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Itinéraires

Road trip en Albanie : derrière les bunkers, l’histoire.

Texte par

Larissa Olenicoff (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 14 novembre 2018

Carte

Ayant passé près de la moitié du XXe siècle coupée du reste du monde, l’Albanie reste un pays quelque peu mystérieux, et cette destination originale et bon marché ne figure que depuis peu au programme des voyageurs en Europe. Si le “pays des Aigles” est plus connu pour son passé communiste tourmenté (comme l'attestent les quelque 750 000 bunkers de béton dispersés un peu partout), il présente un héritage culturel et historique riche et varié. Un road trip est le meilleur moyen de découvrir les anciens châteaux du pays, ses sites classés au Patrimoine mondial marqués par l’âge et ses musées ethnographiques, surtout si vous manquez de temps ou que son système de bus déconcertant vous semble incompréhensible.

Shkodra

Commencez votre découverte culturelle de l’Albanie par le Nord. Ancienne ville de commerce importante grâce à une situation géographique favorable, au confluent de deux rivières et toute proche de l’Adriatique, Shkodra est considérée comme la capitale culturelle albanaise en raison de ses traditions musicales et littéraires.
Place forte des Illyriens puis des Romains dès le IIIe siècle, c’est à Shkodra qu’on trouve l’impressionnant fort de Rozafa, le plus ancien du pays (une légende tout aussi impressionnante, voulant qu’une épouse y soit emmurée, entoure sa construction). Une promenade dans la vieille ville de Shkodra, rénovée récemment, est également agréable. Autre attraction : le musée national Marubi de la Photographie, avec une belle collection d’œuvres des premiers photographes du pays.
Pour un repas ou une nuit sur place, le Tradita G&T est un très bon boutique-hôtel, au décor traditionnel.

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Le musée Skanderbeg à Kruja, ville natale du héros national albanais

Kruja

Allez vers le sud de la capitale culturelle de l’Albanie jusqu’à sa capitale historique, Kruja. Une visite du pays serait incomplète sans s’arrêter dans cette ville, synonyme de Skanderbeg (ou Scanderbeg), le héros national albanais qui mena la résistance contre les Ottomans il y a quelque 500 ans. La ville lui a servi un temps de base, et Kruja est presque un lieu sacré pour les Albanais.
On peut en visiter les sites principaux en quelques heures, notamment le musée Skanderberg, le Musée ethnographique national, et le petit teqe (couvent soufi) Bektashi, tous situés dans le château de Kruja. Isolé au sommet d’une colline, le château est un endroit charmant, qui mérite une visite, de préférence en y allant à pied, tôt le matin, en traversant le bazar traditionnel (juste à l’extérieur du château), avant que les cars de touristes n’arrivent.
La vue imprenable et l’emplacement de l’Hotel Panorama Kruje en font le choix parfait pour ceux qui ne sont pas pressés de rejoindre l’animation de la capitale, Tirana, à seulement 35 km de là. Pour ceux qui ne font que passer, le Bar Restaurant Alba (dans l’enceinte du château) est un endroit plein de cachet pour pendre un café ou déjeuner.

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Maisons ottomanes traditionnelles à Berat, la “ville aux mille fenêtres”

Berat

De Kruja ou de Tirana, continuez vers le sud et l’intérieur en direction de Berat, via Lushnja et la SH4. On peut aussi y arriver en passant par Elbasan, mais notez que ce trajet prend une heure de plus, malgré ce que semble montrer la carte. Connue comme la “ville aux mille fenêtres”, Berat est devenue une des étapes incontournables d’un voyage en Albanie, grâce aux maisons ottomanes qui s’accrochent à flanc de colline sur les deux rives de l’Osumi.
L’ancien quartier de Mangalem, classé par l’Unesco, avec ses rues pavées étroites, est le cadre d’une promenade incroyablement pittoresque. La montée à sa forteresse encore habitée, Kalaja, vous gratifiera d’une vue spectaculaire sur les montagnes environnantes et la ville en contrebas. Allez admirer les œuvres d’art du XVIe siècle au musée Onufri, qu’on trouve dans l’église de la Dormition-de-la-Vierge, la plus grande église de la forteresse, qui date du XVIIIe siècle. En bas de la colline, dans une maison ottomane du XVIIIe siècle, le Musée ethnographique présente la culture albanaise traditionnelle. 
Il faut passer au moins une nuit ou deux à Berat, et le meilleur endroit  pour cela est au cœur du quartier de Mangalem : le familial Hotel Osumi. Pour dîner ou prendre un verre, traversez le pont jusqu’à l’Antigone ou jusqu’au restaurant du toit-terrasse de l’hôtel Tomori.

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Le vieux quartier ottoman de Gjirokastra, magique, à flanc de colline

Gjirokastra

Dernière étape de cette visite culturelle du nord au sud de l’Albanie, Gjirokastra est classée depuis 2008 au patrimoine mondial de l’Unesco au titre d’importante ville ottomane, tout comme Berat. Le mieux pour s’y rendre est de repartir vers le nord jusqu’à Lushnja et de reprendre la SH4 qui traverse le pittoresque district de Tepelenë et la vallée du Drino, décrite par lord Byron dans ses Letters on Albania.
En montant la rue (presque toujours à voie unique) qui mène au centre de Gjirokastra, vous serez stupéfait par la magie de la vieille ville aux pavés de calcaire, où naquit le plus célèbre auteur albanais, Ismaïl Kadaré. Montez plus haut encore, à pied ou en voiture, jusqu’à l’imposante citadelle de Gjirokastra, peut-être la plus belle du pays, d’où on a une vue panoramique sur la vallée. Faites le plein d’histoire dans sa galerie de l’Artillerie, son musée de l'Armée (attenant à l’ancienne prison) et au nouveau musée de Gjirokastra, intéressant. D’une manière tout albanaise (lire : aléatoire), on trouve aussi dans la citadelle les restes d’un avion de l’US Air Force mystérieusement abattu près de Tirana en 1957. Revenez dans la vieille ville pour aller voir le Musée ethnographique, dans l’ancienne maison du célèbre dictateur communiste albanais Enver Hoxha (ou Hodja), puis la maison Zekate et la maison Skenduli, deux beaux exemples de demeures ottomanes des XVIIIe et XIXe siècle.
Passez une nuit à l’hôtel Gjirokastër , vieux de 300 ans, et rassasiez-vous de cuisine locale chez Kujtimi, en plein cœur de la vieille ville, avant de repartir vers le nord ou de poursuivre vers la Riviera albanaise.

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Vallée fluviale au pied des montagnes du district de Tepelene

Conseils pour un road trip

Il existe de nombreux loueurs de voitures dans la capitale, Tirana, sinon on peut en louer une à Podgorica, au Monténégro, tout près de la frontière (mais assurez-vous qu’une assurance pour l’Albanie est incluse).
Hélas, la très mauvaise réputation des routes albanaises n’est pas surfaite mais de grandes améliorations ont été apportées ces dernières années et du nord vers le sud, un conducteur expérimenté ne devrait pas rencontrer de trop grosses difficultés sur les routes principales.
La signalisation est correcte et il existe de nombreuses stations-service rutilantes permettant de faire le plein d’essence et de caféine. Faites simplement bien attention aux éventuels furgon (minibus) à la conduite agressive, aux piétons courageux, ou au bétail en divagation qui peut parfois surgir de nulle part.

 


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