Algérie : Culture

Culture et traditions en Algérie

Renseignez-vous sur la culture et les coutumes de l'Algérie avant de la visiter et apprenez quelques mots d'arabe local.

Coutumes en algérie

La première nuit de l'an nouveau (ennayr), chaque famille kabyle participe à Talkimt n djiwnegh (littéralement la boulette du "je n'ai plus faim"). On y mange "les sept légumes" avec le couscous (dont l'artichaut, l'asperge sauvage, le cresson, le chèvrefeuille, le poireau). Après le repas, une des femmes présente une boulette de couscous à chaque convive qui doit la refuser, après quoi elle la dispose sur le montant de la porte de la maison : en fonction de la manière dont le vent aura dispersé la boulette pendant la nuit, et de ce qu'il y aura déposé (plume, poil, brin de laine, etc.), on déterminera l'augure de l'année qui commence. La nuit suivante, chacun doit manger une volaille entière et des œufs, en prenant soin de ne pas jeter les coquilles avant le lendemain, afin de ne pas manquer d'argent. Enfin, la maîtresse de maison change les pierres du foyer et se débarrasse des anciennes.

Langue en algérie

L'arabe parlé en Algérie présente de nombreuses différences régionales. Il est par exemple plus doux du côté tunisien et plus guttural à l'approche de la frontière marocaine. Des langues d'origine berbère comme le touareg (tamachek) et le kabyle (tamazight) sont également parlées dans le pays. Le tamazight a été officiellement reconnu comme deuxième langue nationale en Algérie en mars 2002.
Beaucoup d’Algériens, surtout dans les villes, parlent le français, qui est toujours enseigné comme première langue étrangère. Si le français vous permettra la plupart du temps de vous faire comprendre, n’hésitez pas cependant à vous exprimer dès que possible en algérien : toute tentative de votre part pour vous exprimer dans cette langue vous vaudra un accueil chaleureux et des encouragements.
La prononciation de l'arabe est difficile. Elle se caractérise notamment pas l'utilisation de la diphtongue ou (comme dans "chou") et de phonèmes particulièrement difficiles à prononcer pour le débutant : le ’ayn et le coup de glotte. Sans équivalent en français, le son ’ayn ressemble au coup de glotte (non représenté dans l’alphabet), mais il s’obtient par une forte contraction des muscles du fond de la gorge.
La transcription de l'alphabet arabe en alphabet latin n'obéit pas à des règles strictes. Voici quelques mots et expressions utiles :
bonjour : salaem/salaem 'alekoum
au revoir : beslaema / tebqa a’la kher
merci : saha/sahet
oui : wah
non : la
excusez-moi : smaehli
comment-allez-vous ? : kirak ?
parlez-vous français ? : tetkelem français? taehdaer français ?
j'ai compris : fehemt
je n'ai pas compris : ma fehemtch
je m'appelle... : aesmi / semouni / smiyti
où est le/la... ? : win...?
bus : l-car
gare routière : station tae’ l-car
gare ferroviaire : la gare
gauche : liser
droite : limen
la police : la police
mon hôtel : hôtel ta’i

Nourriture en algérie

La cuisine algérienne est proche de ses cousines tunisienne et marocaine mais présente quelques différences.
Une entrée chaude très classique est la choukchouka, composée de tomates, de poivrons et d'épices réduits ensemble puis liés à l'aide de quelques œufs battus, ajoutés en fin de cuisson. Les salades d'aubergines et de citrons confits, ou de poivrons et tomates, comptent aussi parmi les hors-d'œuvre les plus répandus.
La chorba est une soupe épaisse et veloutée à base de viande de mouton, de légumes, de pois chiches, d'épices et de vermicelle. Elle est traditionnellement servie lors de la rupture du jeune du ramadan, à la tombée du soleil. La hrira (ou harira) est un potage de légumes, d'épices et de coriandre.
On ne présente plus le couscous, plat de légumes, de viandes et de semoule roulée et tamisée à la main. Plat de fête à l'origine, il côtoie de nombreuses variétés de tajines et de ragoûts à la carte des restaurants.
Cornes de gazelles, makroute, amandines et autres pâtisseries à base d'amandes, de dattes et de miel finissent généralement les repas.
La boisson la plus répandue est le thé vert à la menthe. Depuis la colonisation française, les régions d'Alger et d'Oran produisent du vin. Les crus les plus réputés sont le Coteaux de Mascara (rouge et rosé) et le Coteaux de Tlemcem (rouge, rosé et blanc), produits dans la région d'Oran. Des sodas et des eaux minérales sont également disponibles dans le pays.
L'alimentation proposée dans le Sahara est, bien sûr, plus sommaire. Elle se compose de galettes de pain cuites dans le sable (la traditionnelle taguella), de dattes, de thé et des provisions que vous ou l'organisateur de votre circuit aurez emportées pour le bivouac (conserves, pâtes, riz, etc.). De la viande et du couscous sont généralement préparés à proximité des oasis.

