Cracovie : Les Incontournables

Colline du Wawel

Entrer dans la magie d'un château médiéval

Au sommet d'une colline surplombant la Vistule (Wisła), les tours du château et les flèches de la cathédrale évoquent ce que la Cracovie médiévale avait de magique et de mystérieux. Résidence des rois et reines pendant cinq siècles, le château est désormais un musée d'art et d'histoire. Sépulture des héros polonais les plus respectés, la cathédrale demeure un mémorial à tous ceux qui ont fait de la Pologne ce qu'elle est aujourd'hui.
Si une première forteresse fut construite sur la colline du Wawel dès le XIe siècle, l'actuel château remonte pour l'essentiel au XVIe siècle. De nos jours, le complexe héberge divers musées consacrés à l'histoire du château et aux événements qui s'y déroulèrent ; pour en savoir plus.
Située dans l'enceinte-même du château, la cathédrale du Wawel est l'église la plus importante et la plus célèbre de Pologne. Bâtie en 1364, c'est la troisième église érigée sur le site. Elle abrite les tombeaux des plus grandes figures de la Pologne, offrant un véritable voyage dans l'histoire polonaise.
Des nombreuses chapelles, celle de Sigismond, de style Renaissance, se distingue à sa coupole dorée. Elle sert d'écrin aux tombeaux de marbre rouge du roi Sigismond Ier et de son fils Sigismond II. La chapelle de la reine Zofia est tout aussi impressionnante avec ses beaux vitraux et fresques de style Art nouveau.
Sous le sanctuaire se trouvent deux chambres mortuaires. La minuscule crypte des Poètes ne contient que trois sépultures, dont celle du poète romantique Adam Mickiewicz. Dans les Cryptes royales, froides et humides, reposent plusieurs souverains et héros nationaux, dont Tadeusz Kościuszko et Józef Piłsudski. Aucune de ces sépultures n'est aussi flamboyante que le mausolée de saint Stanislas, tout d'argent et de style baroque, au centre de la cathédrale (rendez-vous pour plus de détails sur saint Stanislas).
Vous pourrez conclure la visite de la cathédrale par l'ascension des 70 marches de l'escalier de bois de la tour Sigismond : vous découvrirez ainsi l'imposante cloche Sigismond, fondue en 1520, qui avec ses 2 m de hauteur et ses 11 tonnes, est la plus grosse cloche historique de Pologne.

Kraków Bike Tours

Pédaler du Planty à Podgórze

À vélo dans la Vieille Ville, vous filez sur des rues pavées interdites à la circulation et dépassez allègrement les piétons. Si l'expérience vous tente, vous pouvez louer une petite reine et vous joindre au circuit organisé tous les jours par Kraków Bike Tours. Cet itinéraire de 12 km, d'une durée de quatre heures, est un excellent moyen de découvrir Cracovie. Et inutile d'être un cycliste aguerri : la distance n'est pas si grande et le parcours se fait pour l'essentiel hors des routes.
Si l'itinéraire peut varier, le départ se fait toujours sur la Rynek Główny, centre de la majorité des événements. Les participants se dirigent jusqu'au Planty, bande de verdure encerclant la Vieille Ville. Plusieurs haltes se font en route, notamment à la Barbacane, au Collegium Maius et à la Fenêtre papale.
Ensuite, l'itinéraire descend vers le fleuve en passant par le château du Wawel et la grotte du Dragon. Une charmante piste cyclable au bord de l'eau mène à l'église des Paulins Saint-Michel-et-Saint-Stanislas, plus connue sous le nom de Skałka. Après une courte pause, on repart vers l'église Sainte-Catherine et Plac Wolnica, puis on remonte jusqu'à Plac Nowy. À mi-parcours environ, tout le monde est invité à mettre pied à terre pour un en-cas ou une boisson dans l'un des cafés d'ul Szeroka.
Requinqués, les cyclistes franchissent le fleuve pour rejoindre Podgórze, avec des haltes sur la Plac Bohaterów Getta et à l'usine de Schindler. Le guide montre alors des endroits où des vestiges du vieux ghetto sont encore visibles. Au retour, vous goÛterez aux plaisirs paisibles du vélo le long de la Vistule et dans la Vieille Ville.
Le temps étant compté, il n'est pas permis aux participants d'aller visiter les différents sites. Le circuit est à considérer comme une introduction à Cracovie qui vous permettra de décider quelles visites vous souhaitez privilégier. Les guides, amusants et bien informés, ne manquent pas d'anecdotes et de conseils sur l'histoire, les légendes, la cuisine, les sorties nocturnes et le shopping à Cracovie.
Le meilleur de ce circuit à vélo ? Le bonheur de découvrir la ville à la force de vos mollets !

