Panama : Environnement

Géographie, faune et flore panaméenne

Le Panamá est un pays de petite taille, à peine plus grand que l’Irlande, mais il comprend une densité végétale incroyable : on y compte 21 fois plus d’espèces de plantes que le Brésil au kilomètre carré. Ses vastes forêts tropicales, ses centaines d’îles préservées et son extraordinaire biodiversité attirent de plus en plus de visiteurs qui, en l’espace d’une semaine, peuvent randonner à travers des forêts de nuages d’altitude, explorer des forêts luxuriantes et se baigner dans les eaux des Caraïbes et du Pacifique.
 

Géographie

Isthme bordant le Costa Rica à l’ouest et la Colombie à l’est, le Panamá est à la fois le pays le plus étroit et le plus méridional d’Amérique centrale. D’une superficie totale de 78 056 km2, il possède 1 160 km de côte caribéenne au nord, et 1 690 km de côte pacifique au sud.
Au point le plus resserré du pays, à peine 50 km séparent les deux grands océans. Le canal de Panamá, long d’environ 80 km, divise le pays en régions occidentales et orientales, parcourues par deux chaînes de montagnes. Le Volcán Barú est à la fois le seul volcan du pays et son point culminant.
Comme les autres pays d’Amérique centrale, le Panamá est composé notamment de vastes plaines côtières aux immenses plantations de bananes. Il compte quelque 480 rivières et 1 518 îles près de ses côtes. Les deux principaux groupes d’îles sont les archipels de San Blás et de Bocas del Toro du côté caraïbe, mais la plupart des îles se trouvent du côté pacifique. Même le canal de Panamá comprend des îles, dont l’Isla Barro Colorado, où est installée une station de recherche sur les forêts tropicales humides de renommée mondiale.
 

Faune

Si le Panamá est encore peu visité, sa faune remarquable attire de plus en plus de voyageurs. Ses forêts tropicales humides sont peuplées d’innombrables animaux – agoutis et jaguars, entre autres. Dans la mer, les récifs coralliens abritent de nombreux poissons tropicaux, tandis que requins-marteaux et raies mantas règnent sur les eaux profondes. Par ailleurs, le pays compte près d’un millier d’espèces aviaires, ce qui en fait l’une des meilleures destinations pour l’observation ornithologique.
La riche biodiversité du pays doit beaucoup à son histoire géologique. Il y a environ 65 millions d’années, les Amériques du Nord et du Sud étaient reliées par un pont terrestre semblable à celui qui existe aujourd’hui. Quinze millions d’années plus tard, les deux souscontinents se séparèrent, et restèrent coupés l’un de l’autre durant des millions d’années.
Au cours de cette période, l’Amérique du Sud assista à la naissance de nombreuses familles d’oiseaux (toucans et colibris notamment), à des rongeurs néotropicaux (agoutis et capybaras), et à des groupes tels que dendrobates, iguanes et serpents. Durant la même période, l’Amérique du Nord, qui entra en collision à plusieurs reprises avec l’Eurasie, vit naître des espèces sans parenté avec celles d’Amérique du Sud (chevaux, cerfs, ratons laveurs, écureuils et souris). L’événement capital qui allait changer l’histoire naturelle de ces deux régions du monde se produisit il y a environ trois millions d’années, lorsque le pont terrestre du Panamá se forma et que les espèces des deux continents se mélangèrent. Le long de l’isthme, la grande variété d’espèces végétales des forêts luxuriantes et des zones humides contribua à créer un habitat idéal pour la faune. Aujourd’hui, les échanges d’espèces entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud se limitent aux migrations d’oiseaux, événement annuel impressionnant. 

