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Publié le 29/01/2026 6 minutes de lecture
Situé dans le nord de l’Angleterre, le Yorkshire est l’une des régions les plus fascinantes à découvrir cette année.
Carte postale de l’Angleterre où le vert éclatant des journées ensoleillées laisse souvent place aux paysages dramatiques et brumeux de la lande, et moins prisée par les touristes français que Londres ou les stations balnéaires du sud du pays, le Yorkshire, plus grand comté du pays, fascine pourtant avec ses décors de romans.
En apparence figée dans le temps, la région devrait attirer, dans les prochains mois, de nombreux visiteurs internationaux en quête des paysages balayés par le vent, devenus des mythes littéraires.
Une terre qui s’apprête à retrouver le devant de la scène avec la sortie du film Hurlevent, le 11 février, nouvelle adaptation très libre de l’unique roman d’Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent (1847), réalisée par Emerald Fennell, avec Margot Robbie et Jacob Elordi dans les rôles principaux. Le roman, qui a fait scandale à sa publication, n’a d’ailleurs pas permis à son autrice, morte de la tuberculose à seulement 30 ans, de connaître la reconnaissance de son vivant.
Sur les traces des sœurs Brontë : de Thornton à Haworth
Toute personne ayant lu les œuvres des sœurs Brontë rêve un jour de se rendre dans l’ouest du Yorkshire tant les descriptions de cette nature sauvage imprègnent leurs romans. Emily, Charlotte et Anne y ont passé l’essentiel de leurs courtes vies, à l’exception de quelques séjours à Bruxelles. Depuis 2025, leur maison natale a d’ailleurs ouvert ses portes au public.
C’est à Thornton, en périphérie de Bradford, que les trois futures écrivaines et leur frère Branwell sont nés. En 2023, le Brontë Birthplace a été sauvé grâce à des investisseurs individuels et constitue aujourd’hui un point de départ idéal pour découvrir la vie de cette famille hors du commun.
Nul besoin d’être spécialiste : les guides retracent avec passion l’histoire des Brontë en déambulant dans les pièces autrefois occupées par la famille de Patrick Brontë, nommé révérend en 1815. À l’époque, la commune ne comptait qu’une vingtaine de maisons et trois pubs, loin des 7000 actuelles.
Après la visite des pièces communes, reconstituées à l’aide de meubles chinés et d’objets retrouvés, les plus passionnés peuvent prolonger l’expérience en dormant sur place. Depuis quelques mois, il est possible de passer la nuit dans l’une des trois chambres baptisées Charlotte, Emily et Anne. Décorées dans un style du début du XIXe siècle, elles disposent chacune d’une sélection d’ouvrages parfaite pour s’imprégner de l’atmosphère du lieu le temps d’une ou deux nuits.
En quittant Thornton, après un arrêt devant l’église fréquentée autrefois par la famille Brontë, il faut compter une vingtaine de minutes de route pour rejoindre Haworth, où la famille s’installe en 1820 avec ses six enfants. Deux des aînées mourront quelques années plus tard, comme leur mère Maria.
Passage obligatoire d’un voyage sur les traces des Brontë, Haworth est considéré comme l’un des plus beaux villages d’Angleterre, presque figé dans le temps.
Haworth, la pépite du Yorkshire
Selon l’itinéraire choisi, plusieurs options permettent de rejoindre Haworth : la voiture, les transports en commun ou le Brontë Bus, qui effectue des trajets quotidiens jusqu’au village. Pour une immersion totale, l’idéal reste toutefois le train à vapeur du Keighley & Worth Valley Railway. Inaugurée en 1867, cette ligne historique fonctionne encore certains jours grâce à des bénévoles, sur près de dix kilomètres entre Keighley et Oxenhope.
À Haworth, qui compte aujourd’hui environ 8000 habitants, il faut remonter la rue principale pavée, restée étonnamment authentique même si les clins d’œil aux sœurs Brontë sont omniprésents, à l’image du disquaire Never Mind The Brontë. Avant de se lancer dans les visites culturelles, une pause s’impose chez Cobbles & Clay, un café proposant un vaste choix de plats et pâtisseries végétales, idéal pour un déjeuner léger.
Plus haut dans la rue, impossible de manquer la cabine téléphonique rouge installée devant le Haworth Old Post Office. Ce café-restaurant occupe un lieu chargé d’histoire : c’est ici que les sœurs Brontë venaient envoyer leurs manuscrits aux éditeurs londoniens, sous les pseudonymes masculins d’Acton, Currer et Ellis Bell.
Aujourd’hui, on y déguste des tartines gourmandes, burgers, plats traditionnels et pâtisseries maison. Les commerçants du village croisés au fil de la promenade se disent fiers de vivre et travailler dans ce village emblématique, berceau de figures féminines de la littérature britannique, aux côtés de Jane Austen, Mary Shelley ou Virginia Woolf.
L’esprit romantique et tourmenté de la lande du Yorkshire
À l’arrière, l’église d’Haworth abrite les tombes de Charlotte et Emily. Juste à côté, le cimetière, typiquement anglais, renforce l’atmosphère gothique du lieu. Et derrière se dresse le Brontë Parsonage Museum, bâtiment imposant de pierre sombre, qui marquait, au XIXe siècle, la dernière frontière avant la lande. En entrant dans le presbytère, l’émotion gagne rapidement les visiteurs.
