Panama : Culture

Coutumes et cultures panaméennes

Langue

Bien que l'espagnol soit la langue officielle, l'influence des États-Unis et la nature internationale du canal placent l'anglais tout de suite derrière. Les émigrés issus du continent indien parlent un anglais teinté d'accent caribéen tandis que les Amérindiens ont conservé leurs idiomes.
 

Quelques expressions utiles :

  • Salut : Holà !

  • Au-revoir : Adios !

  • S'il vous plaît : Por favor

  • Merci : Gracias

  • De rien : De nada

  • Je (ne) comprends (pas) : (No) entiendo

  • Je voudrais un billet aller-retour : Quisiera un billete de ida y vuelta

  • Je veux aller à... : Quiero ir a...

  • Je cherche... : Estoy buscando...

  • Mon hôtel : mi hotel

  • Le château : el castillo

  • La cathédrale : la catedral

  • L'église : la iglesia

  • La place principale : la plaza mayor

  • Je voudrais le menu du jour : Quisiera el menu del dia

 

​Modes de vie

Les quartiers riches de la ville de Panamá s’enorgueillissent de leurs gratte-ciel et de leurs restaurants chics, mais 23% de la population du pays vit toujours dans la pauvreté. Ce triste constat représente malgré tout une amélioration car, il y a dix ans, un tiers de la population vivait sous le seuil de pauvreté. Le Panamá progresse, mais peut-être pas assez vite pour ses habitants. Les autochtones représentent une part croissante des pauvres, tandis que l’exode rural a permis aux autres populations d’accéder à de meilleurs revenus. Aujourd’hui, près de 67% de la population vit en ville. Les personnes les plus touchées par la pauvreté se trouvent souvent dans les provinces les moins peuplées : Darién, Bocas del Toro, Veraguas, Los Santos et Colón. 

Les Emberá et les Wounaan, dans le Darién, perpétuent leurs modes de vie traditionnels depuis des siècles. Les villages se composent de 30 à 40 bohíos (habitations ouvertes sur pilotis, avec un toit de chaume), et l’on y survit grâce à l’agriculture, la chasse, la pêche et l’élevage de subsistance. Les conditions peuvent être très rudes dans ces villages frontaliers : l’espérance de vie est inférieure de 10 ans à la moyenne nationale et peu sont ceux qui ont accès à l’eau potable et aux installations sanitaires de base. 

Aujourd’hui, un employé de bureau rémunéré au salaire minimum gagne en moyenne 2,85 $US de l’heure. Quant aux campesinos (paysans), leur vie est dure. Les revenus d’un agriculteur de subsistance installé dans les terres sont nettement inférieurs au salaire moyen national, qui s’élève à 14 900 $US par an. Les habitations rurales ne sont parfois qu’un simple bâtiment de parpaings qui se résume à quatre murs et un toit, parfois un porche. Les familles ont peu de biens et tout le monde travaille au champ ou à la maison. 

Les classes moyenne et supérieure vivent principalement aux alentours de la ville de Panamá et jouissent d’un niveau de confort similaire à celui de leurs homologues européens et nord-américains : confortables appartements ou maisons, domestique à domicile (une constante culturelle latino-américaine qui n’est pas réservée aux seules familles aisées), une ou deux voitures, téléphone portable et, pour les plus riches, maison secondaire à la plage ou à la montagne. Ils passent souvent leurs vacances en Europe ou aux États-Unis. La plupart des adultes appartenant à la classe moyenne parlent un peu anglais et leurs enfants vont souvent à l’école anglophone. 
 

Population

Une bonne partie des Panaméens (65%) sont des mestizos, généralement des descendants mixtes d’autochtones et d’Espagnols. En réalité, on classe souvent dans cette même catégorie un bon nombre d’immigrants ou de descendants d’immigrants qui n’ont rien à voir avec eux, dont par exemple la communauté chinoise, plutôt bien représentée – certains estiment que 10% de la population panaméenne a des ancêtres chinois. Le pays compte plusieurs autres groupes importants : environ 9% de la population est de descendance africaine, 7% de descendance européenne, 7% de descendance mixte africaine et espagnole, et 12% sont des autochtones. Les ancêtres des Panaméens noirs sont généralement des antillais anglophones, de Jamaïque et de Trinidad par exemple, initialement envoyés au Panamá comme ouvriers.

