Toulouse : Si vous aimez

Architecture

L'agencement des ruelles du centre-ville, parfois si étroites que deux personnes ne peuvent s'y croiser, ou des vestiges comme le tronçon de rempart de la place Saint-Jacques, ne sont pas les seules traces laissées par les Romains, véritables créateurs de la cité de Toulouse. On leur doit l'utilisation de la tuile et de la brique, fabriquée à partir de la cuisson de l'argile, abondante dans la vallée de la Garonne, et qui donne sa couleur rose à la cité (la pierre, plus noble, devait être importée des Pyrénées ou du Massif central). L'influence romaine s'est également fait sentir au XVIe siècle et durant la Renaissance : pratiquement aucun édifice d'importance ne s'est bâti sans que son dessin n'ait été influencé par l'art antique. Il suffit de regarder les façades des hôtels particuliers édifiés à cette époque pour s'en convaincre : frontons triangulaires, motifs guerriers antiques, masques de théâtre, cariatides colonnes, etc., sont autant d'éléments décoratifs sans cesse répétés. La façade de l'hôtel de pierre, rue de la Dalbade (XVIIe siècle), plus tardive, ainsi que la façade du Capitole (XVIIIe siècle) montrent que cet engouement s'est poursuivi dans le temps. On dénombre plus de 70 de ces hôtels particuliers Renaissance dans le vieux Toulouse. Leurs tours d'angle et l'usage relativement massif de la pierre taillée, ouvragée, très onéreuse à l'époque, pour les encadrements d'huisseries, témoignent d'une période de grande prospérité qui a marqué la ville de façon définitive.
Le génie des bâtisseurs du Moyen Âge nous parvient d'une façon singulièrement puissante au travers de constructions religieuses de très grandes dimensions. Le style gothique méridional, caractérisé par de hauts murs de brique, des façades souvent planes, des clochers-murs parfois crénelés ou prolongés de tourelles, des intérieurs assez sobres mais non dénués de beauté et l'emploi de la pierre ajustée à la brique pour les porches et les rajouts décoratifs sculptés, imprègne les églises toulousaines. On retrouve ce style dans l'église Notre-Dame-de-la-Dalbade, l'église Notre-Dame-du-Taur et la cathédrale Saint-Étienne, pour ne citer que celles-là. Si, parfois, certains frontons d'églises, comme celui de Notre-Dame-de-la-Daurade (Beaux-Arts), présentent des caractères stylistiques rappelant l'Antiquité, il s'agit de réfections postérieures.
Plusieurs architectes ont marqué de leur empreinte la ville de Toulouse. Parmi ceux-ci, citons Nicolas Bachelier (1487–1556), ingénieur et sculpteur, auteur, entre autres, de plusieurs hôtels particuliers et coauteur du Pont-Neuf. Les idées de Louis de Mondran (1734–1795), précurseur à qui l'on doit le jardin du Grand-Rond, ont inspiré le creusement du canal de Brienne et l'aménagement des quais rive gauche. Jacques-Pascal Virebent (1746–1831), ingénieur et architecte en chef de la ville, dessina les façades sud et nord de la place du Capitole et les plans de la place Wilson. Enfin, Urbain Vitry (1802–1863), architecte en chef de la ville, auteur des Abattoirs de Saint-Cyprien, établit le plan du percement des artères principales au XIXe siècle.

