Ouzbékistan : Culture

Coutumes et cultures ouzbekes

Us et coutumes

Un grand respect est dû aux personnes âgées, particulièrement aux hommes dits aksakal (“barbes blanches”).
Salutations. On serre la main des hommes en disant salom ou salom aleikoum. On pose sa main gauche sur son cœur pour témoigner plus de respect.
Amin. À la fin d’un repas partagé, on passe ses mains sur son visage (geste de l’amin) pour manifester sa gratitude.
Thé. Il existe un rituel du thé. Il faut rincer sa piala (petit bol à thé) avec une goutte de thé chaud puis le reverser dans la théière. L’opération est répétée trois fois avant que le thé ne puisse être bu.

Langue

L’ouzbek est la langue officielle et, avec 15 millions de locuteurs, la langue non slave la plus parlée dans les anciennes républiques soviétiques. Il appartient à la branche turque. De 1918 à 1941, l’ouzbek s’écrivait en caractères latins. Par la suite, il a été transcrit dans un alphabet cyrillique modifié, mais le pays reprend désormais l’alphabet latin. Il existe par ailleurs plus d'une cinquantaine de langues minoritaires, parmi lesquelles le tadjik, le kazakh, le tatar, le kirghiz, le coréen, le yiddish ou l'arménien.

Gastronomie

L’Asie centrale n’est pas réputée pour sa gastronomie, et l’Ouzbékistan ne se démarque pas du reste de la région en la matière. Vous n’aurez aucun mal à vous restaurer mais le choix est restreint et les saveurs plutôt fades. Les principaux types de restaurants sont les traditionnelles tchaïkhani, les restaurants plus élégants dans les villes touristiques et les fast-foods dans les petites localités.
Le plov, constitue le plat national, avec des variantes régionales. Chaque région possède aussi son propre non (pain nan). À Kokand, il consiste en une fine galette à bords relevés sur laquelle on sert les chachliks, tandis que le nan de Samarcande ressemble à un bagel géant sans trou.
Des plats régionaux comme les laghman (longues nouilles plates), les beshbarmak (nouilles servies avec de la viande de cheval et un bouillon), le halim (porridge de blé avec de la viande bouillie) et le naryn (saucisse de cheval et nouilles froides) sont tous appréciés. Le mochkitchiri et la mochhurda sont respectivement des bouillies de viande et de haricots mungo. Le dimlama est un ragoût de viande, pommes de terre, oignons et légumes lentement mijotés existant en version végétarienne (sabzavotli dimlama). Le buglama kovok (citrouille à la vapeur) est un délice.
Les Ouzbeks raffolent du kurut (boulettes de yaourt aigre séché), proposé partout, et du noz (tabac à chiquer en poudre fine). Les somsa (samosas, pâte feuilletée farcie, souvent à l’agneau et aux oignons), disponibles partout, varient beaucoup. Ils font un excellent en-cas quand ils sont savoureux mais la plupart sont très gras. Les tchaïkhani sont le meilleur endroit pour siroter une tasse de thé vert ou noir. Vous trouverez du café expresso dans la plupart des lieux touristiques. Parmi les autres boissons sans alcool, citons le katyk, lait fermenté servi nature mais auquel il est possible d’ajouter du sucre ou à la confiture..
Bien que l’Ouzbékistan soit de culture musulmane, boire de l’alcool n’a rien de tabou et l’on trouve couramment de la bière et, dans une moindre mesure, du vin et des spiritueux. Parmi les bières brassées sur place, signalons la Pulsar (de style tchèque), la Qibray et la Sarbast, produite conjointement avec Carlsberg.

Religion

Près de 90% des Ouzbeks se disent musulmans, mais très peu sont pratiquants. La plupart sont d’obédience modérée sunnite hanafite, et le soufisme est très présent. Près de 9% de la population est chrétienne (surtout les Russes, qui pratiquent l’orthodoxie).
Depuis les attentats de 1999 à Tachkent, les mosquées n’ont plus le droit de diffuser l’azan (appel à la prière), et les mollahs doivent faire l’apologie du gouvernement dans leurs sermons. La fréquentation des mosquées, qui décroissait déjà, s’est effondrée au lendemain du massacre d’Andijan mais semble reprendre peu à peu, sous l’œil attentif du gouvernement.

Arts

L’art, la musique et l’architecture traditionnels ont évolué au fil des siècles avant d’être conservés dans un cadre rigide après la création de la RSS d’Ouzbékistan. Cependant, dans les décennies qui suivirent, deux centres majeurs d’art progressiste furent autorisés à poursuivre leurs activités : le musée Savitsky à Noukous, où fut cachée la collection d’œuvres d’art prohibées rassemblée à partir des années 1930 par Igor Savitsky, et le légendaire théâtre Ilkhom de feu Mark Weil à Tachkent, qui n’hésite pas à aborder des thèmes comme l’homosexualité ou les questions raciales.
A l’instar des médias, l’art contemporain est étroitement contrôlé par l’État. Des artistes contestataires, comme ont pu l’être le dramaturge Mark Weil ou la photographe Oumida Akhmedova, s’exposent à des situations périlleuses. Mark Weil a été assassiné au pied de son immeuble à Tachkent en septembre 2007. Akhmedova, dont l’œuvre révèle la vie et les traditions des Ouzbeks ordinaires, a mobilisé l’opinion internationale en 2009 quand elle a été arrêtée et accusée de “diffamation contre la nation ouzbèke” pour une série de photos finalement publiées sur le site Internet de la BBC.
Si Karimov l’a finalement acquittée, il suffit de voir ses photos apparemment anodines pour comprendre quel était l’idéal artistique du président. L’Ouzbékistan devait être présenté comme un pays propre, ordonné, prospère et moderne. Cette vision a également eu un impact sur la planification urbaine, comme en témoignent le réaménagement de Samarcande, dont la vieille ville a été dissimulée aux yeux des touristes, et la dénaturation, à Tachkent, de l’Amir Timur maïdoni, dont les platanes centenaires ont été abattus.

Mis à jour le : 8 octobre 2019
Vizeat

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