Burkina Faso : Histoire

Présentation et histoire du Burkina Faso

XVe-XIXe siècles

La majeure partie du pays est peuplée de descendants de l'Empire mossi, fondé par des cavaliers arrivés du Ghana voisin au début du XVe siècle. Contrairement à ce que connurent d'autres pays d'Afrique, avec la création d'un système de villages non hiérarchisés, les Mossis instaurèrent au Burkina des empires extrêmement structurés. Ils fondèrent des tribunaux, des organes administratifs, des ministères et une cavalerie chargée de les protéger. Elle se distingua notamment en menant une résistance acharnée contre les attaques lancées par les musulmans des pays voisins.

Première moitié du XXe siècle

La situation resta relativement stable en Haute-Volta (l'ancien nom du pays) jusqu'à l'arrivée des Français en 1895. Déjà établis dans cette partie de l'Afrique, ils décidèrent d'étendre leur administration à cette région et morcelèrent le pays. Des territoires furent ainsi rattachés au Mali, au Niger et à la Côte d'Ivoire. Enfin, de nombreuses populations de la Haute-Volta furent transplantées en Côte d'Ivoire pour travailler dans les plantations coloniales. Pendant les 60 années suivantes, la Côte d'Ivoire restera le pays privilégié de la région et la Haute-Volta, le parent pauvre et peu pris en considération.

1960-1980

Lorsque les empires coloniaux commencèrent à s'effondrer dans la première moitié du XXe siècle, la Haute-Volta réclama son indépendance avec la plus grande virulence. En 1960, Maurice Yaméogo, de l'ethnie des Mossis, devint le premier président élu du pays. Il s'octroya malheureusement des pouvoirs et des prérogatives peu compatibles avec la démocratie. Ses mesures politiques désastreuses et la corruption conduisirent à des manifestations et des émeutes. Yaméogo fut renversé par un coup d'État en 1966, accusé notamment d'avoir détourné l'argent public à son profit. Pendant près de vingt ans vont se succéder coups militaires et gouvernements qui tenteront à chaque fois de rétablir un ordre précaire, jusqu'à l'arrivée au pouvoir du socialiste Thomas Sankara.

1983-1987

Sankara entreprit de profondes transformations. Il commença par rebaptiser son pays Burkina Faso (Burkina signifiant "intègre" en mooré et Faso "patrie" en dioula), puis se lança dans des réformes radicales. Il organisa des campagnes de vaccination des enfants contre la rougeole et la fièvre jaune, forma des médecins locaux dans tous les villages, construisit 350 écoles, diminua les privilèges et les dépenses des membres du gouvernement, commença la construction d'une voie ferrée jusqu'au Niger et repeignit Ouagadougou en blanc. Ces mesures audacieuses le rendirent très populaires auprès des Burkinabè, mais n'améliorèrent pas ses relations avec les élites. Un vague de protestations ébranla les classes les plus aisées lorsqu'il réduisit de 25% les salaires des membres du gouvernement et qu'il les obligea à rouler en R5. Quant aux chefs des différentes ethnies, ils redoutaient que son habitude de consulter le peuple ne finisse par nuire à leur autorité ancestrale.

1987

De leur côté, les pays occidentaux n'appréciaient guère l'amitié affichée par Sankara pour le colonel Kadhafi, ni ses déclarations dénonçant l'impérialisme occidental. Ses jours étaient désormais comptés. Le capitaine Blaise Campaoré, son camarade politique et plus proche conseiller, fomenta en 1987 un coup d'État qui se termina par une fusillade dans laquelle fut tué Sankara. Campaoré s'empressa de rétablir les salaires ministériels à leur niveau antérieur et diminua les aides alimentaires. Ces mesures ont exacerbé le sentiment de malaise ressenti par la population. Les citoyens bafoués regrettent Sankara et les États-Unis désapprouvent les bonnes relations que le pays entretient avec le Liberia.

1998

Campaoré est en outre vivement critiqué par la population depuis l'assassinat du journaliste Norbert Zongo. Son gouvernement semble particulièrement désorienté.

2002-2004

Les relations avec la Côte d'Ivoire se dégradent avec l'expulsion de près de 12 000 paysans burkinabè, qui se sont réfugiés aux environs de Gaoua. En 2004, les relations reprennent avec, notamment, la réouverture de la ligne ferroviaire entre les deux pays.

2005

Lors des élections présidentielles du 13 novembre 2005, le président Blaise Compaoré a été réélu dès le premier tour avec 80,3 % des voix, lui donnant une légitimité politique dont il ne disposait pas jusqu’alors. L’opposition, de son côté, a subi une défaite sans appel, principalement en raison de son manque d’organisation et de vision à long terme.

2006

Les élections municipales du 23 avril 2006 ont confirmé ensuite l’hégémonie du congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) au pouvoir, dont se réclament plus de 72% des nouveaux élus. Fin 2006, Compaoré est sollicité par le président ivoirien pour intervenir en tant que médiateur dans la crise ivoirienne.

2007

Tertius Zongo occupe les fonctions de Premier ministre depuis le 4 juin 2007.

2008

Des "émeutes de la faim" ont secoué début 2008 l’Égypte, le Maroc, l’Indonésie, les Philippines, Haïti (où elles ont fait au moins cinq morts et abouti à la chute du gouvernement) ainsi que le Nigéria, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mozambique, la Mauritanie, le Sénégal et le Burkina Faso.

2011

La mort d'un élève lance un mouvement de contestation qui touche plusieurs secteurs et mène même à une mutinerie au sein de l'armée. Le bilan est de plusieurs morts et de nombreux blessés. Plusieurs remaniements gouvernementaux ont lieu.