Berlin : Culture

Coutumes, arts, langue

Coutumes

Berlin est une ville aux mœurs très décontractées. La tenue de soirée est rarement de rigueur. Les Berlinois sont généralement accueillants et amicaux. Si vous êtes invité chez quelqu'un, apportez des fleurs ou une bouteille de vin. Et lors d'un dîner, n'omettez pas de féliciter la maîtresse de maison pour l'excellence de sa cuisine. Selon le degré d'intimité, on se serre la main ou on s'embrasse pour se saluer. Lors d'un appel téléphonique, commencez par mentionner votre nom ; c'est une règle de base de la politesse outre-Rhin.
Enfin, ne traversez pas quand le feu est au vert pour les voitures et ne tentez pas de prendre le tour des autres dans une file d'attente, comportements qui vous attireront des regards méprisants et des remarques acerbes.

Langue

L'allemand est la langue officielle à travers tout le pays. Certains Berlinois pratiquent encore le dialecte local, le Berlinisch. Nombreux sont les Allemands, au moins les jeunes, à parler l'anglais et parfois le français.
Quelques expressions utiles :
Bonjour : Guten Tag
Bonsoir : Guten Abend
Au revoir : Auf Wiedersehen
Salut : Tschüss, Tschüssken
Merci (bien) : Danke (schön)
S'il vous plaît : Bitte
Excusez-moi : Entschuldigung
Comment allez-vous ? : Wie geht es Ihnen?

Nourriture

Le petit déjeuner est une affaire sérieuse ! Il se compose de pain, blanc ou complet, de confiture, d'un choix de saucisses (Wurst) et de charcuterie, de fromages et d'œufs, le tout arrosé de café, de thé ou de chocolat chaud. La cuisine berlinoise, faite pour affronter les grands froids, est copieuse et riche en calories. Le porc est présent dans de nombreuses recettes. Parmi les plats favoris, citons les Kasseler Rippen (côtes de porc fumées) et l'Eisbein (jarret de porc), tous deux servis avec de la choucroute et des pommes de terre. La Currywurst (une saucisse épicée relevée de sauce au curry), autre classique berlinois, est servie à tous les coins de rue dans les petits Imbiss (stands d'en-cas). Les Bouletten, bœuf haché à mi-chemin entre le hamburger et la boulette de viande, figurent également sur tous les menus, tout comme le poulet rôti, les Schnitzel, le Sauerbraten (bœuf mariné) et les Matjes (harengs marinés).

Religion

La religion dominante est le protestantisme, suivi par le catholicisme. Du fait de l'importance de la communauté turque, l'islam est également très présent. Renforcés par les émigrants en provenance de Russie, les juifs sont aujourd'hui au nombre de 10 000 (160 000 avant-guerre).

