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Culture et voyage

Top 7 des îles de films et de romans

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Toutes les îles de films et de romans ne sont pas paradisiaques, loin s'en faut. Désertes, hostiles ou carcérales, certaines d'entre elles n'invitent pas à se demander quel livre apporter mais plutôt comment survivre !
 

1. Lost : Hawaï

2004–2010
Au départ, tout a la simplicité d'un accident, avec un air de déjà-vu : un avion sombrant dans l'océan ; les rescapés s'échouant sur une île tropicale. Ensuite… Il fallait oser rassembler, sur une seule île fictive, toutes les thématiques, toutes les peurs, tous les fantasmes qu'inspire depuis toujours l'île éloignée de toute civilisation : l'inconnu, le retour à la vie sauvage, l'incarcération, l'organisation robinsonne, la folie, et surtout, surtout, l'île comme laboratoire d'expériences secrètes et monstrueuses, tradition diffusée dans la littérature de L'Île mystérieuse de Jules Verne à L'Invention de Morel d'Adolfo Bioy Casares en passant par L'Île du docteur Moreau de H.G. Wells. Il fallait oser, et J. J. Abrams l'a fait. Faut-il s'en étonner, de la part du créateur de la série Alias, et tout aussi à l'aise pour ressusciter Star Trek que Star Wars sur grand écran ?
Lost a bel et bien été tourné sur une île, loin d'être déserte cependant, puisqu'il s'agit d'Oahu, la plus peuplée de l'archipel d'Hawaï. Oahu avait déjà servi de cadre (mais dans son propre rôle) à deux séries : Hawaii police d'État, et Magnum. L'île a cette fois-ci non seulement joué les îles désertes – les scènes de plage ayant pour l'essentiel été tournées à North Shore – mais encore les villes du monde entier ! De nombreuses séquences de la série, situées à New York, Paris, en Irak ou en Allemagne, ont en effet été tournées dans différents quartiers d'Honolulu.


 
 

2. King Kong : Nouvelle-Zélande

Peter Jackson, États-Unis/Nouvelle-Zélande, 2005
Darwin, en écrivant L'Origine des espèces, ne se doutait pas qu'il était en train de justifier scientifiquement King Kong. Le gorille géant créé par Schoedsack et Cooper en 1933 est typique des espèces endémiques dont l'évolution a été circonscrite aux limites d'un territoire, et déterminée par son milieu. King Kong, ses copains dinosaures et ses araignées géantes sont ainsi endémiques de l'île du Crâne, au large de Sumatra – les îles lointaines sont commodes pour y faire pousser et brouter les espèces préhistoriques et monstrueuses, rappelez-vous Jurassic Park. Peter Jackson a redonné à l'île en question un lustre qui fait plaisir à voir, dans son remake doublé d'un hommage intelligent et réjouissant au film original.
La tribu vivant sur l'île fictive du Crâne était, dans le film de 1933, clairement inspirée de la culture indonésienne ; celle du remake de Peter Jackson semble emprunter aux populations polynésiennes les plus reculées. Insulaire lui-même, Peter Jackson a, comme pour Le Seigneur des Anneaux, tourné King Kong dans sa Nouvelle-Zélande natale. Le détroit de Cook accueillit ainsi toutes les scènes situées sur l'océan Indien, les côtes de Wellington figurant la terrifiante île du Crâne.


 
 

3. Papillon : Île du diable, Guyane

Henri Charrière, 1969
Que toutes les expériences vécues sur l'île du Diable, et toutes les aventures pour s'en évader, ne soient, comme on le suspecte, pas uniquement arrivées à Henri Charrière, mais à d'autres détenus du plus célèbre bagne français, ne change rien à la force de ce récit. Papillon – surnom de Charrière à l'époque où il fut incarcéré, dans les années 1930 – est le témoignage saisissant de l'enfermement dans une île perdue au large de la Guyane. Et si le récit des cavales de Papillon est parfois d'une authenticité douteuse, la description des conditions de goulag régnant sur l'île du Diable, sent tellement le vécu qu'elle figure parmi les plus incroyables documents littéraires du XXe siècle : la cruauté de l'enfermement (parfois dans une cage à fauves) côtoie moustiques, fourmis, et fièvres tropicales…
L'île du Diable est la plus septentrionale des trois îles volcaniques dites « du Salut », à 17 km au large de Kourou. Pendant un siècle, elle servit de lieu de déportation pour des prisonniers politiques – dont le plus fameux est le capitaine Dreyfus – puis pour des prisonniers de droit commun. Les trois îles appartiennent désormais au Centre spatial guyanais, et se visitent : les infrastructures du bagne ont été conservées, et l'île Royale compte même une auberge !


