Palazzo Ducale

L'avis de l'auteur Lonely Planet

palais

Pendant plus de 300 ans, l’énorme Palazzo Ducale fut le fief des Gonzague, une riche famille d’éleveurs de chevaux qui prit le pouvoir au XIVe siècle et devint l’une des grandes dynasties italiennes de la Renaissance. La visite de ce vaste palais de 500 pièces, couvrant 35 000 m2, vous mènera dans 40 de ses plus belles salles. Outre les œuvres de Morone et Rubens, l’élément phare est la fresque de Mantegna, datant de la moitié du XVe siècle, dans la Camera degli Sposi (chambre des Époux).

Réalisée entre 1465 et 1474, cette fresque couvrant l’intégralité de la pièce représente le marquis Louis III s’affairant à la cour, entouré de sa famille et de ses courtisans. Du fait de leur style naturaliste et du soin particulier apporté à la perspective, les arcades sont pareilles à des fenêtres ouvertes sur le monde de la cour ; en levant les yeux pour regarder l’épouse du marquis, Barbara, vous verrez même la doublure de sa robe, comme si elle était assise au-dessus de vous. Le détail le plus amusant est ce trompe-l’œil sur l’oculus, qui représente des chérubins (putti) aux fesses nues – d’un réalisme parfois cru – accrochés en équilibre précaire à une balustrade, tandis que des plaisantins semblent prêts à renverser une plante sur la tête des visiteurs en contrebas.

Parmi les autres temps forts du lieu, citons la Sala di Troia, la salle du Conseil de Frédéric II, entièrement tapissée d’épisodes de la guerre de Troie ; l’Adoration des mages, de Rubens, dans la Sala degli Arcieri (salle des Archers), détruite par les troupes napoléoniennes en 1797 ; les fragments et croquis préparatoires des fresques de Pisanello, représentant les chevaliers de la Table ronde, dans la Sala del Pisanello (salle 8) ; ou encore le plafond représentant les cieux ponctués de constellations dans la Sala dello Zodiaco (salle 24).

Les plus beaux éléments d’origine du palais sont ses plafonds dorés et ornés de fresques, avec notamment, dans la salle 2, un labyrinthe prophétique semblant annoncer les caprices du destin. Aux murs, ces revers de fortune sont illustrés par deux portraits d’Éléonore de Gonzague (1630-1686), qui épousa un empereur de Habsbourg, et de Vincent II (1594-1627), qui ruina la famille et perdit l’une des plus belles collections d’art en Europe.

Les Stanze degli Arazzi (salles 34 à 36) renferment certaines des seules œuvres originales commandées par la famille : neuf tapisseries flamandes du XVIe siècle reproduisant des tableaux réalisés par Raphaël pour la chapelle Sixtine. Tissées à Bruxelles avec de la laine anglaise de première qualité, de la soie indienne et des fils d’or et d’argent chypriotes, elles incarnent le raffinement cosmopolite de la cour des Gonzague à l’apogée de leur pouvoir.

041 241 18 97 ; www.ducalemantova.org ; Piazza Sordello 40 ; 8h15-19h15 mar-sam, 13h45-19h15 dim

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