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La France coquine : 10 lieux teintés d'érotisme

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Ces destinations choisies se visitent de préférence sans les enfants. Cela tombe bien, vous avez justement décidé de partir à deux pour les vacances...

1. Sculptures érotiques des églises romanes (Pyrénées-Atlantiques)

Les scènes érotiques ou les personnages lubriques sont courants dans les sculptures des églises romanes. À Sévignacq, en Béarn, le portail de l’église montre deux individus pour le moins coquins : l’un se masturbe sans gêne aucune, tandis que l’autre exhibe ses organes génitaux à la taille démesurée. Pour certains historiens de l’art, ces sculptures dénoncent la luxure, mais pour d’autres spécialistes, souvent espagnols, il s’agirait plutôt de réminiscences païennes.
Pour vous rendre à Sévignacq, prenez la N 134, au nord de Pau. À Auriac, tournez à droite et empruntez la D 227 jusqu’au village.

2. Lacoste (Vaucluse)

Lacoste, somptueux village du Luberon, ravive le souvenir de son célèbre occupant : le scandaleux marquis de Sade (1740-1814). L’aura scabreuse de l’écrivain plane encore sur les calades envoûtantes. Ses œuvres – La Philosophie dans le boudoir ou Les 120 Journées de Sodome, furent censurées jusqu’en 1960. Marquées du sceau sulfureux de la luxure, du vice et de la débauche, elles traduisent les mœurs dissolues du marquis. En 1771, il se réfugia au château de Lacoste et se livra à un défoulement d’extravagances sadomasochistes. Le château fut vandalisé durant la Révolution.
Propriété du grand couturier Pierre Cardin, le château ne se visite pas, mais il est ouvert chaque été lors d’un festival d’art lyrique et de théâtre.


Statue, Lacoste. Photo : Guillaume Baviere

3. Musée Tomi-Ungerer, Strasbourg (Bas-Rhin)

Polisson, ce Tomi Ungerer ! Le publiciste et prolixe auteur de livres pour enfants (Les Trois Brigands, Le Géant de Zéralda, etc.) a également ses œuvres “pour adultes” où le sexe hésite entre burlesque, satire et sadomasochisme. Le visiteur pourra retrouver ces dessins au sous-sol du musée qui lui est dédié depuis 2007. L’Alsacien y réinterprète les contes – comme la grand-mère du Petit Chaperon rouge en train de violer le loup –, met en scène des grenouilles adeptes du Kama-sutra ou invente de drôles de machines à langues et à verges.
Le musée se trouve dans la villa Greiner, à côté de la place de la République. Fermé le mardi (www.musees.strasbourg.eu).

4. Château de Chenonceau (Indre-et-Loire)

À peine entré, vous voilà face à de sublimes beautés totalement dénudées : Diane de Poitiers, maîtresse d’Henri II, en Diane chasseresse par le Primatice ; trois sœurs, favorites successives de Louis XV, en Trois Grâces par Van Loo, et Gabrielle d’Estrées, maîtresse d’Henri IV en Diane par Ambroise Dubois. Mais si on appelle Chenonceau le “château des Dames”, ce n’est pas pour ces tableaux de vénustés, c’est parce qu’il fut bâti, en 1513, par Catherine Briçonnet, embelli par Diane de Poitiers puis par Catherine de Médicis, et sauvé des ravages de la Révolution par madame Dupin.
Le château (www.chenonceau.com) abrite aussi de remarquables collections de tableaux (le Corrège, Le Tintoret, Rubens, Poussin, Murillo, etc.) et de tapisseries des Flandres (XVIe siècle).

5. Tombes du Père-Lachaise (Paris)

Certaines tombes du cimetière du Père-Lachaise sont connues pour attirer des hommages parfois coquins. C’est le cas de celle d’Oscar Wilde qui, avant sa rénovation en 2011, était couverte de baisers par ses admirateurs et dont la statue avait été “amputée”. De même, le gisant en bronze de Victor Noir (assassiné à 21 ans en 1870), sculpté par Dalou la bouche ouverte et les vêtements dégrafés, est si poli par les caresses qu’il a perdu sa patine sur la bouche et ses avantageuses parties viriles. C’est aussi le cas des seins de la jeune femme à demi nue du tombeau de Ferdinand Barbedienne, fondeur mort en 1892.
Une visite virtuelle du Père-Lachaise est possible sur le site www.pere-lachaise.com


