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France : 10 sites reconvertis avec brio

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Des lieux qui font peau neuve, on en voit beaucoup. Mais ceux-là ont radicalement changé de carrière au cours de leur vie. La culture a pris d'assaut bases sous-marines, pompes funèbres, voies ferrées et autres hangars désaffectés… Mais où s'arrêtera-t-elle ?
 

1. Viaduc des Arts (Paris)

Inaugurée en 1859, une ligne ferroviaire partait de la gare de la Bastille et empruntait un viaduc longeant la rue de Lyon puis l'avenue Daumesnil, avant de filer vers Vincennes. Sa désaffection, un siècle plus tard, posa la question de sa reconversion. Au lieu de démolir cet ouvrage d'art, il fut décidé de le conserver et d'aménager une promenade au-dessus. Pari réussi ! Le viaduc des Arts abrite sous ses voûtes plus d'une quarantaine de boutiques d'artisans, de décorateurs et de créateurs, tandis qu'au-dessus, la Coulée verte suit le trajet de l'ancienne voie ferrée. Longue de 4,5 km, elle démarre derrière l'Opéra-Bastille pour aboutir à la porte Dorée.
La Coulée verte a servi de modèle à des projets similaires au Royaume-Uni et aux États-Unis. D'autres coulées vertes sont en voie d'aménagement dans le Nord et le Sud parisien.


 
 

2. Musée d'Orsay (Paris)

« La gare est superbe et a l'air d'un palais des Beaux-Arts » écrivait le peintre Detaille lors de l'inauguration de la gare d'Orsay, construite pour l'Exposition universelle de 1900. Élégante et moderne, cette gare et son hôtel, face à la Seine et au jardin des Tuileries, faillirent pourtant être démolis peu après l'arrêt presque total du trafic (1939). Utilisée malgré tout pour diverses activités, dont le tournage du Procès d'Orson Welles, la gare bénéficia du renouveau d'intérêt pour le XIXe siècle. Classée monument historique en 1978, elle fut reconvertie en un musée dédié aux œuvres de 1848 à 1914. Cadre magnifique du musée, l'ancienne gare en est aussi la « première œuvre ».
Le musée fait l'objet d'un nouvel aménagement baptisé le « Nouvel Orsay ». Les travaux (qui s'effectuent sans fermeture du musée) devraient s'achever en 2015 (www.musee-orsay.fr).


 
 

3. Les Subsistances, Lyon (Rhône)

 
 
Couramment appelés « Les Subs », les bâtiments de cet ancien lieu de stockage de l'armée égrènent leur façade orangée le long de la Saône. Devenues laboratoire de création artistique et siège de l'école nationale des Beaux-Arts de Lyon, Les Subsistances sont avant tout une très belle rénovation architecturale d'un ensemble de bâtiments industriels. Ce lieu de résidence pour les artistes de spectacle vivant (danse, théâtre, cirque), avec ses salles de spectacle et son restaurant, est aussi devenu, au fil des ans, the place to be.
Programmation sur www.les-subs.com
 
 

4. Docks de Marseille (Bouches-du-Rhône)

À l'image des docks londoniens, Marseille a réaménagé en bureaux les anciens locaux de la Compagnie des Docks et Entrepôts de Marseille dans le cadre du projet Euroméditerranée. La rénovation nécessita d'élargir les fenêtres, de remplacer une partie du toit par des verrières, créant ainsi des atriums, et de percer une rue intérieure. On peut d'ailleurs emprunter celle-ci pour traverser cette suite de cinq bâtiments à l'imposante façade longiligne. L'entrée se fait par l'ancien Hôtel de Direction, place de la Joliette.
Dans le même quartier, d'autres entrepôts, les Docks des Suds (www.dock-des-suds.org) ont été transformés en lieu culturel.


 
 

5. Base sous-marine de Bordeaux (Gironde)

La gigantesque base sous-marine est un vestige de la Seconde Guerre mondiale dont la masse de béton, creusée de 11 alvéoles, domine les quais de radoub et les friches industrielles du quartier Bacalan. Après avoir abrité un improbable musée de la Plaisance, ce mastodonte de 42 000 m2 est aujourd'hui squatté par des expos d'art contemporain, hanté par des scénographes lumière qui font du blockhaus une caverne magique, et l'on peut y entendre des concerts lyriques, de jazz ou électro. Le festival biennal Evento s'y projette lors de soirées-événements à l'ambiance underground.
Jetez un coup d'œil, à la porte de la base, sur la plaque commémorative du réseau Alliance et de ses martyrs. Le texte est bouleversant.


