Bolivie : Environnement

Géographie, faune et flore de Bolivie

Lorsqu’on évoque le cadre naturel de la Bolivie, trois mots viennent souvent à l’esprit : altitude (La Paz), aridité (l’Altiplano) ou salinité (désert de sel d’Uyuni). Pourtant, même si cela correspond à de vastes régions du pays, les paysages de Bolivie ont bien plus à offrir. Les importantes dénivellations (de 130 m dans la jungle du bassin amazonien à 6 542 m dans les Andes) se traduisent par une immense diversité écologique, géologique, animale et végétale.

Patrimoine naturel

En matière d’environnement, la Bolivie est l’un des pays qui présente la plus grande diversité du continent américain, et même du monde en matière de biodiversité, avec 1 415 espèces d’oiseaux et 5 000 espèces de plantes recensées. Elle fait aussi partie des pays néotropicaux qui abritent le plus grand nombre d’espèces endémiques : 21 espèces d’oiseaux, 28 espèces de reptiles, 72 espèces d’amphibiens et 25 espèces de mammifères ne se rencontrent qu’en Bolivie.
S’il paraît évident que les richesses naturelles sont l’un des plus grands atouts de la Bolivie, tout le monde ne mesure pas leur importance en l’absence de contrepartie financière immédiate. Des luxuriantes forêts tropicales du parc national Amboró jusqu’aux zones humides du Pantanal, en passant par les broussailles cachant les gisements de gaz du Chaco ou les forêts de Polylepis des Andes, l’environnement bolivien est constamment menacé de destruction pour des raisons économiques.
Avec l’essor de l’économie et les attentes croissantes d’une population qui sort de la marginalisation, le pays doit veiller à l’équilibre entre l’incessante demande de progrès et la nécessité de mettre en œuvre une exploitation durable et responsable de ses ressources naturelles. Ajoutons à cela les conséquences méconnues du changement climatique et l’on comprendra que la Bolivie soit confrontée aux plus grands défis écologiques qu’elle n’ait jamais eu à résoudre, et que la survie de la population dépend (bien malgré elle) d’une sortie par le haut.

Géographie

L’ouest du pays est encadré par deux chaînes de montagnes dont les sommets dépassent souvent les 6 000 m. La Cordillera Occidental sépare la Bolivie de la côte pacifique. La Cordillera Real, à l’est de la précédente, traverse le centre du pays vers le sud-est avant de s’infléchir vers le sud, où elle rejoint la cordillère occidentale pour former la Cordillera Central.
Entre ces deux grandes cordillères, les paysages superbes de l’Altiplano s’étagent entre 3 500 et 4 000 m. Il s’agit d’un immense plateau presque totalement dépourvu d’arbres et ponctué de montagnes et de pics volcaniques solitaires. À son extrémité nord, et à cheval sur le Pérou, le lac Titicaca est l’un des plus hauts lacs navigables du monde. L’angle sudouest du pays est plus sec et moins peuplé. On y trouve les vestiges de deux anciens et très grands lacs, le Salar d’Uyuni et le Salar de Coipasa.
À l’est de la Cordillera Central s’étendent les hauts plateaux du Centre, région de collines broussailleuses entrecoupées de vallées et de bassins fertiles au climat quasi méditerranéen. Au nord de la Cordillera Real, les pluvieuses Yungas forment une zone de transition entre les hauts plateaux arides et les plaines humides.
Plus de la moitié du pays se trouve dans le bassin amazonien avec, à l’ouest, des forêts tropicales humides et, à l’est, les cerrados (savanes) et la prolongation des marais du Pantanal. À l’extrême sud s’étendent les broussailles quasi impénétrables du Gran Chaco, une zone aride couverte de buissons épineux où les températures boliviennes atteignent leur plus haut niveau.

Faune

La Bolivie est un endroit de choix pour découvrir la vie animale. Même les plus connaisseurs seront impressionnés par sa diversité.
La distribution de la faune, régie par la géographie, varie beaucoup d’une région à l’autre. L’Altiplano abrite des vigognes, des flamants et des condors. Jaguars, pumas et pécaris se cachent dans le Chaco. Le Pantanal est le refuge de loutres géantes, de cerfs des marais et d’oiseaux aquatiques. Aucune autre région du globe n’offre une densité d’espèces comparable à celle du bassin amazonien qui fourmille de reptiles, de perroquets, de colibris, de singes, de papillons, de poissons et d’insectes (par milliards !).
La vedette revient bien sûr aux plus grands animaux du pays : le majestueux jaguar, premier prédateur du continent, le tapir (anta) et le fourmilier géant. Sorte d’autruche, le nandou (ñandú en guaraní), ou piyo, le plus gros oiseau du continent, est très répandu dans certaines régions. En montagne, vous aurez peut-être la chance de voir s’élever dans les courants thermiques l’impressionnant condor, vénéré des Incas.
Au fil des rivières, il est très probable de croiser des capybaras (gros rongeurs amphibiens), des caïmans et des dauphins roses. On aperçoit parfois des anacondas dans les cours d’eau du département de Beni (dont une espèce endémique, l’Eunectes beniensis ou anaconda bolivien), et la pêche aux piranhas est une activité incontournable lors d’un séjour en Amazonie.
Sur terre, on rencontre fréquemment tatous, renards, jochis (agoutis) ainsi que les camélidés domestiqués de l’Altiplano : le lama au sale caractère et l’alpaga au doux pelage. Autres camélidés, plus fins de proportions, les vicuñas (vigognes), autrefois chassées sans merci pour leur laine, voient leur population remonter.
Grâce aux efforts massifs réalisés par les pouvoirs publics pour l’amélioration du réseau routier, on circule de plus en plus aisément dans le pays et l’on peut désormais se rendre dans des lieux d’observation des oiseaux autrefois inaccessibles. La Bolivie, qui compte plusieurs espèces endémiques, comme l’ara à gorge bleue et l’ara à front rouge, devient peu à peu une destination prisée des ornithologues amateurs.

