Khiva

Au XIXe siècle, le nom de Khiva, évocateur de caravanes d’esclaves et d’éprouvants périples à travers des déserts et des steppes peuplés de tribus sauvages, terrifiait tous les voyageurs sauf les plus intrépides. Aujourd’hui, Khiva est une vieille cité accueillante de la route de la Soie, à 35 km au sud-ouest d’Ourguentch, qui bénéficie de bonnes infrastructures touristiques. La conservation parfaite de son centre historique lui vaut le surnom de ville-musée, et certains critiquent l’absence de vie. Même si vous partagez cette opinion, vous ne pourrez que vous extasier en découvrant la légendaire Itchan-Qala (cité fortifiée). Franchir les remparts et flâner parmi ses somptueux monuments en adobe équivaut à un voyage dans le passé. D’Ourguentch, on peut visiter la ville en une journée. Khiva mérite cependant que l’on s’y attarde pour l’admirer à l’aube ou à la nuit tombée, quand la lune éclaire les silhouettes inclinées des colonnes et des madrasa au détour des ruelles tortueuses.

A voir, à faire

Notez que l’accès à presque tous les sites de la vieille ville est couvert par un billet bon marché unique, en vente à la porte Ouest. Valable 2 jours consécutifs, celui-ci n’exclut que quelques musées de moindre importance et un minaret çà et là. Si vous faites des photos, sachez qu’en fin d’après-midi, les façades de Khiva, pour la plupart orientées vers l’ouest, baignent dans la lumière orangée du couchant. Le sommet du mur Ouest, la tour de guet de la Koukhna Ark et la grande roue devant la porte Nord de l’Itchan-Qala constituent les meilleurs points de vue.
Portes et remparts de l’Itchan-Qala. Si vous pouvez vous promener dans l’Itchan-Qala sans billet, vous ne pourrez pas pénétrer dans les sites, ni prendre de photos. Les portes Nord, Est et Sud sont respectivement appelées Bogtcha-Darvoza (porte du Jardin), Polvon-Darvoza (porte de l’Homme fort) et Tosh-Darvoza (porte de la Pierre). La billetterie se trouve à la porte Ouest (Ota-Darvoza, littéralement “porte du Père”, une reconstruction des années 1970 après la destruction de l’originale en 1920), flanquée de deux tourelles, qui constitue l’entrée principale de la vieille ville. Nul besoin de billet pour une promenade le long de la section nord-ouest des remparts, accessible par des marches à la porte Nord. Longs de 2,5 km, les remparts en adobe ont été reconstruits au XVIIIe siècle après avoir été détruits par les Perses.
Koukhna Ark. Sur la gauche en entrant par la porte Ouest, la Koukhna Ark était la résidence fortifiée des seigneurs de Khiva. Bâtie au XIIe siècle par Oq Shihbobo, elle fut agrandie au XVIIe siècle et comprenait le harem, le trésor, les écuries, l’arsenal, les casernes, la mosquée et la prison des khans.
Madrasa Mohammed Rakhim Khan. À l’est de la Koukhna Ark, de l’autre côté d’un vaste espace qui était jadis une place animée (et un lieu d’exécution), la madrasa Mohammed Rakhim Khan, du XIXe siècle, porte le nom du khan qui se rendit à la Russie en 1873 ; il réussit néanmoins à conserver l’indépendance de Khiva plus longtemps que Boukhara.
Minaret Kalta Minor. Au sud de la Koukhna Ark se dresse le minaret Kalta Minor, un édifice trapu couvert de faïences turquoise. La construction de ce minaret inachevé fut entamée en 1851 par Mohammed Amin Khan qui, selon la légende, le voulait suffisamment haut pour que la vue porte jusqu’à Boukhara.
Mosquée Juma. À l’est du mausolée de Sayid Alauddin, la grande mosquée Juma mérite le coup d’œil pour les 218 colonnes en bois qui supportent son toit – un concept qui dériverait des anciennes mosquées arabes. Six ou sept colonnes proviennent de la mosquée d’origine du Xe siècle, mais l’édifice actuel date du XVIIIe siècle. À l’intérieur, vous pouvez grimper l’escalier obscur jusqu’à la galerie, constellée de fientes de pigeon, du minaret Juma, haut de 47 m.
Madrasa Allaquli Khan. Juste à l’est de la mosquée Juma, une ruelle court vers le nord de la rue Pahlavon Mahmud ko’tchasi et abrite certains des bâtiments les plus intéressants de Khiva, érigés pour la plupart par Allaquli Khan – surnommé le “khan bâtisseur” – dans les années 1830 et 1840. Viennent d’abord la haute madrasa Allaquli Khan et la madrasa Kutlimurodinok plus ancienne (1804-1812), aux façades quasi identiques de part et d’autre de la rue. La seconde accueille un musée d’art.
Palais Tosh-Hovli. Le Tosh-Hovli (“maison de pierre”) possède le décor intérieur le plus somptueux de Khiva, dont des carreaux de céramique, de la pierre et du bois sculptés, ainsi que des ghanch. Construit par Allaquli Khan entre 1832 et 1841 pour dépasser en splendeur la Koukhna Ark, il comprendrait plus de 150 pièces réparties autour de 9 cours, avec de hauts plafonds pour profiter de la moindre brise.
Musée des Arts appliqués dans la madrasa Islom-Hodja. Il présente l’artisanat du Kharezm au fil des siècles : sculptures sur bois, orfèvrerie, tapis ouzbeks et turkmènes, pierres gravées d’écritures arabes (utilisées au Kharezm du VIIIe au XXe siècle), et grandes jarres appelées hum pour conserver des denrées dans le sol.
Mausolée de Pahlavon Mahmud. Ce mausolée révéré, avec une cour sublime et de somptueux carrelages, est l’un des plus beaux monuments de la ville.
Palais Isfandiyar. Appelé aussi palais de Narallabay, l’édifice fut bâti entre 1906 et 1912. À l’instar du palais d’été de l’émir à Boukhara, il présente une décoration surchargée mêlant maladroitement l’Orient et l’Occident.

Mis à jour le : 17 mars 2015
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