Mammifères terrestres et marins

Capucins à face blanche, singes-écureuils, singes-araignées et singes hurleurs font partie des nombreuses espèces de primates du Panamá. Certaines n’existent nulle part ailleurs en Amérique centrale. C’est le cas du tamarin de Geoffroy. Ces tout petits singes – beaucoup pèsent moins de 600 g – vivent dans les forêts des basses terres, au sein de groupes pouvant compter jusqu’à 40 individus. Ils se distinguent par leur sifflement, leur fourrure tachetée de noir et de brun, et leur poitrine blanche. On peut en voir notamment dans le Parque Natural Metropolitano, le Monumento Nacional Isla Barro Colorado et le Darién.
De grands félins – jaguars, pumas, ocelots, jaguarondis, margays – rôdent dans la jungle panaméenne. Leurs empreintes sont facilement visibles, mais il faut beaucoup de chance pour en apercevoir. Le jaguar, le plus grand félin d’Amérique, a besoin de grandes étendues de terre pour survivre. Ce sont d’excellents nageurs et grimpeurs, et on les voit parfois se reposer sur les rives ensoleillées. Faute d’espace suffisant, les grands félins épuisent progressivement leur réserve de nourriture (85 espèces chassées) et périssent.
Les récifs au large des deux côtes abritent de nombreux poissons tropicaux, et dans les parcs nationaux marins, les visiteurs peuvent apercevoir baleines à bosse, requins de récif, grands dauphins, orques et cachalots. Requins-marteaux, requins-baleines, requins à pointes noires et à pointes blanches, et parfois requins-tigres, fréquentent également ces zones.
La tortue marine est l’un des plus grands attraits du littoral panaméen. Sur les sept espèces de la planète, cinq peuvent être observées au Panamá à différents moments de l’année. Les tortues marines, dont les ancêtres sont terrestres, gagnent le rivage pour nicher : c’est l’étape la plus importante pour leur survie. Assister à l’éclosion de leurs œufs demande un peu de chance et beaucoup de patience, mais c’est une expérience sans pareil.
Lors des rares arribadas (arrivées), des milliers de tortues marines femelles envahissent la plage pour pondre. Sur l’Isla de Cañas par exemple, 40 000 à 50 000 tortues olivâtres viennent occasionnellement nicher en même temps. Cela arrive surtout à la saison des pluies (généralement de septembre à octobre), durant le premier et le dernier quart de lune.

Oiseaux

Le Panamá est considéré comme l’une des meilleures destinations de la planète pour l’observation des oiseaux. Quetzals, aras, amazones, perroquets et toucans y comptent des populations importantes, de même qu’on y trouve de nombreuses espèces de tangaras et de rapaces. Tout près de la ville de Panamá, des centaines d’espèces peuvent être observées le long des 17 km du célèbre Camino del Oleoducto (connu sous le nom de Pipeline Road), dans le Parque Nacional Soberanía.
L’un des oiseaux les plus recherchés est la harpie féroce, l’oiseau national du Panamá. D’une envergure de 2 m et d’un poids pouvant atteindre 12 kg, ce rapace impressionnant est l’un des oiseaux de proie les plus puissants du monde. Il est reconnaissable à sa large bande de poitrine noire au-dessus d’un ventre blanc, à ses yeux jaunes perçants et à sa crête royale proéminente. Ses serres peuvent emporter singes hurleurs et capucins. La harpie chasse aussi paresseux, coatis, fourmiliers... et à peu près tout ce qui bouge. On a le plus de chances d’en apercevoir dans le Parque Nacional Darién, autour de la Reserva Natural Punta Patiño.
L’insaisissable quetzal resplendissant, vert émeraude, est présent à travers toute l’Amérique centrale, mais le Panamá est l’un des meilleurs pays pour le voir. Le mâle a des plumes de couverture (traînes) allongées, et une poitrine et un ventre écarlates. La femelle a un plumage moins coloré. Le Parque Nacional Volcán Barú et le Parque Internacional La Amistad sont des sites d’observation de choix. On a plus de chances d’en voir pendant la saison de reproduction, de mars à juin, lorsque les mâles développent leurs traînes spectaculaires et se mettent à chercher des partenaires.
La position géographique du Panamá en fait également un carrefour pour les oiseaux migrateurs. Sur les 950 espèces d’oiseaux que compte le pays, 122 migrent sur de longues distances (et ne se reproduisent pas au Panamá). D’août à décembre, les rapaces d’Amérique du Nord gagnent par millions l’Amérique centrale ; ils sont parfois si nombreux qu’ils forment une traînée noire dans le ciel. La tour dans la canopée du Parque Nacional Soberanía offre un excellent point de vue sur cette migration.
À Bocas del Toro, essayez de repérer les nuées de faucons, particulièrement nombreux à migrer en octobre. Les vautours auras (ou urubus à tête rouge) qui survolent les îles au début du mois de mars, puis de nouveau en octobre, offre un autre spectacle saisissant. Ces gros oiseaux au corps noir et au cou rouge peuvent planer très longtemps sans un seul battement d’ailes durant leur migration entre le sud du Canada et la Terre de Feu.

Espèces menacées

On dénombre 388 espèces menacées au Panamá. Sur la “liste rouge” figurent le jaguar, l’ours à lunettes, le tapir de Baird, le crocodile américain, les cinq espèces de tortues marines qui nichent sur les plages panaméennes, et des dizaines d’oiseaux, dont plusieurs espèces d’aigles ainsi que les aras rouge et militaire.
Peu appliquées, les lois visant à enrayer la chasse illégale sont largement ignorées. On voit fréquemment des perroquets, des toucans ou des aras gardés en cage, même dans les lieux publics, alors qu’il s’agit d’un délit passible d’une amende. Si vous voyez des animaux en cage dans un hôtel par exemple, exprimez votre mécontentement auprès du gérant et signalez l’infraction à l’APPC (www.appcpanama.org), organisme de préservation à but non lucratif qui se consacre au sauvetage d’animaux sauvages.
 

