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Publié le 04/02/2026 5 minutes de lecture
Six vallées, le Parc national des Écrins, une plaine fertile, un bourg vivant, d’innombrables villages de charme et des domaines skiables réputés – dont l’Alpe d’Huez : l’Oisans concentre une belle diversité d’environnements montagnards dans les Alpes.
Étalé sur le bassin versant de la Romanche, en Isère, il invite à vivre l’hiver différemment. On ne se contente plus de dévaler les pentes : on prend le temps de découvrir les richesses d’un territoire, à travers des activités insolites, des visites de joyaux naturels, des rencontres authentiques et de succulentes pauses gastronomiques. Programme en six séquences choisies.
Randonner en raquettes sur le plateau de l’Alpette
Étagé à 2 100 mètres d’altitude, le plateau de l’Alpette offre un cadre idéal à la raquette à neige. À l’écart de la foule, mais facilement accessible, cet espace préservé dévoile un paysage tout en courbes.
Depuis l’arrivée de la télécabine, on file sur la « Randonnée des lacs » (6 km ; 2h), un itinéraire balisé au dénivelé limité. Il porte bien son nom : lacs Carrelet, Faucille, Besson, Noir… On les égrène avec plaisir, chacun arborant une palette bleu glacé singulière. Silence et sérénité confèrent à la balade une impression de lointain, renforcée par des panoramas imprenables sur les sommets alpins.
Aux trois quarts du parcours, arrêt obligatoire au Chalet du Lac Besson, qui conjugue décor cosy, terrasse ensoleillée et cuisine savoureuse (avec de bonnes grillades au menu). Le café avalé, on poursuit la marche dans le grand blanc. Les courageux formeront une boucle jusqu’à leur point de départ ; les autres récupèreront une remontée mécanique.
Route des Savoir-Faire en Oisans : rencontres d’artisans locaux
Ils sont brasseurs, artisans, artistes, agriculteurs… et se sont réunis sur la Route des Savoir-Faire de l’Oisans. Au gré de la géographie et de ses envies, on y pioche de rares moments de partage.
L’un d’entre eux nous emmène à la rencontre d’Anne Mangin, apicultrice et safranière à Auris. De ses 150 ruches et de ses champs de safran, Anne récolte pistils et nectar. Dans son échoppe, entre ses rayons de miels de haute montagne et de liqueurs d’hysope, elle nous révèle les mystères de ses abeilles.
« On dit que les fleurs des Alpes, contraintes à des aléas climatiques difficiles, ont des caractéristiques plus puissantes que leurs homologues de plaine. Mon miel est donc très fleuri ! », explique-t-elle, avant de détailler son processus de production bio. En goûtant son miel de la Romanche, aux notes de tilleul, de ronce et de châtaignier, nous sommes conquis.
Ses étals accueillent aussi « Les Délices de Méline », cueilleuse du coin, qui concocte, entre autres, confitures de cynorhodon et pestos à l’ail des ours. C’est le panier rempli que nous repartons de cette halte conviviale !
Observer la faune du Parc national des Écrins
L’Oisans est une porte d’entrée privilégiée du Parc national des Écrins.
Pour se familiariser à la biodiversité de cette contrée sauvage, rien de tel qu’une excursion accompagnée d’un garde-moniteur. En hiver, ces derniers proposent une sortie « Sur les traces de la faune » depuis Villar-d’Arêne : une occasion exceptionnelle de côtoyer ces gardiens de la nature et d’envisager avec eux les enjeux majeurs de protection.
On y cherche les empreintes du lièvre variable, on détecte la présence discrète du tétras-lyre et on observe les chamois qui, en cette saison, descendent plus bas dans les versants. On comprend pourquoi des zones de quiétude sont aménagées pour le tétras-lyre, ou comment certaines plantes subsistent sous le manteau neigeux…
Peu à peu, grâce à ces indices légers et au récit de ces hommes passionnés, s’ouvre un monde méconnu, loin d’être uniquement blanc et silencieux.
S’initier au ski de randonnée en Oisans
Bien sûr, les flancs vierges et les vallons isolés incitent à l’évasion immédiate. Pourtant, la montagne étant un milieu exigeant, mieux vaut suivre une initiation au ski de randonnée avant de s’élancer. La pratique requiert en effet quelques bases nécessaires.