Cracovie underground

Explorer les sous-terrains offrant le meilleur de la nuit et de la gastronomie

Vous vous éloignez de la rue. Dehors, la ville bourdonne d'une animation enjouée, mais ici le calme règne. La cour semble vide, mais… Un vieil escalier descend dans les profondeurs. Le plafond est bas, le passage étroit. Alors que vous descendez, l'air se fait plus frais. Puis ce sont des voix, des verres qui tintent, quelques notes de musique.
Vous débouchez dans un espace souterrain qui remonte peut-être au XIVe siècle. Si la plupart des édifices de Cracovie ont été reconstruits depuis lors, ils conservent leurs fondations d'origine. Ces murs de briques et ces voÛtes créent une atmosphère chargée d'histoire et de mystère.
Peut-on rêver meilleur emplacement qu'une cave vieille de sept siècles pour un bar branché ou un café cosy ? Les visiteurs ne tardent jamais à comprendre que le top de la gastronomie et de la nuit cracoviennes a lieu sous terre.
Pour dîner, pensez à Pod Aniołami ou Aqua e Vino, ou descendez dans la Black Gallery pour un verre. On danse dans les entrailles de la ville chez Pauza et Rdza. Presque tous les clubs de jazz sont installés en sous-sol, tels le Piec'Art et le Jazz Club U Muniaka. D'autres sons retentissent au Jazz Rock Café et au Klub Re.

Église Notre-Dame

Plonger dans l'histoire et l'art religieux

Dressées majestueusement sur le flanc nord-est de la Rynek Główny, les deux tours de hauteur inégale de la Bazylika Mariacki sont emblématiques de Cracovie. Selon une légende tragique, cette différence de taille serait le résultat d'une querelle entre les deux frères chargés de construire chacun une tour. Soucieux de surpasser son concurrent, l'un des architectes aurait assassiné son frère d'un coup de couteau avant de se donner la mort, pris de remords. Cependant, la vérité est moins romantique : la tour de 69 m fut érigée pour accueillir les cloches de l'église, tandis que celle de 81 m servait de tour de guet. Certains jours, vous pouvez monter en haut de cette dernière : la vue sur la Rynek Główny et ses abords est somptueuse.
Si une église se dresse ici depuis les années 1220, la construction d'origine fut détruite pendant les incursions des Tatars. L'église Notre-Dame actuelle date du XVe siècle.
À l'intérieur, la pièce maîtresse est un sublime retable gothique. Haut de 13 m et large de 11 m, ce pentaptyque polychrome en chêne et tilleul fut réalisé à la fin du XVe siècle par le sculpteur de Nuremberg Veit Stoss (appelé en Pologne Wit Stwosz). Au centre, vous découvrirez une représentation merveilleusement expressive de l'Assomption, tandis que les panneaux retracent les épisodes de la vie de la Vierge Marie. On admirera aussi les panneaux sculptés au-dessus des stalles du chœur et, non loin, le crucifix en pierre, œuvre de Stoss également.

