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Tour du monde

Préparer son tour du monde : expérience d'une lectrice

Mis à jour le : 7 décembre 2016

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Dans moins d'un mois, Clio, 26 ans, passionnée de voyages depuis toujours, s'envolera pour un tour du monde très spécial. Au programme : 12 mois, 12 projets, 12 pays. Et si la meilleure des formations était celle de la vie ? Cette digne représentante de la génération Y entend bien donner du sens à son voyage. Nous l'avons rencontrée : découvrez son projet, ses attentes, ses conseils pour préparer un tour du monde.

Comment t’est venue l’idée de faire un tour du monde ?

Je pense que j’en ai toujours eu envie. C’était un peu un rêve d’enfant, je me suis toujours dit que le monde était bien trop grand pour ne pas partir à sa découverte. Les années ont passé mais j’ai gardé ce rêve enfoui au fond de moi. J’ai eu la chance de partir étudier en Inde pendant quelques mois. Cela a été le déclic et la révélation. Après 4 années à faire du marketing à Paris, j’ai ressenti le besoin de m’ouvrir au monde afin d’apprendre à faire du business autrement et trouver ma place dans tout cela. C’est une question de déclic. Il faut se sentir prêt, avoir une révélation. Une fois que c’est le cas, rien ne peut t’arrêter.

Comment a réagi ton entourage à cette annonce ?

De deux manières très différentes : soit l’incompréhension totale soit l’émerveillement. Sans demi-mesure. Beaucoup de sites Internet et de communautés parlent des préparatifs de voyage mais peu abordent un des thèmes les plus importants : comment gérer son entourage ? C’est sûrement parce qu’il n’y a pas de manuels de préparatifs pour cela ;  mais c’est pourtant la question la plus épineuse.
J’en suis arrivé à une conclusion assez simple : Je ne peux pas empêcher mon entourage d’avoir peur. La seule chose que je peux faire, c’est accepter leur peur et de mettre en place des choses simples pour les rassurer.
En revanche, les personnes qui me répondent « SUPER ! J’aimerais tellement faire ça mais tu sais la vie, j’ai 20 ans je suis trop vieille, j’ai un boulot ennuyant, Jean Christophe, mon chat Kiki. »,  je leur réponds tout simplement « ben vas-y, FAIS-LE ».

Comment as-tu choisi les 12 pays que tu t’apprêtes à visiter ?

Je dois avouer que c’est la partie la plus excitante. C’est comme si tu gagnais au loto et que tu faisais tourner la mappemonde en pointant ton doigt (« L’AUSTRALIE » «  Oh non pas encore ! »). J’avais déjà en tête des grands rêves que je souhaitais suivre, des pays qui m’attiraient déjà par leur histoire, leurs mythes ou le bouche à oreille.  Au final, le plus dur, ce n’est pas de choisir les pays. Le plus dur, c’est de renoncer aux autres. Il m’a fallu renoncer à un paquet d’envies. Le plus important c’est de connaître ses critères de choix, dans mon cas c’était mon niveau de confiance pour voyager seule et le budget.

Comment as-tu élaboré ton budget ?

Je suis restée stupéfaite lorsque j’ai découvert l’incroyable mine d’or qu'est Internet sur ce sujet. De très nombreux sites de voyage ont mis en place des simulateurs très simples de budget. En se basant sur les chiffres de chaque voyageur, j’ai pu calculer le coût moyen de la vie de tous mes pays. Il ne restait donc plus qu’à ajouter les billets d’avions, l’assurance, les visas, vaccins et équipement. 
J’ai estimé mon budget à environ 16000€, ce qui n’est pas énorme au final quand on compare à la vie parisienne sur 1 an !
J’ai utilisé deux simulateurs vraiment très bien pour m’aider :
http://planificateur.a-contresens.net
http://Jaiuneouverture.com

Tu es à un mois du départ. Comment te sens-tu ?

C’est les montagnes russes émotionnelles. C’est ce moment toujours insupportable qui précède un grand moment de ta vie. Tu sais ce que tu quittes, tu ne sais pas où tu vas. Globalement tout le monde te dit au revoir comme si tu allais mourir demain.
C’est ce genre de moment où tu te rends compte que toutes ces petites choses que tu détestais de ton quotidien, tu les aimes désormais profondément ; même le métro. Oui, même le métro. A coté de tout cela, j’ai hâte. J’ai hâte de plonger dans l’aventure et d’enfin commencer ce que je prépare depuis des mois. Je suis épuisée par ce rythme effréné voir schizophrénique de continuer à vivre ma vie « normale » de Clio tout en préparant un projet démesuré que je souhaiterais parfait. Je pourrais dormir la nuit, sauf que cela serait trop simple car je suis soit insomniaque soit somnambule et je rêve de tsunami dévastant ma chambre. S’il fallait résumer : Je rêve toute la journée et ne dors pas la nuit

Quelles difficultés as-tu rencontrées au moment d’élaborer ton projet ?