L’ESF (École de Ski Français) d’Auris promet un apprentissage en douceur. L’itinéraire serpente à travers la forêt, à proximité des pistes. Côté technique, les skieurs alpins retrouvent vite certains automatismes, mais doivent aussi corriger de mauvais réflexes. Sécurité, méthode de montée, virages et les fameuses conversions : on maîtrise rapidement la plupart des fondamentaux.
On s’entraîne par ailleurs à l’utilisation du matériel d’avalanche et aux protocoles de recherche DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanches), absolument indispensables en hors-piste. Le tout, dans la bonne humeur ! La prochaine fois, promis, la sortie sera plus engagée, mais toujours, si possible, encadrée.
Rallier à pied villages et sommets
D’ascenseurs valléens en télésièges, l’Oisans se parcourt différemment. Conçues pour les riverains comme pour les visiteurs, les remontées mécaniques ne sont pas seulement pensées pour les skieurs, mais aussi pour les piétons.
Le maillage de mobilité douce permet ainsi de relier, via les hauteurs, de jolis villages et des stations de renom, comme l’Alpe d’Huez. Depuis Allemond, l’Eau d’Olle Express rejoint par exemple Oz 3300 en 8 minutes ! On peut donc aisément faire un détour au plateau de l’Alpette, pour une promenade vivifiante, une dégustation « sucette » à La Cabane à Sucre de l’Alpe d’Huez ou un déjeuner en altitude face à des panoramas spectaculaires.
En appui, des navettes gratuites, circulant tous les jours, complètent le réseau de transport.
S’accorder une pause culture au Bourg-d’Oisans
Tranquillement posé en plaine, le long de la Romanche, Le Bourg-d’Oisans est le véritable « hub » de la région. Son agréable centre offre une escale citadine en montagne, avec quelques pépites à la clé.
La première est celle du musée GALTA, récemment rouvert avec une ingénieuse scénographie contemporaine. Questionnant notre rapport au vivant, il met en scène les écosystèmes complexes des Alpes et leur faune sauvage au fil des quatre saisons. Doté d’une précieuse collection minéralogique, il tisse par ailleurs des liens avec l’art, et notamment la bande dessinée.
La ville abrite d’autre part la Maison de l’Oisans et du Parc national des Écrins. Son exposition permanente appréhende les multiples facettes du Parc national et lève un peu le voile sur ses immenses richesses naturelles, le tout avec des installations originales, qui font appel à nos cinq sens.
Profiter de sensations fortes en ski alpin pour les irréductibles !
Que les inconditionnels du ski alpin se rassurent : si l’Oisans aime à se découvrir autrement, il n’en demeure pas moins une destination de glisse par excellence. En atteste l’emblématique station de l’Alpe d’Huez, où les plus intrépides se lanceront sur la Sarenne, la plus longue piste noire d’Europe ! Du haut du Pic Blanc, à 3 330 mètres d’altitude, ses 16 km défilent sur un dénivelé total de 2 000 mètres.
L’autre descente mythique du domaine, c’est le Tunnel, à laquelle on accède via une galerie de 200 mètres percée à même la roche et éclairée de néons.
Où manger et dormir en Oisans ? Nos bonnes adresses
Auberge de charme, hôtel de caractère ou table conviviale : voici quelques bonnes adresses où dormir et manger en Oisans, sélectionnées pour leur qualité, leur authenticité
Où dormir en Oisans ?
Auberge de la Forêt à Auris-en-Oisans : Dans cette auberge historique, sise dans un hameau pittoresque, les chambres sont chaleureuses et la cuisine soignée : la montagne version raffinée !
Hôtel de Milan au Bourg-d’Oisans : L’atmosphère de cet hôtel à l’architecture Art Déco est unique : chambres stylées, décor charmant, espace bien-être (avec sauna extérieur) et accueil attentif.
Nos restaurants coups de cœur
Restaurant Aux 3 Nains au Bourg-d’Oisans : Ce bar à manger propose un service continu de 9h à 23h avec des produits locaux de qualité (et des pains à tomber !).
Restaurant Qu’est-ce qu’on mange ? à Allemond : Stéphane, ancien animateur de salle reconverti en chef cuisinier, célèbre aujourd’hui les produits locaux à travers des assiettes bien tournées.