Éthiopie : Culture

Arts, langue, coutumes d'Éthiopie

Informations sur les us et coutumes, la langue, les arts, la religion en Éthiopie.

Coutumes

La vache est depuis des siècles la principale richesse de l'Éthiopie, et les produits laitiers, très répandus : si les nobles avaient autrefois coutume de fêter la millième vache du troupeau en se baignant dans son lait, la tradition d'offrir un bol de lait frais (wätet) aux voyageurs est demeurée intacte dans les villages. Des dérivés laitiers, le beurre (qäbé) est le plus important : on l'utilise bien entendu en cuisine, dans les sauces et les plats, voire dans le café, dont le service est une véritable cérémonie. Mais le beurre est aussi le produit cosmétique par excellence, prisé par les femmes coquettes – et jusqu'au XIXe siècle, par les guerriers. Le qäbé est aussi utilisé comme soin capillaire (90% des habitants d'Addis-Abeba l'utilisent régulièrement), couplé dans les salons de coiffure avec le casque à vapeur qui le fait fondre, et même comme médicament pour lutter contre la migraine.

Langue

Il existe en Éthiopie autant de langues que d'ethnies, soit environ 80 en tout, qui se rattachent à quatre grandes familles de langues : le sémitique, le chamitique, le nilotique et l'omotique. L'amharique, parlé dans le centre du pays, est la langue administrative mais le tigrinya, utilisé dans le Nord, et l'orominya, dans le Sud, ont également un statut semi-officiel. Les Oromos, le plus grand groupe ethnique du pays, rassemblent des chrétiens, des musulmans et des animistes traditionnels. L'amharique et le tigrinya utilisent l'alphabet guèze, qui se compose de pas moins de 231 lettres (ne ratez surtout pas l'occasion de voir les extraordinaires machines à écrire amhariques). L'anglais est enseigné au collège et la plupart des Éthiopiens en maîtrisent au moins les premiers rudiments.

Nourriture

Base de l'alimentation éthiopienne, l'injera est une étonnante galette spongieuse élaborée à partir de la farine d'un mil particulier, le tef. La viande et les légumes sont généralement cuisinés dans une sauce pimentée appelée wat, dont les variantes fortes et douces prennent respectivement le nom de kay et d'alicha. La province méridionale de Kaffa revendique les plantations de café les plus anciennes au monde et le haricot pousse en Éthiopie depuis trois millénaires. On peut déguster de bons capuccini, voire des macchiati, à Addis-Abeba. La boisson locale est le tella, une bière à base d'orge ou de maïs, mais on sert aussi du tej, un breuvage additionné de miel et de l'arakie, un alcool de céréale extrêmement fort.

Religion

Depuis l'époque où deux frères de Tyr sont partis évangéliser le pays avec la bénédiction du roi, au IVe siècle, la vie religieuse est dominée par l'Église orthodoxe éthiopienne. Elle est rattachée à l'Église copte, dont le siège est basé à Alexandrie. L'orthodoxie éthiopienne se caractérise par une forte tradition monastique et jusqu'à la révolution marxiste, le clergé était présent dans presque chaque ville du pays. Sa vision plus classique des valeurs chrétiennes de croyance en Dieu, aux saints catholiques et au Christ (avec une importance de l'Ancien Testament plus marquée que dans la plupart des Églises occidentales) est mêlée à des croyances traditionnelles africaines qui intègrent les esprits et les démons, et les offices religieux accordent volontiers une place à la danse, à l'astrologie et à la divination. Le mercredi et le vendredi sont des jours de jeûne, les fidèles s'abstenant de manger de la viande, des produits à base de lait, voire du poisson.

Arts

Traditionnellement chrétienne, la littérature éthiopienne est née avec les premières traductions en guèze d'ouvrages chrétiens grecs. Ce n'est toutefois qu'au XIIIe siècle que l'on assiste à une véritable production littéraire en guèze. À cette époque de nombreux écrits coptes, syriaques et grecs sont en effet traduits à partir de l'arabe. Environ deux siècles plus tard, l'intérêt des écrivains guèzes s'étend aux œuvres originales, partant de la vie des saints pour découvrir ensuite des livres apocalyptiques. Au XVIe siècle, l'amharique prend le pas sur le guèze, encore une fois à travers la traduction d'œuvres religieuses. Ce n'est pas avant la fin de la Seconde Guerre mondiale que les auteurs amhariques commencent à aborder des thèmes nouveaux comme la morale et le patriotisme. On retiendra notamment les noms de Makonnen Endalkaches, Kebede Mikael et Tekle Tsodeq Makuria.

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