Îles grecques et Athènes : Environnement

Nature, géographie et écologie d'Athènes et des îles grecques

Géographie

Où que l’on aille en Grèce, la mer n’est jamais à plus de 100 km. Des montagnes escarpées, une eau turquoise et des îles innombrables dominent le paysage, façonné par les courants marins, les éruptions volcaniques et un sous-sol riche en minéraux. Le continent couvre une superficie de 131 944 km², avec une côte découpée qui s’étend sur 15 020 km. Des montagnes s’élèvent à plus de 2 000 m et dévalent par endroits dans des plaines. Une constellation de 1 400 îles, dont 169 inhabitées, parsème les mers Égée et Ionienne, sur 400 000 km² d’eaux territoriales.
Les férus de géographie ne seront pas déçus. Durant le trias, le jurassique, le crétacé et même des périodes géologiques plus récentes, la Grèce était recouverte d’une mer peu profonde, riche en oxygène. Cette submersion continue des terres a créé de vastes étendues calcaires dans l’ensemble de la masse terrestre sous-marine. Plus tard, alors que la terre émergeait pour former la topographie actuelle, un paysage érodé, composé de roches cristallines et d’autres minerais précieux, commença à apparaître, constituant l’épine dorsale qui s’étire aujourd’hui du nord au sud du continent. Les grottes de calcaire sont caractéristiques de ce paysage karstique, façonné par la dissolution d’une couche soluble de substrat rocheux.
Une forte activité volcanique a régulièrement secoué la Grèce. L’une des éruptions volcaniques les plus violentes au monde eut lieu à Santorin vers 1650 av. J.-C. Aujourd’hui, des séismes continuent à frapper le pays, à moindre échelle mais à une fréquence quasi prévisible. En 1999, un tremblement de terre de magnitude 5,9 près d’Athènes a fait près de 150 victimes et des milliers de sans-abri. Pour mesurer l’importance du passé volcanique de la Grèce, visitez des cratères de Santorin et du volcan Polyvotis sur Nissyros.

Fleurs sauvages

La Grèce possède une flore d’une richesse inégalée en Europe. Les fleurs sauvages sont spectaculaires, avec plus de 6 000 espèces, dont certaines endémiques, et plus de 100 variétés d’orchidées. Cette abondance est due à la médiocrité des sols, généralement trop pauvres pour l’agriculture intensive et de ce fait épargnés par les ravages que causent les engrais chimiques.
Les arbres commencent à fleurir dès la fin du mois de février dans les secteurs les plus chauds, tandis que les fleurs sauvages font leur apparition en mars. Au printemps, les collines se couvrent de fleurs, qui semblent pousser jusque sur les rochers. En été, les fleurs ne subsistent que dans les régions montagneuses du Nord, avant la nouvelle floraison d’automne.
Les herbes aromatiques poussent également à l’état sauvage dans la majeure partie du pays et vous verrez des habitants en cueillir pour parfumer leur cuisine. Généralement bio, elles sont aussi vendues dans les boutiques de souvenirs.

Forêts

Les forêts luxuriantes qui recouvraient jadis la Grèce antique deviennent de plus en plus rares. Décimées par des milliers d’années d’abattage pour l’élevage, la construction des bateaux et des habitations, elles ont plus récemment souffert d’incendies dévastateurs.
Chaque année, des feux de forêt ravagent des milliers d’hectares, souvent dans certaines des régions les plus pittoresques. Durant l’été 2012, plus de 170 incendies ont balayé le pays, détruisant des villages entiers et faisant plus de 50 morts. Chios a été l’une des îles les plus touchées, avec plus de 64 km2 de forêt et de champs détruits, 9 villages évacués et les forêts de lentisques menacées. Quand l’un des incendies a atteint la périphérie d’Athènes, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence et demandé des bombardiers d’eau à l’Espagne et à l’Italie. Au début de l’été 2013, les feux ont de nouveau menacé la capitale et, en 2014, la Grèce a demandé l’aide de l’UE pour les combattre. 
Le nombre croissant des incendies récents est imputable à la hausse des températures méditerranéennes et à la force des vents. Nombre de Grecs estiment que le gouvernement est mal préparé et que ses interventions sont trop lentes. Craignant de ne pas recevoir d’aide, de nombreux habitants refusent de quitter les secteurs évacués et préfèrent tenter de combattre eux-mêmes les flammes.

Faune

Sur la terre 

Dans les secteurs largement habités, vous ne verrez pas d’autres animaux sauvages que le renard, la belette, le lièvre ou le lapin, qui s’enfuiront à votre approche. 
Le chacal doré est sans doute le mammifère le plus incompris du pays. Bien que son régime soit à 50 % végétarien (les 50 % restants étant constitués de charognes, de reptiles et de petits mammifères), il a été accusé à tort des attaques sur le bétail et chassé par les fermiers en tant que mesure préventive. Au bord de l’extinction, il a été déclaré espèce protégée en 1990 et ne survit aujourd’hui que dans la région de Fokida, en Grèce centrale, et sur l’île de Samos.
La Grèce possède une importante population de serpents ; au printemps et en été, vous verrez des reptiles sur les routes et les chemins dans tout le pays. S’ils sont pour la plupart inoffensifs, la vipère et le serpent corail sont venimeux et leur morsure peut être mortelle. Les lézards sont également très bien représentés.
Le centre de réintroduction de la faune et de la flore (www.ekpazp.gr) est la plus ancienne et la plus grande clinique vétérinaire et centre de réhabilitation de la faune du pays et d’Europe du Sud.

