Corée du Nord : Culture

La société nord-coréenne

Les Nord-Coréens sont radicalement différents de leurs voisins du Sud. Timides au premier abord, ils se montrent généralement très amicaux, curieux et polis. La guerre de Corée demeure une obsession nationale et le Nord se présente comme une victime des forces impérialistes américaines et japonaises. La division du pays, héritage de cette guerre épouvantable, provoque de grandes souffrances de part et d’autre de la DMZ, mais le Nord en rejette toute responsabilité. Cette victimisation est inculquée dès la naissance et les Nord-Coréens croient de bonne foi à cette version de l’histoire.
Le nationalisme et la fierté farouche de la population découlent de l’incessante propagande nationaliste assenée dès le plus jeune âge. Le culte voué à Kim Il-sung (le Grand Leader) et à Kim Jong-il (le Cher Leader) imprègne chaque instant de la vie quotidienne. Il n’existe aucune plaisanterie sur Kim Il-sung et tout adulte doit porter un badge proclamant la fidélité au Cher Leader. Personne ne s’interroge sur ce culte, ni ne s’y oppose.
Si les Nord-Coréens sont toujours polis avec les étrangers, une antipathie perdure envers les Américains et les Japonais. En raison de la propagande et de l’isolement du pays, ils se sentent menacés de toutes parts, en particulier par le Sud et les États-Unis, mais aussi par le Japon. Les changements survenus au cours de la dernière décennie en Chine et en Russie suscitent également des inquiétudes, car ces deux grands frères qui assuraient la survie et l’indépendance du pays ont tous deux cherché à se rapprocher du Sud.
Sur le plan personnel, les Nord-Coréens sont très aimables et hospitaliers, mais demeurent extrêmement conservateurs, résultat de siècles de confucianisme et de décennies de communisme. Souriez et saluez les gens que vous croisez dans les rues, car ils ont pour consigne d’accueillir chaleureusement les étrangers, mais ne les photographiez pas sans leur permission ; mieux vaut en fait laisser votre appareil dans son étui. De même, offrir des présents aux gens que vous rencontrez peut avoir des conséquences fâcheuses pour eux ; demandez toujours conseil à votre guide.
Les enfants, extrêmement communicatifs, saluent et sourient quand ils voient un groupe d’étrangers. Nouer des relations amicales avec des Nord-Coréens autres que vos guides ou relations d’affaires est impossible. Les hommes devront se rappeler que tout contact physique avec une femme coréenne semblera incongru : serrer la main d’une Coréenne est parfaitement acceptable mais évitez de lui faire la bise ! La Corée du Nord demeure une société très patriarcale et l’égalité proclamée des femmes reste une idéologie et non pas une réalité quotidienne.

Religion

En accord avec la théorie marxiste, toute religion traditionnelle est perçue, en Corée du Nord, comme l’expression d’une “mentalité féodale” et bannie depuis les années 1950. Toutefois, alors que s’instaurait la déification de la “dynastie” Kim dans les années 1990, la propagande officielle contre les religions a cessé. Lors d’une récente visite, notre guide nous a expliqué que le Juche, l’idéologie officielle du régime nord-coréen, était une religion, incompatible avec le bouddhisme. Si quelques temples bouddhiques sont montrés aux touristes, il s’agit de vitrines et vous n’y croiserez aucun fidèle ; de même, il n’existe pas de véritable communauté bouddhiste. Récemment, trois églises ont été construites à Pyongyang pour le personnel diplomatique de la capitale.