Végétation

La forêt tropicale humide est la végétation dominante dans la Zone du canal, le long de la côte caribéenne, et dans la majeure partie de la moitié orientale du pays. Le Parque Nacional Darién recouvre une partie importante de la plus grande forêt tropicale humide du Panamá. Le pays possède aussi des forêts tropicales sèches et des prairies sur la côte pacifique, des forêts de nuages dans les hautes terres, une végétation de haute montagne sur les plus hauts sommets, et des mangroves sur les deux côtes et autour de nombreuses îles. Il compte plus de 10 000 espèces de plantes, dont environ 1 200 espèces d’orchidées, 675 espèces de fougères et 1 500 espèces d’arbres. 
 

Parcs nationaux

Le Panamá compte aujourd’hui une quarantaine de parcs nationaux et de zones officiellement protégées. Les communautés indigènes et les mestizos (métis hispano-amérindiens) qui y vivent aident dans certains cas à protéger et à entretenir ces sites. Le Ministerio de Ambiente (ministère de l’Environnement ; www.miambiente.gob.pa), dont le siège est à Panamá, gère les parcs du pays. Le pays a récemment décidé de rendre l’accès aux parcs nationaux gratuit, à l’exception du Parque Nacional Coiba. Les visiteurs doivent néanmoins toujours s’enregistrer à l’entrée. On peut généralement obtenir un permis de camping ou de séjour directement au poste des gardes forestiers, ou dans un bureau régional du ministère. À Panamá, le Parque Natural Metropolitano (265 ha) protège de vastes étendues de forêt tropicale semi-décidue.
Non loin de la capitale, le Parque Nacional Soberanía est un paradis pour les ornithologues, qui peuvent y observer des centaines d’espèces en une seule journée. La forêt tropicale est tout aussi luxuriante dans la réserve biologique voisine du Monumento Natural Isla Barro Colorado, où les scientifiques étudient la riche biodiversité de la région. Le fort historique Fuerte San Lorenzo se trouve aussi à proximité de Panamá. Son aire protégée renferme plusieurs écosystèmes comme des mangroves, des marais et des forêts humides.
La province de Coclé comprend le charmant Parque Nacional Omar Torrijos. Difficile d’accès (il faut un bon 4x4 ou au moins une heure de marche pour atteindre son entrée), il reste en grande partie ignoré des visiteurs. Il offre pourtant la possibilité d’observer différents oiseaux et d’admirer à la fois les océans Atlantique et Pacifique.
À Azuero, le Refugio de Vida Silvestre Cenegón del Mangle, mangrove et réserve naturelle, est un lieu de nidification pour les hérons et d’autres oiseaux. Les eaux de ses bassins auraient par ailleurs des propriétés thérapeutiques.
Dépourvue de parc national, la province de Los Santos possède cependant une attrayante réserve naturelle, et une zone protégée fréquentée par les tortues marines nicheuses. Au Refugio de Vida Silvestre Isla Iguana, près de Pedasí, on peut pratiquer le snorkeling et, parfois, apercevoir des baleines à bosse. Non loin de là, l’Isla de Cañas est un site de nidification important pour les tortues olivâtres.
À Veraguas, le Parque Nacional Coiba compte parmi les plus grands parcs marins de la planète. Il entoure la plus grande île du Panamá, l’Isla de Coiba (493 km2), considérée par les scientifiques comme un haut lieu de la biodiversité. Également à Veraguas, le Parque Nacional Cerro Hoya (32 577 ha) protège certaines des dernières zones de forêt tropicale sèche de la Península de Azuero. Le Parque Nacional Santa Fé, autour de Santa Fé, est le parc national le plus récent.
Au Chiriquí, le Parque Nacional Marino Golfo de Chiriquí, impressionnant parc marin de 14 740 ha aux 25 îles et aux nombreux récifs coralliens, foisonne de vie aquatique. Dans les hautes terres, le Parque Nacional Volcán Barú est une destination de choix pour les randonneurs et les ornithologues. Il doit son nom au Volcán Barú (3 474 m), seul volcan – et point culminant – du Panamá. Le Chiriquí partage par ailleurs le Parque Internacional La Amistad avec le Costa Rica. Ce parc en grande partie inexploré offre d’excellents itinéraires de randonnée d’une journée, et des guides autochtones y mènent des excursions de plusieurs jours.
Le Parque Nacional Marino Isla Bastimentos protège diverses zones de l’Archipiélago de Bocas del Toro et constitue une réserve naturelle importante pour de nombreuses espèces des Caraïbes. Les tortues nichent sur ses plages, et sa vie marine abondante en fait un excellent site de snorkeling et de plongée. Sur le continent, Wekso, l’autre partie panaméenne du Parque Internacional La Amistad, abrite plusieurs
 

 

Mis à jour le : 12 septembre 2019

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