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Côte d'Ivoire : Histoire

Présentation et histoire de la Côte d'Ivoire

 

Années 1460

Arrivée des navires européens.
 
 

XVIIIe et XIXe siècles

Les Akan, notamment les Baoulé, migrent du Ghana vers la région orientale de la Côte-d'Ivoire, les Malinké de Guinée dans le nord-ouest. Ils rejoignent ainsi les Kru, arrivés deux siècles plus tôt du Liberia, ainsi que les Senoufo et les Lubi, venus du Burkina Faso et du Mali.
 
 

1840

La France incite les chefs locaux à accorder aux négociants français le monopole des échanges le long de la côte ivoirienne. Elle va s'employer à parachever la conquête systématique de l'intérieur des terres, puis à développer la culture du café, du cacao, etc.
 
 

Années 1890

Longue guerre entre la France et les forces mandinka. La guérilla menée par les Baoulé, entre autres, durera jusqu'en 1917.
 
 

1944

Félix Houphouët-Boigny, fils d'un chef baoulé et lui-même planteur prospère, fonde la premier syndicat, celui des planteurs africains.
 
 

1945

Ce dernier est élu à l'Assemblée nationale, à Paris.
 
 

1960

Indépendance de la Côte-d'Ivoire. À cette période, le pays est sans conteste le plus prospère d'Afrique occidentale : il réalise 40% des exportations de la région. Houphouët-Boigny dirige le pays d'une main de fer.
 
 

1980

Alors que le pays est devenu le premier producteur mondial de cacao et le principal exportateur africain d'ananas et d'huile de palme (pendant vingt ans, il a maintenu un taux de croissance annuel de près de 10%), il est frappé de plein fouet par la récession mondiale et une grave sécheresse. Pléthore de bois, cours du sucre en chute libre, dette extérieure multipliée par trois, criminalité inquiétante à Abidjan... – le "miracle ivoirien" avait vécu.
 
 

1990

Les mesures d'austérité imposées pour tenter de redresser l'économie provoquent des manifestations dans tout le pays, réprimées par la police et l'armée. Pour la première fois, les élections présidentielles et législative s'ouvrent aux autres partis, mettant fin au monopole du Parti démocratique de la Côte d'Ivoire (PDCI).
 
 

1992

Le socialiste Laurent Gbagbo, leader du Front populaire ivoirien (FPI), est emprisonné après avoir organisé une manifestation étudiante pour protester contre les actes de brutalité commis par l'armée. Il est libéré quelques mois plus tard sous la pression de la communauté internationale.
 
 

1993

Décès du Président Félix Houphouët-Boigny, à qui succède Henri Konan Bédié.
 
 

1994

La dévaluation du franc CFA, qui s'accompagne de l'octroi de nouveaux crédits par le Fonds monétaire international, accroît le coût des importations, notamment des combustibles.
 
 

1995

Les partis d'opposition boycottent les élections présidentielles.
 
 

2000

Le 22 octobre, le leader du FPI, Laurent Gbagbo, revendique la victoire à l'élection présidentielle, mais le chef de la junte, Robert Gueï, se proclame président deux jours plus tard. Une unité de l'armée lance alors une attaque contre la garde présidentielle. La répression des manifestations en faveur de Laurent Gbagbo fait 9 morts à Abidjan. Le 25 octobre, manifestants et forces de sécurité chassent du pouvoir le général Gueï. Laurent Gbagbo se proclame à son tour président. Les affrontements entre militants se soldent par 170 morts. Le FPI remporte la majorité des sièges aux législatives.
 
 

2001

Le débat sur l'"ivoirité" donne lieu à des affrontements ethnorégionaux meurtriers – les populations du Nord du pays, à majorité musulmane, étant souvent prises pour cibles – et à des comportements xénophobes à l'encontre des Burkinabé et Maliens de Côte d'Ivoire. La crise politique se double d'une crise économique : le pays enregistre un taux de croissance négatif (-2%) en 2000.
 