Espèces rares et menacées

En Bolivie, de nombreuses espèces sont actuellement menacées de disparition, comme le pécari du Chaco (petit pachyderme aux allures de sanglier, dont on ne connaissait l’existence que par des fossiles jusqu’en 1976), le discret ours à lunettes ou le singe titi (Callicebus aureipalatii).
Dans les hautes terres, les espèces en danger comptent le huemul ou cerf nord-andin, le tatou velu des Andes et le chinchilla à queue courte, espèce endémique très recherchée pour sa fourrure. Les lacs balayés par le vent du sud de l’Altiplano sont l’unique habitat des rares flamants de James, tandis que le chipiu de Cochabamba n’a pour espace de vie que 3 500 km2 situés près des faubourgs de Cochabamba.
Le bassin amazonien est bien connu pour ses dauphins roses de l’Amazone, moins pour ses aras à gorge bleue (barba azul), gravement menacés (il en resterait moins de 300). Le mythique oiseau-licorne des Yungas, officiellement appelé hocco unicorne, en danger critique d’extinction, n’existe qu’en Bolivie. On trouve aussi ici l’éclatant palkachupa cotinga ou cotinga à queue fourchue (Phibalura boliviana), au plumage scintillant entre noir et or.
Dans la région du Pantanal, une espèce de chauve-souris du genre Phyllostomus ne vit plus que dans de rares grottes, tandis que l’ara hyacinthe est recherché comme animal de compagnie. Avec moins de 4 000 spécimens recensés, l’ara à front rouge (plumage vert, rouge et jaune) des vallées sèches des Andes autour de Vallegrande est lui aussi menacé.
Parmi les espèces en danger les plus remarquables, citons les étranges grenouilles marsupiata du genre Gastrotheca, dont les cinq espèces boliviennes sont toutes menacées d’extinction, ainsi que la grenouille géante du lac Titicaca, qui n’existe nulle part ailleurs. Cette dernière, qui peut atteindre 400 g, est particulièrement en danger du fait de la croyance locale qui prête des vertus aphrodisiaques à une boisson préparée à partir de cet amphibien. Pour en savoir plus, consultez le site (en anglais) www.sustainablebolivia.org/partner-organizations/bolivianamphibian-initi....

Flore

Du fait de l’ampleur des dénivelés, la Bolivie possède une flore d’une richesse remarquable. Le pays compte pas moins de 895 plantes endémiques, dont 16 espèces de fruits de la passion et au moins 3 genres d’orchidées.
Sur les hauts plateaux victimes de surpâturage ne subsistent que les essences végétales susceptibles de résister au bétail ou qui ne peuvent servir de bois de chauffe. La plupart des végétaux qui résistent poussent lentement et sont menacés, en particulier les arbres et arbrisseaux du genre Polylepis, dont on trouve les forêts denses et basses jusqu’à 5 300 m d’altitude. Ce sont les plantes arborescentes vivant à la plus haute altitude qui soit.
À une altitude inférieure, les collines et les vallées tempérées abritent une végétation semblable à celle de l’Espagne ou de la Californie. La région de Samaipata est particulièrement riche en plantes endémiques, dont le Samaipaticereus, un cactus, et le Tillandsia samaipatensis, une broméliacée. Dans les hautes vallées des Andes, le Parajubaea torallyi, gigantesque cocotier bolivien, est l’un des palmiers qui pousse à la plus haute altitude.
Sur les hauteurs des pentes humides des Yungas s’épanouit une forêt naine. Plus bas s’étend la forêt humide, les arbres se font plus gros et la végétation plus épaisse. Le nord des basses terres de Bolivie est constitué d’îles couvertes de forêts tropicales, ponctuées de vastes zones humides et de cerrado (savane d’Amérique du Sud) menacé de disparition. Le bassin amazonien contient quant à lui la plus grande diversité de plantes de la planète.

Parcs nationaux et réserves

En classant 22 zones protégées nationales et diverses réserves régionales dans le Sistema Nacional de Áreas Protegidas (SNAP), la Bolivie a sauvegardé 18% de son territoire. C’est l’un des plus vastes systèmes de protection du continent. Mais, s’il couvre une grande partie des plus remarquables paysages de Bolivie, la protection reste purement théorique dans la plupart des réserves. L’ouverture au développement de zones reculées du pays fait peser une contrainte croissante sur les zones protégées, et le système ancien de protection, qui reposait sur la non-accessibilité, se révèle de moins en moins efficace.
Le Servicio Nacional de Áreas Protegidas est l’organisme administratif qui gère ces zones protégées. Pour tenter d’apporter des solutions aux problèmes chroniques d’effectifs et de financement du Sernap, des ONG locales et internationales ont coopéré avec lui pour développer des initiatives nouvelles afin de protéger tel ou tel habitat, initiatives qui ont rencontré des succès variables.
Certains projets tentent en particulier de favoriser la participation et la cogestion à l’échelon local des zones protégées, afin de développer l’écotourisme chez l’habitant, mais aussi de proposer des produits naturels rentables, en particulier des brevets de produits médicinaux.

Mis à jour le : 20 septembre 2019

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