Arts

Après un long et flamboyant passé artistique, qui trouva son apogée dans les années 1920, Berlin présenta, après la Seconde Guerre mondiale, un paysage culturel tout aussi fractionné que la ville elle-même. Dans le domaine de la peinture, les artistes de l'Est devaient suivre la ligne du réalisme socialiste. D'autres, comme Otto Nagel et Max Lingner, préférèrent s'exiler. À la fin des années 1960, Berlin-Est s’affirme cependant comme le centre artistique de la RDA avec l’École de Berlin (Berliner Schule) pour centre de formation. Quelques-uns de ses principaux membres, tels Manfred Böttcher ou encore Harald Metzkes, réussissent à se détacher des limites officiellement imposées à l’art dit socialiste pour se tourner vers un réalisme à plusieurs facettes. Dans les années 1970, lorsque la place de l’individu dans la société devient un thème dominant, des galeries clandestines fleurissent à Prenzlauer Berg et l’art prend une dimension plus subversive.
À l'Ouest, l'abstrait domina pendant les vingt années qui suivirent la guerre. Le milieu des années 1960 vit l'éclosion de la peinture figurative, influencée par le pop art, et du réalisme critique, plus politisé et représenté notamment par Hermann Albert, Hans-Jürgen Diehl et Wolfgang Petrick. En 1973, le mouvement de l'École de la nouvelle magnificence (Schule der Neuen Prächtigkeit) proposa une approche similaire dans laquelle s'illustrèrent Manfred Bluth, Matthias Koeppel ou Johannes Grützke. Dans les années 1980, l'expressionnisme refleurit grâce au groupe des “nouveaux fauves” (Junge Wilde).
Jusqu'en 1945, l'histoire du cinéma allemand épousa celle de Berlin. Aujourd'hui, Hamburg et Munich ont volé la vedette à la nouvelle capitale, bien que cette dernière accueille depuis 1951 le Festival international du film de Berlin. Fondé en 1971, le Forum international du nouveau cinéma, qui accueille des films plus radicaux et plus alternatifs, a su trouver sa place auprès des compétitions classiques.
Après les fastueuses années 1920 (Nosferatu le Vampire de Murnau, en 1922, et Metropolis de Fritz Lang, en 1926) et 1930 (L'Ange bleu de Joseph von Sternberg, en 1930, Le Testament du Dr Mabuse de Fritz Lang, en 1932), le cinéma berlinois bascule dans la propagande et l'antisémitisme. Les années qui suivent la fin de la guerre ne voient guère émerger de chefs-d'œuvre et il faut attendre la fin des années 1970 pour assister à une renaissance. Ce sera l'époque du retour à Berlin de talentueux réalisateurs comme Wolker Schlöndorff, Margarethe von Trotta et Rainer Werner Fassbinder, à qui l'on doit notamment L'Honneur perdu de Katharina Blum (1975), Le Tambour (1979) et Querelle (1982).
Le théâtre berlinois ne s'épanouit réellement qu'au milieu du XVIIIe siècle, avec l'arrivée d'auteurs comme Gotthold Ephraim Lessing et Johann Wolgang von Goethe. Il connaît un âge d'or jusqu'en 1814, alors qu'August Wilhelm Iffland dirige le Théâtre royal national. Il faudra attendre 1894 pour qu'il refleurisse, quand Otto Brahm prend la direction du Deutsches Theater. Considéré comme le pionnier du théâtre moderne, il donne une dimension psychologique aux personnages et cherche à refléter la réalité dans le langage et les situations dramatiques. Il engage un jeune acteur, Max Reinhardt, qui devient le metteur en scène sans doute le plus influent du théâtre allemand. Les pas de Reinhardt croiseront ceux d'une autre figure illustre, Bertolt Brecht. Celui-ci s'installe à Berlin en 1924 pour travailler avec Reinhardt au Deutsches Theater, avant de développer son propre style, le “théâtre épique”. Son œuvre la plus célèbre, L'Opéra de quat'sous, est présentée au Theater am Schiffbauerdamm en 1928. Brecht émigre aux États-Unis pendant la période nazie.
Après la Seconde Guerre mondiale, la stagnation artistique touche le théâtre pendant plus de vingt ans. Ce n'est qu'en 1970 que la réouverture du Hallesches Theater, à Berlin-Ouest, ranime brièvement ce secteur. De l'autre côté du Mur, le Volksbühne devient l'une des scènes les plus inventives avec le Deutsches Theater. Profitant d’une relative liberté politique et artistique accordée par le gouvernement, ces lieux servaient de plates-formes pour des échanges politiques et contribuèrent à l’évolution pacifique qui devait mener aux événements de 1989.
Bien que les trois opéras berlinois, le Deutsche Oper, le Staatsoper et le Komische Oper possèdent leurs propres troupes, la danse est toujours demeurée en retrait par rapport au théâtre. Toutefois, le ballet connut une renaissance après la Seconde Guerre mondiale sous l'impulsion de Tatjana Gsovsky, une immigrante russe.
Berlin fut plus actif dans le domaine de la danse moderne. Isadora Duncan y ouvrit sa propre école, la Duncanschule, en 1904, et les fécondes années 1920 donnèrent naissance à une nouvelle forme d’expression corporelle, la “danse grotesque”. Influencée par le dadaïsme, elle est caractérisée par une expressivité excessive et souvent comique. Une de ses plus ferventes interprètes fut Valeska Gert. Aujourd'hui, les deux principales salles de danse moderne sont la Tanzfabrik, un collectif fondé à Kreuzberg en 1978, et le Hebbel Theater, également à Kreuzberg.
Éclipsée dans le domaine de la musique pendant des siècles par Vienne, Leipzig et d'autres villes, Berlin n'a apporté que peu de contributions originales à l'Histoire de cet art. Le XIXe siècle vit la fondation du célèbre Berliner Philharmonische Orchester en 1882, dirigé successivement par Hans von Bülow, Richard Strauss et Arthur Nikisch. Wilhelm Furtwängler en prit la direction en 1922 et la conserva, sans interruption, jusqu'en 1954. Herbert von Karajan lui succéda et donna à l'orchestre une renommée mondiale. Claudio Abbado prit sa suite jusqu'en 2002, année au cours de laquelle il fut remplacé par Simon Rattle, chef d'orchestre britannique qui a fait en sorte que l'orchestre devienne indépendant de toute tutelle gouvernementale.
On ne peut parler de musique à Berlin sans rendre hommage à Kurt Weill à qui l'on doit notamment les airs de L'Opéra de quat'sous et de Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny, les chefs-d'œuvre de Brecht. À cette même époque, Mischa Poliansky est l'une des figures emblématiques de la musique de cabaret.
À la fin des années 1980, la musique techno envahit la scène berlinoise. La techno a beau puiser ses racines dans la house originaire de Detroit, c’est à partir de Berlin qu’elle conquiert le monde. Parmi les clubs pionniers, citons Ufo et Planet. Ce mouvement a donné naissance à la Love Parade, qui se déroulait chaque année dans les rues de la cité au mois de juillet (de 1989 à 2003). Cette rave, qui comptait 3 chars et 150 participants à ses débuts, rassemblait 1,5 million dix ans plus tard. L’intérêt pour la manifestation a cependant faibli au début des années 2000 et la dernière édition a eu lieu à Berlin en 2006. Aujourd’hui, la techno pure et dure a été reléguée au second plan, tandis que de nouveaux genres électroniques dissidents se fraient un chemin jusqu’aux platines des clubs.

Vizeat

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