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Culture et voyage

7 architectures qui valent le détour

Mis à jour le : 29 janvier 2018

Carte

Découvrir une nouvelle destination, c'est aussi s'intéresser à ses spécificités architecturales. Et parfois, elles nous surprennent beaucoup ! Entre maison troglodytique, palais, hôtel invisible et maison cubique, on vous propose de  découvrir sept  architectures qui valent le détour(nement). 
 

La forêt en spirale (Darmstadt, Allemagne)

L’architecte autrichien Friedensreich Hundertwasser, mort en l’an 2000, aimait les spirales. On les retrouve dans bon nombre des bâtiments qu’il a dessinés, mais l’un des plus beaux exemples, construit juste avant sa mort, se trouve à Darmstadt, en Allemagne, à 25 km au sud de Francfort. Sur douze étages, ce complexe d’appartements en béton recyclé compte une centaine d’appartements. L’une de ses particularités est que les 1 000 fenêtres de l’édifice sont toutes différentes les unes des autres. Elles ne sont de plus pas alignées, et les bandes colorées de la façade semblent danser tout autour du bâtiment. Dans cette spirale boisée ("Wald" signifie "forêt" en allemand), avec son jardin intérieur et son toit planté d’érables, de hêtres et de tilleuls, les arbres sont des résidents à part entière (certaines fenêtres ont même été spécialement conçues pour leur offrir un maximum de lumière). Cela confère au lieu un petit je-ne-sais-quoi du Monde englouti de J. G. Ballard. N’espérez cependant pas vous perdre longtemps dans ses dédales arborés : les appartements sont privés, et le café qui occupait auparavant le dernier étage a fermé. Mais des visites guidées sont possibles (en allemand).

Waldspirale, au croisement des rues Friedberger et Büdinger, Darmstadt. Visites guidées 5 euros, se renseigner auprès de l’office du tourisme du centre commercial Luisencenter.

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Cet immeuble coloré et de conception inhabituelle a été conçu par Friedensreich Hundertwasser à Vienne, en Autriche. Le style est représentatif du Darmstadt, en Allemagne.

L’allée des cubes (Rotterdam, Pays-Bas)

L’urbanisme est un art délicat. Lorsque la ville de Rotterdam a consulté l’architecte Piet Blom, dans les années 1970, pour construire un complexe d’appartements au-dessus d’une route très passante, il a imaginé un design peu commun – et assez peu pratique : des cubes penchés. Les maisons-cubes (Kubuswoningen) abritent 38 appartements. Chacune est posée à 45 degrés sur un pilier hexagonal, certains se trouvant au-dessus d’un passage piéton. L’ensemble paraît tout droit sorti d’une nouvelle de Philip K. Dick. L’intérieur est encore plus déstabilisant que l’extérieur : seul un quart de la surface au sol est habitable, en raison du degré d’inclinaison des murs, et les meubles doivent être faits sur mesure… La découverte de l’appartement-témoin permet de tester le plaisir rare de se cogner la tête contre un mur, de s’asseoir dans le triangle qui abrite le salon et la cuisine, ou de marcher sur le toit-terrasse. Comme la visite est rapide, prolongez-la en allant voir, au numéro 94, le Schaakstukkenmuseum (musée des pièces d’échec, ouvert uniquement le week-end), abritant des pièces du monde entier. Enfin, si vous avez eu le coup de foudre pour ces appartements, vous pouvez aussi prendre une chambre à l’hôtel Stayokay, qui propose des chambres bon marché dans les cubes. Attention à votre tête en vous levant le matin !
>>> Kijk-Kubus (www.kubuswoning.nl ; Overblaak 70 ; adulte/enfant 2,50/1,50 € ; 11h-17h) ; Schaakstukkenmuseum (www.schaakstukkenmuseum.nl ; Overblaak 94).

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L'architecte Piet Bloom est à l'origine des maisons-cubes, construites dans les années 70 à Rotterdam, aux Pays-Bas.

La maison qu’aurait appréciée le capitaine Nemo (Barcelone, Espagne)

Dès la façade, le ton est donné : de la céramique de toutes les couleurs, des balcons en forme de masques, et surtout, aucun angle, aucune ligne droite. Située au coeur de Barcelone, la Casa Batlló, conçue par Antonio Gaudí entre 1904 et 1908, est l’un des plus grands chefs-d’oeuvre de l’architecture moderniste. Elle garde pourtant sa part de mystère : faute d’explications détaillées de l’architecte, chacun est libre d’imaginer ce que Gaudí a voulu montrer dans cette riche demeure à la tonalité marine. À l’intérieur (doté de tout le confort moderne de l’époque), on se trouve plongé dans ce qu’aurait pu être la maison de Bilbo si elle avait été conçue par le capitaine Nemo : pièces arrondies, verre teinté et acier… Le salon à lui seul vaut le détour : dans cette grande pièce au sol revêtu de parquet, on a l’impression de voir la ville depuis l’intérieur d’un aquarium. D’autres interprétations voient plutôt dans le bâtiment la reconstitution des entrailles d’un monstre marin. Attention, le bâtiment étant célèbre, et classé au patrimoine mondial de l’Unesco, vous ne serez pas seul : prévoyez un billet coupe-file pour éviter toute mauvaise surprise.

Casa Batlló, Passeig de Gràcia 43, Barcelone. Entrée : 23,50 euros (il existe des billets communs avec d’autres sites si vous restez plusieurs jours à Barcelone). Site : www.casabatllo.es/fr.

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La Casa Battlo, conçue par Antonio Gaudi entre 1904 et 1908, est l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de l'architecture moderniste.

