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Est du Kazakhstan

Capitale régionale relativement prospère, Oust-Kamenogorsk est la porte d’accès d’une vaste contrée de montagnes, de lacs et de villages, qui se prête à la randonnée, à l’équitation, au rafting et autres activités de plein air. Les montagnes de l’Altaï, à son extrémité orientale, comptent parmi les plus beaux endroits du Kazakhstan, mais il faut s’organiser longtemps à l’avance pour obtenir le permis frontalier permettant de les explorer. Semeï, l’autre ville majeure de la région, reste avant tout connue pour le tristement célèbre Polygone d’essais nucléaires voisin. Elle n’en présente pas moins un très grand intérêt sur le plan historique et culturelle.

Oust-Kamenogorsk

Au confluent de l’Irtych et de l’Oulba, Oust-Kamenogorsk est une ville animée avec une architecture soviétique généralement discrète. “Oust” a vu le jour en 1720 avec la création d’un fort russe, puis est devenue une petite ville, qui s’est bien agrandie depuis les années 1940 et l’arrivée de Russes et d’Ukrainiens venus extraire et exploiter le cuivre, le plomb, l’argent et le zinc de la région. Ces industries permettent encore de préserver la ville des problèmes économiques, mais sont loin d’être idéales pour la qualité de l’air.
Parc Levoberejny. Ce vaste parc nouvellement créé sur la rive sud de l’Irtych mérite qu’on lui consacre quelques heures. De l’entrée, dirigez-vous vers l’ouest à travers le jardin botanique en pleine croissance pour rejoindre l’Exposition ethnographique qui regroupe des maisons traditionnelles d’une douzaine de minorités ethniques du Kazakhstan (Tchétchènes, Tatars, Coréens, Ouïghours…).
En longeant vers l’est le côté nord du parc, vous tomberez sur des pavillons consacrés aux héros de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d’Afghanistan ainsi qu’aux “liquidateurs” de la centrale nucléaire de Tchernobyl après la catastrophe de 1986. En retournant vers l’entrée, vous passerez devant une longue série de pièces d’armement soviétiques avant d’atteindre une collection de statues de l’ex-URSS, avec en toile de fond les coupoles bleues étincelantes de la nouvelle mosquée. Les effigies de Lénine dominent, mais des figures littéraires comme Maïakovski, Gorki et Tolstoï sont également représentées.
Parc Jastar. Ce joli parc central parfaitement entretenu peut faire l’objet d’une agréable promenade, d’autant que ses abords recèlent certains des plus vieux bâtiments d’Oust-Kamenogorsk et plusieurs musées justifiant une visite. Il accueille en outre une réplique d’un village de pionniers russes, constitué de chalets en rondins avec mobilier et décoration d’époque.
Musée d’histoire. Ce musée digne d’intérêt comprend une section d’histoire naturelle locale incluant des animaux naturalisés, dont un léopard des neiges et un maral géant, de même qu’un département historique qui fait état du nombre impressionnant de tumulus funéraires présents dans la région.
Musée ethnographique. Il occupe deux bâtiments donnant sur des coins opposés du parc Jastar. Le Korpus n°1 (Gorky 59) est dédié à la culture kazakhe de l’est du pays, le Korpus n°2 (Kaïsenov 67) aux nombreux autres groupes ethniques de la région.
Strelka. Une balade plaisante mène à la Strelka (Flèche), bande de terre à la confluence de l’Irtych et de l’Oulba, où s’élève un monument dédié aux héros de l’Union soviétique.

