Égypte : Environnement

Géographie, faune et flore égyptiennes

Géologie

La vallée du Nil concentre la majeure partie de la population : 90% des Égyptiens vivent sur l’étroite bande de terre fertile qui s’étire le long du grand fleuve. Au sud, le Nil est bordé de montagnes encadrant une plaine agricole étroite. Au nord, le paysage devient plus plat et la vallée s’élargit pour mesurer de 20 à 30 km. L’Égypte est formée à 94% de désert. À l’est de la vallée du Nil, le désert Oriental (Arabique) se présente comme un plateau aride limité par une haute chaîne montagneuse à l’est, qui culmine à plus de 2 000 m et s’étire sur quelque 800 km. À l’ouest, le désert Occidental (Libyque) englobe les deux tiers de la superficie du pays.
À l’instar du Nil, Le Caire sert de démarcation géographique, la ville se situant à peu près à l’endroit où le fleuve se ramifie et forme un delta large de 200 km. Chargé de subvenir aux besoins de tout le pays, le delta compte parmi les régions du monde les plus intensément cultivées. À l’est, de l’autre côté du canal de Suez, se trouve la péninsule triangulaire du Sinaï, prolongement géologique du désert Oriental.

Faune et flore

Animaux terrestres

L’Égypte héberge une centaine d’espèces de mammifères, mais vous aurez bien de la chance d’apercevoir autre chose que des dromadaires, des ânes, des chevaux et des buffles domestiques. Les déserts égyptiens abritaient autrefois une variété étonnante de mammifères plus grands, tels le léopard, le guépard, l’oryx, le protèle, la hyène rayée et le caracal, mais toutes ces espèces sont largement en voie de disparition à cause de la chasse. D’autres animaux comme le chat des sables, le fennec et le bouquetin de Nubie (ou ibex) se montrent fort rarement. Il y avait aussi trois espèces de gazelle en Égypte : la gazelle arabe, la gazelle dorcas et la gazelle blanche. Le pays compte 34 sortes de serpents, bien moins appréciés. Le plus connu est le cobra, qui orne la couronne des pharaons. Les scorpions pullulent, mais ils sont essentiellement nocturnes et se montrent rarement. Soyez vigilant si vous soulevez des pierres, car ils aiment se terrer au frais.

Animaux marins

La mer Rouge recèle plus de mille espèces marines aux formes et aux couleurs extraordinaires. Requins, tortues, raies, dauphins, coraux, éponges, concombres de mer et mollusques prospèrent dans ces eaux. On estime qu’environ 20% des espèces de poissons sont endémiques. Les attaques de requins sont rares (mas pas inédites) en mer Rouge où vous pourrez voir des requins de récif à pointes blanches ou noires. La tortue la plus courante est la tortue verte, bien que l’on aperçoive de temps à autre une tortue-luth ou une tortue imbriquée. En Égypte, les tortues sont protégées, mais se retrouvent parfois prises dans les filets de pêche, et finissent alors au menu dans les restaurants du Caire et du littoral. Énigmatiques mammifères marins pouvant peser jusqu’à 500 kg, des dugongs ont été observés le long de la côte au sud d’Hourghada. Les crocodiles du Nil sont quant à eux parmi les plus grands reptiles du monde, pouvant mesurer jusqu’à 6 m. On les trouve au sud d’Assouan. Mais, plus au nord, restez vigilant et ne vous baignez que dans les endroits autorisés.

Oiseaux

Sur quelque 430 espèces d’oiseaux recensées dans le pays, environ un tiers sont endémiques. Les autres sont des migrateurs de passage ou s’installent pour l’hiver. La législation égyptienne protège la plupart des grands échassiers, tels le flamant rose, la cigogne, la grue et le héron, ainsi que tous les grands rapaces.

Plantes

Bien que rare, le lotus, symbole de l’Égypte ancienne, pousse encore dans le delta du Nil. En revanche, les champs de papyrus au milieu desquels les pharaons chassaient l’hippopotame ont complètement disparu. Plus de 100 variétés d’herbacées prospèrent dans les zones arrosées, et le dattier est présent dans presque tous les endroits cultivés. Outre le tamaris et l’acacia, le jacaranda et le poinciana (à fleurs rouges et orange), importés, égaient l’été égyptien de leurs couleurs éclatantes.

