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Almaty

Almaty, qui a pour toile de fond les sommets enneigés du Zailiysky Alataou (Alataou transilien), a toujours été l’une des plus plus intéressantes créations russes en Asie centrale. Aujourd’hui, ses nouveaux riches, qui habitent des appartements onéreux dans la banlieue résidentielle et conduisent de puissants 4x4, bénéficient de centres commerciaux luxueux, de cafés à l’occidentale, de restaurants chics, de discothèques et de nouvelles stations de ski pour profiter pleinement de leurs loisirs. Personne ne semble s’émouvoir qu’Astana ait remplacé Almaty en qualité de capitale du Kazakhstan. Moins chanceux, les habitants des lointaines banlieues et des zones rurales alentour s’entassent dans des bus bondés et des marshroutki brinquebalantes près du Marché vert (Zelyony Bazar) ou de la gare routière Sayakhat.
La ville est le principal nœud des voies de communication au Kazakhstan, et beaucoup de voyageurs se contentent d’y passer. Il s’agit pourtant d’une cité assez sophistiquée : elle compte de nombreux parcs, d’excellents musées, magasins et marchés, sans compter qu’elle offre l’un des meilleurs choix d’Asie centrale en matière de gastronomie et de vie nocturne. En outre, on peut pratiquer la randonnée et le ski dans les superbes montagnes qui se dressent à ses portes.
Le centre-ville va approximativement du Marché vert au nord à Respublika alany au sud. Le nouveau quartier des affaires se développe au sud du centre, le long d’axes comme Al-Farabi. Souvenez-vous que les montagnes se trouvent au sud.

Histoire

En 1854, les Russes érigèrent un poste-frontière du nom de Vernyi sur le site d’Almatu, une ancienne oasis de la route de la Soie dévastée par les Mongols longtemps auparavant. Des cosaques et des paysans sibériens s’installèrent tout autour, mais la ville faillit être rasée par les séismes de 1887 et de 1911. En 1927, elle devint la capitale du Kazakhstan soviétique sous le nom d’Alma-Ata (Père des Pommes). Son essor débute en 1930 avec l’ouverture de la voie ferrée Turkestan-Sibérie (Turksib), pour se prolonger pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle accueille les usines de l’URSS occidentale menacées par les nazis, ainsi que les nombreux Slaves venus y travailler. Des contingents de Coréens, déportés de l’Extrême-Orient russe, s’y implanteront aussi.
Dans les années 1970 et 1980, le dirigeant kazakh Dinmoukhamed Kounaev, seul membre centrasiatique du Politburo soviétique, obtint de Moscou d’importantes sommes d’argent afin de transformer Alma-Ata en capitale digne d’une république soviétique. C’est ce qui explique le nombre d’imposants bâtiments soviétiques, comme les bains Arasan, l’Hotel Kazakhstan (Dostyk 52) et l’Académie des sciences (Chevtchenko).
En 1991, c’est à Alma-Ata que se tint la conférence qui entérina la fin de l’URSS et vit les cinq républiques d’Asie centrale rejoindre la Communauté des États indépendants. Peu après, la ville pris le nom d’Almaty, proche du celui de l’oasis située sur la route de la Soie.
Bien qu’Astana soit devenue la capitale en 1998, Almaty n’en reste pas moins le centre économique, social et culturel du pays. Et les tours de bureaux, les immeubles d’habitation et les centres commerciaux continuent de pousser, notamment au sud de la ville.