 
 

4. Vendredi ou les limbes du Pacifique : Îles du Pacifique

Michel Tournier, 1967
Robinson Crusoë est une histoire d'amour : celle du naufragé et de son île. En reprenant la trame et le personnage créés par Daniel Defoe, devenus mythes, Michel Tournier en sublima la portée métaphysique. Robinson se fait successivement pygmalion de l'île qu'il baptise « Speranza » et tente de dominer, puis amant en s'accouplant avec elle – au sens figuré comme au sens propre –, et enfin fils, en apprenant et acceptant sa propre place. Cette maïeutique aura un maître, Vendredi, le « bon sauvage » qu'il s'agissait, traditionnellement, d'édifier. Une réflexion sur l'identité tenue par une langue riche, précise et coulante comme un ruisseau d'été, qui vaudra à Tournier le grand prix de l'Académie française.
L'histoire de Robinson Crusoë avait été inspirée à Defoe par l'histoire vraie d'Alexandre Selkirk, marin écossais qui passa quatre années seul sur une île déserte du Pacifique, à plus de 600 km des côtes chiliennes. L'île est aujourd'hui habitée… et a été baptisée « Robinson Crusoë » par les Chiliens. Ironie du sort – ou plutôt des hommes – c'est une autre île du même archipel qui se porte le nom d'Alexandre Selkirk. Île sur laquelle le marin ne mit jamais les pieds, mais qui, elle, est toujours inhabitée…


 
 

5. Seul au monde : Îles Fidji

Robert Zemeckis, 2000, États-Unis
Nouveaux temps, même mythe : un Robinson Crusoë, en ce XXIe siècle naissant, ne tomberait plus d'un bateau mais d'un avion pour échouer sur son île déserte, et n'aurait pas pour compagnon quelque indigène, mais un ballon de volley-ball qu'il nommerait Wilson. Pour jouer ce Robinson moderne, Tom Hanks pris à dessein du poids afin de maigrir spectaculairement une fois sur l'île. Pour accentuer le vide et la solitude de son personnage, Robert Zemeckis fit le choix rarissime à Hollywood de ne placer aucune musique tout le long des deux heures de son séjour loin de tout.
Le scénario jette Tom Hanks sur l'une des innombrables îles Cook, mais c'est sur Monuriki, une île volcanique de l'archipel des Fidji, que l'équipe de tournage a échoué. Proclamées indépendantes de la Couronne britannique en 1970, les 322 îles Fidji ne sont pas toutes occupées, loin de là : les deux tiers sont désertes, et du reste tellement petites, qu'il faut les chercher à la loupe sur un atlas. S'il vous venait toutefois l'envie de dénicher Monuriki, entrez « -17.609277,177.0397 » dans Google Maps


 
 

6. La Veuve de Saint-Pierre : Saint-Pierre-et-Miquelon

Patrice Leconte, 2000, France
Encore une histoire de triangle amoureux comme les Français en ont fait leur spécialité, purent penser les Anglo-Saxons à la sortie du film. Sauf qu'ici, c'est la guillotine qui va trancher. Encore faut-il qu'elle arrive, cette fameuse veuve, pour exécuter la sentence prononcée à l'encontre du marin interprété par Emir Kusturica, et ce n'est pas gagné : l'île de Saint-Pierre est si loin, si coupée de la métropole, qu'en ce milieu de XIXe siècle, les autorités locales ne sont pas sûres de recevoir une guillotine, ni de trouver un bourreau pour l'actionner. Un an de sursis, traversant les neiges de l'île, battue par les vents de ses côtes, qui va permettre au marin de se racheter, et à unir tragiquement son destin à ceux du capitaine (Daniel Auteuil) et de la femme du capitaine (Juliette Binoche).
Saint-Pierre-et-Miquelon, située à 25 km au large de Terre-Neuve, est l'ultime reliquat des possessions françaises en Amérique du Nord. Aucune liaison directe n'existe avec la France métropolitaine, aussi y accède-t-on par avion depuis plusieurs aéroports du Canada, ou par ferry, depuis Halifax. Vous retrouverez justement en Nouvelle-Écosse, sur l'île du Cap-Breton, les paysages du film, puisqu'il y fut en grande partie tourné : suivre la piste Cabot, une boucle de 268 km traversant le parc national des Hautes-Terres du Cap-Breton, permet d'apprécier pleinement la splendeur entre terre et mer de la « Nouvelle-France » de jadis.


 
 

7. The Rock : Alcatraz, baie de San Francisco

Michael Bay, 1996, États-Unis
Officiellement, aucun prisonnier ne put s'évader de l'île d'Alcatraz. Sauf James Bond. Rebaptisé ici John Mason, mais ne soyons pas dupe : un agent secret britannique, actif dans les années 1960, et interprété par Sean Connery, peut difficilement se faire passer pour autre chose que 007. L'originalité du film : rentrer à Alcatraz au lieu d'en sortir, afin de libérer une poignée de touristes pris en otage par un marine énervé menaçant d'arroser San Francisco de missiles. Une intrigue aussi convaincante qu'une ombrelle par temps d'orage, mais des scènes d'action menées tambour battant par un Sean Connery remisant, à soixante-cinq ans bien sonnés, le pauvre Nicolas Cage au rôle de demoiselle en détresse.
Surnommé « le Rocher », l'incontournable Alcatraz fut pendant plus de trente ans une prison de haute sécurité, gagnant ses galons de mythe américain grâce à des hôtes de marque – parmi lesquels Al Capone – et l'impossibilité notoire de s'en évader. Les courants entourant le petit îlot de neuf hectares ne laissa pas en réchapper vivants ceux de ses hôtes qui voulaient en prendre congé. La visite d'Alcatraz est gratuite, mais il faut payer le ferry pour y accéder : un bon million de personnes, tous les ans, viennent admirer la vue sur la baie de San Francisco et le Golden Bridge, visiter les cellules, mais aussi observer les oiseaux.


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