Enjeux écologiques

Le Caire est l’une des villes les plus polluées du monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’air de la capitale contient 76 microgrammes de particules par mètre cube, contre 18 à Paris. Conséquence : la pollution serait responsable de 20 000 décès par an au Caire, et de près de 500 000 cas de maladies liées à des problèmes respiratoires. Les principales responsables de la pollution atmosphérique sont les usines industrielles, notamment celles qui brûlent un fioul lourd de piètre qualité. Le nombre d’aciéries et de cimenteries, très polluantes et souvent établies en Égypte par les pays occidentaux au cours des deux dernières décennies, est en augmentation. Autre facteur : les tempêtes de sable, car la majeure partie de l’Égypte est un désert. Et le développement du parc de véhicules ne fait qu’aggraver le problème. Bien que les usines soient légalement obligées de réaliser des études d’impact sur l’environnement, et que le gouvernement ait mis en place un système d’incitations et de pénalités destiné à encourager les pollueurs industriels à réduire leurs émissions, peu d’entre eux suivent la réglementation et les contrevenants ne sont guère inquiétés.

Impact du tourisme

Le développement touristique anarchique demeure l’une des principales menaces sur l’environnement, notamment sur le littoral de la mer Rouge, Sinaï compris : après des décennies de développement effréné, les récifs de corail sont aujourd’hui endommagés le long de presque toute la côte. Depuis l’ouverture du pont sur le Nil à Louxor (il n’y avait auparavant qu’un ferry), un nombre accru de touristes visitent les monuments de la rive ouest, causant de nombreux dommages aux fragiles tombes. Plusieurs villages nichés dans les collines au-dessus de la zone ont été détruits dans le cadre d’un projet visant à faire de Louxor le plus grand musée en plein air du monde. Même les pyramides, toujours debout après 4 500 ans d’existence, subissent des dégradations. Des fissures commencent à apparaître dans les chambres intérieures, ce qui a contraint les autorités à en limiter l’accès et à les fermer périodiquement afin de les préserver et d’y effectuer des travaux. Des initiatives positives voient heureusement le jour. Un office des parcs nationaux a ouvert à Hourghada pour tenter d’endiguer certains des projets immobiliers les plus ambitieux dans le secteur de Marsa Alam. De nouvelles lignes directrices écologiques applicables à l’hôtellerie sont actuellement testées dans le cadre du projet américanoégyptien Red Sea Sustainable Tourism Initiative (RSSTI). Axées sur la consommation d’énergie, les économies d’eau et le traitement des ordures, elles se traduisent par des mesures simples, pat exemple l’installation de robinets à pédale sur les lavabos pour éviter le gaspillage.

Parcs nationaux

L’Égypte compte actuellement 29 “zones protégées” visant à préserver l’incroyable biodiversité du pays, des îles fluviales aux récifs de corail en passant par les écosystèmes désertiques. Mais la signification exacte de ce statut varie grandement. Comme toujours, le problème réside principalement dans le manque de moyens financiers. L’Egyptian Environmental Affairs Agency (EEAA) n’a ni les ressources pécuniaires ni le soutien au plus haut niveau de l’État pour assurer la gestion efficace des protectorats. Certains pays et organismes étrangers apportent toutefois un soutien technique et financier.

Conséquences écologiques du haut barrage d’Assouan

Le haut barrage d’Assouan et son réservoir attenant, le lac Nasser, constituent un bienfait mitigé. Ils ont permis d’accroître l’irrigation destinée à l’agriculture, mais la digue empêche aussi le passage du riche limon déposé lors des crues annuelles, qui assurait la fertilité des terres. Cela a entraîné une grave dégradation des sols et rendu l’agriculture égyptienne totalement dépendante des engrais artificiels. Les inondations annuelles balayaient également le sel présent dans les sols. En leur absence, la salinité des terres agricoles est devenue le problème numéro un des fermiers. L’érosion des sols est également un enjeu majeur, en particulier dans le delta. Le Nil a un débit si faible et dépose si peu de limon que désormais la Méditerranée gagne sur le littoral. Cela menace aussi l’industrie de la pêche florissante dans les lagunes deltaïques. De plus, comme les éléments fertilisants du Nil n’atteignent plus la mer, les stocks halieutiques ont été considérablement réduits. Autre conséquence potentiellement désastreuse de la création du barrage et du lac : la remontée de la nappe phréatique. Associée à l’élévation de la salinité, elle provoque l’érosion des blocs de grès de nombreux monuments égyptiens.

Mis à jour le : 4 octobre 2019

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