Collegium Maius

Flâner dans les couloirs de la connaissance

Fondée en 1364, l'Université jagellonne est l'une des plus vieilles d'Europe, et son Collegium Maius, du XVe siècle, est le plus ancien édifice universitaire de Pologne. Son joyau est une élégante cour à arcades (photo), à laquelle on accède librement. Tous les jours à 13h, l'extravagante horloge fait retentir le vieux chant étudiant « Gaudeamus Igitur » pendant que défile une troupe de délicates figurines.
À l'intérieur, une visite guidée permet de découvrir quelques-uns des trésors de l'université, dont de rares instruments astronomiques du XVIe siècle qu'aurait utilisés un illustre étudiant, Nicolas Copernic. Ne manquez pas le plus ancien globe du monde, daté de 1510. Encore utilisée pour certaines cérémonies, l'impressionnante Aula, vaste salle au plafond Renaissance d'origine, regorge de portraits de rois, de professeurs et de bienfaiteurs de l'université.
Les scientifiques en herbe apprécieront l'exposition au rez-de-chaussée, consacrée aux sciences anciennes et modernes, avec des installations interactives et des expériences diverses, notamment sur l'alchimie.

Plac Nowy

enchaîner marché, galeries d'art, terrasses de cafés et pistes de danse

Pendant des années, la Plac Nowy fut appelée place des Juifs en raison de l'okrąglak, une rotonde de briques rouges qui abritait le marché de viande kasher. C'est aujourd'hui davantage un marché de petite restauration où étudiants et oiseaux de nuit se retrouvent autour d'un zapiekanka (sorte de sandwich ouvert) et autres en-cas bon marché. Outre les affamés, la Plac Nowy attire artistes et esprits bohèmes en tout genre, séduits par la riche histoire et l'aura artistique du vieux quartier juif.
Cette place pittoresque, bordée de cafés et de clubs, notamment l'Alchemia, est un endroit idéal pour observer les passants, mais aussi faire la tournée des discothèques. Dans les rues alentour, les galeries d'art se multiplient. Des puces et un marché alimentaire de producteurs se tiennent sur la place elle-même. Même si sa création remonte à la fondation de Kazimierz en 1335, l'endroit mérite bien son nom de Plac Nowy, « place nouvelle », par son visage toujours changeant et sa créativité jamais démentie.

Festival de la culture juive

Rendre hommage à la culture juive d'hier et d'aujourd'hui

Bien que Cracovie n'abrite aujourd'hui, dit-on, que 200 juifs environ, la culture judaïque y prospère véritablement grâce à ce festival qui se tient chaque année à Kazimierz. Il s'ouvre toujours un vendredi soir par la cérémonie traditionnelle du Kabbalat Shabbat, l'« accueil du shabbat ». Suivent ensuite dix journées riches en cérémonies, pièces de théâtre, films, concerts, expos d'art, visites et ateliers autour de la culture juive, organisés un peu partout dans Kazimierz.
D'éminents spécialistes partagent leur savoir sur la langue, la musique, la danse, les arts et la gastronomie, et certains ateliers s'adressent spécifiquement aux enfants. Pour le bouquet final, un immense concert de musique juive contemporaine a lieu en plein air, attirant jusqu'à 15 000 personnes sur ul Szeroka.

Camp de Płaszów

Se souvenir de la tragédie

À partir d'octobre 1942, les juifs du ghetto de Cracovie furent déportés vers le camp de concentration de Płaszów, dans les faubourgs sud de la ville. Six mois plus tard, le ghetto était liquidé et tous ses habitants envoyés dans ce camp de triste mémoire. Au cours des deux années suivantes, ils furent des milliers à mourir de maladie et de faim ou assassinés lors d'exécutions de masse. Début 1945, les prisonniers survivants se rendirent à pied vers Auschwitz et une mort programmée. Les nazis détruisirent le camp de Płaszów lors de leur retraite : à leur arrivée le 20 janvier 1945, les troupes soviétiques n'y trouvèrent rien ni personne à libérer.
De nos jours, un calme étrange règne sur les terrains de Płaszów, ne trahissant rien de la tragédie du XXe siècle. Les seules constructions sont quelques monuments disséminés dans le complexe. Des sentiers serpentent sur les terrains envahis par la végétation. La nature a pu reprendre ses droits, pour entraver le souvenir ou pour faciliter la guérison – ou bien les deux. Pour en savoir plus, lire l'encadré.

