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Voyage en famille

7 romans qui donnent envie de voyager aux enfants

Mis à jour le : 9 décembre 2016

Carte

Qu'ils aient été ou non écrits à l'intention du jeune public, ces livres ont fait naître bien des vocations d'aventuriers. Tour du monde en sept classiques.

1. L'Odyssée (Méditerranée)

Homère, VIIIe siècle av. J.-C.
Question aventure, Homère avait placé la barre très haut : un retour de la guerre de Troie long de dix ans, au gré de vents contraires et d'îles peuplées de nymphes séduisantes et de géants cyclopes et anthropophages, des récifs peuplés de sirènes aussi enchanteresses que cannibales, et pour couronner le tout, un débarquement à Ithaque en forme de vendetta. Les exploits d'Ulysse aux prises avec tout ce que le monde antique compte de divinités en rogne et de créatures retorses, ne constituent pourtant que l'introduction à l'âpre lutte du héros pour reconquérir son île et la femme qu'il aime.
On ne navigue plus en Méditerranée de la même façon, après avoir lu L'Odyssée : on se méfie des parages de la Sicile, fief des sirènes voraces, et on cherche Charybde et Scylla de part et d'autre du détroit de Messine. Mais parlons plutôt de la destination : Ithaque. On comprend qu'Ulysse se soit décarcassé pour rejoindre cette île ionienne ceinturée d'azur. Un bout de paradis d'une centaine de kilomètres carrés à l'ouest de Céphalonie, recouvert de vignes et d'oliviers, et aux côtes tout en criques et en baies. Peu peuplée, l'île constitue une halte de choix pour un mouillage en mer Ionienne.

2. Les Aventures d'Arthur Gordon Pym (Nantucket, mers du sud)

Edgar Allan Poe, 1838
Les mers du Sud, le cap de Bonne-Espérance, manchots et albatros, et après ? Avant de savoir ce qu'il y avait à la place de l'Antarctique, il fallait l'imaginer. Et pour l'imaginer, il fallait laisser cauchemars et fantasmes dériver comme le radeau d'Arthur Gordon Pym, passager clandestin d'un baleinier victime d'une mutinerie… L'unique roman d'Edgar Allan Poe commence avec la relation des expériences maritimes de son héros, avant que le fantastique ne pénétre le récit à mesure que l'on s'égare vers le sud… Les inquiétantes aventures d'Arthur Gordon Pym trouveraient des amateurs de choix en les personnes de Charles Baudelaire, qui le traduisit en français, et de Jules Verne, qui lui imagina une suite : Le Sphinx des glaces.
Poe fait naître Arthur Gordon Pym sur l'île de Nantucket, dans le Massachussets. Haut lieu de la chasse à la baleine, c'est aujourd'hui une destination de tourisme haut de gamme, prisée à la fois pour la beauté de son environnement et pour son patrimoine historique.

3. Les Enfants du capitaine Grant (37e parallèle)

Jules Verne, 1868
Le moteur du voyage, dans Les Enfants du capitaine Grant, tient tout entier dans l'espace que laissent libre à l'imagination les lacunes d'un message trouvé dans une bouteille. Message de détresse, dont l'errance sur les océans a effacé à demi les coordonnées indiquées par le naufragé : pour secourir le capitaine Grant, il faudra suivre la latitude de 37° 11' sud – seule donnée restée déchiffrable… Le plus beau et le plus abstrait des prétextes jamais imaginé à un tour du monde. Le génie de Verne est d'avoir, sur la ligne claire du 37e parallèle, en un seul périple, enfilé comme des perles des paysages et des civilisations d'une immense disparité : la Patagonie chilienne, les Andes, la pampa argentine, le désert australien et la jungle néo-zélandaise.
L'idée de courir le globe en suivant le fil imaginaire d'un parallèle terrestre a fait des émules. Pour vous embarquer dans pareil périple, le bateau-stop est une méthode qui a fait ses preuves. Sur le site d'une association telle que Sail the World (www.stw.fr), vous trouverez toutes les annonces postées par des navigateurs à la recherche d'équipers pour de petites ou de grandes traversées.

