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France : 10 escaliers à monter à tout prix

Mis à jour le : 9 janvier 2017

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On les a montés, descendus, dévalés ; certains sont recouverts d'un tapis rouge tandis que d'autres résistent aux assauts de la nature. Dans tous les cas, la montée de ces marches françaises vous coupera le souffle. Si vous avez aimé notre article sur les plus beaux escaliers du monde, vous aimerez vous imaginer monter ces marches ! 
 

1. Opéra Garnier (Paris)

Quand, à la demande de Napoléon III, l'architecte Charles Garnier conçut un nouvel Opéra pour Paris, il voulut en faire une œuvre d'art totale, qui « parle aux yeux, aux oreilles, aux cœurs et aux passions » à l'instar de l'art lyrique dont il serait le temple. Par sa double révolution, sa hauteur (30 m), le chatoiement de ses 33 marbres, les quatre étages de galeries qui le surplombent, son escalier d'honneur confère à la fois exubérance et solennité au lieu. En bas des marches, deux grandes figures de femmes brandissent des bouquets de lumière. Au plafond sont peintes des allégories de la musique.
Sur la façade, prenez le temps d'« entrer » dans la "Danse" de Carpeaux, qui fit scandale par sa sensualité lors de l'inauguration de l'Opéra en 1869.


 
 

2. Le Puy-en-Velay (Haute-Loire)

La Vierge noire du Puy n'est pas le moindre des mystères que cache cette petite ville. Chaque époque a apporté son explication à la couleur de cette statue mais la disparition de son original lors de la Révolution française laisse à jamais la question ouverte. Reste la possibilité de mettre vos pas dans ceux des pèlerins qui allaient lui rendre hommage. Gravissez les redoutables escaliers – quelques repos jalonnent toutefois les 134 marches – qui mènent à une cathédrale polychrome. Construite au XIIe siècle, mâtinée d'influences arabes, c'est l'un des joyaux de l'art roman.
Le Puy-en-Velay est facilement accessible depuis Clermont-Ferrand ou Lyon, en train comme en voiture.
 
 

3. Château de Chambord (Loir-et-Cher)

Au centre du donjon du château de Chambord se dresse un grandiose escalier à double révolution. Ses deux volées hélicoïdales à claire-voie sont engagées l'une dans l'autre, de telle sorte qu'une personne peut monter et l'autre descendre en se voyant mais sans jamais se croiser. On tend à penser aujourd'hui que ce chef-d'œuvre fut inspiré d'une idée de Léonard de Vinci : un escalier à quadruple volée qui aurait desservi un donjon carré cantonné de quatre tours rondes. La mort de Léonard de Vinci, l'année de l'ouverture du chantier, aurait amené à modifier le projet.
Montez jusqu'à la terrasse pour voir la lanterne qui coiffe l'escalier et contempler de près la forêt de pierres sculptées, de toitures et de cheminées.


 
 

4. Escalier des Cent Marches, Fixin (Côte-d'Or)

Au milieu du XIXe siècle, dans un parc de plusieurs hectares situé dans une combe, un ancien grenadier de l'Empereur, Claude Noisot, rendit hommage à son héros. Il fit creuser dans la roche un escalier de 100 marches (aujourd'hui très dégradé) pour franchir une falaise. L'escalier symbolise les fameux 100 jours (du 1er mars au 18 juin 1815) entre le retour de l'île d'Elbe et la défaite de Waterloo. Il demanda également au sculpteur François Rude, son ami dijonnais, de réaliser une œuvre importante : Le Réveil de Napoléon à l'immortalité.
Le musée Noisot contient la sculpture et d'autres souvenirs de la période napoléonienne. Il est ouvert du 15 avril au 15 octobre (samedi et dimanche de 14h à 18h).
 
 

5. Escalier monumental d'Auch (Gers)

Avec 370 marches et 35 m de dénivellation, l'escalier monumental est l'un des éléments phares du patrimoine auscitain. Fièrement y trône le héros gersois rendu célèbre par Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires : Charles de Batz, mieux connu sous le nom de d'Artagnan, a eu droit à sa statue en bronze. D'inspiration Renaissance italienne, l'escalier construit en 1863 est un ouvrage d'art néoclassique. Le gravir pour aller de la basse à la haute ville permet de jouir d'une très belle vue sur la vallée du Gers.
L'escalier, dans un état de dégradation avancée, est en pleine rénovation, prévue sur quelques années.