Dans les airs

Située sur de nombreuses routes migratoires nord-sud, la Grèce est un paradis pour l’observation des oiseaux. Lesbos (Mytilène) attire régulièrement des ornithologues amateurs qui viennent de toute l’Europe pour repérer quelques-unes des 279 espèces qui font escale sur l’île chaque année. Des cigognes arrivent d’Afrique au début du printemps et reviennent dans le même nid année après année. Les nids sont construits sur des poteaux électriques, des cheminées et des clochers et peuvent peser jusqu’à 50 kg. 
Quelque 350 couples de faucons d’Éléonore (60 % de la population mondiale) nichent sur l’île de Piperi, dans les Sporades, et sur Tilos, qui abrite également le très rare aigle de Bonelli et le timide cormoran huppé.

Sous la mer

Mammifère marin le plus menacé d’Europe, le phoque moine (Monachus monachus) mène une existence extrêmement précaire en Grèce. Entre 200 et 250 phoques-moines, environ 90% de la population mondiale, évoluent dans les mers Égée et Ionienne. De petites colonies vivent également sur l’île d’Alonissos et des phoques moines ont été aperçus sur Tilos. La destruction de leur habitat est le principal responsable de leur nombre décroissant ; ils sont également chassés par les pêcheurs en raison du déclin des ressources halieutiques.
Les eaux qui entourent Zante abritent la dernière grande colonie de tortues marines en Europe ; il s’agit de tortues caouannes (Caretta caretta), une espèce menacée. Des tortues caouannes nichent également en petit nombre à Céphalonie et en Crète. Les tortues de Grèce font face à bien des dangers : filets de pêche, hélices de bateaux, détritus et destruction de leurs plages de nidification par les chaises longues et les parasols. Malheureusement, la période de nidification des tortues correspond à la saison estivale.
Vous aurez peut-être la chance d’apercevoir des dauphins du pont d’un ferry, bien que plusieurs espèces soient aujourd’hui considérées vulnérables, avec des populations atteignant un niveau critique. Le nombre de dauphins communs (Delphinus delphis) est tombé de 150 à moins de 20 au cours de la dernière décennie. Les principales menaces qui pèsent sur ces mammifères marins sont la diminution de leur nourriture et les filets de pêche. 

Écologie

L’intérêt pour l’écologie commence à imprégner la société grecque, conduisant à de lents mais positifs changements. La sensibilisation aux questions environnementales se fait dans les écoles, le recyclage est courant dans les villes, et même dans les villages vous trouverez des restaurants bio et des entreprises soucieuses de l’environnement. Cependant, des problèmes comme la déforestation ou l’érosion remontent à plusieurs millénaires. Si les cultures vivrières et les chèvres ont été les principaux coupables, l’abattage de bois pour le chauffage, la construction navale, l’immobilier et l’industrie sont également en cause.
La construction illégale sur le littoral et dans des secteurs protégés ou boisés s’est accélérée depuis les années 1970. Malgré les tentatives de légiférer et les protestations des habitants et des groupes écologistes, la corruption et le manque d’infrastructures pour faire appliquer les lois signifient que cette mainmise sur le foncier n’est guère menacée. La croissance de la population et l’expansion urbaine compliquent encore la situation. Les constructions ont souvent un effet néfaste sur les ressources d’eau et les animaux menacés. Si quelques édifices ont été détruits, dans la plupart des cas, les bâtiments illégaux ont été légalisés, car ils offrent des logements abordables dont la population a cruellement besoin.
En 2014, plus de 10 000 insulaires, inquiets pour l’environnement et leurs moyens de subsistance, ont manifesté contre un projet de l’OTAN de détruire 700 tonnes d’armes chimiques syriennes au large de la côte sud de la Crète. Des scientifiques ont affirmé que l’eau de mer neutraliserait les substances chimiques en 90 jours. Toutefois, après que l’Albanie, la Thaïlande, la Belgique, l’Allemagne et la Norvège ont refusé la décharge de ces armes dans leurs eaux, les Nations unies ont choisi les eaux internationales entre la Crète et Malte. Les opposants ont argué que l’efficacité de l’hydrolyse était sujette à caution et qu’il était impossible de déterminer l’impact des substances chimiques sur la Méditerranée, potentiellement dévastateur pour les écosystèmes marins et le tourisme. Malheureusement, seul le temps dira s’ils avaient raison.

Mis à jour le : 28 mai 2018

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