelligente de créer des ponts entre elles.
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