Communautés autochtones

À l’arrivée des Espagnols, des dizaines de peuples autochtones habitaient au Panamá. Aujourd’hui, il n’en reste plus que sept. La culture indigène est bien plus vivante et présente que dans les pays voisins, mais une part démesurément grande des autochtones vit dans la pauvreté. Dans les comarcas (régions autonomes), le taux d’analphabètes varie de 10% à 30%. L’accès aux soins de santé et à l’éducation est un problème de taille. Les Bokotá, dans la province de Bocas del Toro, et les Bribrí, qui se trouvent au Costa Rica et le long de la réserve Talamanca au Panamá, sont des peuples autochtones à la population assez réduite. Ils parlent leur propre langue et préservent leur culture, mais leur influence politique est moins importante que les groupes qui comptent plus d’individus.

Les Ngöbe-Buglé
Les Ngöbe-Buglé (prononcer nobé-bouglé) représentent le plus grand groupe du Panamá : il compte quelque 156 000 personnes et vit dans une comarca qui s’étend sur les provinces du Chiriquí, de Veraguas et de Bocas del Toro. Comme les Guna, ce peuple jouit d’une grande autonomie politique et il a réussi à gérer ses terres et à protéger son identité culturelle. Contrairement aux Emberá et aux Wounaan, les Ngöbe-Buglé qui vivent dans les montagnes ont grandement résisté aux interventions culturelles, en grande partie parce que leurs villages sont dispersés sur d’immenses étendues de terres non exploitées. Ces dernières années, de plus en plus de jeunes de la communauté sont partis travailler dans les villes et les missionnaires progressent peu à peu dans leur tentative de convertir les peuples autochtones au christianisme. Outre la question religieuse, le mode de vie des NgöbeBuglé est resté le même, basé presque exclusivement sur l’agriculture de subsistance.

Les Guna
Peut-être le groupe le plus connu par les Occidentaux, en raison de leurs vêtements colorés caractéristiques, les Guna habitent dans l’archipel de San Blás et gouvernent leurs terres qui constituent une comarca. Considérés comme le peuple autochtone le plus autonome d’Amérique latine, les Guna défendent farouchement leur indépendance et imposent régulièrement de nouvelles lois visant à protéger leurs terres de l’invasion culturelle extérieure. Au cours des dernières années, ils ont ainsi interdit aux étrangers d’acquérir des propriétés dans la comarca, imposé des restrictions relatives au tourisme aux San Blás et instauré des tarifs pour les visites, les photos et les vidéos de la région. La ténacité des Guna a porté ses fruits : les visiteurs des îles de l’archipel vivent une expérience marquante, témoins de la vitalité de cette culture unique. En 2011, le gouvernement panaméen a accepté la demande de cette communauté, qui voulait changer l’orthographe de son nom, passant de Kuna à Guna. Kuna Yala a aussi été modifié en Guna Yala, car le son “k” n’existe pas dans la langue guna.

Les Emberá et les Wounaan
Les Emberá et les Wounaan vivent dans la forêt tropicale de la province à l’est du Panamá et dans le Darién. Les deux peuples se distinguent davantage sur le plan linguistique que culturel. Historiquement, ils ont réussi à survivre aux lisières des forêts grâce à la chasse, la pêche, l’agriculture de subsistance et l’élevage de bétail, et en dépit de la déforestation rapide qui a réduit l’étendue de leurs terres traditionnelles. Aujourd’hui, la plupart des Emberá et des Wounaan vivent en bordure du Darién, en marge de la destruction causée par les bûcherons, les agriculteurs et les éleveurs. Le trafic de stupéfiants arrivant de Colombie dans la région a encore plus compromis leur situation. De plus en plus de villages se tournent vers le tourisme pour survivre, surtout dans la Zone du canal, où il n’est plus possible de suivre le mode de vie traditionnel. Certains Embará sont des réfugiés qui ont fui la Colombie par milliers lorsque de violents combats ont éclaté, début 2004, dans la région du Chocó.

Les Naso
Les Naso (Teribe) vivent sur la partie continentale de Bocas del Toro, essentiellement du côté panaméen du Parque Internacional La Amistad (parc binational partagé avec le Costa Rica). Contrairement aux autres peuples autochtones, les Naso n’ont pas leur propre comarca, ce qui a entraîné la destruction rapide de leur souveraineté culturelle au cours des dernières années. Autre coup dur : l’incroyable potentiel touristique du parc international n’a pas encouragé le gouvernement à leur venir en aide. Aujourd’hui, les villages traditionnels se volatilisent dans toute la région et il ne reste que quelques centaines de Naso. Ils s’efforcent néanmoins de veiller à la survie de leur culture : quelques villages se sont associés pour créer un centre écologique proche de l’entrée du parc (Wekso) afin d’attirer plus de visiteurs dans la région et d’employer plus de guides touristiques nasos.
 