Gastronomie

On peut difficilement parler de la cuisine du Sud-Ouest sans évoquer le canard. Tout se mange dans ce sympathique palmipède, partout en France, mais seuls les Gascons savent faire un foie gras aussi fin ! Frais ou cuit en bocal, il se décline sous de multiples formes. Dans quelle autre région de France consomme-t-on les grattons, ces petits bouts de viande et de peau qui restent sur la carcasse et que l'on gratte pour les faire frire dans leur propre graisse ? Ils seront ensuite mis en bocaux et dégustés en apéritif ou sur des tartines. On ne s'étendra même pas sur les fameux magrets ou sur les aiguillettes tant ces pièces sont connues et appréciées, sans parler du confit. Même la graisse est utilisée. Elle sert à faire revenir tout ce que l'on veut et notamment les pommes de terre, à la poêle ou en cocotte. L'oie aussi finira de la même façon dans l'assiette du gastronome. Quant au cassoulet toulousain, un incontournable de la gastronomie locale, il met en vedette la saucisse de Toulouse. Les autres ingrédients diffèrent selon les chefs, mais on retrouve souvent de la graisse d'oie ou de canard et des mounjetos, gros haricots goûteux typiques de la région. Quant aux desserts, mordez un jour dans une croustade et sentez croustiller sous vos dents les fines feuilles de pâte qui recouvrent le cœur fondant garni de pommes cuites à l'armagnac ! Goûtez le fénétra, qui ressemble à une galette des rois, à base de pâte d'amande et de citron. Régalez-vous du Pastis gascon, qui n'est pas un apéritif, mais bien un gâteau. Et s'il vous reste encore un petit creux, vous pourrez toujours le combler en dégustant une petite confiserie, comme une violette cristallisée au sucre.

Pour goûter le meilleur de toulouse

Croustade, cassoulet, confit de canard, violette… Les plus gourmands trouveront à Toulouse de quoi se satisfaire. Voici une sélection des meilleures boutiques pour dénicher les meilleurs produits :

  • La plus fabuleuse confiserie : Le paradis Gourmet
  • La plus incroyable épicerie fine : Le paradis Gourmand
  • Les meilleurs croustades : Ô3C
  • La plus grande boutique de produits comestibles à base de violette : la Maison de la Violette
  • La plus vieille cave/épicerie fine : le Domaine de Lastours
  • La cave la plus complète : Busquets
  • Le cassoulet le plus original : Le 7 Place Saint-Sernin
  • Les meilleurs fromagers affineurs : Betty et Xavier
  • L'épicerie fine la plus renommée : Bacquié
  • L'un des meilleurs cassoulets : Chez Émile

Avec des enfants

Petits et grands, soyez sans crainte, Toulouse pense à vous. Le square Charles-de-Gaulle, derrière le Capitole, a reçu de récents aménagements destinés aux plus jeunes : des soucoupes en guide de tourniquets ! Un peu plus loin, sur la place Wilson, un authentique manège à chevaux de bois du XIXe siècle emporte les petitous pour une cavalcade circulaire. Sur les quais de la Daurade, un parc clôturé pour les petits, comprend des jeux fixes et mobiles, au sol tapissé d'une matière antichoc. Ce même jeu est installé, en plus petit, sur la place Saint-George et devant le musée des Augustins. Juste à côté des Abattoirs, dans le jardin Raymond VI, sur le Beau-Manège, un étrange carrousel, s'agitent des personnages fantasmagoriques. Le jardin des Plantes est considéré comme celui des enfants. Ses allées sont bordées de jeux – pêche aux canards, mini quads, promenades à poney, balançoires, etc. – et de petites baraques où acheter une friandise ou siroter une grenadine. À côté, le Muséum d'histoire naturelle ouvre grand ses portes aux petits curieux qui y découvriront des animaux naturalisés, des squelettes d'animaux, une galerie de la préhistoire et de nombreuses animations interactives. Plus excentrée, la Cité de l'Espace s'est dotée de multiples animations et stands dédiés aux enfants. Mais retournons en ville où vous pourrez découvrir avec vos bambins la librairie Tire-Lire (77 rue Pargaminière), pour la jeunesse. Et pour se reposer, rendez-vous au Petit-Ekithé (10 place Intérieur), un salon de thé consacré au thème de la « parentalité ». Pour une pause plus longue, Zeplégroude est un endroit exceptionnel qui accueille toute la famille pour un déjeuner ou un café, dans un espace consacré aux enfants. Enfin, Playpark est un espace de jeu récréatif de 1 000 m2 conçu pour les enfants de 1 à 12 ans (18 route de Muret ; www.playpark.fr). Consultez également les sites : www.toulouse-enfants.com et http ://toulouse.citizenkid.com.