 

2002

Le 19 septembre, plusieurs bâtiments stratégiques d'Abidjan, ainsi que les villes de Bouaké et Korhogo sont attaqués par une armée composée de mercenaires provenant de toute l'Afrique de l'ouest encadrés par des officiers putchistes de l'armée ivoirienne. Alors que le pouvoir annonce une tentative de coup d'État, la rébellion s'amplifie le 22 septembre. Le 17 octobre, un cessez-le-feu, signé à Bouaké, prévoit la cessation des hostilités (qui ont fait plus de 400 morts) et le déploiement des forces de la CEDEAO et de forces françaises.
 
 

2003

En janvier, la conférence de Marcoussis, à l'initiative du gouvernement français, rassemble l'ensemble des partis politiques et des mouvements rebelles ivoiriens. Un accord de paix est signé prévoyant la mise en place d'un gouvernement de réconciliation nationale, et le maintien du Président Laurent Gbagbo à la tête de l'Etat mais avec des pouvoirs limités. L'accord est avalisé lors du sommet des chefs d'État africains qui suit la conférence de paix, les 25 et 26 janvier, mais provoque la colère des partisans du président ivoirien et de nombreuses manifestations anti-françaises et interethniques dans le pays.
 
 

2004

À l'automne 2004, la situation se crispe à nouveau. Début novembre, l'offensive des forces armées nationales (FANCI) contre les rebelles des Forces Nouvelles (FN), installés au nord, relance la guerre civile. Le président Gbagbo et ses partisans dénoncent l'ingérence française dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire et demandent le départ des 4 500 soldats de la force Licorne postés dans la zone tampon qui sépare les deux camps. La base militaire française de Bouaké, en terre rebelle, est bombardée par l'aviation militaire ivoirienne. À Abidjan, les ressortissants français sont victimes de violences et d'intimidations. Le gouvernement français rapatrie dans l'urgence les quelques 8 000 français de l'ancienne colonie et l'ONU vote un embargo sur les ventes d'armes lui étant destinées.
 
 

2005

Début avril 2005, un accord est trouvé à Prétoria, en Afrique du Sud, autour du président Tahbo Mbeki. Comme en juillet 2003, la cessation immédiate et définitive des combats y est proclamée. Surtout, Gbagbo accepte que les élections présidentielles prévues en octobre 2005 (qui n'auront finalement pas lieu) soient "ouvertes". En effet, le cas de l'ex-premier ministre, Alassane Ouattara, adversaire du président en place et plusieurs fois interdit de candidature, est au cœur de la guerre civile. D'origine burkinabè (il a grandi au Burkina Faso, pays frontalier de la Côte d'Ivoire), sa nationalité avait été déclarée "douteuse". Une éviction inacceptable pour ses partisans, essentiellement des Musulmans du nord, qui forment le gros des troupes rebelles. Un Groupe de Travail international est mis en place en novembre pour garantir la mise en place d'un processus de paix. En décembre, Charles Konnan Banny, nommé Premier ministre, forme un gouvernement de transition.
 
 

2006

En janvier, Abidjan est à nouveau secouée par des manifestations violentes pro-Gbagbo destinées à affaiblir le Groupe de Travail international. Les élections prévues fin 2006 n'ont finalement pas pu avoir lieu et l'échéance a été repoussée d'un an, jusqu'en octobre 2007.
 
 

2007

Guillaume Kigbafori Soro, chef politique des ex-rebelles des Forces nouvelles, est nommé Premier ministre par Laurent Gbagbo. Après plusieurs accords de paix, le pays s'engage le 4 mars 2007, dans un nouveau processus de sortie de crise fondé sur un accord politique conclu à Ouagadougou (Burkina Faso).
 
 

2008

Les élections présidentielles devant se dérouler le 30 novembre sont repoussées par le Chef de l’ONUCI au Conseil l'ONU.
 
 

2010

À la suite des élections présidentielles, Laurent Gbagbo est élu par les urnes selon le Conseil Constitutionnel, mais Ouattara est proclamé vainqueur par la commission électorale indépendante, suite aux recours introduits par le camp Gbagbo pour bourrage d'urnes dans le fief de la rébellion acquise à Alassane Ouattara. Les deux protagonistes prêtent serment le 4 novembre 2010, nommèrent chacun un Premier ministre et un gouvernement. Mais Laurent Gbagbo garde toujours les rênes du pouvoir.
 
 

11 avril 2011

Laurent Gbagbo est arrêté par les troupes armées du président Ouattara.
 

 

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