Multiculturalisme

Le Panamá bénéficie d’un riche mélange de cultures, entre les immigrants du monde entier et les différents peuples autochtones. Peu après l’arrivée des Espagnols, des esclaves furent envoyés d’Afrique pour travailler dans les mines panaméennes et effectuer les travaux subalternes dans la colonie. Les esclaves qui réussirent à s’échapper créèrent des communautés de cimarrones (esclaves noirs fugitifs) dans la forêt du Darién, où vivent encore leurs descendants. Les vagues d’immigration ultérieures ont coïncidé avec la construction de la ligne de chemin de fer, en 1850, et du canal de Panamá – la France participa aux travaux à la fin des années 1800 et les États-Unis les achevèrent au début des années 1990. Pendant cette période, des milliers de travailleurs ont été envoyés des Antilles, surtout de Jamaïque et de Trinidad.
Des ouvriers sont aussi venus des Indes orientales et de Chine pour travailler – et trop souvent, mourir – sur ces énormes chantiers. La plupart des Chinois se sont installés dans la capitale qui compte aujourd’hui deux quartiers chinois (l’un proche du Casco Viejo et l’autre dans El Dorado). Deux journaux chinois sont publiés chaque jour et Panamá a une école privée chinoise. Les Panaméens d’origine chinoise sont appelés les Once.
Les enfants métis – et les mariages mixtes – sont de plus en plus communs. Dans la communauté indienne par exemple, les Hindous déplorent que les jeunes hommes ne retournent plus en Inde pour trouver une épouse, pratique courante autrefois. Ce mélange des communautés se retrouve dans tout le pays, même si les autochtones et les Blancs – situés aux deux extrémités de l’échelle économique – ont moins tendance à se marier avec des personnes qui n’appartiennent pas à leur groupe ethnique.
Si la société panaméenne est bien plus tolérante que nombre d’autres pays d’Amérique latine, une certaine méfiance règne entre les groupes, surtout entre les peuples autochtones et les mestizos. La raison principale : l’acquisition massive de terres par ces derniers – entrepreneurs, éleveurs et colons – qui ont chassé des communautés indigènes de leurs terres. En outre, les autochtones considèrent que le gouvernement est corrompu et insensible à leur sort... ce qui n’est pas tout à fait faux.
Des disparités entre les classes sociales persistent. Si les personnalités politiques, à commencer par le président, s’affichent fièrement avec la population et entretiennent l’image d’une société sans classes, les rabiblancos (terme péjoratif pour désigner les Blancs, privilégiés) contrôlent la majorité des richesses et détiennent la quasi-totalité du pouvoir. Les inégalités sociales et le racisme sont des réalités persistantes au Panamá. 
 

Religion

Pour avoir un aperçu de la culture religieuse au Panamá, rien de tel qu’une balade dans les rues de la capitale. Parmi les nombreuses églises catholiques, vous tomberez sur des églises anglicanes animées remplies de fidèles antillais, des synagogues, des mosquées, une éclatante église grecque orthodoxe, un impressionnant temple hindou et un surréaliste lieu de culte baha’i (première maison d’adoration de cette religion mondiale construite en Amérique latine).
La constitution panaméenne garantit la liberté de religion, mais la prédominance du catholicisme est officiellement reconnue ; 85% de la population se déclare catholique (même si seuls 20% des croyants se rendent régulièrement à l’église). À l’école, la théologie est une matière optionnelle. Les protestants occupent une large part des 15% de la population restants. Le Panamá compte aussi un bon nombre de musulmans et de baha’is, et environ 3 000 juifs (immigrants récents d’Israël pour la plupart), 24 000 boudhistes et 9 000 hindous.
Les ordres religieux ne sont pas particulièrement importants au Panamá ; 25% seulement des membres du clergé catholique sont Panaméens et les autres sont des missionnaires étrangers.
Les différents peuples autochtones du Panamá ont leurs propres systèmes de croyances, mais ils tendent à disparaître rapidement sous l’influence des missionnaires chrétiens. Comme dans d’autres régions de l’Amérique latine, le mouvement évangélique se répand comme une traînée de poudre.


 

Mis à jour le : 12 septembre 2019
Vizeat

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