Stade toulousain

Promenez-vous du côté du stade Ernest-Wallon ou mieux encore, du côté du Stadium, un jour où le Stade Toulousain dispute un grand match et écoutez la rumeur sourde et puissante qui monte des gradins, vous aurez alors une petite idée de ce que le mot « rugby » veut dire à Toulouse. Ce sport viril (mais correct !) fait son apparition à Toulouse à la fin du XIXe siècle. Les matchs se disputent alors sur la Prairie-des-Filtres, en bordure de Garonne. C'est là qu'a lieu, en 1903, la finale du championnat de France, remportée par le Stade Français qui jouait contre l'équipe du SOET de Toulouse devant 5 000 spectateurs. En 1907, les 3 principaux clubs toulousains fusionnent pour donner naissance au Stade Toulousain, un club de rugby qui va devenir une véritable légende. Dès 1912, l'équipe devient championne de France en battant à domicile le Racing club de France, titre qu'il remportera 17 fois entre 1912 et 2008, un chiffre à comparer avec les 13 titres du Stade Français et les 11 de l'AS Béziers. Entre 1994 et 2009, les Toulousains se sont qualifiés 16 fois consécutives pour la demi-finale du championnat de France. Leurs 15 participations consécutives au championnat d'Europe ont été couronnées par 3 titres de champions d'Europe acquis en 1996, 2003 et 2005. L'équipe du Stade Toulousain est l'une des rares en France à posséder ses propres stade et infrastructures d'entraînement. Il s'agit du stade Ernest-Wallon, plus communément appelé stade des Sept-Deniers en raison de son implantation dans le quartier du même nom. Le stade actuel, d'une capacité de 19 500 places, a été construit en 1978. Il remplace le premier stade Ernest-Wallon, du nom du premier président du SOET et cofondateur du Stade Toulousain en 1907, détruit lors de la construction de la rocade.

Spectacles vivants

Toulouse bouge, le jour comme la nuit. Toulouse chante le rock et le jazz dans les innombrables cafés-concerts, comme le Cherche-Ardeur ou dans des salles plus connues comme le Mandala ou la péniche Le Cri de la Mouette. Toulouse chante aussi les opéras dans la salle somptueuse du Théâtre du Capitole où se produit, entre autres, l'Orchestre national du Capitole de Toulouse, basé à la Halle-aux-Grains. L'église Saint-Pierre-des-Cuisines héberge depuis peu un auditorium de 400 places. La plus grande salle de spectacle de la ville est le Zénith. Avec ses 9 000 places, elle se situe au 4e rang du classement des salles françaises, devant le Palais des Sports de Toulouse et loin devant le Bikini, autre lieu mythique toulousain ayant accueilli de nombreux artistes renommés. Dans l'ombre de ces géants, une multitude de petits théâtres permettent à des troupes talentueuses et à des artistes d'émerger. Citons la Cave-Po, le théâtre du Fil-à-Plomb (www.theatrelefilaplomb.fr ; 30 rue de la Chaîne), le théâtre du Grand-Rond (http ://grand.rond.free.fr ; 23 rue des Potiers), le théâtre du Pont-Neuf (http ://theatredupontneuf.fr ; 8 pl. Arzac), le théâtre de la Violette (www.theatredelaviolette.com ; 67 chemin Pujibet) et les 3T, parmi les plus fameux. Au delà de ces petites salles, intimistes, émouvantes, parfois proches du bricolage de génie, on trouve des salles à la renommée plus assise, moins populaires. C'est le cas du théâtre Garonne et du théâtre Daniel-Sorano. Mais le plus grand théâtre de la ville se trouve au cœur de la ville. Il s'agit du très moderne Théâtre national de Toulouse (TNT ;) qui accueille chaque année quelque 100 000 spectateurs.