Sans hésiter je dirais le moment délicat où j’ai dû annoncer à tous mes proches que je quittais mon boulot de rêve, mon copain de rêve, ma vie de rêve pour aller chercher quelque chose qu’ils ne comprennent pas à l’autre bout du monde.
J’ai donc décidé de le faire de manière totalement naturelle dans la conversation, pour dédramatiser la décision : « Et sinon ca va le boulot ? Ah ben oui ca va très bien, j’ai décidé de le quitter et de faire un tour du monde ».
Ma deuxième difficulté a été, et est toujours d’ailleurs, AVOIR LE TEMPS. C’est un stress continu de ne pas avoir LE TEMPS de faire tout ce que j’aurais aimé préparer et faire avant de partir. Mais j’ai l’impression que c’est un peu le problème de ma vie plutôt que le problème d’un tour du monde.

Question pratique, on imagine qu’il doit être difficile de caser des affaires pour un an dans une valise ?

C’est l’horreur ! Adieu maquillage, crèmes, bijoux, petites robes, jupes, vestes à la mode, hauts de 5 couleurs différentes.  Adieu féminité.
J’ai décidé de partir avec mon sac à dos de backpacker de 50L.  Ma priorité sera clairement de pouvoir emmener mon ordinateur et mon matériel photo. Du coup, je ne porterai désormais plus que 2 pantalons et 3 t-shirts. L’avantage c’est que je n’ai pas fait de shopping depuis 6 mois.
Mais je compte bien improviser sur place, je n’aurai pas le choix. Au final, le matériel n’est pas très important quand on y pense. Je suis sûre que la plupart des tourdumondistes regrettent toujours s’ils sont partis trop chargés. 

Tu étais en poste quand tu as pris la décision de faire ce tour du monde. Comment a réagi ton entreprise ?

C’était la grosse surprise. C’est toujours délicat de perdre une ressource que tu as formée ! C’est un des défis de demain pour l’entreprise : elle doit réussir à nous capter, nous,  la génération de papillons libres comme l’air ayant des envies d’ailleurs.
Nous n’avons plus envie de rester toutes nos vies dans une entreprise et on envisage nos carrières plutôt comme une suite d’expériences où la vie personnelle est totalement intégrée à notre vie professionnelle… enfin je crois !
J’ai énormément de chance car mon entreprise a très bien compris cela et m’a finalement proposé un congé sans solde pour nous laisser une porte ouverte à mon retour si je souhaite revenir.

Faire un break en début de « carrière » est parfois mal vu. Il peut être difficile de réintégrer le monde professionnel. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton projet qui se veut justement professionnel ?

L’idée de départ était la suivante : Partir faire un tour du monde, OUI, mais le faire uniquement pour voyager, NON. Je suis devenue persuadée qu’il fallait se perdre pour trouver de nouveaux chemins. Mon tour du monde n’est pas un voyage mais un projet professionnel, un peu comme un doctorat de la vie.
Je lui ai donc donné un thème : je vais réaliser 12 Projets en 12 Mois dans 12 Pays. Les projets peuvent être humanitaires ou business mais ils ont tous en commun mon envie de m’enrichir pour apprendre à travailler différemment demain.
Un mois c’est évidemment trop court pour vraiment agir mais assez long pour découvrir.

Qu’attends-tu de cette expérience ?

J’attends de cette expérience de découvrir le monde d’une nouvelle manière. De découvrir sa réalité, de mieux le comprendre en rencontrant des acteurs économiques ou sociaux de différents milieux à travers mes projets. J’ai envie de devenir une entrepreneuse créatrice qui a soif d’apprentissages plutôt qu’une salariée endormie aux rêves déchus.
L’entreprise qui ne sera pas à même de valoriser cette démarche sera une entreprise dans laquelle je ne pourrai pas m’épanouir à terme. Le tri se fera naturellement, pour mon plus grand bien. 
 
Vous pouvez retrouvez les projets de Clio et le détail de ton tour du monde sur son site : http://www.1month1project.com


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