 
 

6. Marches du Palais des Festivals, Cannes (Alpes-Maritimes)

Ce sont 24 marches, modestes et anodines, à l'entrée d'un bâtiment austère. Mais lorsqu'elles revêtent leur tapis rouge, elles scintillent de mille feux, entourées d'une armada de photographes et foulées par les plus grandes stars internationales. La magie du 7e art opère. Pourtant, à la création du Festival, en 1946, elles n'existaient pas. Ce n'est qu'en 1982 que le nouveau bâtiment, dessiné par les architectes Bennett & Druet, fut inauguré. Surnommé le « Bunker », il ne fit pas l'unanimité, d'autant que le retard des travaux fit frôler la catastrophe à l'édition de 1983. Depuis, cet escalier est devenu un podium pour la gloire.
À proximité de la Croisette et du port, le Palais des festivals est facilement accessible. À côté, ne manquez pas d'observer les quelque 300 empreintes de stars !


 
 

7. Sotteville-sur-Mer (Seine-Maritime)

Au bord de la falaise de Sotteville-sur-Mer, petit village surplombant la Côte d'Albâtre du haut du plateau cauchois, on trouve un escalier taillé à même la craie, qui pourrait laisser croire à un stupéfiant toboggan vers la mer (ou la plage, selon la marée). Ses 231 marches nous assurent d'une descente plus lente, mais à pic. Construit en 1890 pour les pêcheurs, recouvert de bois, et assorti peu après d'un rail pour remonter les galets destinés à la fabrication de porcelaine et de poudre d'émeri, il fut dynamité à cause du rôle stratégique évident que la guerre lui octroya dès 1940, et reconstruit en béton en 1954. La descente en reste superbe.
Depuis la place de l'église de Sotteville-sur-Mer, suivez la rue de Beaumont, une route bordée de champs menant tout droit à l'escalier (www.sotteville-sur-mer.com).
 
 

8. Escaliers extérieurs de Besançon (Doubs)

Les magnifiques escaliers à cage ouverte, accrochés à l'extérieur des vieux immeubles dans les cours intérieures de Besançon, sont une particularité très intéressante de la ville. Ils permettaient de gagner de la place au profit des appartements, et d'avoir des cours plus aérées et lumineuses que si les escaliers avaient été murés. Perpétuée au cours des siècles passés, cette caractéristique bisontine passe souvent inaperçue aux yeux des touristes de passage car la plupart des bâtiments ont des entrées privées. En bois, pierre de taille ou fer forgé, il existe plus de 200 escaliers de ce type à Besançon, notamment dans le quartier de la Boucle, où l'espace de construction était particulièrement restreint.
L'office du tourisme (www.besancon-tourisme.com) propose deux circuits dédiés à la découverte de ces escaliers.


 
 

9. Escalier du roi d'Aragon, Bonifacio (Corse-du-Sud)

La légende raconte que les 187 marches qui relient la citadelle de Bonifacio au niveau des flots, une soixantaine de mètres en contrebas, auraient été taillées en une seule nuit par les troupes du roi d'Aragon au cours du siège de 1420. Plus vraisemblablement, cette impressionnante cicatrice dans la falaise calcaire existe depuis la nuit des temps : ce passage naturel a constamment été amélioré depuis la préhistoire pour devenir un véritable escalier permettant d'accéder à une source naturelle vitale pour la population.
Un pass culturel vendu par l'office du tourisme (3,50 €) donne accès au bastion de l'Étendard, à l'escalier du Roi d'Aragon et à l'église Saint-Dominique.


 
 

10. Montmartre (Paris)

Point culminant de Paris, la butte Montmartre atteint 130 m d'altitude. Un escalier théâtral, de 222 marches, mène directement au sommet où fut érigée au XIXe siècle l'imposante basilique blanche emblématique de Paris. Sur les dernières marches, badauds et touristes s'assoient pour contempler la vue sur Paris ou observer les spectacles de rue. Mais le vrai charme des escaliers de Montmartre est beaucoup plus discret : ce sont ces volées de marches, jalonnées de rampes de métal et de vieux lampadaires, qui grimpent de ruelle en ruelle sur les flancs de la Butte. De ceux qui ont tant inspiré les photographes Brassaï, Doisneau ou Willy Ronis.
Un funiculaire et le Montmartrobus permettent aussi de gravir la Butte sans fatigue.