Au Petit Palais (Paris), on peut admirer "Le Sommeil" de Courbet. Photo: jerry dohnal 

6. Dans les musées parisiens (Paris)

Gros plan sur le sexe d’une femme traité avec un réalisme absolu, L’Origine du monde (1866, musée d’Orsay, Paris) est la plus audacieuse des toiles de Courbet. Il fut commandé par Khalil-Bey, diplomate qui constitua une collection à la gloire du corps féminin. L’artiste peignit bien d’autres nus féminins dans un esprit plus libertin, telles ces deux belles enlacées dans Le Sommeil (1866, Petit Palais). Au Louvre, c’est un charmant Hermaphrodite (IIe siècle) que l’on trouve endormi. On y voit aussi deux femmes au bain dont l’une pince le sein de l’autre, Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées et de sa sœur la duchesse de Villars (1594).
"L’Origine du monde" trôna longtemps dans le bureau du psychanalyste Jacques Lacan avant d’être apprécié du public.

7. Musée Toulouse-Lautrec, Albi (Tarn)

Dans la ville qui l’a vu naître en 1864, plus de 1 000 œuvres d’Henri de Toulouse-Lautrec sont exposées au palais de la Berbie. On y retrouve la fascination du peintre pour la gent féminine et les figures pittoresques de Montmartre au XIXe siècle. Des célébrités comme Jane Avril, Yvette Guilbert ou Louise Weber, la fameuse “Goulue”, ont eu les honneurs d’un portrait. Les toiles comme Au salon de la rue des Moulins, Les Deux Amies, Au lit et Femme qui tire son bas sont autant de toiles qui montrent la passion de cet artiste hors normes pour les maisons closes.
Le musée réunit la plus importante collection au monde de l’artiste grâce aux legs de ses parents. Visite virtuelle sur www.museetoulouselautrec.net

8. Musée de l’érotisme (Paris)

Nous ne sommes pas dans un sex-shop, mais dans un vrai musée consacré à l’érotisme. Les visiteurs sont ceux que l’on voit dans tous les musées du monde. Donc, il y a de l’art avant tout ! Créé en 1997 par trois collectionneurs, il est unique en France et propose sur sept étages peintures, sculptures, meubles et objets d’art, illustrant les traditions érotiques du monde entier. C’est parfois étonnant, parfois amusant, souvent intéressant. Autre particularité : il est ouvert jour et nuit.
72, bd de Clichy (18e arr.). Ouvert tous les jours de 10h du matin à 2h du matin. Interdit aux mineurs. www.musee-erotisme.com


La Musardine, Paris. Photo : Franck Mahon

9. Librairie La Musardine (Paris)

Dans le 11e arrondissement de Paris, au 122 de la rue du Chemin-Vert – un hommage discret au “One Two Two”, célèbre maison close parisienne de l’avant-guerre ? – se trouve l’unique librairie française consacrée à l’érotisme et au corps. Les grands classiques de la littérature galante le disputent aux romans pornographiques, et les livres d’art côtoient les traités de sciences humaines, les essais, les guides pratiques ou les bandes dessinées, grivoises, bien entendu. La librairie se double d’une maison d’édition. Des lectures, rencontres ou séances de dédicaces avec les auteurs sont régulièrement organisées.
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h (01 49 29 48 55). Interdit aux mineurs (www.lamusardine.com).

10. L’Étoile bleue, Tours (Indre-et-Loire)

C’est sans doute l’une des seules anciennes maisons closes que l’on peut voir encore en France, même si les possibilités de visites sont restreintes. Une vraie curiosité pour les amateurs ! Bien qu’occupé aujourd’hui par la Jeune chambre économique de Tours, l’ancien lupanar tourangeau garde de beaux restes. Les murs du salon commun sont ornés de fresques des années 1920 et d’une belle mosaïque au sol, tandis que la pièce dite “du curé”, avec son miroir sans tain et ses peintures plus coquines, permettait aux timides de choisir une fille sans être vu. Le judas de la porte colorée et les barreaux aux fenêtres, ornés d’étoiles, rappellent la dure condition des prostituées de l’époque.
L’Étoile Bleue ne se visite que sur rendez-vous (09 72 25 80 94) ou lors des Journées du patrimoine (www.tours-tourisme.fr).