Le Palais idéal (Hauterives, France)

Chaque jour, Joseph Ferdinand Cheval, facteur de son état, accomplissait à pied partir de 1879, il ramassa sur sa route toutes les pierres qu’il trouvait intéressantes, pour bâtir, dans son propre potager, son “palais idéal” – un édifice unique au monde, oeuvre d’un seul homme, construit à la main en près de 10 000 jours. Le résultat, fruit d’une imagination plus que fertile, est resté tel qu’à son achèvement en 1912. On pourrait parfois s’y croire dans un temple asiatique, mais le lieu emprunte aussi largement au folklore européen : des géants et des fées côtoient des animaux de toutes sortes dans un joyeux bazar quasiment lovecraftien – et totalement inhabitable. Avec son architecture onirique et parfois un peu dérangeante – des animaux passablement cauchemardesques décorent l’endroit –, le Palais idéal a fasciné les surréalistes, mais aussi André Malraux, qui le fera classer monument historique en 1969, estimant qu’il s’agissait d’une oeuvre majeure de l’art naïf. Le facteur repose aujourd’hui à 1 kilomètre de son palais, dans un tombeau qu’il a construit lui aussi de ses mains, dans un style proche de celui du palais.

>>> Palais idéal du facteur Cheval, 8 rue du Palais, Hauterives (26). Entrée : 6,50 euros. 

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Le Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives, dans la Drôme, est un au lieu du surréalisme

La maison déformée (Sopot, Pologne)

Non, vous n’avez pas bu : la Krzywy Domek (“maison tordue”, en polonais) paraît totalement déformée, mais c’est bien son état normal. La façade semble ne pas savoir dans quelle dimension elle existe : rien n’est droit, les murs n’ont pas la même épaisseur partout, et on dirait qu’elle pourrait à tout moment disparaître dans un éclair pour rejoindre un monde parallèle… Construit au début des années 2000 par les architectes Szotyński et Zaleski à Sopot, près de Gdansk en Pologne, le bâtiment est inspiré d’un dessin de l’illustrateur de livres pour enfants Jan Marcin Szancer, très connu en Pologne. Si la façade du bâtiment peut difficilement passer inaperçue, l’intérieur est beaucoup plus classique. Il ne s’agit d’ailleurs pas vraiment d’une maison, mais d’un petit centre commercial qui abrite aussi des bureaux. La Krzywy Domek vaut surtout le détour pour prendre une photo (de préférence l’hiver, l’été les arbres bouchent un peu la vue). Si la vue de cet étrange et quelque peu effrayant bâtiment vous a donné le tournis, vous pouvez toujours vous remettre de vos émotions dans l’un des bars ou l’une des deux boîtes de nuit qu’il abrite à l’étage. Après quelques verres, la façade devrait vous sembler tout à fait normale.

>>> Krzywy Domek, Bohaterów Monte Cassino 53, Sopot. 

La maison de la famille Pierrafeu (montagnes de Fafe, Portugal)

Au milieu d’un parc d’éoliennes, près de Guimarães dans les montagnes de Fafe, au nord du Portugal, se cache l’une des plus étonnantes maisons d’Europe : la Casa do Penedo. Bâtie en pierre, en encastrement entre deux gigantesques rochers de granit, c’est une maison troglodytique d’un nouveau genre, dont on s’attendrait presque à voir sortir Fred Pierrafeu. Si la Casa do Penedo existe depuis les années 1970, le site était confidentiel jusqu’à l’arrivée d’Internet. La publication de photographies du lieu sur le Web a d’ailleurs déclenché un grand débat il y a quelques années : le bâtiment est tellement étonnant que de nombreux internautes refusaient de croire qu’il existait…. Depuis, il est devenu un lieu touristique populaire (mais hors des sentiers battus). Conçue comme une résidence secondaire, la maison n’est plus occupée aujourd’hui – mais elle reste une propriété privée, et l’intérieur ne se visite pas. Une clôture protège désormais le bâtiment, et pour pénétrer sur le site, il faudra faire une petite donation libre au gardien.
Attention, l’accès n’est pas indiqué : prendre la N311 depuis Fafe vers l’est. Environ 1 km avant Varzea Cova, emprunter le chemin carrossable qui monte à droite vers Lameirinha. La maison est au sommet de la colline. Coordonnées GP S 41°29’17.15”N, 8°4’3.67”W.

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Dans les montagnes de Fafe, au Portugal, se cache l'une des plus étonnantes maisons d'Europe: la Casa do Penedo.

L’hôtel invisible (Harads, Suède)

Se fondre dans le paysage est une chose, en disparaître complètement en est une autre : le Treehotel de Harads (nord de la Suède), propose une chambre dans les arbres rendue quasiment invisible par les miroirs qui recouvrent ses murs extérieurs – un peu à la manière d’une cabane extraterrestre conçue par et pour un Predator. L’effet fonctionne si bien que la construction était, à l’origine, dangereuse pour les oiseaux – l’ajout de films infrarouges, invisibles aux humains mais non aux volatiles, a depuis remédié au problème. Toutes installées également au milieu des bois, les autres chambres de l’hôtel n’ont rien à envier à l’invisible Mirrorcube : que vous optiez pour celle en forme de nid, ou pour la soucoupe volante, vous passerez la nuit en pleine nature comme si vous étiez dans le monde de Narnia, le confort moderne en plus. Le sauna est bienvenu à ces latitudes – le cercle polaire arctique n’est pas très loin. Tout cela a bien sûr un prix : l’hôtel et le restaurant qui l’accompagne, assez luxueux, sont plutôt destinés aux voyageurs fortunés.

www.treehotel.se. À partir de 500 euros la nuit.
 


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