Musée Czartoryski

Admirer la plus ancienne collection d'art et d'objets de pologne

C'est en 1796 que la princesse Izabela Czartoryska fonda le premier musée d'histoire de Pologne, dans la ville de Puławy. Ses collections furent transférées à Cracovie en 1874 et installées dans l'ancien Arsenal, à l'intérieur des remparts. Jadis privées, elles forment aujourd'hui l'un des musées les plus riches de la ville.
Le visiteur y est accueilli par une exposition d'armes, d'armures, de selles et de tapis turcs, ainsi qu'une tente de campagne, le tout récupéré après la bataille de Vienne en 1683. La galerie d'archéologie renferme quant à elle quelques-uns des trésors du musée : momies égyptiennes, sarcophages étrusques, sceaux-cylindres babyloniens, vases grecs ou encore statues romaines. Au même étage, d'autres curiosités vous attendent, dont le masque mortuaire de Frédéric Chopin et un tricorne ayant appartenu au dernier roi de Pologne, Stanislas II Auguste Poniatowski.
Néanmoins, l'atout principal du musée est sa galerie d'art, à l'étage. Vous pourrez y admirer des chefs-d'œuvre de maîtres européens, dont la fascinante Dame à l'hermine (vers 1482) de Léonard de Vinci et le Paysage au bon Samaritain (1638) de Rembrandt. Nul ne peut contester le bon goÛt des princes Czartoryski.

Nowa Huta

Voir un quartier renaître des cendres du communisme

Nowa Huta n'est qu'à 12 km à l'est de la Vieille Ville, mais le contraste est saisissant : en 20 minutes, c'est de la Pologne médiévale à la Pologne communiste que vous conduit le tramway n°4.
Créée en 1949, cette cité des « Nouvelles Aciéries » était non seulement une usine sidérurgique, mais toute une ville planifiée et conçue selon des principes utopistes. Ses larges avenues et ses jardins laissent encore entrevoir le plan d'ensemble. Quant à l'architecture, c'est un mélange farfelu qui mêle le style Renaissance, considéré comme la « forme nationale » polonaise, le réalisme socialiste, qui avait les faveurs du communisme, et le postmodernisme, ajouté dans les années 1970 et 1980.
Pour l'essentiel, cette expérience socialiste fut un échec. Les sidérurgistes de Nowa Huta étaient d'ailleurs des membres de Solidarnosc, fédération syndicale qui fut l'un des grands artisans de la chute du régime communiste.
Nowa Huta a toujours été un endroit empreint de progressisme. Aujourd'hui encore, le quartier accueille les manifestations théâtrales, cinématographiques et musicales les plus audacieuses de Cracovie, sans se départir du charme étrange de l'urbanisme précapitaliste. C'est ce qui rend l'endroit si intéressant : Nowa Huta semble en équilibre entre passé et futur, mais le présent n'est visible nulle part.

Tyniec

Enfourcher son vélo pour aller saluer les bénédictins

Une piste cyclable longe la rive sud de la Vistule depuis le centre de Cracovie jusqu'à l'abbaye bénédictine de Tyniec, à environ 12 km à l'ouest. Elle fait partie de la route de l'Ambre, un itinéraire de randonnée et de cyclotourisme qui part de Budapest, passe par Cracovie et se termine sur la côte Baltique. Ce chemin offre de superbes vues sur la Vistule, le château du Wawel et la Srebrna Góra (« montagne d'Argent ») avant de bifurquer vers le monastère.
L'ensemble monastique est perché sur un site époustouflant, dominant le fleuve. Les bénédictins y sont installés depuis la fondation du monastère en 1044. Si l'église baroque remonte au XVIIe siècle, son architecture antérieure est encore visible : dans la partie ouest, les fondations d'origine ont été mises au jour et sont protégées par un écran de verre.
La petite abbaye abrite des bénédictins accueillants, heureux d'offrir la messe quotidienne et parfois des concerts dans leur belle église. Des produits de fabrication monastique sont proposés à la vente, notamment du miel, de la confiture et du fromage. Autant de tentations qui ne sont pas des péchés !

Mis à jour le : 1 août 2014

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