Dans la salle à manger du rez-de-chaussée autour de la grande table en bois d’origine, Emily, Anne et Charlotte ont écrit leurs romans et poèmes aujourd’hui traduits dans le monde entier. Bien avant que certaines contemporaines s’emparent du sujet, elles écrivaient déjà des récits où les contraintes sociales, la révolte intime, la condition féminine et les passions s’entremêlent.
À l’étage, une robe d’origine de Charlotte Brontë et l’atelier de Branwell, le frère peintre, donnent l’impression de remonter le temps de deux siècles. La visite se conclut par une exposition temporaire et un passage dans la cour arrière du Parsonage face à la statue des trois sœurs.
Après la visite, il faut prévoir plusieurs heures pour s’aventurer dans la lande et imaginer Emily Brontë parcourant ces paysages, robe au vent, quelle que soit la météo. Au printemps et en été, les sentiers se parent d’un vert éclatant. À l’automne, c’est équipé d’une veste imperméable et de bonnes chaussures que l’on traverse bruyère et tourbière des Pennines.
Les itinéraires varient selon le temps dont vous disposez et les conditions météorologiques, mais tous sont bien balisés depuis Haworth jusqu’à la Brontë Waterfall. Il suffit de suivre les anneaux indiquant Top Withens, ruines d’une ferme en pierre abandonnée depuis plus d’un siècle, qui aurait inspiré Emily Brontë pour la demeure des Earnshaw.
Face à ce lieu, prenez quelques minutes pour écouter Wuthering Heights, premier single de Kate Bush de 1978, évoquant Catherine et Heathcliff. Avec plus de temps, il est possible de prolonger l’aventure sur le Brontë Way, un itinéraire de randonnée de 69 kilomètres traversant ces paysages emblématiques.
Les Yorkshire Dales, une immersion au cœur de la nature
Si le pays des Brontë constitue le cœur battant de la région, d’autres sites méritent le détour. Impossible de séjourner au Royaume-Uni sans visiter un manoir. Oakwell Hall, près de Leeds, vaut le déplacement. Cette demeure élisabéthaine de la fin du XVIe siècle, entourée d’un parc remarquable, a servi de décor à une adaptation télévisée des Hauts de Hurlevent, en 2009. Emily Brontë ne s’y est jamais rendue, contrairement à Charlotte, qui s’en est inspiré pour son roman Shirley (1849), en le rebaptisant « Fieldhead ».
Les amateurs de nature prolongeront leur séjour vers le nord du comté pour explorer le parc national des Yorkshire Dales, accessible en une à deux heures de route. À partir du viaduc de Ribblehead, les paysages semblent tout droit sortis d’un film : murets de pierres sèches, vallées verdoyantes, rivières sinueuses et villages pittoresques.
Autour de Hawes, d’Arkengarthdale et de Swaledale, les vallées semblent avoir été choisies naturellement comme décor de cinéma pour Hurlevent. Si ce film devrait bien marquer un essor touristique pour la région, il n’y a pas d’inquiétude à avoir en préparant ses prochaines vacances. Avec plus de 1500 kilomètres de sentiers balisés dans les Dales, les possibilités de randonnées sont infinies pour les personnes en quête de solitude.
Nos conseils pratiques pour voyager dans le Yorkshire
Vols, transports sur place et hébergements : ces conseils pratiques vous aideront à organiser facilement votre voyage dans le Yorkshire.
Comment se rendre dans le Yorkshire ?
EasyJet propose des vols directs entre Paris-Charles-de-Gaulle et Leeds-Bradford deux fois par semaine, les lundis et vendredis.
A noter que pour entrer au Royaume-Uni, un passeport est désormais obligatoire ainsi qu’un ETA (Electronic Travel Authorization), valable deux ans, permettant de séjourner jusqu’à six mois sur le territoire.
Depuis Londres, le train est le moyen le plus simple et le plus rapide pour rejoindre le Yorkshire. Des liaisons directes sont assurées quotidiennement depuis London King’s Cross vers Leeds ou York, avec des temps de trajet compris entre 2 heures et 2 h 30 selon la destination et le type de train.
Comment circuler dans le Yorkshire ?
Pour explorer l’ouest du Yorkshire en toute liberté, la location d’une voiture reste la meilleure option, même si plusieurs lignes de train et de bus desservent la région. Sans véhicule, Mountain Goat Tours organise des excursions à la journée dans les Yorkshire Dales, au départ de York, ou sur demande, depuis les alentours de Leeds.
Où loger dans le Yorkshire ?
Pour un séjour confortable au cœur d’un parc, le Hollins Hall Hotel, établissement quatre étoiles, propose des chambres spacieuses, une piscine intérieure et un restaurant à la carte variée.
À Haworth, la guesthouse Weavers of Haworth, située à deux minutes du Parsonage, constitue une excellente option, notamment pour profiter, en soirée, des pubs de la Main Street.
Dans les Yorkshire Dales, le Stone House Hotel offre une immersion totale dans la nature. Construit au début du XXe siècle, puis transformé en hôtel, le bâtiment édouardien de 24 chambres séduit pour son atmosphère familiale, sa bibliothèque avec cheminée, son jardin à l’anglaise et son panorama exceptionnel face aux collines.
Ce reportage a été réalisé avec le soutien de Visit Britain, qui mise sur le tourisme cinématographique depuis plusieurs années, Visit Bradford, Visit North Yorkshire et EasyJet. Les contributeurs de Lonely Planet n’acceptent aucune contrepartie en échange d’un reportage favorable.