Mozambique : Culture

Coutumes, arts du Mozambique

Il ne vous faudra pas voyager longtemps au Mozambique avant d’entendre le mot paciência (patience), soit la qualité mozambicaine par excellence. Les habitants n’en manquent jamais, entre eux comme avec les étrangers. On attendra de vous que vous en fassiez preuve en retour, notamment lors des formalités officielles ; l’impatience s’avérera systématiquement contre-productive.
Le Mozambique se caractérise aussi par sa diversité culturelle. Chacune de ses 10 provinces a son histoire, sa culture et ses traditions propres. Par ailleurs, il semble exister un sentiment sous-jacent d’iniquité entre le Nord et le Sud. Les habitants du Nord se sentent souvent négligés par Maputo, qui a su profiter de sa proximité avec l’Afrique du Sud et d’un bon réseau routier pour se développer rapidement au plan économique. Cependant, cette tension n’a jamais pris d’ampleur. Les frictions religieuses sont également minimes, chrétiens et musulmans coexistant avec une relative facilité.
 

Les arts

 

Danse

Sur la côte nord de l’île de Mozambique, soyez à l’affût du tufo (une danse d’origine arabe). Généralement pratiqué par des femmes, portant des capulanas (sorte de paréo) et des foulards assortis, il est accompagné de tambours (dont certains évoquent des tambourins) appelés taware.
Dans le Sud, notamment à Maputo, l’une des danses les plus populaires est le makwaela. Il se caractérise par un chant a cappella et des percussions effectuées en tapant du pied.
Les casas de cultura (centres culturels), dans chaque capitale provinciale, sont une bonne manière d’obtenir des informations sur les spectacles de danses traditionnelles.

Littérature

Pendant l’ère coloniale, la littérature locale se concentrait généralement sur les thèmes nationalistes. Parmi les plus fameux poètes de cette époque figuraient Rui de Noronha et Noémia de Sousa.
À la fin des années 1940, José Craveirinha (1922-2003) entreprit d’écrire des poèmes inspirés de la réalité sociale mozambicaine, appelant à la résistance et à la rébellion. Il finit par être arrêté. Il est aujourd’hui considéré comme le plus grand poète du Mozambique. Son œuvre, à l’instar du “Poème du futur citoyen”, est reconnue dans le monde entier.
Par ailleurs, à mesure que la lutte armée pour l’indépendance se renforçait, les combattants du Frelimo se mirent à produire des poèmes reflétant leur vie dans la forêt, les marches et les embuscades. Marcelino dos Santos demeure l’un des meilleurs poètes de la guérilla.
Lorsque l’indépendance nationale fut proclamée en 1975, écrivains et poètes imaginèrent qu’ils pouvaient désormais créer librement. Cette liberté naissante vola bientôt en éclats devant la lutte entre le Frelimo et la Renamo. De nouveaux auteurs émergèrent néanmoins, dont Mia Couto, consacrée sur la scène internationale. Parmi ses œuvres figurent Terre somnabule et Le dernier vol du flamant. Entre autres écrivaines contemporaines, citons encore Lilia Momple (Neigbours) et Paulina Chiziane (Le Parlement conjugal - Une histoire de polygamie).

Musique

Les orchestres de timbila de l’ethnie chopi, dans le sud du Mozambique, constituent l’une des traditions musicales les plus réputées du pays.
La musique moderne prospère dans les villes, avec notamment une excellente scène musicale à Maputo. Quant à la marrabenta, elle est considérée comme la musique nationale. Née dans les années 1950 dans les faubourgs de Maputo (alors appelée Lourenço Marques), elle se distingue par sa tonalité légère, enjouée et caractéristique. Inspirée par les rythmes du majika, une musique traditionnelle et rurale originaire des provinces de Gaza et de Maputo, elle s’accompagne souvent de la danse du même nom.

Sculpture et peinture

Le Mozambique est réputé pour ses sculptures sur bois, notamment pour les créations en bois de santal que l’on trouve dans le Sud, et les œuvres en ébène des Makondés.
Quant à Malangatana Valente Ngwenya (1936-2011), connu dans le monde entier sous le nom de Malangatana, il reste le peintre le plus fameux du pays. Son style se caractérise par des personnages spectaculaires, un usage flamboyant - quoique restreint - de la couleur, et par une teneur sociale et politique hautement symbolique. Parmi les autres peintres mozambicains reconnus internationalement, citons Bertina Lopes et Roberto Chichorro.

Mis à jour le : 8 décembre 2016
Vizeat

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