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Kazakhstan : Culture

Coutumes et cultures kazakhes

La société Kazakhe

Bien que les Kazakhs constituent la majorité de la population, le pays compte plusieurs communautés. L’adhésion à une identité commune des diverses minorités est encouragée par le gouvernement, et les relations entre les différentes communautés sont globalement harmonieuses. Sur 17 millions d’habitants, 65,5% sont kazakhs. Il s’agit d’un important rééquilibrage par rapport à l’époque soviétique, provoqué par le départ de quelque 3 millions de Russes, d’Allemands et d’Ukrainiens depuis l’indépendance et l’arrivée de plus de 800 000 oralman (émigrés kazakhs revenant de l’étranger). Parmi les principaux groupes ethniques figurent les Russes (21,5%), les Ouzbeks (3%) et les Ukrainiens (1,8%), ainsi que les Allemands, les Tatars, les Ouïghours (de 1 à 1,4% chacun) et une centaine d’autres minorités – Russes, Ukrainiens, Tchétchènes, Grecs et Coréens, ainsi que des membres de la communauté juive furent déportés au Kazakhastan sous Staline. Aujourd’hui, les régions du Sud comptent environ 90% de Kazakhs, tandis que certaines villes du Nord demeurent majoritairement russes.
Ancrée dans la tradition orale, la culture kazakhe subsiste davantage en zone rurale. Les citadins montrent toutefois un intérêt croissant pour leurs racines nomades, décorant souvent leur intérieur de tapis et de tentures colorées comme dans les yourtes.
La famille, le respect des anciens et l’hospitalité demeurent très importants. Les ancêtres déterminent la jouz (horde) et le clan d’appartenance d’un individu, l’aïeul le plus glorieux de tous étant bien sûr Gengis Khan. Jusqu’au XXe siècle, la noblesse kazakhe était constituée de tous ceux qui pouvaient faire remonter leur lignage jusqu’à lui.
La culture kazakhe s’exprime tout particulièrement lors de Naouryz (Navrouz, Navrus), la fête du printemps le 22 mars. Les familles en tenue folklorique se rassemblent, mangent des spécialités, écoutent de la musique traditionnelle et assistent à des jeux équestres comme le kokpar (polo local qui se joue avec une carcasse de chèvre) et le kyz kuu (course équestre entre un garçon et une fille – vainqueur, le premier embrasse la seconde ; perdant, il reçoit des coups de cravache). La fauconnerie fait également partie des pratiques ancestrales. Le rapt de l’épouse (avec ou sans son consentement) n’a pas entièrement disparu de certaines campagnes et des villes du Sud, à la population majoritairement kazakhe.

Langue

Dérivé des langues turques, le kazakh s'écrit avec un alphabet cyrillique de 42 lettres. La langue officielle du pays, le kazakh, se parle autant que le russe qui demeure la "langue de communication interethnique".

Religion

Principale religion des Kazakhs, l’islam, nettement marqué par le soufisme, regroupe le plus grand nombre d’adeptes dans le sud du pays. Les pèlerinages au mausolée de Khodja Ahmad Yasawi, à Turkestan, et à la mosquée de Beket-Ata, à l’est d’Aktaou, sont un moyen important pour les fidèles d’affirmer leur foi. Les jeunes tendent à être plus croyants que leurs parents nés sous l’Union soviétique. Nombre d’entre eux se tournent vers une forme plus stricte de l’islam sunnite, instillée dans le pays par l’Arabie saoudite qui y finance des mosquées. Cela constitue une source d’inquiétude pour la société kazakhe, mais le gouvernement insiste sur la tolérance religieuse qui prévaut au Kazakhstan. Un quart de la population se réclame du christianisme (orthodoxe russe essentiellement).

Arts

Cinéma

En transférant à Almaty les principaux studios soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale, Staline sema les graines de la dynamique industrie cinématographique kazakhe. Les plus grosses productions de la dernière décennie ont pris la forme d’épopées historiques : Nomad, la légende d’un peuple (2005) et Mongol (2007), nommé aux Oscars. De jeunes réalisateurs tournent parallèlement des longs-métrages traitant de réalités plus sensibles qui poussent à réfléchir. Ainsi Tulpan (2008), de Sergueï Dvortsevoï, qui évoque le retour à la vie pastorale dans le Betpak-Dala d’un jeune homme ayant servi dans la marine russe, et Chant des mers du Sud (2008), de Marat Sarulu, qui aborde les relations entre Russes et Kazakhs, ou encore Kelin (2009), film muet d’Ermek Tursunov sélectionné aux Oscars dont les scènes érotiques ont choqué plus d’un spectateur au Kazakhstan. Enfin, c’est un film kazakh très émouvant, Nagima, de Janna Issabayeva, qui a reçu le prix du festival du film asiatique de Deauville en 2014. The Racketeer (2007) d’Akhan Sataev a rapporté à ce jour le plus d’argent (1 million de dollars) en racontant l’histoire d’un garçon aspiré dans l’univers des mafieux d’Almaty après la chute de l’URSS. Hélas, de nombreux autres films kazakhs sont, malgré les prix récoltés dans les festivals à l’étranger, ignorés par le public national, qui leur préfère de loin les films commerciaux américains. Le cinéaste du Kazakhstan le plus connu au niveau mondial est sans conteste Timur Bekmambetov, né à Atyraou en 1961, qui a fait carrière à Moscou et à Hollywood avec des succès internationaux comme Night Watch, Wanted : Choisis ton destin et Numéro 9. Leçons d’harmonie (2013), qui explore la psyché des jeunes et leurs relations, a remporté le prix de la meilleure contribution artistique.
L’Eurasia International Film Festival, qui se tient à Astana en juillet, présente des œuvres récentes provenant de toute l’Asie centrale.

