Jordanie : Les Incontournables

Il semble que la Jordanie suscite immanquablement l'enthousiasme des voyageurs qui la visitent. « Un pays incroyable, petit par la taille, mais grand par le cœur », s'est exclamé un voyageur rencontré sur la route du Roi. Alors que nous étions nous-mêmes en Jordanie, nous avons recueilli les impressions enthousiastes de quelques voyageurs. Leurs commentaires illustrent à merveille la magie et la richesse de ce pays.

Le royaume des fleurs

Des tapis écarlates de coquelicots ponctuant le désert près de Siq al-Barid (Little Petra), des rubans de lauriers-roses dans la réserve de Dana, le frémissement des pétales veloutés d'un iris noir, la fleur nationale du pays, le long de la route du Roi… Au Moyen-Orient, la Jordanie est surnommée le « pays des fleurs ». Un spectacle sublime attend notamment le visiteur sur le site d'Umm Qais, dans l'extrême nord, par un après-midi ensoleillé du mois d'avril : les hautes marguerites et les fleurs de chardons, les roses trémières jaune pâle et les orchidées mauves composent une palette chatoyante qui rehausse les vestiges de la cité antique de mille couleurs.

Beautés antiques

La Jordanie possède de magnifiques vestiges de l'Antiquité. à Amman, le théâtre romain et la citadelle m'ont littéralement enchantée, tout comme le moment passé à flâner le long de la voie à colonnade de Jérash. Circulant près des thermes, des temples, des théâtres et de l'hippodrome, je me figurais sans problème cette cité romaine à son apogée. La Jordanie vous fait plonger tête la première dans le passé. Les images de péplums vous reviennent immédiatement, d'autant que les traces laissées dans le sol calcaire par les roues des chars sont encore bien visibles ! J'ai adoré les reconstitutions avec les musiciens et les gens costumés. Une belle immersion dans l'Histoire !

À la rencontre des châteaux du désert

Les vastes plaines arides de l'est de la Jordanie abritent les châteaux du désert, un ensemble de constructions que l'on doit aux premiers Omeyyades, et qui semblent surgir comme par magie du paysage nu et désolé environnant. Visiter le désert oriental nécessite de bien planifier son périple, mais le jeu en vaut la chandelle, car la région a d'innombrables atouts pour combler les voyageurs qui souhaitent sortir des sentiers battus. Les châteaux, en premier lieu, offrent un spectacle aussi majestueux qu'irréel.

Préservation de la nature et hospitalité légendaire

Azraq a été notre vrai coup de cœur. C'est là que nous avons pu voir de près le travail de la Royal Society for the Conservation of Nature (RSCN) : les zones humides d'une ancienne oasis reprennent ainsi vie peu à peu, tandis que l'artisanat renaît. Les femmes tchétchènes de l'Azraq Lodge, en compagnie de leurs fils, nous ont par ailleurs préparé un véritable festin, y mettant tout leur cœur afin que nous gardions un souvenir inoubliable de notre visite. Voilà le genre de chaleureuse hospitalité que l'on s'attendrait à trouver chez l'habitant plutôt que dans un hôtel !

Mer de sel

La mer Morte, un lac d'eau (très) salée en fait, connue aussi pour sa boue curative et ses eaux plates et calmes, reste pour moi le moment phare du voyage. C'est extraordinaire de songer que l'on est ici à près de 400 m au-dessous du niveau des océans du globe !

« Un pays ruisselant de lait et de miel »

Je suis venue en Jordanie, le « pays ruisselant de lait et de miel » de la Bible [Exode, III, 8], pour essayer de saisir la réalité de ce pays. Ce qui m'a le plus frappée, ce sont les montagnes. Elles ont une beauté bien à elles : des sommets arrondis, des couleurs chatoyantes, surtout à Pétra. Elles sont particulièrement belles dans la lumière du matin, lorsque certains reflets donnent l'impression qu'elles s'animent. Et c'est vrai de tous les endroits que j'ai visités en Jordanie. Un peu comme si chaque montagne m'attendait pour me raconter un bout de l'histoire du pays.

Une longue et riche histoire

Des siècles durant, Madaba s'est tenue à la croisée des chemins des caravanes de marchands, des armées d'envahisseurs qui cherchaient à repousser les limites de leurs propres empires et des pèlerins en quête de la Terre promise. J'ai aimé cet endroit parce qu'il est aujourd'hui encore marqué par ces échanges et apparaît comme un creuset culturel. Ses édifices anciens, ses églises, ses musées, ses habitants même, tout évoque sa longue histoire. La superbe collection de mosaïques de la ville est sans doute ce qui donne la meilleure image du passé. Le plus fascinant, c'est que la tradition de la mosaïque se perpétue, et pas seulement dans l'école de mosaïques de la ville.