Arts

En raison de l’intérêt de Kim Jong-il pour le 7e art, le cinéma nord-coréen suscite un véritable engouement dans le pays et reçoit un généreux financement depuis des décennies. Pulgasari, le film nord-coréen le plus connu, est une curieuse version communiste de Godzilla ; il a été réalisé par Shin Sang-ok, un cinéaste sud-coréen kidnappé qui réussit à rejoindre le Sud en 1986. Les Nord-Coréens dénient toutefois sa participation au film.
Il est particulièrement difficile de démêler le mythe de la réalité dans l’industrie cinématographique nord-coréenne ; la production est sans doute nettement inférieure aux extravagantes annonces officielles. Des séances de cinéma, avec sous-titres en anglais, sont parfois comprises dans les circuits organisés et constituent une expérience fascinante. Vous pouvez demander la visite des studios cinématographiques de Pyongyang en réservant votre circuit et vous aurez peut-être la chance d’assister au tournage d’un film de propagande.
La littérature nord-coréenne est quasi inexistante. Malgré un débat artistique dans les années 1950, toute forme d’expression non contrôlée par le Parti a été réprimée. Les librairies proposent une sélection d’ouvrages incroyablement limitée, essentiellement des oeuvres de Kim Il-sung et de Kim Jong-il. Si vous vous intéressez aux arts traditionnels, demandez à assister à une représentation de musique, chants et danses traditionnels. Ces spectacles restent rares et vous pourrez plus facilement voir un opéra (révolutionnaire) ou écouter un concert de musique classique à Pyongyang.

SPORTS

Le football est le sport national et les étrangers peuvent parfois assister à un match international à Pyongyang (les rencontres nationales sont interdites aux étrangers). Vous verrez sans doute des habitants des deux sexes jouer ensemble au volley.
La grande victoire sportive de la Corée du Nord remonte à la Coupe du monde de football de 1966 en Angleterre, quand son équipe étonna la planète en battant l’Italie avant de s’incliner face au Portugal en quart de finale. L’histoire de cette épopée fait l’objet d’un documentaire émouvant intitulé The Game of Their Lives, l’un des rares tournés en RDPC par des Occidentaux. Pour la première fois depuis 1966, la Corée du Nord fut qualifiée pour la Coupe du monde 2010. Mais, pour n’avoir pas franchi le premier tour de la compétition, l’entraîneur Kim Jong-hun a eu droit à une séance d’humiliation publique et aurait été condamné aux travaux forcés.
L’haltérophilie et les arts martiaux sont les seules autres disciplines sportives dans lesquelles la Corée du Nord se distingue au niveau international. Le tireur Kim Jong-su, médailles de bronze et d’argent aux Jeux olympiques de Beijing en 2008, a été disqualifié après un contrôle antidopage positif.
Si vous en avez l’occasion, ne manquez pas le phénomène sportif national (à défaut de terme plus adapté) des Jeux de masse, qui ont lieu chaque année au stade du 1er mai à Pyongyang. Ces démonstrations collectives de gymnastique rassemblent plus de 100 000 soldats, enfants et étudiants qui brandissent des panneaux colorés afin de former de gigantesques fresques à la gloire des réalisations de la Corée du Nord – un spectacle extraordinaire.

Cuisine

Plats de base et spécialités

Les touristes sont somptueusement nourris selon les critères nord-coréens et ne risquent pas de souffrir de la faim. Bien que la cuisine standard soit habituellement médiocre, vous apprécierez les repas composés de kimchi, de riz, de soupes, de nouilles et de viande sautée. Les végétariens devront se contenter d’une nourriture un peu fade, qui met l’accent sur le riz, les œufs et les concombres. Les barbecues de canard et de seiche, souvent offerts aux touristes, sont excellents.

Boissons

La Taedonggang, une agréable bière blonde locale, se trouve presque partout, de même que des bières importées.
Parmi les autres boissons figurent divers jus de fruits et sodas nord-coréens, ainsi que des sodas importés dans certains hôtels et restaurants de Pyongyang.
Également prisé, le soju (eau-de-vie locale) est plutôt fort. Les visiteurs préféreront peut-être le vin de myrtilles coréen, préparé en deux variétés : légèrement alcoolisée au goût de jus de fruits, ou fortement alcoolisée et capable d’assommer un cheval. Le meilleur serait confectionné avec des myrtilles du mont Paekdu.

Mis à jour le : 30 mai 2013
Vizeat

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