Musique et littérature

La musique traditionnelle kazakhe demeure populaire, mais vous l’entendrez surtout lors de concerts ou de manifestations ; dans les bus et minibus, c’est plutôt de la musique pop contemporaine. Le répertoire populaire comprend surtout des airs folkloriques, qui s’inspirent de la vie nomade dans la steppe. L’instrument national est le dombra, un petit luth ovale à deux cordes. Les musiciens kazakhs utilisent aussi le kobyz (une viole à deux cordes), dont le son aurait fait pleurer Gengis Khan, et le sybyzgy (deux flûtes liées à la manière d’une flûte de pan). Ne manquez pas les orchestres Sazgen Sazy et Otrar Sazy, dont les membres revêtent des costumes colorés. Les groupes Roksonaki et Ulytau jouent pour leur part une musique hybride qui marie les sonorités locales à du rock, de la pop, du jazz et d’autres genres importés. Les bardes ou chantres les plus talentueux portent le nom d’akyn. L’art kazakh majeur est sans doute l’aitys, un duel entre deux joueurs de dombra qui s’affrontent à coup de poèmes lyriques. Des représentations ont lieu lors de Naouryz et d’autres jours fériés. Le riche patrimoine littéraire du Kazakhstan comprend récits populaires, légendes héroïques, longs poèmes narratifs et ballades sentimentales, transmis oralement, traditionnellement par des jyraou (poètes lyriques).

Artisanat

Avant la période soviétique, les Kazakhs développèrent des techniques artisanales en relation avec leur mode de vie nomade. Tapis et tapisseries murales aux couleurs vives, et coffres de bois très ornés pour les yourtes, bijoux imposants, sellerie raffinée, armes décorées et costumes splendides peuvent être admirés dans les musées du pays. Aujourd’hui, le Kazakhstan, contrairement à ses voisins, produit très peu d’artisanat ; la plupart des articles vendus sont fabriqués en Chine.

Gastronomie

La tradition culinaire nationale s’enracine dans le passé nomade des Kazakhs, à une époque où chevaux et moutons constituaient la source de protéines la plus facilement disponible. Les cuisines des minorités (Russes, Coréens, Ouïghours, Dounganes) sont très bien représentées. Une enseigne en caractères arabes indique habituellement une adresse ouïghoure et la perspective de bons laghman (longues nouilles épaisses). Dans les grandes villes, le choix des établissements est vaste : des stolovaya (cantines) bon marché aux restaurants japonais haut de gamme.
Le “déjeuner d’affaires” (biznes lanch, kompleksny obed), proposé par beaucoup de restaurants, est généralement d’un bon rapport qualité/prix et se compose la plupart du temps d’une soupe ou d’une salade, d’un plat, d’un dessert et d’une boisson.
Le plat national est le beshbarmak, des morceaux de mouton, de bœuf et, parfois, de cheval longuement bouillis qu’on sert dans un grand bol sur des nouilles plates avec des oignons et, à l’occasion, des pommes de terre. Le bouillon de cuisson de la viande se consomme à part.
Dans les bazars et dans certains restaurants, vous pourrez manger de la viande de cheval sous diverses formes, notamment de saucisses en boyau naturel appelées kazy, shuzhuk/shuzhak et karta. Le kuurdak (ou kuyrdak) est un ragoût de viande grasse (cheval, mouton ou bœuf), d’abats et de pommes de terre qui mijote dans une cocotte pendant deux ou trois heures.
D’un bout à l’autre du pays, on retrouve les vieux classiques d’Asie centrale tels que chachliks (brochettes), laghman (nouilles), manty (raviolis à la vapeur), plov (plat de riz) et samsa (chaussons fourrés de type samosa). Les Kazakhs préparent une version sucrée du plov avec des raisins, des prunes et des abricots secs. L’été, des bars à bières et à chachliks en plein air fleurissent dans la moindre ville. Les baursaki, boulettes ou triangles de pâte frite, font partie des en-cas de prédilection. Le Kazakhstan est considéré comme le pays d’origine des pommes, et des pommiers sauvages poussent encore dans certains dans certains coins du Sud-Est.
Le kymys (koumis, lait fermenté de jument) a autant de succès ici qu’au Kirghizstan. On peut en acheter, de même que du shubat (lait de chamelle fermenté), dans de nombreux supermarchés, sur les marchés et à la campagne.
Les cafés branchés, où des baristas primés s’adonnent au latte art, se sont imposés à Almaty et à Astana, de même que les microbrasseries, les pubs et les bars clinquants.

Mis à jour le : 9 octobre 2019
Vizeat

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