Semeï

À 200 km en aval d’Oust-Kamenogorsk le long de l’Irtych, Semeï est tristement célèbre dans le monde sous son ancien nom de Semipalatinsk. Elle n’en possède pas moins un riche patrimoine culturel qui fait d’elle l’une des villes provinciales les plus intéressantes du Kazakhstan. Fondée en 1718 en tant que place forte russe contre les attaques dzoungares, elle se tient sur le territoire de la Horde moyenne, réputée pour son éloquence et son esprit. La région a vu naître plusieurs grands écrivains et pédagogues kazakhs, notamment le poète national Abaï Kounanbaïev (1845-1904). Semeï accueillit également Dostoïevski durant ses années d’exil.
Entre 1949 et 1989, l’armée soviétique fit exploser 460 bombes nucléaires dans le Polygone de Semipalatinsk, une vaste zone de steppes située à l’ouest de la ville. Une vague de protestations sans précédent dans le pays, appelée le mouvement Nevada-Semipalatinsk, contribua largement à l’arrêt des essais et à la fermeture du site par le président Nazarbaev en 1991. Les effets des radiations continuent toutefois de provoquer mutations génétiques, cancers, déficiences du système immunitaire et maladies mentales au sein de la population locale. Le Programme des Nations unies pour le développement estime à plus de 1,3 millions le nombre de personnes affectées.
Musée Dostoïevski. Le musée Dostoïevski, bien conçu, comprend la maison en bois dans laquelle vécut l’écrivain de 1857 à 1859 avec sa femme et son enfant. Une statue des deux hommes trône à l’extérieur du musée. Le musée présente la vie et l’œuvre de Dostoïevski, avec des sections dédiées, entre autres, à ses 5 ans de prison à Omsk et ses 5 ans de service militaire forcé à Semeï. Les pièces dans lesquelles il vécut ont été laissées dans le style de l’époque. C’est à Semeï que Dostoïevski se lia d’amitié avec l’extraordinaire Chokan Valikhanov, un prince de la Horde moyenne à la fois ethnographe, historien et espion de
l’armée russe.
Musée Abaï. Le grand musée Abaï est consacré au poète humaniste du XIXe siècle Abaï Kounanbaïev. Outre une collection illustrant la vie et l’œuvre du personnage, le musée possède de nombreux objets du XIXe siècle et s’intéresse aux traditions des nomades kazakhs, ainsi qu’aux successeurs littéraires du poète, parmi lesquels Moukhtar Aouezov (1897-1968), auteur du roman épique kazakh Abay Joly (La Jeunesse d’Abaï) – traduit en français en 1958 et publié chez Gallimard. Des visites guidées gratuites sont disponibles, éventuellement en anglais.
Musée d’Histoire et d’Études locales (www.semeymusey.kz). Fondé en 1883, ce musée se targue d’être le plus vieux du pays. Il rassemble de nombreux documents et artefacts illustrant l’histoire de la région, dont de rares trouvailles archéologiques et une collection d’objets traditionnels kazakhs.
Musée des Beaux-Arts (www.muzey-nev.semstar.com). Belle collection d’œuvres de peintres kazakhs, russes et européens du XVIe siècle à nos jours, dont une eau-forte de Rembrandt et des tableaux d’Isaac Levitan (1860-1900) et d’Ivan Kramskoï (1837-1887).
Musée d’Anatomie. À l’étage d’un bâtiment anonyme appartenant à la faculté de médecine, la salle 28 expose les habituels organes dans du formol à l’usage des étudiants, ainsi qu’une horrible collection d’embryons et de fœtus présentant des difformités causées par les radiations nucléaires du Polygone. Âmes sensibles s’abstenir. Demandez gentiment la clé dans la salle 22.
L’île Polkovnitchy, rurale, est accessible par le long pont sur l’Irtych. À 600 m du bout du pont sur la gauche, triste et grandiose, un mémorial Plus fort que la mort a été inauguré en 2001 en hommage aux victimes des essais nucléaires. Au-dessus du marbre central représentant une mère protégeant son enfant s’élève l’un de ces nuages en forme de champignon qui ont fait la mauvaise réputation du Polygone, sculpté dans une colossale pierre noire, de 30 m de haut.

Environs de Semeï

La ville de Kourtchatov, à 120 km à l’ouest de Semeï, était le centre de commandement du Polygone de Semipalatinsk. La zone où avaient lieu les essais nucléaires s’étendait sur 100 km à 120 km vers le sud et l’ouest de Kourtchatov. Aujourd’hui, cette ville plus ou moins fantôme accueille le Centre nucléaire national (www.nnc.kz) du Kazakhstan, qui travaille, entre autres, au développement de la puissance nucléaire du pays. On peut gagner librement la ville et la visiter à pied. Sa place centrale est dominée par un imposant hôtel de ville de style néoclassique stalinien (l’ancien quartier général du Polygone) et une statue à l’air inquiétant d’Igor Kourtchatov, directeur du projet de la bombe atomique soviétique. Pour pénétrer dans les musées et instituts, il faut en revanche participer au circuit d’une agence comme Istok, basée à Semeï, ou envoyer une demande en anglais par mail ou par fax (en anglais) au directeur général du Centre nucléaire national au moins une semaine à l’avance.
Le musée, dans le Radiation Safety & Ecology Institute, expose une maquette du premier site des essais, où avions, édifices et animaux vivants avaient été placés près du “niveau zéro” afin de tester les effets de l’explosion. On peut d’ailleurs voir des fragments d’animaux dans des bocaux de formol et une masse de granit transformé en une sorte de pierre ponce.
Bien que certaines parties du Polygone proprement dit puissent être explorées sans danger, personne ne doit s’aventurer dans la zone sans un guide expérimenté. Deux agences compétentes, Nomadic Travel Kazakhstan à Karaganda et Altai Expeditions à Oust-Kamenogorsk, organisent des excursions en toute sécurité (équipement fourni) si on les contacte au moins deux semaines avant. Le circuit englobe l’Opytnoe Pole (site du premier essai nucléaire), le “lac atomique” (un cratère de bombe rempli d’eau créé à titre expérimental pour modifier “pacifiquement” le paysage) et les monts Degelen, où les explosions avaient lieu dans des tunnels à flanc de montagne.
 

Mis à jour le : 17 mars 2015