Religion en algérie

Religion d'État en Algérie, l'islam puise aux mêmes racines que les autres religions monothéistes nées au Proche-Orient : le judaïsme et le christianisme. Le livre saint de l'islam, le Coran, fait ainsi fréquemment référence à des personnages également présents dans la Bible ou la Torah.
L'islam compte 5 principes, ou "piliers" : la profession de foi ("Il n'est d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète") ; les 5 prières quotidiennes en direction de La Mecque ; l'aumône aux pauvres ; le jeûne du ramadan et le pèlerinage à La Mecque (hajj).
L'islam connut à ses débuts un schisme majeur qui divisa les croyants en deux courants : les sunnites et les chiites. Cette rupture résulta de la lutte de pouvoir qui opposa Ali, cousin et gendre de Mahomet, à la dynastie montante à Damas, les Omeyyades. Le chef de ces derniers fut reconnu comme légitime successeur de la tradition (sunna). C'est cet islam sunnite (considéré comme orthodoxe) qui est pratiqué en Algérie comme chez ses voisins.
L'islam interdit la consommation de viande de porc et d'alcool. Durant le mois de ramadan, il est interdit aux fidèles de boire, de manger et de fumer (rien ne doit passer entre les lèvres) entre le lever et le coucher du soleil, ainsi que d'avoir des relations sexuelles.

Arts en algérie

D'étonnants témoignages d'art rupestre ont été découverts dans la région saharienne du Tassili N'Ajjer, à l'extrémité sud-est du pays. Révélées pour la première fois en 1934, ces œuvres du néolithique représentant de nombreux animaux témoignent de la richesse passée de l'écosystème saharien. Elles sont classées sur la liste du patrimoine de l'humanité de l'Unesco.
Plus près de nous, les traditions artistiques s'illustrent par un artisanat riche et varié. L'art du tissage, qui témoigne notamment de l'apport berbère dans la culture algérienne, se décline en de multiples variétés. Chaque région se caractérise par une production spécifique, reconnaissable à ses motifs et à ses couleurs. Autre pièce maîtresse de la production artistico-artisanale algérienne, la céramique a bénéficié d'apports romains et andalous. Comme la poterie – dont l'usage est avant tout domestique –, elle s'est également enrichie d'influences turques.
Si l'artisanat est avant tout réservé aux femmes, la musique est une affaire d'hommes. Tandis que les subtiles variations de luth de la musique arabo-andalouse ancrent le répertoire musical algérien dans la tradition, le raï moderne symbolise son renouveau. Apparu dans les années 1970 aux environs d'Oran, il mêle des instruments traditionnels aux synthétiseurs et guitares électriques. Ses grandes figures sont Safi Boutella, Cheb Mami et Cheb Khaled, désormais mondialement connus. La musique châabi est une version populaire de la musique classique arabo-andalouse. La renommée de la chanson kabyle, enfin, a dépassé les frontières du pays au cours des dernières décennies grâce à des artistes comme Ait Menguelet et Idir.
Le cinéma s'illustre notamment grâce aux œuvres souvent engagées de quelques réalisateurs kabyles, Azzedine Meddour (La Montagne de Baya, 1997) ou Abderrahmane Bouguermouh, auteur de La Colline oubliée (1997), premier film tourné en langue tamazight. On peut aussi citer Mohammed Chouikh (La Citadelle, 1989), Mohammed Lakhdar-Amina (Palme d'Or en 1975 pour Chronique des années de braise) ou Djamila Sahraoui (Baraka!, 2006) sans oublier Rachid Bouchareb (Indigènes, 2006).
Les principales figures de la littérature algérienne contemporaine sont Rachid Boudjedra (La Répudiation), Rachid Mimouni (Le Fleuve détourné), Mohammed Moulessehoul (À quoi Rêvent les loups, sous le pseudonyme du commissaire Llob, et L'automne des chimères, sous le nom de Yasmina Khadra) et, plus récemment, Salim Bachi (Le Chien d'Ulysse).

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