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Culture et voyage

7 récits à lire en voyage

Mis à jour le : 30 mars 2018

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Si l'heure n'est plus aux grandes explorations, l'aventure est loin d'être finie ! C'est ce que montrent ces globe-trotters qui, chacun à leur manière, arpentent le monde pour en révéler les beautés insoupçonnées. Après avoir lu tous les plus grands récits de voyages classiques, attaquez-vous à ces œuvres contemporaines. 
 

1. L'Usage du monde (Yougoslavie-Inde)

Nicolas Bouvier et Thierry Vernet, 1963
Après la guerre, le monde, qui n'était plus à explorer pour l'Humanité, restait à parcourir pour chaque individu. L'Usage du monde, c'est d'abord l'histoire de deux aventures : celle d'un voyage, et celle d'un livre. Deux amis d'enfance, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet, – l'un écrit, l'autre peint –, achètent une vieille Fiat, et prennent la route. Belgrade, Constantinople, Téhéran, Persépolis, Kaboul, et beaucoup de patelins entre ; en tout, dix-sept mois. Nicolas Bouvier mettra des années à finir son livre. Le récit porte le plus beau titre de la littérature de voyage, peut-être de la littérature tout court. Publié en 1963, c'est un immense succès ; il attendra plusieurs années de sortir des frontières suisses pour inspirer une nouvelle génération de voyageurs.

2. Dans les forêts de Sibérie (Russie)

Sylvain Tesson, 2011
Dans notre époque de déplacements à grande vitesse, Sylvain Tesson fait figure de résistant en faisant du temps et de la force musculaire les ingrédients de ses voyages, loin de tout et de tous. En 2010, il partit se cloîtrer six mois dans une cabane au bord du lac Baïkal, avec force réserves de bouquins, de vodka et de cigares. Enfin, se cloîtrer, pas vraiment : il avait la nature pour lui seul. Son livre est un journal philosophique accouché de la lutte contre l'ennui et le désespoir, nourri de contemplation et de l'inspiration d'autres écrivains-voyageurs tels que Henry de Montherlant et Peter Fleming.

3. Bakou, derniers jours (Azerbaïdjan)

Olivier Rolin, 2010
La quatrième de couverture de Suite à l'hôtel Cristal, paru en 2004, présentait ainsi son auteur : « Olivier Rolin (Boulogne-Billancourt, 1947-Bakou, 2009) ». Olivier Rolin avait mis en scène sa propre mort dans ce livre se déroulant dans des chambres d'hôtel du monde entier. Le moment venu, comme pour jouer avec le sort, Olivier Rolin s'est rendu à Bakou. Aucun des voyages d'Olivier Rolin n'aura eu un prétexte aussi grave et fantaisiste, et aucun de ses récits de voyage cette liberté de vagabondage, sur les lieux et dans le temps d'une mort auto-présumée. Rolin se regarde avancer comme un fantôme vivant, et baragouine un russe retranscrit comme il l'entend. Un œil qui s'attarde sur les épaules des femmes, une pensée pour un illustre prédécesseur, Alexandre Dumas, et au bout du conte un album de rencontres et d'images en noir et blanc – Rolin joignant à sa prose quelques photographies.

4. Africa Trek (Afrique de l'Est)

Alexandre et Sonia Poussin, 2007
« 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme » : tel est le sous-titre du livre (en deux parties) de Sonia et Alexandre Poussin, et le fil conducteur de leur voyage. Le fil, la piste en question, empreinte de religiosité, c'est le parcours symbolique des premiers hommes depuis leur foyer présumé, en Afrique du Sud, jusqu'en Galilée. Alexandre Poussin, qui n'en était pas à son premier essai puisqu'il fut le compagnon de route de Sylvain Tesson, a effectué cette randonnée de trois ans avec son épouse. Au bout du chemin, un récit paru en deux volumes, un album photographique, une série documentaire pour la télévision… et un enfant.

5. Le grand festin de l'Orient (route de la soie)

Olivier Weber, 2004
Le Grand Festin de l'Orient est une oasis dans le parcours d'Olivier Weber, grand reporter et correspondant de guerre, qui s'est notamment illustré dans la dénonciation des trafics d'opium, de la déforestation en Amazonie, ou du fanatisme religieux des Talibans. Il s'agit ici de reprendre un itinéraire bien connu, la route de la soie, pour cet auteur qui fréquenta longtemps le commandant Massoud, en Afghanistan. Car c'est justement vers l'Afghanistan que s'engage cette prose partie de l'antique maison de Marco Polo, à Venise, pour célébrer la richesse intellectuelle et artistique ayant fleuri le long de cette route entre l'Orient et l'Occident, pendant deux millénaires.

6. Mémoires glacées (Grand Nord)

Nicolas Vanier, 2007
Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour faire du Grand Nord sa terre d'élection. Pendant plus de vingt ans, Nicolas Vanier a traversé la Laponie, le Canada, le Yukon, l'Alaska, la Sibérie au cours d'expéditions à pied, en chiens de traîneau ou en canoë. Ces mémoires ne racontent pas en détail ses différents voyages – il l'a fait au moyen de nombreux autres livres et films – mais se concentrent sur l'évolution de son rapport à un milieu hostile, mais passionnant et fragile. Son témoignage est également une trace de la lente mais dévastatrice dégradation des milieux glacés, en première ligne des effets du réchauffement de la planète.

7. Nullarbor (Australie)

David Fauquemberg, 2007
Nullarbor, c'est-à-dire aucun arbre. La plaine qui porte ce nom se trouve au sud du continent habité le plus au sud de la planète, l'Australie. Le narrateur la parcourt, ou attend de la parcourir, en stop. Pas d'arbres, mais du sable, des motards et des auberges de jeunesse tombant en ruine. On est pour l'essentiel en Australie-Occidentale, et il y a justement un faux air de western dans cette région agitée de sourde barbarie. Récit de voyage, fuite virant au cauchemar, roman de formation, Nullarbor tient un peu de tout ça, mettant aussi bien en scène une chasse au requin à la Winchester que le contact initiatique avec la culture aborigène, avec pour ciment un style tendu et secoué, flirtant avec les abîmes.

evaneos