Astana

La nouvelle capitale qui a poussé comme un champignon dans la steppe du Nord constitue déjà le joyau du Kazakhstan du XXIe siècle et doit encore s’étendre pour devenir une agglomération de plus d’un million d’habitants d’ici à 2030. D’année en année, d’impressionnants nouveaux édifices, souvent dessinés par des architectes internationaux de renom, façonnent un paysage urbain mêlant les styles asiatique, occidental, soviétique et futuriste plus ou moins extravagants. Plusieurs d’entre eux sont ouverts aux visiteurs, qui ne manquent pas de s’étonner devant le concept même de la ville.
Lorsque le président Nazarbaev a décidé en 1994 d’en faire la future capitale du pays, Astana était une ville provinciale, connue pour ses hivers rigoureux. Elle a remplacé Almaty en 1997. Le vieux centre au nord de l’Ichim (Esil en kazakh), baptisé “pravy bereg” (rive droite), conserve le gros de l’activité commerciale et des services. Au sud, “levy bereg” (rive gauche), des bâtiments destinés à l’administration et aux affaires sortent de terre, de même que des infrastructures culturelles, sportives et de loisirs, des hôtels, une université et des zones résidentielles tape-à-l’œil. Certains surnomment Astana la “Dubaï des steppes”.
La ville a vu le jour avec la fondation, en 1830, de la forteresse russe d’Akmola (“tombe blanche” en kazakh). Quartier général de la campagne des Terres vierges dans les années 1950, elle fut rebaptisée en 1961 Tselinograd (“ville des Terres vierges”). Après l’effondrement de l’URSS, Akmola retrouva son nom originel. En 1998, elle changea une nouvelle fois de nom pour devenir Astana (“capitale” en kazakh). Afin de justifier son projet, Nazarbaev invoqua une situation plus centrale et moins sujette aux tremblements de terre qu’Almaty, ainsi que de meilleures voies de communications avec la Russie. Il voulait peut-être contrecarrer ainsi les velléités sécessionnistes de la population à majorité russe du nord du pays.
Si certains la trouvent impersonnelle, Astana attire de plus en plus tout ce que le Kazakhstan compte d’ambitieux et de talents. On peut certes mettre en question la pertinence de dépenser autant d’argent pour une architecture de prestige, mais beaucoup de citoyens sont fiers de leur nouvelle capitale.