A voir, à faire

Musée national central. Le meilleur musée de la ville, à 300 m de Respublika Alangy en montant Furmatov, vous transporte à travers l’histoire du Kazakhstan, des tumulus funéraires de l’âge du bronze aux télécommunications et au transfert de la capitale à Astana, par l’intermédiaire d’une riche collection d’objets. Une grande réplique de l’Homme d’or se tient dans le hall d’entrée. Dommage que les panneaux en langues étrangères se limitent à “Don’t touch, please!”. On s’y rend avec les bus n°2, 63, 73 ou 86, qui remontent Furmanov.
Kok-Tobe. Cette colline de 1 100 m qui s’élève à la lisière sud-est de la ville est couronnée par une tour de télécommunications haute de 372 m, visible à des kilomètres à la ronde, et offre une vue panoramique sur la ville et les montagnes ainsi que diverses attractions. Un téléphérique, près du palais de la République, met six minutes pour effectuer l’ascension en douceur. Au sommet, on découvre des cafés, des restaurants, des boutiques d’artisanat, des montagnes russes, un mini-zoo, une aire de jeux pour les enfants et… une statue en bronze grandeur nature à l’effigie des Beatles, placée là à l’initiative du fan club local en 2007.
Parc Panfilov. Ce vaste espace vert est l’un des lieux de rencontre et de promenade préférés des citadins de tous âges. En son centre se dresse la cathédrale Zenkov, aux couleurs acidulées, l’un des rares bâtiments tsaristes subsistant à Almaty. Dessiné par A. P. Zenkov en 1904, l’édifice est construit entièrement en bois, sans aucun clou. Ayant servi de musée et de salle de concerts pendant la période soviétique, la cathédrale fut restituée à l’Église orthodoxe russe en 1995, qui l’a restaurée depuis.
Musée des Instruments de musique kazakhs. Dans un étonnant bâtiment de bois de 1908 (signé Zenkov, l’architecte de la cathédrale) à l’est du parc Panfilov, le musée le plus original de la ville a rouvert mi-2013 après rénovation totale. On peut voir et entendre sa belle collection d’instruments kazakhs – harpes et cors de bois, cornemuses, dombra (luth à deux cordes) et kobyz (genre de viole) –, et même s’initier à la pratique de certains d’entre eux.
Musée des Beaux-Arts du Kazakhstan. La plus belle collection d’art du pays, regroupe des œuvres kazakhes, russes et quelques-unes en provenance d’Europe occidentale. L’espace consacré à l’artisanat kazakh moderne de grande qualité comporte de nombreuses explications en anglais. La salle dédiée au mouvement russe Mir Iskousstva et le vaste ensemble de peintures d’Abylkhan Kasteev (1904-1973) retiennent particulièrement l’attention. Avec ses portraits, ses paysages et ses scènes illustrant le progrès agricole et industriel de l’URSS, ce dernier suivait indubitablement la ligne du parti, mais sa technique n’en est pas moins remarquable.
Marché vert. Un parfum authentique d’Asie centrale flotte sur ce vaste marché à deux niveaux, qui mérite une visite même sans avoir de courses à faire. Les étals débordent de denrées : fruits frais ou secs, légumes, poissons fumés, salades coréennes, fromages, saucisses, énormes pièces de viande et herbes médicinales. Vous y trouverez aussi du koumis (lait de jument fermenté), du shubat (lait de chamelle fermenté) et du jus de grenade frais – et les cafés de la place servent des bols de laghman (longues nouilles épaisses) ou du plov (riz frit aux légumes et parfois à la viande) avec du thé et du pain.
Respublika Alangy. Les matins clairs, cette vaste place de cérémonie datant de l’ère soviétique offre un magnifique panorama sur les montagnes enneigées. En son centre se dresse le monument de l’Indépendance. Surmontée d’une réplique de l’Homme d’or debout sur deux léopards des neiges ailés, cette haute colonne de pierre comporte à sa base la statue d’une famille kazakhe. Derrière, des bas-reliefs en bronze semi-circulaires illustrent des scènes de l’histoire du Kazakhstan, des Scythes sur la gauche au président Nazarbaev sur la droite.Dans la partie sud de la place se dresse le Maslikhat (hôtel de ville) de style néoclassique. Au sud-est de celui-ci, la grande résidence présidentielle  fait face au Musée national central. En haut de Jeltoksan, le saisissant monument de l’Aube de la liberté rend hommage à ceux qui furent tués ou blessés sur la place le 17 décembre 1986, durant les “manifestations de Jeltoksan (décembre)”, premier soulèvement déclenché en Asie centrale par la glasnost de Gorbatchev.
Mosquée centrale. Mosquée centrale de marbre blanc, érigée en 1999, pourvue de plusieurs tours et d’une coupole dorée. C’est l’une des plus grandes du pays. Sa vaste salle de prières principale, finement décorée, peut accueillir 3 000 fidèles. Elle se visite tous les jours sauf le vendredi. Les femmes doivent se couvrir les cheveux, les bras et les jambes.
Bains Arasan. Ces bains publics de style soviétique moderniste construits dans les années 1980, comptent parmi les plus attrayants d’Asie centrale. C’est une expérience agréable et relaxante à tenter entre amis. Vous avez le choix entre des bains russes, finlandais ou orientaux, tous non mixtes. Des salles privées de 4 à 6 personnes sont disponibles. Savon, serviettes, tongs et veniki (bouquets de feuilles de bouleau avec lesquels on se flagelle pour activer la circulation) sont vendus à l’entrée. Toutes sortes de massages sont proposées.

 

Mis à jour le : 17 mars 2015