Autour d'un thé à Machéronte

J'ai vécu un moment extraordinaire à Machéronte (Mukawir), où j'étais la seule touriste. Les gens du village m'ont invitée de maison en maison pour bavarder autour d'un thé. Le chauffeur du bus m'a attendue, en m'expliquant que c'était le dernier bus qui repartait à Madaba. Je n'ai rien vu des ruines ce jour-là, mais j'ai énormément appris sur le mode de vie jordanien !

Sur les pas des rois

Si l'on ne marche pas sur les pas des souverains, au sens littéral, en suivant la route du Roi, on se rapproche néanmoins des personnages du passé : parmi eux, les Nabatéens (la cité de Pétra se dresse au bout de la route), les Romains (Umm ar-Rasas, l'un de leurs avant-postes militaires, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco) et les croisés (dont les châteaux, à Kérak et à Shobak, sont des sites incontournables pour tout visiteur).

Merveilles naturelles de Dana

Empruntez le Steppe Trail qui conduit du campement Rummana jusqu'à Dana, village vieux de 6 000 ans installé au sommet d'une colline. Après avoir cheminé sur la crête du Wadi Shagg al-Kelbe, on fait le tour des pentes rocheuses abruptes du djebel Rummana, d'où l'on aperçoit en contrebas les profondeurs du Wadi Dana. En chemin, avec un peu de chance, il n'est pas impossible de voir l'éclair bleu d'un agame du Sinaï détalant sur les rochers, ou le farouche ibex brouter dans les ravines.

Douce fraîcheur à Pétra

Aucun doute : il faut visiter Pétra à la saison fraîche ! L'expérience en est d'autant plus intense que les foules de la haute saison ont déserté les lieux. C'est ainsi que nous avons pu descendre le Siq avec pour seule compagnie l'écho d'une charrette à cheval, et avoir certains sites de Pétra pour nous seuls. Autre avantage : aucun touriste n'apparaît sur les photos de la superbe cité et des habitations bédouines qui l'entourent. Et puis on n'est pas obligé d'emporter autant d'eau qu'au plus fort de l'été, et l'on peut marcher par une température agréable pour rejoindre le monastère et le haut lieu des Sacrifices.

Sous le signe de la spiritualité

Quel plaisir cela a été de visiter la Jordanie, jardin de la Terre sainte ! La carte en mosaïques à Madaba vaut toutes les lectures du monde. Béthanie-du-Jourdain, où Jean donna le baptême à Jésus, plonge le voyageur dans un état d'esprit méditatif. Nous avons été encore plus marqués par le mont Nébo, qui permet de contempler la vallée du Jourdain, la mer Morte, Jéricho et Jérusalem, comme l'a fait Moïse. Près de la croix serpentine au coucher du soleil, on se sent alors en communion avec la Terre sainte.

Dans le Wadi Rum avec les Bédouins

Le Wadi Rum nous a laissé un merveilleux souvenir. Un jeune Jordanien nous a conduits en voiture à travers le désert – un lieu reculé, dont les montagnes arborent toute une palette de couleurs. Le circuit Wadi Rum 1, superbe, est peu arpenté par les touristes (et donc, vivement recommandé !). Le circuit Wadi Rum 2, plus fréquenté, reste malgré tout très intéressant. On a eu la possibilité de partager un thé avec des Bédouins, et même de prendre quelques photos – avec la permission des hôtes, bien évidemment.

Voyage dans le temps

Il ne faut surtout pas manquer le superbe site archéologique situé sur la route qui sort de Siq al-Barid (Little Petra), même si les objets sont mieux préservés à Al-Beidha, un autre haut lieu archéologique. En fait, les vestiges sont si nombreux et intéressants que l'on pourrait passer sa vie sur place sans avoir le temps de les voir tous. Mention spéciale pour Khirbet Feinan : en visitant les anciennes mines de cuivre, nous avons eu l'impression de faire un bond dans le temps. Tout est demeuré intact, comme si les mineurs venaient juste de quitter les lieux.

Les délices d'Amman

Si Amman ne possède pas l'architecture islamique monumentale qui caractérise les autres capitales du Moyen-Orient, quantité d'autres indices rappellent au voyageur dans quelle région du monde il se trouve. En effet, les rues de la capitale sont bordées de restaurants typiques, qui servent les spécialités dont on se régale : chawarmas, houmous, falafels et pâtisseries au miel. Pour clore le festin, rien de tel qu'un verre de chai (thé) et un narguilé parfumé à la pomme.

 

Mis à jour le : 1 août 2014

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