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Tour du monde

Départ en tour du monde

Texte par

Elodie Rothan

Mis à jour le : 17 décembre 2021

Carte

9 mois pour 3 continents : notre auteure Elodie Rothan entame un long voyage en famille. Chaque mois, elle nous livrera le récit de ses périples et découvertes. Premier étape : le départ !

 

L’avion va décoller.

Inspiration.

Expiration.

Cette minute a été préparée depuis des mois. Un rêve puissant et lointain a petit à petit pris corps dans un projet concret. Au fond, quel est le moteur de ce désir ? Quels sont les ressors qui nous font, un jour, tout abandonner pour ce mot : voyager ? Chacun sans doute a sa propre réponse, intime, au fond de lui. Les cartes, les atlas, les mappemondes ont chez moi toujours provoqué une fascination puissante. J’ai rêvé des fleuves, des montagnes, des baies. Plus encore, il y a ce verbe : partir. Plus magnétique que toute destination ou site touristique, il évoque la liberté. La liberté de vivre au jour le jour des aventures impromptues, des découvertes, des aléas et des rencontres. La vie, en somme. Mais comme augmentée. Un mot très à la mode que l’on veut aujourd’hui rendre virtuel, mais qui signifierait au contraire qu’en sortant du pré-carré de son quotidien, de sa routine, la vie s’offrirait plus intensément.

 

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Décollage d'un avion au coucher du soleil

Les moteurs de l’avion grondent. Le ciel provençal est encore sombre. Il est 6h du matin. Les lumières de la ville paradent au loin. Nous sommes tous les quatre, dans ce moyen-courrier empli d’hommes d’affaires, et nous partons pour 9 mois. Inspiration. 9 mois. Comme un gouffre de temps et d’inconnu prêt à me happer.

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Organiser son tour du monde

Pour en arriver à cet instant, nous avons déjà gravi une montagne. Partir si longtemps implique de s’être défait un à un de chacun des liens qui nous attachent à notre quotidien. Ils sont innombrables. A 20 ans peut-on sans doute partir plus léger. A 40 ans, avec deux enfants et une maison, la tâche est colossale. Je ne ferai pas ici la liste interminable des « préparatifs », mais je remercie au passage les nombreux blogs et articles ultra-détaillés sur le sujet. J’ai une pensée émue pour les Tourdumondistes qui ont courageusement débroussaillé des sujets aussi passionnants que les démarches administratives, les impôts, la scolarité des enfants, les crédits bancaires, compilé des comparatifs de banques, d’assurances ou même de sacs de voyage ou de chaussures de randonnées... La montagne que nous avons gravie était, dans sa plus grande partie, administrative et financière.

Prendre chacun de ces points pour le traiter, l’organiser et le solutionner nous a fait prendre conscience de l’étroit maillage dans lequel nous sommes, tous, pris, sans même nous en rendre compte. Nous portons sans cesse ce poids – qui représente par la même occasion l’étendue de nos possessions matérielles et notre bonne intégration à la société. Pour pouvoir partir, il faut arriver à temporairement mettre en suspens cette machine parfaitement rodée.

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Vue aérienne de la ville de Miraflores à Lima, au Pérou

L’avion va décoller et rien qu’à la pensée de ce que nous avons déjà achevé, je me sens plus aguerrie. Nous avons détaché autant que possible les fils qui nous relient à ce que nous avons construit, ici, en France. Nous avons dit au revoir à nos familles, nos amis, nos écoles. Nous n’avons qu’à porter deux sacs à dos. La légèreté a été acquise de haute lutte. Un sentiment de fragilité pourrait s’infiltrer à se trouver ainsi démuni, avec nos seuls corps pour l’aventure. Plus de maison, plus de voiture, plus de refuge. Notre trésor serait concentré dans quatre passeports et une bonne carte bleue – nos talismans précieux pour affronter cette liberté toute nouvelle. Notre véritable graal est en réalité ce qui ne peut jamais se posséder, mais qui s’offre désormais à nous avec générosité : le temps. Immense, large, incalculable. 9 mois. 270 jours.
La pesanteur se dilate, la pression oscille.

Ce soir, nous serons à Lima, au Pérou. Après une halte de quelques jours, nous partirons vers l’Amazonie. Ensuite ? Des envies, des idées, mais l’inconnu. Nous sommes prêts, légers, à voyager au gré du vent.

Serions-nous, enfin, prêts à vivre ?!

Guide de voyage

Un hymne aux voyages autour de la terre