Violette de Toulouse

La violette de Parme ne fit son apparition en France que vers 1755. Plusieurs variétés de violettes existaient déjà sur le sol français mais aucune n'avait une fragrance aussi puissante que celle-ci, ce qui en fit une matière première recherchée des parfumeurs. Vers 1854, après avoir conquis presque tout le territoire français, la violette arrive enfin dans la région toulousaine, à Saint-Jory. à cette époque, l'engouement pour cette petite fleur va croissant. Partout on la porte à la boutonnière. Les maraîchers de la région vont saisir cette chance. La récolte des fleurs ayant lieu d'octobre à mars, elle leur apporte un complément de revenu durant la période creuse. Jusqu'en 1907, les bouquets, confectionnés le soir à la veillée, sont vendus au poids sur le marché aux Violettes des Jacobins à des revendeurs qui les expédient partout dans le monde. Chaque jour, des trains chargés de violettes partent vers Paris (3 à 6 wagons !), l'Europe et la Russie. à partir de 1908, les producteurs, désireux de maîtriser les fluctuations du marché, créent une coopérative. En 1955, année charnière, 600 producteurs de la région toulousaine travaillent la violette sur une superficie de près de 20 ha. La production va ensuite diminuer progressivement malgré la création de nouveaux débouchés, telle la création de liqueurs ou de confiseries à base de violette. En 1983, la coopérative ferme ses portes. Mais à partir de 1985, sous l'impulsion de Mr Roucolle, ingénieur agronome de la Chambre d'agriculture, des études sont menées pour relancer la culture de la violette à Toulouse. Aujourd'hui les créations artisanales telles que la violette cristallisée au sucre, les parfums, liqueurs, bonbons et, plus récemment, les plats, desserts et cocktails à base de violette, permettent à Toulouse de renouer avec sa fleur emblématique.

De l'aéropostale à l' Aérospatiale

Lorsque, pendant la Première Guerre mondiale, le gouvernement français demande à Pierre-Georges Latécoère de fabriquer des avions de guerre dans son usine de montage de wagons de chemin de fer basée à Montaudran, celui-ci n'imagine pas l'impact que ce projet va avoir sur le destin de Toulouse. Au début des années 1920, Latécoère, qui cherche à recycler les anciens avions de chasse garés dans ses hangars, va créer la première ligne aéropostale, un défi très audacieux pour l'époque. Plus de 120 pilotes aux nerfs d'acier, souvent d'anciens pilotes de chasse, parmi lesquels Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry, vont se succéder aux commandes des aéroplanes pour acheminer le courrier jusqu'à Dakar, puis jusqu'en Amérique du Sud. La voie des airs est tracée. Elle est suivie, au début des années 1930, par un ingénieur et ancien mécanicien, émile Dewoitine, qui met au point les premiers avions métalliques avec pare-brise. Bientôt, l'état, conscient du potentiel économique, va soutenir l'industrie aéronautique toulousaine. Sud-Aviation est créé et produira en 1955 le premier avion moyen-courrier à réaction français, la Caravelle, puis, en 1969, le supersonique Concorde. En 1970, Sud-Aviation devient l'Aérospatiale qui va construire dès 1972 les premiers avions capables de concurrencer Boeing : les Airbus.
Aujourd'hui, les secteurs de l'aéronautique et de l'aérospatiale sont les piliers de l'économie toulousaine. Ils emploient près de 20 000 personnes, soit environ 50% de la masse totale des travailleurs du secteur industriel de l'agglomération. Les plus grandes sociétés nationales, Aérospatiale, Airbus Industries, Matra, Thomson-CSF, le CNES (Centre national d'études spatiales) et Alcatel, ont rejoint ce qui est devenu le plus grand pôle aérospatial de France, le premier d'Europe et le second du monde. C'est à Toulouse, dans les ateliers du CNES et d'Alcatel, que sont mis au point et assemblés les satellites mis en orbite par la fusée Ariane. Les secteurs du développement et de la recherche toulousains emploient environ 11 000 chercheurs, dont une grande partie est issue des écoles toulousaines. Afin d'asseoir son rayonnement et de donner au public les moyens de s'enthousiasmer pour la conquête spatiale, la ville de Toulouse a créé le premier centre européen interactif sur le thème de l'espace : la Cité de l'Espace. De son côté, Airbus Industries propose la visite des chaînes d'assemblage des A380, A330 et A340 (www.taxiway.fr).
Mis à jour le : 8 avril 2014
Vizeat

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