4. L'Île au trésor (Mer des Caraïbes)

Robert Louis Stevenson, 1881
Il est de ces livres de voyage que l'on ne peut lâcher jusqu'à la dernière page : L'Île au trésor vous entraîne dans les courants irrésistibles de l'aventure et vous mène jusqu'aux sources de l'imaginaire qui a irrigué les histoires de pirates ultérieures. La carte d'une île inconnue, sur laquelle un X marque l'emplacement d'un trésor, une goélette naviguant dans les mers des Caraïbes et remplie de boucaniers ivres de rhum et prêts à en découdre, un pirate à la jambe manquante et au perroquet perché sur l'épaule… C'est ce personnage qui fait du roman de Stevenson bien davantage qu'un fertile livre d'images. Fascinant d'ambiguïté et de morale trouble, Long John Silver apprend au jeune narrateur de 14 ans, Jim Hawkins, ce qu'est le courage comme la félonie.
La carte de l'île au trésor, dessinée par Stevenson, ne porte aucune coordonnée – invitation à la situer dans un imaginaire, inspiré autant par les îles vierges britanniques, paradis aussi touristique que fiscal aujourd'hui, situé dans la mer des Caraïbes, que des paysages de la Californie où l'écrivain résida juste avant de s'atteler à son roman.

5. L'appel de la forêt (Canada)

Jack London, 1903
La ruée vers l'or : ultime expression épique de la conquête des grands espaces américains de laquelle pionniers et aventuriers puisèrent leurs rêves de fortune, et leurs souffrances. Jack London en fut. Les conditions extrêmes et l'épuisement brisèrent rapidement son élan aventureux, mais firent malgré tout sa fortune en lui procurant l'inspiration des territoires du Grand Nord canadien dont sa littérature ferait le décor grandiose. L'Appel de la forêt aborde non sans génie la fièvre de l'or, mais du point de vue de l'animal, victime collatérale des hommes risquant tout : Buck, vendu comme chien de traîneau, survivra à cet embrigadement en renouant avec la part la plus sauvage de ses instincts. L'écrivain américain fera connaître un sort exactement inverse au héros éponyme de son autre grand roman d'aventure : Croc-Blanc.
La ruée vers l'or du Klondike eut pour cadre le Yukon, à l'extrémité nord-ouest du Canada, bordant l'Alaska. Une ville telle que Dawson City poussa comme un champignon grâce aux prospecteurs, avant de devenir une ville fantôme. Aujourd'hui, le parc national historique de la ruée vers l'or du Klondike, à cheval sur les territoires canadien et américain, permet de partir sur les traces des prospecteurs.


 

6. Le Monde perdu (Amazonie)

Arthur Conan Doyle, 1912
Le professeur Challenger, c'est l'anti-Sherlock Holmes, l'autre grand héros créé par Conan Doyle : carrure de géant, une barbe aussi fleurie que son verbe, tonnant et clouant sur place les scientifiques chloroformés de la société britannique de géographie. De quoi se mesurer avec style aux Ptérodactyles et aux hommes-singes que la jungle amazonienne recèle au tréfonds de ses terres inexplorées, et dont l'exploration engendre des prouesses qui n'ont pas pris une ride.
Le plateau rocheux où les aventuriers découvrent tout un monde préhistorique est directement inspiré des récits que le lieutenant-colonel Fawcett fit à Conan Doyle de Huanchaca, un haut-plateau situé en Amazonie, au sein de ce qui constitue aujourd'hui le parc national Noel Kempff Mercado, en Bolivie. Située au nord-ouest de la région de Santa-Cruz, la zone du parc borde le Mato Grosso brésilien, et concentre l'une des plus formidables richesses de faune et de flore du continent sud-américain. Préférez la saison des pluies (décembre à mars) pour dévaler ses rivières et admirer ses spectaculaires chutes d'eau.

7. Le Lion (Kenya)

Joseph Kessel, 1958
Le lion, roi des animaux, seigneur de la savane sait aussi se montrer bonne patte, voire tout sucre, quand on le caresse dans le sens de la crinière. Comme sait le faire justement Patricia, dix ans, fille du directeur d'un parc royal, au Kenya. L'amitié entre la frêle fillette et le puissant animal imaginée par Kessel est d'autant plus belle, que l'inégalité dans la vulnérabilité est contrebalancée par l'égalité de la tendresse, et de la confiance. Il y a de l'âge d'or dans cette communion avec une Afrique éternelle et son règne animal, mais la civilisation n'est jamais loin, et elle finit toujours par faire du grabuge.
Le patrimoine naturel du Kenya est sa première richesse. Ce sont quelque 8% du territoire du pays qui sont protégés dans le cadre d'une soixantaine de parcs et réserves, et de cinq sanctuaires. Un large choix de compagnies permet de parcourir la savane kenyane pour apercevoir sa faune exceptionnelle en fonction de la bourse, de l'éthique, et du plaisir.


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