Turkestan

À Turkestan, à 165 km au nord-ouest de Chymkent, se dresse le plus beau monument du Kazakhstan et son principal site de pèlerinage, le mausolée du premier grand sage musulman du monde turc, Khodja Ahmad Yasawi. Construit par Tamerlan à la fin du XIVe siècle, ses proportions sont comparables à celles des magnifiques édifices de Samarcande. La ville se visite facilement en une journée depuis Chymkent.
Turkestan était, sous le nom de Yasy, un important centre religieux et commercial lorsque Khodja Ahmad Yasawi vint y vivre au XIIe siècle. La formation d’ascète soufi de Yasawi, né à Saïram vers 1103, se déroula à Boukhara, mais c’est à Turkestan qu’il passa la majeure partie de sa vie et qu’il mourut vers 1166. Fondateur de l’ordre soufi de Yasawia, il communiquait son savoir aux gens ordinaires à travers des poèmes et des sermons dans la langue locale, ce qui lui valut une grande et durable popularité.
La tombe originelle de Yasawi était déjà un lieu de pèlerinage avant que Tamerlan n’y ordonne la construction d’un mausolée bien plus grand dans les années 1390. Tamerlan étant mort avant qu’elle ne soit achevée, la façade principale est restée incomplète et dépourvue des belles faïences qui décorent le reste du bâtiment, avec des morceaux d’échafaudage encore apparent. Du XVIe au XVIIIe siècle, Turkestan était la capitale des khans kazakhs.
En arrivant de Chymkent par la route, descendez du minibus quand vous apercevez le mausolée sur votre gauche en entrant à Turkestan.

A voir, à faire

Mausolée de Yasawi. La chambre principale est surmontée d’une coupole de 18 m d’envergure, au-dessus d’un grand kazan (chaudron) de métal de 2 000 kg pour l’eau bénite, donné par Tamerlan. Autour de cette salle centrale, 34 salles plus petites sont aménagées sur deux étages. Le tombeau de Yasawi est dissimulé derrière la porte en bois richement sculptée, au fond de la chambre principale – on l’aperçoit à travers des grilles depuis des corridors de part et d’autre. Le corridor de droite renferme le tombeau d’Abilaï Khan, chef de la résistance kazakhe face aux Dzoungares au XVIIIe siècle. À l’angle gauche de la salle principale se trouve la mosquée du mausolée, ornée de tapis et d’un mihrab (niche indiquant la Mecque) aux magnifiques mosaïques. Les visiteurs du mausolée ne se déchaussent pas (sauf dans la mosquée), mais les femmes doivent porter un foulard (disponible à l’entrée). Le magnifique carrelage bleu, turquoise et blanc de l’extérieur mérite une inspection approfondie. Remarquez le dôme arrière joliment travaillé, au-dessus de la chambre mortuaire de Yasawi.
Centre historique, culturel et ethnographique. Grand musée flambant neuf sur trois niveaux traitant de l’histoire régionale, des pétroglyphes préhistoriques à l’obligatoire hommage à Nazarbaev, tout en haut. Les objets datant d’avant le XIXe siècle sont rares, et l’essentiel de la collection se compose de peintures, de cartes et de dioramas. Les panneaux ne sont qu’en kazakh mais des visites gratuites en anglais sont proposées.
Musée d’histoire. Proche du mausolée, ce musée concerne principalement Khodja Ahmad Yasawi, le soufisme et l’enseignement de l’islam. On y voit des maquettes du mausolée de Yasawi, du mausolée d’Aristan Bab et de la mosquée semi-souterraine Hilvet. Quelques indications en anglais.
Mausolée de la bégum Rabigha-Sultan. Il s’agit d’une reproduction de l’original du XVe siècle (rasé en 1898). Rabigha-Sultan était l’arrière-petite-fille de Tamerlan. Son mari, Aboul al-Khaïr Khan, chef des Ouzbeks nomades du XVe siècle, apporta les touches finales à la structure de la façade du mausolée de Yasawi.
Mosquée semi-souterraine de Hilvet. Perchée sur une petite colline non loin du mausolée de Yasawi, la mosquée semi-souterraine de Hilvet (XIIe-XVe siècles), comprend la cellule où Khodja Ahmad Yasawi se serait retiré à la fin de sa vie. À côté se dresse la mosquée du Vendredi (Juma meshiti) aux piliers de bois, datant
du XIXe siècle.
 

Mis à jour le : 17 mars 2015