Iipona

L'avis de l'auteur Lonely Planet

site archéologique

Déjà connu des ethnologues et archéologues au siècle dernier, ce site niché en amont de Puamau constitue l’un des plus importants témoignages laissés par la civilisation marquisienne pré-européenne, même s’il reste bien modeste par la taille. Il a fait l’objet d’opérations de restauration en 1991, sous la houlette d’archéologues français.

Il représente un sanctuaire religieux (meae) qui s’organise en deux grandes terrasses principales. Banians, arbres à pain, cocotiers, manguiers et papayers forment une frange ombragée. Selon les spécialistes, l’aménagement de ce site remonterait au XVIIIe siècle.

Principale attraction du lieu, les cinq tikis monumentaux se dressent dans la partie centrale et arrière du site. En avançant sur la première plate-forme, vous verrez le “tiki couché” ou Maki Taua Pepe. Cette sculpture inhabituelle en tuf gris clair représente une femme allongée sur le ventre, la tête en extension, yeux braqués vers le ciel. Elle présente une bouche démesurée, lippue, et une langue apparente. Les narines sont saillantes et les yeux ronds et écarquillés. L’arrondi du postérieur est bien visible. Les spécialistes supposent qu’elle évoque une femme en couches. Notez, sur le piédestal, des motifs de pétroglyphes représentant des chiens, dont la signification est inconnue.

Quelques mètres plus loin s’élève le tiki Manuiotaa, en tuf gris. Moins massif, plus effilé, il présente des proportions harmonieuses et équilibrées. Les mains sont nettement reconnaissables, ainsi que son sexe féminin. La tête, qui avait été sectionnée, a été replacée sur le tronc par les archéologues.

En gravissant la plate-forme située à l’arrière et en se dirigeant vers la droite, on distingue Takaii, le tiki emblématique du lieu, du nom d’un chef guerrier réputé pour sa force. Taillé dans du keetu (tuf volcanique rouge) et mesurant 2,67 m hors sol, c’est le plus grand tiki de Polynésie française. Bien campé sur de larges et solides appuis, la tête massive et carrée, il dégage une indéniable puissance. Le bras gauche est malheureusement partiellement mutilé.

Le tiki Te Tovae E Noho est implanté à gauche du précédent, sur une plate-forme plus basse. Moins finement travaillée que les autres, sa partie supérieure est difficilement reconnaissable – il n’a plus de tête – et le tronc semble escamoté. Notez les six doigts de chaque main.

Plus loin en arrière se dresse le tiki Fau Poe, taillé dans du keetu. Mesurant environ 1,80 m, il est représenté assis avec les jambes droites et écartées, position typique des femmes lorsqu’elles travaillent sur le sol. Les spécialistes supposent qu’il s’agit de l’épouse de Takaii.

Lors de la restauration du site en 1991, ces statues gisaient sur le sol. Elles ont été remises en place avec des portiques et des palans. En bon état de conservation, elles sont toutefois partiellement défigurées par des lichens blanchâtres.

En divers endroits du meae, de petites têtes de tiki sont posées sur des pierres ou des billots de bois. Il s’agit de vestiges retrouvés éparpillés sur le site. La symbolique exacte de ces tikis n’est pas encore clairement établie.

Pour accéder au site depuis Puamau, empruntez la piste perpendiculaire au front de mer, à côté du terrain de football, sur 1,5 km environ. Les 300 CFP sont à régler à titre de droit d’entrée, au snack à l’entrée du village, avant ou après votre visite.

Consultez les chapitres Civilisation polynésienne, p. 366, et Sites archéologiques, p. 370, pour de plus amples renseignements sur les sites archéologiques.

300 CFP

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