A voir, à faire

Khan Shatyr (www.khanshatyr.com). Réalisation architecturale la plus exceptionnelle d’Astana (à ce jour), cette structure de 150 m de haut en forme de tente translucide est l’œuvre de l’architecte britannique Norman Foster. Elle a été construite en éthylène tétrafluoroéthylène (ETFE), un matériau absorbant la chaleur, afin de produire des températures estivales même lorsqu’il fait -30°C dehors. Conçue comme un complexe de loisirs et de shopping haut de gamme, elle abrite sur plusieurs niveaux un centre commercial et hall de restauration, ainsi que diverses attractions pour petits et grands. Parmi ces dernières figurent une tour de chute, des montagnes russes aquatiques et un monorail de 500 m de long. Au dernier étage, la vaste piscine, la plage de sable, les palmiers et le toboggan aquatique du Sky Beach Club donnent à ceux qui en ont les moyens l’impression d’être sur un rivage tropical.
Parc du Président. Ce grand parc quelque peu négligé jouxte la rive sud de l’Ichim. À sa lisière sud se trouvent l’Atameken, un parcours de  200 m de long reproduisant la carte du Kazakhstan et ses monuments phares sous forme de maquettes, et le Duman (www.duman.kz), un espace de loisirs qui vaut surtout pour son oceanarium abritant 2 000 créatures marine et un tunnel de 70 m peuplé de requins.
Nurjol bulvar. Sur cette prestigieuse artère du nouveau quartier gouvernemental et monumental du Kazakhstan, d’imposants bâtiments originaux jalonnent 2 km de places et de jardins menant du siège de KazMunayGaz au palais présidentiel. Le bus n°21 s’y rend depuis la gare ferroviaire via Jenis, Abay, Saryarka, Turan et Kabanbay Batyr. Il s’arrête dans Konaev, près du monument Bayterek. En sens inverse, prenez-le dans Konaev en direction de l’ouest.
Monument de Bayterek. Pièce maîtresse du Nurjol bulvar, cette tour au treillage blanc de 97 m de haut terminée par un grand globe de verre symbolise une légende kazakhe selon laquelle Samruk, un oiseau mythique, pondit un œuf d’or contenant les secrets du désir et du bonheur, dans un peuplier, hors de portée des hommes. Un ascenseur monte les visiteurs jusqu’à l’intérieur de l’œuf, où ils pourront méditer sur sa symbolique, profiter de la vue dégagée et placer leur main dans l’empreinte de la paume de Nazarbaev en regardant vers son palais, à l’est. Les Archives nationales, coiffées d’une coupole ovoïde, se dressent juste à l’ouest du monument Bayterek.
Ploshtchad Poyushtchykh Fontanov (place des Fontaines chantantes). Nurjol bulvar débouche à l’est sur cette place, théâtre de jeux d’eau en musique à 21h les soirs d’été. Plus loin, dans la même direction, s’élèvent deux centres d’affaires coniques couleur vert bronze : celui situé au sud contient le siège du Samryk-Kazyna, qui contrôle de nombreuses compagnies clés détenues entièrement ou en partie par l’État. S’incurvant de part et d’autre de ces tours se dressent les deux ailes de la maison des Ministères. En face, derrière de jolis jardins fleuris, on distingue l’Ak Orda, le palais présidentiel, reconnaissable à sa façade blanche à colonnes. Les tours des deux chambres du Parlement, le Sénat et le Majilis, se tiennent derrière le bâtiment ministériel Nord. L’esplanade qui précède l’Ak Orda est flanquée au sud par l’Auditorium national aux carreaux turquoise – œuvre des architectes italiens du studio Nicoletti –, qui évoque les pétales d’une fleur.
Mosquée Nour Astana. Une rue au sud du tronçon ouest de Nurjol, cette mosquée inaugurée en 2005 comporte quatre minaret ainsi qu’une belle salle de prière (réservée aux hommes, les femmes utilisent la galerie supérieure) à plusieurs coupoles, décorée de calligraphies et de motifs géométriques bleus, blancs, rouges et or.
Northern Lights. Ces trois tours d’habitation vert clair aux contours onduleux constituent un élément marquant de la partie ouest du boulevard. En face, les immeubles de bureaux Emerald Towers (tours d’Émeraude) se distinguent par leur sommet évasé comme les pages d’un livre à demi ouvert. Plus à l’ouest, le haut ministère des Transports et des Communications est surnommé le “Briquet” par les habitants facétieux.
Palais de la Paix et de l’Harmonie. Cette splendide pyramide de verre et d’acier a été inaugurée en 2006 pour accueillir le Congrès trisannuel des religions mondiales et traditionnelles. La visite d’une demi-heure (guides anglophones disponibles) permet de découvrir la salle d’opéra de 1 350 places, l’atrium du 2e étage où se déroule le Congrès, et la pointe, avec sa salle de conférences et ses fenêtres ornées de colombes dues à l’artiste britannique Brian Clarke. Riche de symétrie et de symbolique, la pyramide superbement illuminée fait partie des fleurons de la ville. Conçu par Norman Foster pour être le centre symbolique d’Astana, il devrait d’ici à 2030, quand la ville se sera largement agrandie, correspondre également à son centre géographique.
Le palais de l’Indépendance, qui comprend une salle ethnographique intéressante, semblable à celle du centre culturel du Président, et une maquette géante dévoilant le visage d’Astana en 2030. Visites en anglais possibles. Devant le palais, le monument du Kazak Yeli (monument du Pays kazakh) incarne la destinée historique du peuple kazakh du haut de ses 91 m. Un Samruk doré le surmonte, des statues de batyr (chefs de clan) héroïques se dressent derrière et un relief en bronze de 5 m représentant le président Nazarbaev orne sa base. Au nord se détache le Shabyt, l’université des Beaux-Arts en forme de cratère bleu. Au-delà, la mosquée Hazret Sultan (Tauelsizdik), inaugurée en 2012, possède le plus grand dôme du pays.
Musée d’Histoire du Kazakhstan. Prévu pour ouvrir en 2014, ce musée, qui couvre une période allant de l’Antiquité à nos jours, promet d’être l’un des plus beaux du Kazakhstan. Il occupe un bâtiment en marbre blanc et verre bleu comportant 14 000 m2 de salles d’exposition.

Les environs d'Astana

À l’époque stalinienne, le camp ALJIR (acronyme du russe “Akmolinski Laguer Jion Izmenikov Rodiny”) destiné aux femmes et enfants des “traîtres à la patrie” internés ailleurs, se trouvait à Malinovka (Akmol), à 35 km à l’ouest d’Astana. Le musée-mémorial de l’ALJIR (http://alzhir-eng.ucoz.ru) illustre de façon poignante les horreurs du camp. On peut y voir notamment un wagon de transport, une réplique d’un poste de garde, des photos et objets personnels de prisonniers, ainsi que des explications en anglais sur le système du goulag au Kazakhstan.
Une centaine de kilomètres plus à l’ouest, après Malinovka, se déploie la réserve naturelle de Korgaljyn, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Comptant plus de 200 lacs de steppe dans son périmètre et aux environs, celle-ci se situe au carrefour d’importantes routes migratoires de la faune aviaire venant d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Inde pour se reproduire l’été en Sibérie. De juin à septembre, les eaux salées du lac Tenguiz accueillent la colonie de flamants roses la plus septentrionale au monde, forte de plusieurs milliers d’individus. Environ 4 000 des 10 000 vanneaux sociables de la planète, une espèce très menacée, passent également l’été dans le secteur. Les amoureux des oiseaux affluent ici en mai et juin, période de la migration vers nord.
L’intéressant centre d’accueil des visiteurs, dans la bourgade de Korgaljyn voisine, présente une exposition sur les oiseaux et l’environnement de la région. Il abrite en outre le bureau de la réserve. La ville possède plusieurs logements chez l’habitant, dont les propriétaires organisent des excursions dans la réserve et autour de lacs plus proches où les volatiles abondent.

 

Mis à jour le : 17 mars 2015
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