Lille : Culture

Pioché au vol d'une conversation, vous saisirez quelques mots du parler du Nord, aux tonalités bien terriennes. Le ch'ti (ouch'timi) est une variante du picard, langue romane bien étudiée par les linguistes, et dont les origines remontennt au XIe siècle. Le picard est parlé dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, ainsi qu'en Belgique, dans le Hainaut. Le ch'ti est essentiellement présent dans le bassin minier près de Lille. Pour certains, le mot ch'ti/ch'timi daterait de la Première Guerre mondiale : des soldats auraient donné ce sobriquet à leurs camardes nordistes en raison de leur manière de parler : Ch'est ti ? (c'est toi), Ch'est mi (c'est moi). Parmi les grands défenseur de la culture ch'ti, figurait Raoul de Godewarsvelde (1928-1977). La berceuse populaire le P'tit Quinquin est traditionnellement chantée en ch'ti.
Aujourd'hui, le ch'ti conserve ses lettres de noblesse grâce à la population, et grâce aux universités de lettres qui l'enseignent (à Lille et Amiens). Le film de Dany Boon, Bienvenue chez les Ch'tis (2008), lui a donné une aura nationale.

Le spectacle vivant

Musique, théâtre, opéra et ballet sont bien représentés dans la Métropole, avec des sallse et des compagnies prestigieuses. Stuart Seide dirige le Théâtre du Nord qui forme, avec L'Idéal à Tourcoing, le Théâtre national de Lille. Gilles Decaque continue de faire vivre avec grand talent le Prato. Côté danse, il faut regarder vers Roubaix, où Carolyn Carlson prend en main l'ancien Ballet du Nord, rebaptisé Centre chrorégraphique national Roubaix-Nord-Pas-de-Calais. Autre scène nationale, La Rose des Vents, à Villeneuve-d'Ascq, maintient une programmation pointue en théâtre, musique et danse. Les mélomanes tendront l'oreille vers l'Opéra de jean-Claude Casadesus, et l'Atelier lyrique de Tourcoiing, que Jean-Claude malgoire ouvre à divers répertoires.

LES MAISONS-FOLIES

Nées en 2004, lorsque Lille a été élue capitale européenne de la Culture, les maisons-folies se sont installées dans des lieux qui avaient marqué le passé d'un quartier, avaient joué leur rôle et allaient tomber dans l'oubli et en friche (filature, entrepôt industriel, brasserie, hospice, ferme ou bâtiment historique) - une exception avec Le Colysée, né ex nihilo. De belles réhabilitations, parfois audacieuses comme la réalisation de Lars Spuybroek à Wazemmes, animés par la volonté de donner aux artistes l'occasion de travailler et de s'exprimer. Toute orientées vers la création et la préservation du patrimoine, avec pour missions subsidiaires : redonner une image séduisante à des quartiers parfois délaissés. Pour mémoire, elles se situent dans les quartiers de Wazemmes et de Moulins, dans une superbe ancienne brasserie à Lille, à l'hospice d'Havré, dont les origines remontennt au XIII siècle, à Tourcoing, dans l'ancien entrepôt de la Condition publique, à Roubaix, au fort de Mons (il héberge des associations municipales), dans la Ferme d'en-haut, à Villeneuve-d'Ascq, au Colysée à Lambersart, mais aussi à Courtrai, à Arras, à Maubeuge et en Belgique.

Mis à jour le : 12 juin 2013
Vizeat

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