 
 

6. Usine Lu et quai des Antilles, nantes (Loire-Atlantique)

En termes de reconversion de sites, Nantes fait figure d'exemple. Il y a d'abord celle de l'ancienne biscuiterie LU, au bord du canal Saint-Félix, devenue depuis 2000 Le Lieu Unique, scène nationale et centre d'art polyvalent. Mais c'est l'île de Nantes, placée sous le signe de l'architecture contemporaine et de la création, qui en est le point d'orgue. Sur le quai des Antilles, le Hangar à Bananes, reconversion d'une ancienne friche portuaire, accueille espaces d'exposition, bars, restaurants et cafés-concerts, et les Nefs, grandes halles autrefois dévolues à la construction navale, abritent les Machines de l'île : des animaux géants articulés, en bois et en métal.
De nuit, Les Anneaux illuminés de Daniel Buren et Patrick Bouchain soulignent la perspective de l'estuaire de la Loire.
 
 

7. La Piscine de Roubaix (Nord)

Autour d'un bassin veillé par des statues et éclairé par des vitraux symbolisant le soleil levant et le soleil couchant, c'est dans un climat de sérénité intense que l'on déambule au milieu des collections de textiles, de céramiques et de peintures des XIXe et XXe siècles. Construite à la fin des années 1920 pour être la plus belle de France, l'ancienne piscine Art déco, fermée en 1985 pour raisons de sécurité, est devenu l'un des lieux culturels les plus courus de France depuis sa réouverture en 2001.
Meert, le salon de thé lillois célèbre pour ses gaufres fourrées à la vanille, a ouvert une antenne à La Piscine. Tarifs et horaires du musée : www.roubaix-lapiscine.com


 
 

8. Musée des Abattoirs, Toulouse (Haute-Garonne)

Les abattoirs de Toulouse furent construits par Urbain Vitry de 1828 à 1831. Devenus trop exigus en raison du développement de la ville et, de plus, trop éloignés de la voie ferrée, ils furent transférés. Le bâtiment fut fermé en 1988 et, après une restauration mettant en valeur ses formes et ses grands espaces ouverts, il rouvrit en 2000 pour abriter le musée d'Art moderne et contemporain, qui présente une importante collection, parfois très surprenante !
76 allée Charles-de-Fitte ; tarif plein/réduit 7/3 € (www.lesabattoirs.org).


 

9. LE CENTQUATRE (PARIS)

Dans le site des anciennes pompes funèbres municipales (un espace de 39 000 m2 !) a été créée en 2008 une ruche artistique. Pour les artistes, c'est un lieu de travail et d'expression dans les domaines les plus variés (installations, théâtre, musique, danse, design, etc.). Pour le public, c'est un lieu où voir, souvent gratuitement, les réalisations d'artistes en résidence ou venus de l'extérieur, parfois amusantes, souvent insolites. Le lieu accueille un jour un manège carré au bestiaire fantastique, un autre une pièce de Marivaux par la Comédie-Française, une autre fois encore une maison-miroir à dérouter les sens. Bref, il s'y passe toujours quelque chose.
Situé dans le 19e arrondissement, le CENTQUATRE (www.104.fr) abrite également un restaurant tendance, un agréable « café caché », un camion-pizza, une brocante Emmaüs, une excellente librairie et des activités sportives.


 
 
 

10. Base sous-marine, saint-nazaire (Loire-Atlantique)

Édifiée par les Allemands entre 1940 et 1942, la base a durablement modifié le visage de la ville. Après des années d'abandon et de rejet, l'imposante masse de 500 000 m3 de béton, qui comprend 14 alvéoles sur une longueur totale de près de 300 m, est devenue un lieu culturel et de loisirs, à la faveur d'une politique de reconquête urbaine. Une passerelle donne accès au toit-terrasse, qui accueille le jardin du Tiers-Paysage.
L'office du tourisme (02 40 22 40 65 ; www.saint-nazaire-tourisme.com) est installé dans la base. Visite guidée juillet-août plein/réduit 7/3,50 €.


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